French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

Tag: Semi-marathon

Semi marathon d’Ealing 2016

Oh yes, j’ai le « Ealing feeling » ! La semaine dernière, j’ai enfin couru le semi marathon que j’ai préparé tout l’été. Je n’ai pas été très assidu avec mon programme d’entraînement : j’ai trop bu (y-compris à un Beer Mile) ce qui a entraîné un foirage total des 10 km de Bushy Park. J’ai aussi sauté quelques courses longues, ce qui a miné mon entraînement de fond. Autant te dire que je n’étais pas super confiant quand je suis arrivé sur la ligne de départ du semi marathon d’Ealing. Je me suis donc fixé un objectif de 1h35, soit 3 minutes plus vite que mon record au Roma-Ostia mais aussi 2 minutes 30 plus lent que mon temps potentiel calculé par rapport à mon record sur 10 km.

Après m’être échauffé, je me suis approché de la ligne de départ. D’après le site officiel, il ne devait y avoir des lièvres que pour des objectifs de 1h40 et 1h30, j’ai donc décidé de me placer entre les deux. Mais j’ai découvert avec joie que le club des Ealing Eagles avaient dépêché leurs propres lièvres pour un objectif d’1h35. Je ne les remercierai jamais assez car ils m’ont vraiment aidé tout au long de la course. Après un peu de bavardage avec les autres coureurs, le top départ a été donné et j’ai commencé à suivre mes lièvres. Après à peine 2 kilomètres, mon lacet gauche s’est défait et j’ai dû m’arrêter pour le refaire. Je me suis maudit de ne pas avoir bien fait un double noeud comme à mon habitude et j’ai accéléré pour rattraper mes lièvres. La plupart du temps, je suis resté juste derrière eux, même quand le parcours était en montée ou en descente. Ils m’ont vraiment aidé à garder un bon rythme et surtout il m’ont empêché de faire mon erreur habituelle d’aller trop vite au début de la course.

En plus d’avoir de quoi réguler ma vitesse, je me suis assuré de bien m’hydrater à chaque point de ravitaillement. J’ai aussi appris de mon semi marathon précédent et j’ai fait le plein de gels énergétiques : j’en ai pris un juste avant le départ de la course, un autre au huitième kilomètre et un dernier au quinzième kilomètre. À cause de la fatigue, j’ai un peu merdé lors de l’ouverture du dernier sachet et je m’en suis foutu plein sur la main gauche qui est devenue collante très rapidement. Heureusement il y avait un ravitallement assez proche et j’ai pu me rincer la main en courant. Grâce à la combinaison de touts ces éléments, je ne me suis pas heurté au « mur » comme à Rome où les 3 derniers kilomètres ont été un calvaire.

En fait, à 3 kilomètres de la fin je me suis même rendu compte que même si j’étais fatigué, j’avais encore de l’énergie et j’ai décidé de doubler mes lièvres afin de battre mon objectif. Ça a été dur mais je savais que je pouvais le faire. À la vue de la ligne d’arrivée, j’ai décidé que je pouvais encore accélérer et j’ai fini en sprintant, tout en lâchant mon habituel cri primal final. Résultat : 1h34m09s, c’est presque 1 minute plus rapide que mon objectif ! J’étais vraiment content de mon temps, même si en théorie j’aurais pu faire mieux.

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Après la course, je me suis étiré pendant un looooong moment et j’ai payé pour un petit massage des jambes. Ce truc m’a permis d’éviter les courbatures à Rome, j’ai donc réitéré. Et à nouveau je me suis senti parfaitement bien le lendemain : ni crampes ni courbatures. Parfait ! Après le massage, j’ai retrouvé quelques amis de Grand Polak. Ce type a un plan machiavélique pour faire courir tout le monde autour de lui et ça marche ! Une de ses amies venait juste de finir son premier semi marathon et était vraiment contente malgré le fait que six mois auparavant elle détestait courir !

D’un manière générale, ce fût une super journée et j’ai adoré cette course. OK, c’est surtout parce que j’étais vraiment content de moi mais aussi parce que le temps était parfait et que le parcours était vraiment agréable (bien que trop vallonné pour faire un super temps) et m’a fait découvrir Ealing. L’ambiance était super : les locaux ont vraiment aidé avec leurs encouragements et leurs bonbons, et ils y avait des groupes jouant de la musique entraînante le long du parcours. Je ne vais pas me plaindre que la plupart du marquage était en sytème impérial parce que j’ai réglé ma montre en métrique et parce que l’organisation générale était vraiment bonne : mon temps officiel était en ligne dans les dix minutes suivant mon arrivée, les photos étaient en ligne le lendemain et j’ai même une vidéo de mon cri primal final !

