French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

Tag: Souvenirs

Écrire sur la course

Cela fait maintenant six mois que j’écris deux fois par semaine au sujet de la course à pieds. Ceci est mon 57ème article et je pense que c’est le bon moment pour revenir sur le semestre passé. Je sais que t’es curieux de connaître mon processus d’écriture – naaaaan, en fait je sais que tu t’en tape comme de ta première chemise mais je vais tout de raconter quand même.

La plupart du temps, le processus d’écriture commence en courant. J’ai déjà dit que je considère la course comme une forme de méditation, mais c’est aussi une source d’inspiration. Ça me vide l’esprit et permet aux idées et aux phrases d’émerger. Ensuite j’ajoute ces nouvelles idées dans ma Wunderlist, si je ne les oublie pas en récupérant ou en prenant ma douche, ce qui arrive bien trop souvent.

Quand vient le moment d’écrire pour de bon, soit j’ai une super idée toute fraîche soit j’ai un sujet évident (comme par exemple ma dernière course) et si je n’ai ni l’un ni l’autre je vais pêcher dans ma liste d’idées. Même si parfois certaines phrases me viennent en français, je vais toujours écrire en anglais en premier. Ce n’est pas que je me la pète en écrivant dans une langue étrangère, c’est juste que la version (traduire de l’estranger vers le français) est plus facile que le thème (traduire du français vers l’estranger), d’où l’expression « fort en thème » (ce que je ne suis pas). Et puis j’adore partir d’une expression idiomatique anglaise, jouer avec et broder autour avec de l’argot typiquement britannique. Ça m’amuse beaucoup et c’est plus facile à traduire vers le français que dans l’autre sens. Et puis ça me force à me replonger dans le français et à trouver le meilleur équivalent ; je trouve un plaisir particulier à utiliser des expressions françaises désuètes ou de l’argot régional (lyonnais en général).

Je me suis bien amusé à écrire ces six derniers mois. Jusqu’à présent, les articles que j’ai préféré écrire sont:

Maintenant, je dois admettre qu’écrire 4 articles par semaine (2 en anglais et 2 en français) m’a un peu asséché et je trouve de plus en plus difficile d’avoir de l’inspiration ou d’être drôle. Cela me prend aussi beaucoup de temps et même si j’ai encore des articles potentiels dans ma Wunderlist, il devient dur de trouver de nouvelles idées. Enfin, de manière générale, je m’amuse plus à écrire sur ce que j’ai vécu plutôt que sur des chaussures ou sur quelque chose de moins personnel. J’ai donc décidé de m’autoriser à n’écrire qu’un seul article par semaine, voir aucun si je ne le sens pas. Je vais continuer à écrire sur tout et n’importe quoi dans l’univers de la course, mais je vais essayer d’être meilleur et plus intéressant, et je vais surtout me concentrer sur mon expérience personnelle de la course.

À bientôt !

Mes meilleurs souvenirs de course

Août 2015, A Guarda, Galice, Espagne. Cela faisait à peine plus d’un mois que j’avais commencé à courir. Je détestais toujours ça mais j’étais très motivé par tout le poids que j’avais à perdre et surtout par ma récente lecture de ‘Born to run‘. Ce bouquin a eu beaucoup d’influence sur moi et même si j’étais supposé être dans un long week-end entièrement consacré à boire et à jouer des percussions, je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser.

