J’avais dit que je n’utiliserais pas le système impérial sur ce blog. J’ai menti. Mais c’est la faute de Grand Polak ! Quand je me suis inscrit pour le London 10000m, il a réussi à me convaincre de m’inscrire pour le Westminster Mile aussi. À l’époque, je trouvais ça logique : c’était la veille du 10K et ça ferait une bonne préparation. Quel imbécile j’ai fait !

Westminster Mile map & bib

Westminster Mile map & bib

Dimanche matin, j’ai retrouvé Grand Polak à Green Park à 8h15 et on a commencé à  explorer le trajet de la course. 1 mile c’est vraiment court, à peine plus de 4 fois 400m et c’est d’ailleurs habituellement couru sur piste. Cela ne fait même pas le tour complet de St James Park ! Ce mile ci est vraiment pittoresque : il commence sur le Mall, continue tout autour de St James Park le long des bâtiment de la Garde Royale à cheval et du musée impérial de la guerre et il finit juste devant Buckingham Palace !

Grand Polak est en train de passer de la longue distance aux distances moyennes, il devrait donc être de bon conseil pour cette distance, mais il m’a juste dit : « c’est facile, il suffit de courir vite ». Bon d’accord, après ça il m’a donné quelques vrais conseils et il m’a dit : « Commence à travailler à 800 mètres, ne commence pas ton sprint final trop tôt : à 200 mètre de la fin pas avant ». En fait, c’est beaucoup plus complexe que ça et il y a même beaucoup de stratégie surtout sur piste mais je voulais simplement courir mon premier donc il n’est pas trop entré dans les détails.

Après notre inspection, nous avons commencé à nous échauffer : 10 minutes de jogging, des étirements dynamiques et quelques courts sprints pour la forme. Bien sûr, comme avant chaque course nous sommes allés nous vider la vessie et avons noué nos lacets comme il faut – ce sont les deux choses les plus importantes, souviens-toi ! Nous nous sommes alors dirigés vers la ligne de départ. Grand Polak dans la première vague et moi dans la deuxième. Je visais de courir sous les 6 minutes. Je me disais que c’était plutôt un bon objectif : c’est un chiffre rond et c’est exactement le temps que je devais faire d’après le race predictor [en] sur la base de mon record sur 10K.

Le départ a sonné et j’ai commencé à courir. « Courir vite » n’était pas le meilleur conseil du monde parce que je me suis vite rendu compte que je ne tiendrais pas les 800 premiers mètres si je courais trop vite. J’ai donc suivi les autres coureurs de ma vague. Bon d’accord, je suis allé un peu plus vite que la moyenne parce que ça me semblait un peu lent tout de même. Rétrospectivement je pense que j’ai démarré trop vite mais il semble que c’est une erreur assez commune pour les débutants et de toutes façons je n’ai pas été doublé par trop de monde à la fin donc je n’était pas trop loin de ce que j’aurais dû faire. J’ai essayé de regarder ma montre (comme je le fais pour les longues distances) et de rester à un rythme de 3:40 par km mais c’est dur de se regarder le poignet en faisant un tel effort et puis la montre n’avait pas l’air très précise. Au final je n’ai quasiment pas couru à ce rythme, mais tantôt beaucoup plus vite, tantôt beaucoup plus lentement.

À la borne des 800m, je me suis demandé « C’est bien à 800 mètres que Grand Polak m’a dit de commencer à travailler ? » mais je commençais à fatiguer alors je me suis dit « Naaaaaan, je crois bien qu’il m’a dit de commencer 400 mètres avant la fin, je vais m’économiser un peu ». Oui je sais, je suis une grosse feignasse. Et puis il y avait cet emmerdeur à côté de moi qui attaquait du talon et me déconcentrait avec ses foulées super bruyantes et sa cadence super lente (j’était en moyenne à 213 foulées par minute) et je commençais à avoir hâte de finir. Quand la borne des 400m est arrivée, j’ai commencé à « travailler » et je l’ai laissé derrière. Visiblement je ne travaillais pas assez dur car je me suis fait doubler par quelques coureurs. À la borne des 200m je n’ai pas réussi à convaincre mon corps de sprinter, j’ai essayé d’aller plus vite mais mes jambes ne voulaient pas suivre, elles avaient trop mal. À la borne des 100m et à la vue de la ligne d’arrivée, j’ai tout de même réussi à surmonter la fatigue et à accélérer. À 10 mètres de la fin j’ai tout donné et j’ai poussé un gros cri. J’ai l’impression que ce cri final est en train de devenir ma signature (souviens-toi mon 10K au parc olympique).

Je suis vraiment content de mes 5 minutes et 42 secondes, c’est 18 secondes de mieux que mon objectif et j’étais aux anges : un nouveau record dans l’escarcelle ! Grand Polak était déçu par ses 4 minutes et 52 secondes, c’était son premier mile sur route et il n’avait pas ses repères habituels comme il peut les avoir sur piste. Après ça nous sommes allés faire un petit jogging de récupération mais je n’ai pas pu en faire trop parce que mes poumons me brûlaient et ma gorge me faisait tellement mal que j’avais presque le goût du sang dans la bouche. Cela ne m’a pas empêché de m’étirer correctement et surtout d’aller au pub pour célébrer comme il faut avec une pinte et mon bon petit déjeuner anglais. Pas trop tout de même car nous devions courir le 10K le lendemain !