Jeunes coureurs

La dernière fois que j’ai couru sur piste (c’était aussi la première) il y avait un groupe d’enfants qui s’entraînaient avec leur prof. Certains d’entre eux étaient super jeunes et les autres étaient encore plus jeunes, ce qui m’a un peu remis en question parce que certains d’entre eux étaient déjà presqu’aussi rapides que moi. Ça m’a aussi remémoré deux petites histoires que j’ai lues au sujet de jeunes coureurs.

Running Child photo by Peter Mooney

Enfant qui court photo de Peter Mooney

La première histoire est celle de Budhia Singh, un enfant coureur indien. Un jour alors qu’il avait à peine 2 ou 3 ans, il a été puni et on l’a fait courir autour d’une piste. L’adulte qui l’avait en charge l’a oublié et lorsqu’il est revenu cinq heures plus tard, le petit Budhia courait toujours ! C’est une histoire assez incroyable et ça ne s’arrête pas là : à l’âge de 4 ans il avait déjà couru et terminé 48 marathons, ce qui est un peu déprimant parce qu’avec 3 décades de plus sous les bras, je n’en ai toujours pas couru un ! Malheureusement l’histoire ne se termine pas bien (pour en savoir plus, va lire l’article Wikipedia), il a été interdit de courir jusqu’à l’âge de 11 ans et maintenant, à 14 ans, il n’a plus rien d’un coureur exceptionnel.

La deuxième histoire [en] est plus heureuse.  C’est l’histoire d’une petite New-Yorkaise courageuse de 12 ans qui a terminé un semi-marathon par erreur. Elle était supposée courir un 5K familial mais a pris le mauvais départ. À mi-chemin elle s’est rendu compte que quelque chose ne tournait pas rond – elle avait déjà couru trop longtemps. Et c’est là que j’admire notre petite héroïne : quand elle a vu son erreur elle a tout simplement pensé « Et puis zut, je vais la finir quand même cette course ! » voilà qui demande courage et ténacité ! Après 2 heures, 43 minutes et 31 secondes d’angoisse, sa mère l’a retrouvée avec une médaille autour du cou. Encore une fois, je n’ai couru mon premier semi que cette année, ça me laisse songeur…

Courses à boire

J’ai déjà parlé de la relation intime qui peut exister entre courir et boire, mais parfois cette relation est vraiment très forte. En effet quelques coureurs fous (ou géniaux ?) organisent des courses qui impliquent de courir et de boire en même temps ! J’ai rassemblé une liste de ces glorieuses courses :

Bière

Tu sais déjà qu’il y a des bières sans alcool spéciales pour coureurs, mais il y a aussi des courses pour les amateurs de bière :

  • Beer Mile : c’est la plus célèbre des courses qui inclue la boisson dans ses règles : 4 tours de piste, 4 bières. Chaque bière doit être consommée avant le début du tour. Il y a même un Beer Mile World Classic (🇬🇧) à Londres le mois prochain, bien entendu j’y participerai ! Et si tu le rates, il y a aussi le Flotrack Beer Mile (🇺🇸) au Texas en décembre prochain, ainsi que la Beerfit Running Series (🇺🇸) un peu partout aux USA.
  • Kastenlauf : c’est le parent historique du Beer Mile. Cette tradition remonte à 1982 à Munich et possède beaucoup de variantes, la principale impliquant des équipes de 2 coureurs portant une caisse de bière entre eux qu’ils doivent avoir finie avant la ligne d’arrivée. Il y a beaucoup de courses de ce type, comme le Zurich Bierathlon (🇨🇭), le Welde Bierathlon (🇩🇪), le Schöndelter Bierathlon (🇩🇪), le Büdesheimer Biermarathon (🇩🇪) et probablement bien d’autres.
  • Beer Lovers Marathon (🇧🇪) : évidemment, celui-ci a lieu en Belgique, à Liège pour être exact. C’est un marathon standard de 42,195 km mais il y a des bières locales à chaque ravitaillement. Les déguisements sont obligatoires et l’évènement a l’air vraiment convivial et plein de bonne bière de qualité.
  • Great Breweries Marathon (🇧🇪) : encore une fois, les belges ayant les meilleures bières du monde, ils sont les seuls qui pouvaient organiser un tel évènement : courir en ralliant plusieurs brasseries légendaires, dont celles qui brassent la Duvel et la Karmeliet (miam) ! On peut y boire pendant la course et on revient avec un panier garni (de bières bien sûr).
  • Shamrock 5K Beer Run (🇺🇸) : comme le nom ne le suggère pas, cette course n’a pas lieu en Irlande mais à Indianapolis et Chicago aux US of A. De la bière est disponible à chaque ravitaillement et une pinte est servie à la fin. Je pense que ça peut valoir le détour car les sponsors ne sont pas des brasseurs d’infâme bière américaine légère (que j’appelle pisse d’âne) mais une sélection de quelques un de ces merveilleux brasseurs artisanaux qui on fait de l’Amérique le berceaux du renouveau de la bière artisanale depuis une décennie.
  • Beer Belly Running (🇬🇧) : ce n’est pas vraiment une course mais plutôt un organisateur d’évènement festifs autour de la bière et de la course dans cette bonne vieille ville de Londres. J’ai tout particulièrement la course Beat the Barrel (plus fort que le fût), qui est un vrai travail d’équipe. Mais cette année il a été remplacé par le Great British Beerathon, qui exige de manger en plus de boire. Quel dommage que je ne sois pas dispo ce jour là…
  • Il y a plein d’autres courses autour du thème de la bière, comme la Brewery Running Series (🇺🇸) et le Alamo Beer Challenge (🇺🇸), mais d’après ce que j’ai pu lire, on ne boit pas pendant la course.