Bare foot on the beach

Barefoot on the beach photo by Alex Tian

Après un déjeuner fantastique de crustacés galiciens accompagnés de généreuses quantités de vin (le tout organisé par mon couple galicien préféré: Wonder Woman et Superman), nous sommes allés à la plage pour une petite trempette dans l’eau. Je ne sais pas ce qui est passé par mon esprit enivré, influencé par la beauté du moment et les pensées de coureurs légendaires dans des canyons mexicains, mais j’ai commencé à courir pieds nus, comme le personnage un peu fou de Barefoot Ted dans le livre. Alors j’ai hélé Grand Polak (tu peux être sûr qu’il est dans les entourages quand il y a de l’alcool) et on est partis pour un petit jogging le long de la mer. Ce fût un moment magique, mes souvenirs sont un peu troublés mais j’ai toujours ces impressions fantastiques profondément ancrées en moi : la sensation véritable du sol directement sous mes pieds, la brise iodée dans mes cheveux, la douce caresse du soleil sur ma peau et la pure joie de courir partagée avec un ami proche. On a couru moins de 4 km mais cette course a été un moment déterminant pour moi. Je pense que c’est le moment où j’ai décidé de commencer ma quête vers la course pieds nus, et accessoirement le moment où j’ai commencé à aimer courir.

Je dois avouer qu’il y a eu un revers à cette médaille en or : comme je n’étais pas habitué à courir pieds nus, j’ai eu des ampoules tellement énormes sous les pieds que je n’ai pas pu marcher pendant deux jours. Rétrospectivement, c’était de la folie mais cela a vraiment valu la peine, quelque part, c’est ce que je cherche à revivre en transitionnant vers la course pieds nus.

À peine une semaine plus tard, le Rital Taiseux est venu à Londres et je lui ai tout raconté. Nous avons bu et inévitablement, à la fin de la soirée, on est partis courir pieds nus dans les rues de Greenwich. Ce fût un autre moment mémorable et ça a achevé de me convaincre que je voulais courir pieds nus. Bien sûr, cette fois nous avons couru moins de 2 km parce que mes ampoules étaient tout juste soignées et que je voulais pouvoir marcher le lendemain. Quoi qu’il en soit, maintenant tu connais ma motivation secrète pour courir : c’est une quête pour retrouver ces 2 instants magiques.

Instant nostalgie à Lyon

Je suis en vacances à Lyon et bien sûr je suis toujours mon programme d’entraînement et je cours exactement comme si j’étais à Londres. Mais courir dans des endroits familiers fait remonter de vieux souvenirs à la surface, de l’époque où je détestais courir. Je n’aimais pas ça, mais je faisait quand même mon jogging hebdomadaire avec Touche à tout, ce qui rendait la chose supportable parce qu’au moins j’avais un bon pote à qui parler et pour faire passer le temps. Oui, c’était une bonne excuse pour voir mon pote et pour dire de la merde.

Je suis donc récemment allé courir sur la rive gauche du Rhône, un des 2 cours d’eau qui passent à Lyon, et cela m’a remémoré les joggings dominicaux hebdomadaires que l’on faisait sur ces mêmes quais, d’un parc à l’autre. Il faut savoir que Lyon a 2 parcs principaux :  le Parc de la Tête d’Or et le Parc de Gerland. C’est un parcours assez fréquent pour les coureurs locaux que de relier les 2 parcs le long de ce fleuve majestueux qu’est le Rhône (même si les rives de Saône sont plus belles). C’est une balade d’à peine 6 km et les quais ont été réaménagés pour les piétons et les cyclistes avec de larges passages, une piste cyclable, des aires de jeu, des fontaines et des arbres. Cette balade a aussi l’avantage de passer devant quelques uns des monuments et attractions importants de la ville :

  • Le Parc de la Tête d’Or lui-même est vraiment très beau, avec sa roseraie, son zoo gratuit, son lac et son île, beaucoup de grands arbres et plein d’herbe pour jouer au foot ou lézarder au soleil
  • La colline de la Croix-Rousse avec ses façades colorées du XIXème
  • L’Hôtel-Dieu, un ancient hôpital construit entre les XIIIème et XVeme siècles
  • La Piscine du Rhône, une piscine moche mais emblématique datant des années 60
  • Les beaux bâtiments du XIXème siècle des universités et de la bibliothèque universitaire
  • Le Musée des Confluences, un bâtiment controversé pour son gigantisme, sa bizarrerie (pour ne pas dire laideur) et les sommes astronomiques déboursées par les contribuables locaux pour sa construction

Ce dernier n’était pas encore là quand on courait avec Touche à tout, il y avait juste un terrain vague là où les 2 rivières se rencontrent. Nous allions jusqu’au Parc de Gerland et revenions au centre ville pour prendre un croissant, un café et un jus d’orange ou de citron frais. Je dois admettre que ça me manque et qu’à chaque fois que je reviens en France je prends un café et un bon croissant sur la terrasse d’un café.

