French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

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Semi marathon d’Ealing 2016

Oh yes, j’ai le « Ealing feeling » ! La semaine dernière, j’ai enfin couru le semi marathon que j’ai préparé tout l’été. Je n’ai pas été très assidu avec mon programme d’entraînement : j’ai trop bu (y-compris à un Beer Mile) ce qui a entraîné un foirage total des 10 km de Bushy Park. J’ai aussi sauté quelques courses longues, ce qui a miné mon entraînement de fond. Autant te dire que je n’étais pas super confiant quand je suis arrivé sur la ligne de départ du semi marathon d’Ealing. Je me suis donc fixé un objectif de 1h35, soit 3 minutes plus vite que mon record au Roma-Ostia mais aussi 2 minutes 30 plus lent que mon temps potentiel calculé par rapport à mon record sur 10 km.

Après m’être échauffé, je me suis approché de la ligne de départ. D’après le site officiel, il ne devait y avoir des lièvres que pour des objectifs de 1h40 et 1h30, j’ai donc décidé de me placer entre les deux. Mais j’ai découvert avec joie que le club des Ealing Eagles avaient dépêché leurs propres lièvres pour un objectif d’1h35. Je ne les remercierai jamais assez car ils m’ont vraiment aidé tout au long de la course. Après un peu de bavardage avec les autres coureurs, le top départ a été donné et j’ai commencé à suivre mes lièvres. Après à peine 2 kilomètres, mon lacet gauche s’est défait et j’ai dû m’arrêter pour le refaire. Je me suis maudit de ne pas avoir bien fait un double noeud comme à mon habitude et j’ai accéléré pour rattraper mes lièvres. La plupart du temps, je suis resté juste derrière eux, même quand le parcours était en montée ou en descente. Ils m’ont vraiment aidé à garder un bon rythme et surtout il m’ont empêché de faire mon erreur habituelle d’aller trop vite au début de la course.

En plus d’avoir de quoi réguler ma vitesse, je me suis assuré de bien m’hydrater à chaque point de ravitaillement. J’ai aussi appris de mon semi marathon précédent et j’ai fait le plein de gels énergétiques : j’en ai pris un juste avant le départ de la course, un autre au huitième kilomètre et un dernier au quinzième kilomètre. À cause de la fatigue, j’ai un peu merdé lors de l’ouverture du dernier sachet et je m’en suis foutu plein sur la main gauche qui est devenue collante très rapidement. Heureusement il y avait un ravitallement assez proche et j’ai pu me rincer la main en courant. Grâce à la combinaison de touts ces éléments, je ne me suis pas heurté au « mur » comme à Rome où les 3 derniers kilomètres ont été un calvaire.

En fait, à 3 kilomètres de la fin je me suis même rendu compte que même si j’étais fatigué, j’avais encore de l’énergie et j’ai décidé de doubler mes lièvres afin de battre mon objectif. Ça a été dur mais je savais que je pouvais le faire. À la vue de la ligne d’arrivée, j’ai décidé que je pouvais encore accélérer et j’ai fini en sprintant, tout en lâchant mon habituel cri primal final. Résultat : 1h34m09s, c’est presque 1 minute plus rapide que mon objectif ! J’étais vraiment content de mon temps, même si en théorie j’aurais pu faire mieux.

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Après la course, je me suis étiré pendant un looooong moment et j’ai payé pour un petit massage des jambes. Ce truc m’a permis d’éviter les courbatures à Rome, j’ai donc réitéré. Et à nouveau je me suis senti parfaitement bien le lendemain : ni crampes ni courbatures. Parfait ! Après le massage, j’ai retrouvé quelques amis de Grand Polak. Ce type a un plan machiavélique pour faire courir tout le monde autour de lui et ça marche ! Une de ses amies venait juste de finir son premier semi marathon et était vraiment contente malgré le fait que six mois auparavant elle détestait courir !