Vin

Si la bière est vraiment quelque chose de particulier à la Belgique, l’Allemagne, l’Angleterre et aux États-Unis, les courses sur le thème du vin se trouveront beaucoup en France (mais pas seulement) :

  • Marathon du Médoc (🇫🇷) : comme affiché sur le site web, il s’agit du plus long marathon du monde. Pour ceux qui ne le savent pas, le Médoc est souvent considéré comme le coin des Bordeaux supérieurs. Donc le lendemain de la course, t’auras une gueule de bois snob et des courbatures snobs. Il a été créé en 1984 et depuis c’est devenu une véritable institution !
  • Marathon du Beaujolais (🇫🇷) : les vins du Beaujolais ne jouissent pas de la même réputation que les vins de Bordeaux, mais c’est ma région d’origine donc j’ai une affection particulière pour celui-ci, même s’il ne passe pas par mon village. Je connais quelques coureurs qui l’ont terminé et il paraît que c’est épique.
  • Marathon du Vignoble d’Alsace (🇫🇷) : si le vin rouge n’est pas vraiment ton truc mais que tu vendrais ta mère pour un verre de blanc, cette course est pour toi ! L’Alsace est renommée pour ces délicieux vins de Gewurtztraminer, Sylvaner et Pinot Gris. Et après la course tu peut te faire péter le bide avec une bonne choucroute garnie.
  • Wineathlon (🇬🇧) : il s’agit en fait d’un séries de 10K où du vin est servi aux ravitaillements. Même si ces courses sont proches de moi maintenant, je n’oserais pas m’inscrire, connaissant la qualité du vin généralement servi en Grande Bretagne.
  • Half Corked Marathon (🇨🇦) : ça alors Canada, je n’attendais pas ça de toi !
  • Healdsburg Wine Country Half Marathon (🇺🇸) : ouais, il fallait bien que la Californie figure dans cette liste. Non, non, je ne me plains pas.
  • Wicked Wine Run (🇺🇸), The Ultimate Wine Run (🇺🇸) : cours et bois du mauvais vin partout aux USA, yay !
  • J’ai trouvé plein d’autres course autour du vin, comme le Maratona delle città del vino (🇮🇹), le Media maratón por los caminos del vino (🇦🇷), le Idaho Wine Run (🇺🇸), le Texas Wine Series (🇺🇸), Fuelled by Wine (🇺🇸), le St Clair Vinyard Half Marathon (🇳🇿) et le Winery Run (🇦🇺) mais on ne peut y boire qu’après la course. Quel dommage.
Marathon du Médoc

Marathon du Médoc Photo de Kinolamp

Spiritueux

On pourrait penser qu’il existe des courses autour du whisky en Écosse ou autour du whiskey en Irlande mais je n’en ai pas trouvées. Ceci dit il semblerait que dans ces contrées, les prix pour les gagnants soient souvent payés en liquide (ambré et contenant 40% d’alcool). Pas de course de la téquila au Mexique ou de marathon du rhum aux Antilles non plus. Malgré tout il existe quelques courses où l’on peut boire des alcools forts :