Quais du Rhône - Photo by Connie Ma

Quais du Rhône Photo de Connie Ma

Quelques années plus tard, nous nous sommes remis à courir et nous avons choisi un endroit plus proches de nos boulots respectifs, le  Parc de Lacroix-Laval à Charbonnières-les-Bains, la banlieue chic de Lyon. C’était un environnement complètement différent, plus vallonné et aussi très plaisant car à certains endroits du parc, la forêt est presque sauvage. J’y garde d’excellents souvenirs et j’espère y courir à nouveau un jour…

Aller au boulot en rollers

Je suis paresseux cette semaine, donc je vais simplement te montrer une vidéo que j’ai faite l’année dernière. J’ai déjà parlé du fait que je vais au boulot en rollers (de moins en moins, depuis que je cours de plus en plus). Donc j’ai demandé à Draculito de me prêter sa GoPro et voici le résultat :

Je trouve que c’est un trajet plutôt génial j’aime toujours autant le faire !

Le Pac-Man urbain, un jeu pour courir

Comme tout le monde, j’ai des secrets inavouables et t’es sur le point d’en découvrir un : j’ai créé un jeu de geeks basé sur la course à l’époque où je n’aimais pas courir. OK, je vois que je t’ai perdu, donc on retourne en 2004. À l’époque, à New York, un groupe d’étudiants a créé Pac-Manhattan, « un jeu urbain à grande échelle qui utilise la grille de la ville de New York pour recréer Pac-Man, le jeu qui a fait sensation dans les années 80 ». Touche-à-tout et moi sommes tombés amoureux du concept et attendions avec impatience que les yankees rendent leur logiciel publique pour que nous puissions jouer. Mais le logiciel n’est jamais sorti et la vie a repris son cours.

En 2007, j’ai réactivé le projet et j’ai décidé de développer le logiciel moi-même. J’ai rassemblé une douzaine de cinglés et on a créé Pacmanalyon. Même si on n’étaient pas vraiment des coureur, on a envahi les rues de Lyon, où j’habitais à l’époque. Je ne vais pas rentrer dans les détails des règles (tu trouveras tout sur le site web). Tu dois juste savoir que Pac-Man doit parcourir toutes les rues dans les limites de la carte et obtenir le meilleur score. Bien sûr, il doit éviter d’être touché par les fantômes, et quand il mange une pastille jaune il devient invincible et peut dévorer les fantômes. Ouais, c’est juste le jeu du loup pour les grands. Sauf qu’on couraient plus vite et on se déguisaient avec des costumes ridicules.

Pac-Man Lyon - Photo Brice Robert

Pac-Man Lyon – Photo avec l’aimable autorisation de Brice Robert (tous droits réservés)

L’astuce est que chaque coureur est téléguidé par téléphone mobile. N’oublie pas que le jeu a été conçu au début des années 2000, donc pas de GPS ni de smartphone ou d’app. C’était résolument low-tech et les contrôleurs communiquaient toutes les infos du QG avec de bons vieux téléphones Nokia. Si c’était à refaire aujourd’hui, je referais exactement pareil, parce que la moitié du fun du jeu vient de la communication entre le QG et les coureurs. L’autre moitié du fun est de courir, si t’en es capable (ce qui n’était pas mon cas à l’époque).

Mate donc la vidéo que Papa Musique a montée avec les rushs que j’ai pris sur mes rollers. T’as le droit de te marrer:

Ma première course : du grand n’importe quoi à Cluj Napoca

Il faut que je te ramène au mois de septembre 2015. À l’époque je ne courais que depuis 2 ou 3 mois mais j’étais vraiment à fond, probablement parce que je m’améliorais rapidement, progrès non sans relation avec une bonne perte de poids durant l’été. Rassure toi, cela ne m’empêchait aucunement de boire comme un trou. Bien au contraire.

