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Tais-toi et cours !

Tag: Ultra

Courir dans la pop culture : Forrest Gump

T’as peut-être pas remarqué parce que ça ne se voit pas bien, mais je suis obsédé par la course à pied. Eh oui ! J’y pense même quand je regarde un film une bonne série télé. Donc quand le sus-mentionné film ou la sus-mentionnée série parle de course, évidemment je le remarque et ça compte pour moi ! Je me suis donc dit que j’allais commencer une série d’articles sur des films et séries à regarder et qui mentionnent la course à pieds, même si ce n’est pas le thème central.

Forrest Gump Point in Monument Valley

Forrest Gump Point à Monument Valley photo de Chao Yen

Forrest Gump

La référence la plus célèbre à la course à pieds dans le cinéma est probablement Forrest Gump, réalisé par Robert Zemeckis et avec un très jeune Tom Hanks en 1994. C’est vraiment un classique à voir. L’histoire de Forrest Gump s’entremêle avec l’Histoire contemporaine des États-Unis: il rencontre Elvis Presley ainsi que plusieurs présidents, il va au Vietnam pour se battre sous la bannière étoilée, joue au ping pong contre les chinois et est à l’origine de plusieurs grosses sociétés américaines, dont Apple de manière fictive, mais aussi la Bubba Gump Shrimp Co qui a été créée suite au film !

Tout le monde se souvient de la réplique culte « Cours Forrest, cours » de cette scène mythique ou il passe d’handicapé à coureur puis à star du football américain jusqu’à rencontrer le président des US of A. Non seulement cette scène est émouvante mais elle est aussi vraiment drôle, ce qui résume bien le film en général :

Plus tard, il part courir à travers les États-Unis pendant 3 ans. Un exploit probablement inspiré par la Trans-American footrace [en] créée dans les années 20. Mais depuis 1994, c’est Forrest Gump lui-même qui a inspiré des quantités de coureurs à faire de même. Bien que je pense qu’aucun d’entre eux n’a eu autant d’influence sur la culture américaine que lui : pendant son ultra, il est crédité (dans la fiction) de l’invention des smileys et de la célèbre expression « shit happens ». Pas mal hein ?

Si tu n’as pas encore vu le film alors va te cacher et cours louer la VHS aussi vite que possible (ou alors achète le DVD sur Amazon). Et juste pour le plaisir, voilà la scène où il travers les États-Unis en courant (en anglais) :

 

Le top 5 des trucs les moins glamours de la course à pied et comment les combattre

Dans ce blog, je parle toujours de la course à pied comme de ce sport parfait, plein de rencontres avec des licornes et des arcs-en-ciel. C’est vrai que courir apporte des sensations géniales et est bénéfique pour ton petit corps, mais j’ai eu une conversation avec la Cuisinière folle l’autre jour, et je me suis rendu compte que j’ai tendance occulter les aspects rebutants de la course. On a donc fait une liste, et accroche toi parce que c’est de plus en plus dégueu !
Disclémeur: si t’es une âme sensible, abstiens toi de cliquer sur certains liens qui peuvent choquer voire être carrément NSFW, ou alors clique à tes risques et périls.  En revanche, la vidéo est parfaitement inoffensive, d’ailleurs je t’interdis de quitter cette page sans la regarder !

Unglamorous runners

Des coureurs pas très glamours – Photo de Shiny Things

1. Les jambes douloureuses

Problème: Bon, on commence par enfoncer les portes ouvertes, mais courir de longues distance rend parfois les lendemains plus difficiles qu’une gueule de bois et peut faire que même marcher devient une épreuve.

Solution: Échauffe toi avant la course et étire-toi (beaucoup) après avoir couru. Après la course, masse toi les jambes avec une crème ou un gel contre les douleurs musculaires. Ah, et puis entraîne toi plus, et sois patient ! Si tu cours un marathon alors que tu ne t’es entraîné que 4 semaines à raison de 10 km par semaine, prépare toi à quelques journées infernales après ton marathon, si tu arrives à le finir. Il faut penser sur le long terme, commencer avec des courses moins ambitieuses (5 km et 10 km sont des distances parfaites pour commencer) et se trouver un bon programme d’entraînement pour ces distances, le web en pullule. Plus tard tu pourras augmenter doucement ton kilométrage hebdomadaire et suivre un programme d’entraînement pour des courses plus longues.