  • Vodka Trot (🇺🇸) : j’imaginais que les russes ou les polonais seraient les organisateurs d’une course aussi détraquée, mais non il fallait que ce soient les ricains…
  • Bien que je n’ai pas trouvé beaucoup de courses où l’on boit des spiritueux pendant la course, il y en a quelques unes où l’on peut boire après la course, comme le Semi-Marathon de l’Armagnac (🇫🇷) et le Marathon du Cognac (🇫🇷), et vu que c’est dans le sud ouest, j’imagine qu’il y aura de la bonne bouffe aussi.

Je suis sûr que j’ai raté plein d’évènements qui rassemblent course à pieds et boissons alcoolisées. Si tu en connais d’autres n’hésite pas à les rajouter dans les commentaires !

Mises à jour

Voyager et courir

Comme je suis en vacances hors de Londres cette semaine, j’ai pensé qu’il serait bien d’écrire sur les voyages et la course. Certains voyagent spécialement pour aller courir – je ne pense pas du tout à Grand Polak, qui est allé en Éthiopie, au Kenya et aux USA juste pour courir, non, non, non, il n’est pas fou et il écrit même à ce sujet [en]. Mais ce n’est pas le seul : la Cuisinière Folle se prépare un petit voyage à Lanzarote pour participer au triathlon Ocean Lava avec sa boîte et je suis sûr qu’il y a beaucoup de monde qui fait de même. Il se peut même que je l’ai fait moi-même (oups) et bien que courir n’est généralement pas la raison de mes voyages j’essaye de courir partout où je vais.

Lyon, France

C’est ma première destination de course évidemment, bien que je ne suis pas sûr que ça compte vraiment comme un voyage car c’est ma ville d’origine. J’y suis en ce moment et cela me rappelle de vieux souvenirs à chaque fois. Cette semaine j’ai couru avec le Grand Frenchie, ainsi qu’avec ma soeur et ça m’a rendu bien content d’être en au moins aussi bonne forme physique qu’eux pour la première fois de ma vie. Je suis aussi venu à Lyon pour ma première course sur 10 km en septembre dernier (note pour plus tard : il faut que j’écrive sur celle-là) et que j’ai établi mon premier record. J’adore courir dans cette ville car les berges du Rhône et de la Saône y sont vraiment adaptées ; elles sont sans voitures, pleines d’arbres et joignent un parc à un autre.

French Bloke at Run In Lyon 2015

French Bloke à Run In Lyon 2015

Auckland, Nouvelle Zélande

Oui je sais, je me la pète, mais c’est le but de cet article non ? Ce run date de l’époque où je n’aimais pas courir, mais au moins j’avais ma soeur (qui vivait là-bas à l’époque) pour me tenir compagnie. C’était dur : j’avais de vieilles chaussures, je pesais 15 kg de plus qu’aujourd’hui et je n’avais pas couru depuis longtemps. Je n’ai même pas pu me pousser à finir car la fin était une montée bien raide. Maintenant j’aimerais bien le refaire (plus pour retourner en Nouvelle Zélande que pour comparer le nouveau moi qui court avec le vieux moi bien gras). Quoi qu’il en soit, ce furent des vacances sportives avec beaucoup de randonnée, de nage et de spéléo.

At the top of the Ngauruhoe (aka Mount Doom)

Au sommet du Ngauruhoe (aka La Montagne du Destin)

A Guarda, Espagne

Lors d’une visite dans la région natale de Wonder Woman et Superman, j’ai fait ce run impromptu pieds nus qui devint un moment déterminant pour la suite. Je veux écrire un billet spécifiquement à ce sujet donc je ne vais pas trop en dévoiler ici.

Bucarest, Roumanie

En fait, j’ai couru à plusieurs endroit en Roumanie lors d’une visite de la Transylvanie native de Draculito. Et bien que ce fût complètement imprévu, j’ai même participé à une course là bas ! Courir dans la fraîcheur des forêts autour du château de Bran où dans la pittoresque Sighisoara était plus agréable que de courir dans les rues brûlantes de Bucarest – bien que ce fût un très bon moyen de découvrir la ville.

Race in Cluj-Napoca

La course « Crosul Companiilor » à Cluj-Napoca

Llan-Maes, Pays de Galles

Courir dans la tranquille campagne galloise a définitivement été le meilleur moment de ce week-end maudit que j’ai passé à Cardiff pour voir la France se faire défoncer par l’Irlande lors de la coupe du monde de Rugby.