D’un manière générale, ce fût une super journée et j’ai adoré cette course. OK, c’est surtout parce que j’étais vraiment content de moi mais aussi parce que le temps était parfait et que le parcours était vraiment agréable (bien que trop vallonné pour faire un super temps) et m’a fait découvrir Ealing. L’ambiance était super : les locaux ont vraiment aidé avec leurs encouragements et leurs bonbons, et ils y avait des groupes jouant de la musique entraînante le long du parcours. Je ne vais pas me plaindre que la plupart du marquage était en sytème impérial parce que j’ai réglé ma montre en métrique et parce que l’organisation générale était vraiment bonne : mon temps officiel était en ligne dans les dix minutes suivant mon arrivée, les photos étaient en ligne le lendemain et j’ai même une vidéo de mon cri primal final !

Championnat des 10 km du Middlesex

Nom de nom, je suis vraiment une feignasse. Je n’ai rien écrit depuis un mois ! C’est aussi nul que Grand Polak. Au moins, j’ai couru et j’ai même concouru. Cette fois j’ai bien fait gaffe à contrôler ma consommation d’alcool les jours avant la course, et j’ai même réussi à ne pas boire du tout à une soirée d’anniversaire. Si ça c’est pas du self-control, je ne sais pas ce qu’il te faut. OK, Draculito ma donné un truc de fana de muscu : boire un Virgin Mary, c’est bien meilleur que la bière sans alcool et ça dure plus longtemps qu’un soda.

Bref, je suis arrivée frais et dispo au départ de la course, sans même une petite gueule de bois pour changer. Le championnat des 10 km du Middlesex était organisé par un autre club, retiens ton souffe : le Victoria Park Harriers and Tower Hamlets Athletics Club mais c’était aussi le championnat de mon club : Serpentine RC. Autant te dire que le niveau des coureurs était bien plus élevé que celui que l’on trouve à une course lambda pour une association caritative. C’était vraiment une expérience à part : tous les coureurs portaient un maillot de club, principalement VPH&THAC et Serpentine, mais j’ai aussi repéré des coureurs de plein d’autres clubs, dont un Mornington Chaser (pas celui que j’ai battu au Beer Mile World Classic malheureusement).

Après ma petite routine d’échauffements habituelle, je me suis dirigé vers la ligne de départ. Comme nous n’avions pas de puce, j’ai deviné que le temps serait calculé par rapport au coup de feu de départ plutôt que le temps réel donc j’ai essayé de me placer assez près de la ligne de départ. Cela ne m’a pris que 2 secondes après le gros BANG pour passer la ligne de départ mais je me suis vite rendu compte que le niveau des coureurs était vraiment bon : la moitié des gens derrière moi m’ont doublé dans les premières centaines de mètres. Ensuite ça n’a pas beaucoup doublé, les coureurs en club touchent leur bille et savent vraiment être réguliers ! Comme d’habitude, j’ai couru mon premier kilomètre trop vite et j’ai essayé de calmer mes ardeurs pour la première moitié. Puis j’ai essayé d’accélérer, mais sans grand succès. Heureusement que je m’étais trouvé un lièvre à ce moment là, sinon j’aurais probablement décroché. J’ai essayer de le doubler pour toute la deuxième moitié de la course mais je n’ai pas trouvé l’énergie. Jusqu’aux 200 derniers mètres où j’ai réussi à sortir un bon petit sprint des familles et je l’ai enfin doublé ! J’ai bien sûr poussé mon cri de victoire devenu ma signature et j’ai attendu quelques secondes pour serrer la main de mon lièvre qui arrivait juste derrière. Il m’a félicité, mais au fond de moi j’étais un peu déçu parce que je savais que mon temps officiel serait de 42 minutes et 1 seconde.

Juste 2 secondes plus vite et j’aurais pu me la péter en disant que je coure 10 kilomètres en moins de 42 minutes ! C’est vraiment frustrant, surtout que s’il y avait eu des puces, mon temps réel aurait probablement été dans cette zone. Depuis, j’ai un peu relativisé et au final je suis bien content puisque j’ai tout de même battu mon record précédent de 21 secondes. On va dire que c’est un bon présage pour mon semi-marathon la semaine prochaine.