J’ai passé cette semaine de septembre en Roumanie avec ma Choupichouette, Grand Polak et un groupe de potes, tous invités par Draculito et Yoga Girl.  Ce pays est vraiment très accueillant, un fût de bière y est moins cher qu’une pinte d’ale à Londres, et la nourriture y est principalement à base de gras de cochon, de polenta et de crème (je vous ai dit que c’est un pays TRÈS accueillant?).  Nous sommes arrivés un samedi. Évidemment, nous avons passé la nuit à écumer les bars de Cluj Napoca.

À un moment donné, tard dans la nuit, nos sens et nos pensées déjà lourdement affectés par les quantités industrielle de bière ingérées, Draculito nous annonce un truc du genre « Au fait les gars, je sais que vous aimez courir et il y a une course ici demain. Je suis sûr que vous pourrez vous inscrire le matin même. Le site web dit que la course fait dans les 6 km ». Bien sûr, on a répondu « Ouais, allez on le fait ! » et on a repris nos activités nocturnes (principalement boire et raconter de la merde).

Le lendemain matin, Choupichouette, Grand Polak et moi étions sur la ligne de départ avec la gueule de bois des grands soirs. Autant dire que je n’étais pas vraiment motivé pour m’échauffer, mais Grand Polak ne m’a pas donné le choix et dès qu’on a commencé a courir, la gueule de bois a commencé à s’estomper. L’atmosphère commençait à chauffer aussi, surtout parce que le gars et ses bimbos sur la scène entraînaient tout le monde à faire de grands mouvements sur de la techno-dance d’Europe de l’est, très forte. Puis tout le monde s’est dirigé vers la ligne de départ et j’ai commencé à sentir monter la tension.

Et c’est parti ! J’ai commencé à courir, en visant un rythme pour 6 km et ça allait plutôt bien. Il était assez évident que la plupart des participants n’avaient jamais couru une minute avant ce jour et ça faisait du bien de doubler tout le monde, même si certains étaient bien entraînés et impossible à doubler ou même garder en vue pour moi. Fin du premier tour, ma montre me dit que j’ai fait un peu plus de 2 km. OK, il doit rester 2 tours, je vais éviter de me tuer pour le moment, je courrai plus vite au troisième tour. Alors je garde mon énergie pour plus tard (ce qui ne m’empêche pas de transpirer à grosses gouttes). La ligne d’arrivée apparaît pour la seconde fois et il semble clair qu’il n’y aura pas de troisième tour, donc je sprinte aussi vite que je peux, je double quelques grosses larves et je passe la ligne d’arrivée.

Une jeune fille habillée très court me passe une médaille autour du cou, je suis sûr que je vais me faire engueuler par Choupichouette, mais je suis content. Rien à cirer de la pouf : je me sens tout euphorique à cause de la course. J’ai fini ! Bon, j’aurais pu faire mieux si j’avais su qu’il n’y avait que deux tours, mais je me sens super bien ! L’atmosphère est électrique, j’ai couru, je l’ai fait !

Cluj-Napoca Crosul Companiilor 2015

Quelques minutes plus tard, Grand Polak passe la ligne d’arrivée à son tour. Il a couru tellement vite que les bimbos n’étaient pas encore en place lorsqu’il a fini son deuxième tour, alors il a fait un troisième tour ! Quoi qu’il en soit, il a presque volé la course et a fini dans le top 5 (sur un bon millier de participants). Choupichouette était visiblement très contente aussi, elle a couru un semi-marathon la semaine suivante. Ouais, c’est une fille comme ça.

Le jour suivant, Yoga Girl nous a organisé une petite session de yoga pour nous détendre. Vindiou, que c’était bon de s’étirer ! Je le recommande vraiment après une course, surtout après une aussi portnawak que celle-ci.

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