Annecy, France

Avant de rendre visite à Wonder Woman et Superman dans leur Chamonix d’adoption, la Choupichouette et moi sommes restés quelques jours dans cette belle ville alpine qu’est Annecy, où nous avons randonné et ou je me suis tenu à mon sacro-saint programme d’entraînement et on a même fait un joli petit run ensemble, dans le froid de la montagne.

Rome, Italie

OK, je suis un peu fou, je dois avouer que parfois il m’arrive de voyager uniquement pour courir. Mais j’avais une bonne excuse : je rendais visite au Rital Taiseux à qui j’avais promis de courir le semi-marathon de Roma-Ostia s’il venait à Lyon pour notre premier 10 km, ce qu’il a fait. Et j’ai déjà écrit un billet sur ce premier semi-marathon.

French Bloke and Quiet Roman

French Bloke et Rital Taiseux à Rome

Cologne, Allemagne

Là c’était aussi un run imprévu. J’ai eu la chance d’aller en Allemagne pour le boulot et j’ai décidé de rester à Cologne pour le week-end. Je me suis fait 23 km tranquilou, juste pour m’amuser et pour voir la superbe ceinture verte de la ville, les berges du Rhin et les attractions principales, y-compris le célèbre Kölner Dom.

Bordeaux, France

Non seulement Bordeaux a des vins parmi les meilleurs du monde, mais c’est aussi la ville où Touche-à-tout habite. Cela fait 2 excellentes raisons d’y aller, mais ce ne sont pas d’assez bonnes raisons pour arrêter de suivre le sacro-saint programme d’entraînement. Nous avons donc couru ensemble le long de la Gironde et nous avons fait une bonne séance d’étirements ensuite.

Occasions manquées

Je suis aussi allé en Pologne pour fêter la nouvelle année avec Grand Polak, mais avec des températures légèrement frisquettes de -18°C, devine où est-ce que le sacro-saint programme d’entraînement a bien pu se mettre ses sessions d’intervalles… Même Grand Polak n’a pas couru pendant 4 jours (ouais je sais, c’est à peine croyable).

Et comme c’était une randonnée difficile, je n’ai pas couru au Maroc où j’ai grimpé le Djebel Toubkal, point culminant de l’Atlas. Cela n’a pas empêché Grand Polak de courir. J’ai même écrit au sujet de ce voyage sur ce blog.

Occasions futures

La Fée Crayon se marie avec Papi Ronchon, on va donc aller en Écosse pour unir ce joli couple, cela fera peut-être une occasion de courir, bien que je doute que je sois en état le lendemain de la grosse fête. Peut-être qu’ils nous inviteront pour un deuxième mariage au Brésil ! Ça ouvrirait de tout nouveaux horizons de course…

Test : Merrell Road Glove 3

Pour la première fois, j’écris un test pour une paire de chaussures que j’utilise encore pour courir, mais aussi, pour la première fois, j’écris un test pour une paire de chaussures qui ne sont plus disponibles (Merrell a arrêté de produire toute la gamme de « Road Glove »). Ce test va être bien utile du coup, hein ? En plus, pour changer, elles m’ont été recommandées par mon dieu de la chaussure favori : le Rital Taiseux, donc on connais déjà le résultat du test.

Bon, après cette promesse d’un test chiant à mourir, passons aux choses sérieuses.

ZZZZZzzzzzzzzzzz

Quoi ? Tu veux un vrai article ? Tu te moques de moi !

Bon, OK, voici une jolie photo :

Merrell Road Glove 3

Merrell Road Glove 3 – Avec l’aimable autorisation de Merrell

Et voilà ce que j’en pense en quelques points :

  • C’est une très bonne chaussure, incroyablement légère et confortable
  • Elle est encore plus minimaliste que la Merrell Bare Access 4 (sans blague ? C’est comme le Port-Salut, c’est écrit dessus) et donne des sensations encore meilleures, malheureusement elle n’est pas rouge
  • Elle n’est pas aussi solide que la Bare Access sus-mentionnée et montre déjà des traces sérieuses d’usure après 500 km (je pense que voir ses chaussettes à travers compte comme une sérieuse trace d’usure) mais elle n’a pas craqué après 200 km comme mes Altra
  • Elle m’a permis d’établir mon record sur le semi marathon

En conclusion, je te recommande chaudement d’acheter ces chaussures. Ha, ha, quelle blague pourrie. Mais tu t’attendais à quoi ? À un véritable test complet ? Depuis le temps, tu as bien dû te rendre compte que c’est pas mon truc mec !