↓ ↓ ↓ ↓ Mate cette vidéo, elle m’a bien fait marrer ↓ ↓ ↓ ↓

↑ ↑ ↑ ↑Mate cette vidéo, elle m’a bien fait marrer ↑ ↑ ↑ ↑

 2. Les tétons irrités

Problème: En courant longtemps, on s’expose a des frottements réguliers et des irritations en découlent souvent.  Ça peut même devenir assez vilain et sanglant là où la peau est fragile, comme à l’intérieur des cuisses ou sur les mamelons. En anglais on appelle ça nipple chafing. Si si, ça existe pour de vrai et ne cherche pas sur Google Images : ça fait mal.

Solution: Pour éviter les irritations à l’intérieur des  cuisses et les ampoules aux pieds, je te recommande une bonne crème anti-frottements. La meilleure est probablement la Akileïne Sports NOK.
Pour éviter les irritations (voire les saignements) aux tétons : ne cours pas avec des T-shirts en coton ! Cours avec de bons T-shirts de course : le matos de Tribesports est parmi ce qui se trouve de mieux. Mais si tu sais que tu vas courir une longue distance, passe carrément au niveau supérieur et achète toi des protège mamelons. Non, c’est pas une blague, ça existe vraiment ! Et si tu ne crois pas que c’est nécessaire, fais une petite recherche sur Google Images (aïe, aïe, aïe), mais ne me dis pas que je ne t’avais pas prévenu !

Nipple Convalescent Home

Si, c’est drôle en anglais, je t’assure – Photo de Gerry Dincher

3. Les ongles des pieds qui tombent

Problème: Oui, ça aussi ça existe vraiment ! Ça a même un nom scientifique : l’onychoptose, et ça m’est arrivé. Ça peut être causé par le cognement répété des orteils dans la chaussure. Ne t’inquiète pas, l’ongle finit par repousser. Clique ici pour l’image dégueu (c’est pas mon pied).

Solution: Tu peux la jouer gros bourrin comme Marshall Ulrich dans Born to run qui s’est fait enlever tous les ongles des pieds par un chirurgien (il paraît que c’est assez fréquent chez les coureurs d’ultra-marathons). Tu peux aussi courir pieds nus. Sinon, achète toi des chaussures qui soient bien à ta taille et qui laissent de la place à tes orteils. Essaye les avant de les acheter et assure toi que tes orteils ne cognent pas contre la chaussure à chaque foulée. Le mieux c’est de choisir des chaussures avec une toebox large (comme les Altra One 2). Oh, et coupe toi les ongles des pieds !

Barefoot runner

Un coureur pieds nus heureux d’avoir tous ses ongles de pieds – Photo de Chris Hunkeler

4. La digestion difficile

Problème: Les vomitos, ça arrive. Oui, oui. Tout simplement parce que ton corps a du mal à produire l’effort requis par une course intense et digérer en même temps. Il est fréquent de voir les estomacs de coureurs rendre généreusement ce qu’on leur a donné pour le petit déjeuner ou lors des ravitaillements. Pas de photo là. Non, n’insiste pas, j’ai dit non. Bon d’accord voilà.

Solution: Prends un petit déjeuner léger avant une course : ne bois surtout pas de lait parce que c’est difficile à digérer, remplace le par du lait d’avoine ou par ton lait végétal préféré (sauf le lait de soja parce que c’est vraiment dégueu le lait de soja). Oui, le carb-loading (bouffer des glucides) est une bonne chose à faire avant une course, mais il faut le faire plusieurs heures avant le départ, pour permettre la digestion. Certains coureurs se lèvent au milieu de la nuit pour manger un gros plat de pâtes et retournent au lit. Pendant la course, tu peux aussi prendre des gels énergétiques. Ils sont moins difficiles à avaler et plus faciles à digérer que tout ce qu’on trouve habituellement aux stands de ravitaillement comme les bananes ou les barres de céréales. Ça ne veut pas dire qu’ils sont super faciles à ingérer non plus : si ton estomac n’arrive pas mieux à les garder, essaye d’avaler de petites gorgées sur plusieurs minutes plutôt que tout d’un coup.