Roma Ostia – Le semi-marathon à l’italienne

Ah ! Rome en mars ! C’est vraiment la saison parfaite. Ensoleillé mais pas trop chaud, de la bonne bouffe à s’en faire péter le ventre, un nombre acceptable de touristes, et le semi-marathon italien avec le plus grand nombre de participants.

J’avais promis au Rital Taiseux que je viendrais courir le  semi de Roma-Ostia avec lui s’il venait à Run in Lyon, ce qu’il a fait. J’ai donc dû tenir ma promesse. Je dois admettre que je ne suis pas allé à Rome à reculons. À vrai dire, j’étais tellement motivé que j’ai commencé un programme d’entraînement dès novembre exprès pour cette course. Cela ne m’a pas empêché de ne pas obtenir mon certificat médical à temps pour la course, gros procrastinateur que je suis (les procrastinateurs sont les leaders de demain, estime toi prévenu). Par chance, mon Rital Taiseux est un excellent ami et à réussi à m’obtenir des rendez-vous avec les bonnes personnes à la dernière minute.

L’Italie est un drôle de pays. Rital Taiseux à appelé le labo pour savoir quand on pourrait avoir les résultats d’un test urinaire si on venait samedi matin. On lui a répondu « Dans ce cas, les résultats ne seront pas prêts avant lundi mon brave monsieur », ce à quoi il a répondu que non, vraiment ça ne le ferait pas, ce qui a suffit à leur rappeler que finalement les résultats pourraient être prêts en deux heures, pour le même prix. Nous sommes donc allés au labo déposer mon petit bocal et nous sommes repartis pour un petite course facile dans le plus beau paysage urbain imaginable : on jogge devant les ruines du Forum Romain antique, on trottine devant le Cirque Maxime, et on finit tranquilou devant le Colisée.

French Bloke and Quiet Roman

French Bloke et Rital Taiseux devant le Colisée

L’Italie est un drôle de pays. Pendant notre petit déjeuner, un gars criait un refrain répétitif dans la rue en bas. Apparemment, ce type suit une vieille tradition de crieur de rue offrant ses services d’affutage de couteaux ou de réparation de four. Mais ce n’est que la version officielle. Mon Rital Taiseux me dit que puisque plus personne n’a besoin de ce genre de services, le type vend certainement de la drogue et rabat ses clients à la criée. Après le petit dèj,  on est allés chercher mes résultats et on a filé à Ostia pour mon certificat médical.

L’Italie est un drôle de pays. Le médecin que j’ai rencontré était un type débonnaire dans la cinquantaine, vraiment relax, et lâchant visiblement des blagues à la moindre occasion dans un accent romain bien marqué, ce qui m’a fait regretter de comprendre l’italien aussi mal. Tout ce que j’ai compris, c’est que mon rythme cardiaque de 49 au repos l’a convaincu que j’étais molto atletico, ce qui a suffit à lui faire signer le satané papier.

Au paradis, la police est britannique, les cuistots sont italiens, les mécanos sont allemands, les amants sont français, et tout est organisé par les suisses.
En enfer, la police est allemande, les cuistots sont britanniques, les mécanos sont français, les amants sont suisses et tout est organisé par les italiens.

L’Italie est un drôle de pays. Quelques fruits de mer et pâtes plus tard (oui, ce sont des unités officielles de temps là bas), on est allés chercher nos dossards et on a eu eu la preuve que le stéréotype est vrai. Nous étions au paradis à midi, mais maintenant nous étions en enfer. Sur le papier, tout était organisé parfaitement : il y avait plusieurs tables où on pouvait montrer une preuve d’identité et donner son certificat d’identité en échange de son dossard et d’un sac à code couleur. Le sac servirait à ranger des affaires propres que l’on retrouverait à la ligne d’arrivée, le tout transporté par l’organisation de la course. En réalité, il n’y avait aucune indication, et pas de queue organisée, il fallait se battre pour atteindre une table où le bénévole t’annonce que tu n’es pas au bon endroit et que tu dois faire tamponner ton formulaire avant de retirer ton dossard, mais que si tu étais étranger il fallait aller encore à une autre table. J’avais l’impression d’être dans « la maison qui rend fou » dans les Douze Travaux d’Astérix. On a finalement réussi à retirer nos dossards, nos sacs de couleur et un beau t-shirt Adidas. Comme c’était la fin de la journée, on est allés carb-loader dans une trattoria locale qui servait un Cacio e Pepe à se damner (Pecorino et poivre, miam). Puis on a filé au lit.

Cacio e Pepe

Cacio e Pepe

L’Italie est un drôle de pays. On est arrivés sur la ligne de départ tôt le matin pour pouvoir poser nos sacs dans les camions qui allaient les transporter jusqu’à l’arrivée. Tout avait l’air tellement bien organisé que ça en devenait douteux. Les camions étaient faciles à trouver et bien alignés dans l’ordre, avec deux bénévoles dans chacun pour ranger les sacs. Le numéro du camion était inscrit sur le dossard et sur une étiquette sur le sac. Le mien était le camion № 6 et celui du Rital Taiseux était le № 22, ce qui était bizarre car on ne pouvait voir que des camions numérotés de 1 à 21. C’est quoi ce bordel ? Les bénévoles du camion № 21 nous on informé qu’il y avait tout simplement pas de camion № 22 et qu’il fallait poser son sac dans n’importe quel camion et se souvenir du numéro. Tout est normal…

Le Rital Taiseux et moi avons vidé nos vessies et sommes parti pour un court échauffement : petit jogging de 10 minutes, des pas chassés, on monte les genoux, et hop, direction la ligne de départ. Il y avait plusieurs sas, mais comme aucun de nous n’avait couru de semi-marathon avant, on a dû partir avec la dernière vague. Le Rital Taiseux est retourné pisser juste avant que notre sas commence à se diriger vers la ligne de départ et nous nous sommes perdus de vue. Juste avant le coup de feu de départ, on a finit par se retrouver du regard et on a levé les poings au ciel pour s’encourager mutuellement.

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La ligne de départ du Roma-Ostia

Pan ! J’ai l’impression que c’est un vrai coup de feu car il y a de la fumée. Le départ est facile et descend un peu. Le seul truc chiant c’est qu’il y a tellement de gens que je me retrouve souvent bloqué par un mur de coureurs difficile à dépasser. Je passe mon temps à crier « scusi, scusi ! » aux autres coureurs et je n’arrive pas à trouver un lièvre de toute la course. Après 5 ou 6 kilomètres, j’avale un gel énergétique. Après 10 kilomètres sans évènement notable, j’ai l’impression que je me suis juste échauffé, malgré le fait qu’il y ait un peu de côte. La côte s’accentue entre les kilomètres 10 et 12, mais je continue à crier « scusi, scusi ! » à qui veut bien entendre mon mauvais italien. Je me sens toujours bien et je suis plutôt optimiste parce que je sais que la course continue en descente et finit par du plat. Je prends une gorgée d’eau à chacun des trois ravitaillements et je me sens vraiment bien jusqu’au 17ème kilomètre. Et là, ça me frappe de plein fouet. Pourquoi est-ce que ça devient aussi dur tout d’un coup ? Je n’arrive pas à garder mon rythme et j’arrête de dire « scusi, scusi ! » à mes frères et sœurs de souffrance. Rétrospectivement, j’aurais dû prévoir un deuxième gel énergétique qui m’aurait peut-être permis d’éviter ce mur. Je continue malgré mes jambes douloureuses. Mais pourquoi mes orteils tapent à l’intérieur de mes chaussures ? J’étais pourtant bien confortable au début de la course ! Quand j’aperçois enfin la 21ème borne, mon courage prend le dessus sur mes jambes et elles accélèrent malgré leur désaccord. Je passe la ligne après 1 heure, 37 minutes et 57 secondes de joie et de souffrance.

L’arrivée de la course est plutôt bien organisée : on nous donne tout de suite un coup-vent et un sac avec une sorte de biscuit mou italien, de la compote, une pomme, de l’eau, une boisson énergétique, et bizarrement  : un demi litre de lait… Quelques mètres plus loin, on nous distribue les médailles, ainsi que du thé chaud ou une glace (j’ai pris les deux). Il y a aussi une tente avec des massages gratuits où je décide d’attendre mon Rital Taiseux en faisant la queue. Il est allé un peu plus lentement que moi car il n’a pas pu s’entraîner autant à cause d’une sale blessure au genou. Mais il m’a rapidement trouvé dans la queue, en train de m’étirer pendant 10 bonnes minutes. Je suis bien content de m’être étiré autant parce que le lendemain, je n’avais presque pas mal aux jambes. D’un autre côté, je pense que je vais perdre deux ongles de pieds dans les semaines à venir… Je ne suis même pas capable de suivre mes propres conseils. Pathétique. Quoi qu’il en soit, ça valait vraiment la peine. J’ai adoré cette course, les conifères sur le bord de la route, le soleil, et le fait que la course avait une réelle destination plutôt qu’être une bête boucle.