Spaghetti

Un bon plat de spaghetti avant la course ! – photo de Luca Nebuloni

5. Fluides corporels hors de contrôle

Problème: Les coureurs qui se pissent ou se chient dessus ne sont pas si rares que ça sur les courses longue distance, en particulier sur les marathons et les ultra-marathons. Pour voir quelques exemples bien répugnants, clique sur ce lien. De rien, c’est gratuit !
Sans aller dans ces extrêmes, il est fréquent pour le coureur moyen comme toi et moi de devoir s’arrêter pendant une course (parfois même sur des courses courtes comme un 10 km) pour pisser devant tout le monde, ce qui peut être un peu gênant, surtout pour les femmes.

Solution: Dans ta routine pré-course, il faut systématiquement inclure le détour par les chiottes pour vider estomac et vessie, même si t’as pas besoin. Et puis même s’il est important de s’hydrater avant une course, il ne faut pas trop boire non plus, c’est bien de boire quelques gorgées pendant la course. Si malgré tout tu as quand même envie de pisser pendant ta course et que tu es une femme, je te recommande de t’acheter un Shewee, ça t’évitera la honte de devoir montrer ton joli cul nu aux badauds.

Loo in the meadow

J’espère qu’après cette liste tu es bien écœuré, mais de rien, tout le plaisir est pour moi. Si ce n’est pas le cas, va voir sur 4chan espèce de malade !

Il faut lire « Born to run »

Tout est dans le titre. Achète donc ce satané bouquin et lis le ! Sérieusement, quand le Rital Taiseux m’a recommandé de le lire, je me suis exécuté uniquement parce que c’est un de mes amis et que j’ai tendance à avoir confiance en ces gens. Mais en fait je n’avais pas vraiment envie de le lire parce que je n’aime pas trop la littérature non-romanesque, ma pile à lire était déjà haute comme la tour Eiffel et surtout je détestais courir à l’époque.

La narration alterne entre anecdotes sur la course à pied et la quête de Christopher McDougall pour trouver les Tarahumaras, la légendaire tribu de coureur. Ces gars sont hallucinants, quand ils font la fête ils boivent comme des trous puis finissent par une petite course entre pote. Oh, rien de bien méchant, pas plus de 200 ou 300 kilomètres dans les canyons brûlants du nord-ouest mexicain, jusqu’à trois jours d’affilé, avec des tongs faites-main.

Quand il finit par les trouver, il se met en tête de convaincre une bande de cinglés, ultra-runners américains, de les défier sur leur terrain des Copper Canyons (Barrancas del Cobre), dans la Sierra Madre. Ils sont tous plus tarés les uns que les autres. Je n’arrive pas à me décider duquel est le plus fou entre l’ermite qui passe des décennies dans une hutte dans les Canyons juste pour redécouvrir la tribu perdue, la meuf dont la technique de drague consiste à boire plus que l’objet de sa convoitise puis à courir plus vite et plus loin que lui le lendemain matin malgré la gueule de bois, le mec qui décide de participer à un Ironman moderne avec du matos de l’ère victorienne du XIXe siècle et cours pieds nus sur les pierres coupantes du canyon, le type qui s’est fait enlever les ongles des pieds par un chirurgien parce que « de toutes façon ils tombaient sans arrêt », ou un autre des timbrés de l’histoire.

Les anecdotes et les recherches sont au moins aussi captivantes que l’histoire principale et certaines m’ont laissé comme deux ronds de flan. Depuis que j’ai lu le bouquin, je suis pense qu’il y a de bonnes chances pour qu’on soit effectivement nés pour courir et aussi fou que ça puisse paraître, il semble qu’une des raisons pour laquelle homo sapiens a survécu 200 000 ans en tant que bipède omnivore dans un environnement hostile est qu’il chassait probablement les animaux pendant des heures jusqu’à ce qu’ils meurent de fatigue.

En version originale, l’écriture est assez captivante et le livre nous tient vraiment en haleine. J’ai vraiment accroché au bouquin, il m’a fait me marrer à voie haute et m’a laissé stupéfait. Mais la raison pour laquelle il est si bon, c’est qu’il donne vraiment envie de courir et d’aimer ça. Bon, comment ça se fait que tu ne l’aies pas encore acheté? Allez, file !

Ref: Born to run (né pour courir) de Christopher McDougall

PS: Il paraît que la traduction française n’est pas terrible, donc si tu peux, je te conseille de lire la version en anglais : Born to Run: The Hidden Tribe, the Ultra-Runners, and the Greatest Race the World Has Never Seen. Et si tu peux pas, ben essaye, il est moins cher en version originale et ça te fera un bon exercice, bordel!

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