French Bloke and Quiet Roman after 21.1 km

French Bloke et Rital Taiseux après 21,1 km

Il va sans dire qu’après une bonne douche, on est allé manger la meilleure pizza du monde en se vantant sur nos performances. C’est parce que nous ne savions pas qu’une heure avant nous, Solomon Kirwa Yego avait passé la ligne d’arrivée après seulement 58 minutes et 44 secondes, à peine 30 secondes de plus que le record du monde, réalisant ainsi le 4ème meilleur temps de l’histoire du semi-marathon !

Coureurs célèbres : Paula Radcliffe

Pour moi, Paula Radcliffe est à la course britannique ce que Jeannie Longo est au cyclisme français (les rosbifs le verront dans l’autre sens) : une légende vivante qui est là depuis toujours, qui a tout gagné et qui ne vieillit pas, au grand dam de la jeune génération d’athlètes qui ne lui arrivent pas à la cheville. Elle ne fait pas partie des meubles : elle est les meubles.

Imagine un peu pour voir. Son record du monde du marathon établi en 2003 à Londres est plus de 3 minutes plus rapide que le deuxième meilleur temps pour la distance et tient toujours depuis cette époque ! Pour comparaison, chez les hommes, les dix meilleurs temps pour un marathon sont tous compris dans une fourchette de 90 secondes. Oh, et juste pour s’amuser, la même année que ce record historique, elle a aussi établi le record du monde du 10K sur route à Puerto Rico. Record qui tient toujours 13 ans après. Ouaip, lui aussi. Cerise sur le gâteau, en 2003 (toujours !) elle a aussi établi le record du monde du semi-marathon à Newcastle. Il n’a pas été ratifié par l’IAAF (la fédération internationale d’athlétisme) parce que le Great North Run est légèrement en pente. Le record a tout de même tenu 11 ans.

Paula Radcliffe, Berlin 2011 - Photo by Ramon Smits

Paula Radcliffe, Berlin 2011 – Photo de Ramon Smits

Pourtant c’était plutôt assez mal barré pour elle au début. Quand elle a commencé à courir à l’âge de 7 ans, elle était anémique et asthmatique (et elle l’est toujours parce que ça ne part pas comme ça). Joli combo ! Ça ne l’a pas empêchée de rejoindre l’élite avant ses vingt ans, malgré les multiples crises d’asthme et autres blessures, sur des distances entre 1500m et le semi-marathon. Elle a commencé à gagner des médailles à la pelle, au niveau national et international, tellement que j’ai arrêté de les compter en lisant l’article Wikipédia. Mais ça lui lui suffisait pas et elle a décidé de se mettre au marathon en 2002. Dès sa première course elle annonce la couleur en établissant un nouveau record pour un marathon 100% féminin. Plus tard la même année, elle établi un nouveau record du monde de la distance. Les doigts dans le nez. Et bien sûr il y a l’année 2003, année où elle établi pas moins de 3 records du monde sur 3 distances différentes, dont 2 tiennent toujours. Bien sûr, en parallèle, elle a participé à 4 jeux olympiques (de 1994 à 2008) et quand elle a mis fin à sa carrière en 2015, ses temps était encore assez bons pour la qualifier pour les jeux de Rio en 2016 !

Alors à quoi tu t’attendais ? Évidemment qu’elle est devenue une légende ! Au point que quand elle court, son dossard ne porte pas de numéro mais son prénom. Quand elle a couru son dernier marathon à Londres l’an dernier, la foule a scandé « Paula ! Paula ! » durant 42,195 km. Et comme je suis un peu un connard, je vais terminer par mon moment préféré de sa carrière, quand Denise Lewis a essayé de l’interviewer ce jour là mais la vitesse de marathon de Paula était plus rapide que le sprint de la journaliste (malgré le fait que cette dernière a été une heptathlète de niveau mondial par le passé), ce qui a laissé cette dernière à bout de souffle après l’interview la plus courte de sa vie. Un moment à voir et à revoir à voir et à revoir sur la BBC.

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