Middlesex 10k Championship

Une tripotée de coureurs de Serpentine au championnat des 10 km du Middlesex

Beer Mile World Classic

Cela faisait un petit moment que j’en parlais mais ça y est, j’ai enfin couru un Beer Mile ! Et pas des moindres, puisqu’il s’agissait du Beer Mile World Classic [en] avec l’élite mondiale de la discipline ! Les règles [en] sont simples : tu bois 1 bière puis cours 1 tour de piste et tu répètes ça 4 fois. Si tu vomis ou ne finis pas une de tes bières, tu cours un tour de pénalité. Il y a quelques petits points de règlement (canettes ou bouteilles de 355ml seulement avec un minimum de 5% d’alcool) mais sinon c’est aussi simple que ça.

Grand Polak avait prévu de venir avec moi mais au final il a du abandonner parce que cet imbécile s’est blessé au pied. Mais le pire c’est qu’il n’est même pas venu me soutenir et s’enfiler quelques bierasses lors de cette journée évènement. Peu importe, je suis venu avec mon maillot Serpentine [en] que je me dois de porter en compétition, et ce maillot Serpie m’a permis de me faire des amis (et des ennemis) comme tu vas voir. Je suis arrivé assez tôt et j’ai bien fait parce que j’était dans la deuxième course, ce qui m’a donné juste assez de temps pour me changer, de regarder la première course pour en tirer quelques enseignements, et de m’échauffer pour ma propre course. Lorsque j’ai reçu mon dossard, on m’a recommandé de roter autant que possible pour éviter de dégobiller. Ce fût une très bon conseil : la bière par défaut était de la Heineken, qui est vraiment gazeuse et peut facilement provoquer la gerbe si on court sans éliminer rapidement le gaz. Et je ne voulais pas me prendre un tour de pénalité.

Sur la ligne de départ, tous les coureurs on le doigt sur la capsule de leur bière, prêts à l’ouvrir. Le commentateur (très drôle) fait le décompte et Pssscht, tout le monde ouvre sa bière et commence à la descendre. Nom de nom, c’est beaucoup plus difficile que ce que j’imaginais ! Non seulement cette bière n’est pas bonne, mais en plus elle est tellement gazeuse que je n’avale que de la mousse, ce qui la rend impossible à ingurgiter rapidement. J’éructe plusieurs fois et je finis par la vider, mais au moins sept ou huit gars ont finit la leur avant moi. Quel départ pitoyable, je suis déçu par ma performance jusqu’à présent mais je décide de ne pas m’attarder et je commence à courir. Les cent premiers mètres ne sont qu’un long rot retentissant, et je ne suis pas le seul pour qui c’est le cas. Et puis très tôt dans la course, je repère qui sera mon lièvre : un rouquin avec un maillot à rayures blanches, oranges et vertes.

À la fin du premier tour, tandis que les spectateurs l’encouragent, je comprends qu’il est du club des Mornington Chasers. Mais oh, moi aussi on m’encourage ! Un groupe crie « Go Serpie ! » et ça me donne un bon boost : je lève le poing et je bois plus vite. Je commence à prendre le truc, mais cette bière est toujours aussi dure à avaler et le Mornington Chaser à encore beaucoup d’avance sur moi. Encore quelques rots en courant, mais toujours pas d’envie de vomir, c’est bon signe. À la fin du deuxième tour, une autre salve d’encouragements me réchauffe le cœur et je commence à m’enfiler ma troisième Heineken. Ce satané chaser est toujours en avance sur moi, mais j’ai réussi à grappiller quelques secondes précieuses dans la chug zone (zone de descente des bières) et maintenant il est atteignable : 4 minutes et 10 secondes après le début de la course, j’accélère et je finis par le doubler ! Mais pas pour longtemps et il me dépasse à nouveau juste avant la chug zone. Avec la fatigue, il devient difficile d’avaler quoi que ce soit mais j’arrive à descendre ma canette juste une seconde avant le chaser. Je cours un dernier tour raisonnablement rapide (1:20) et je finis sur un beau sprint que le commentateur décrit comme « superflu » mais qui me permet de finir 10 secondes avant mon adversaire en un temps relativement médiocre de 7 minutes et 35 secondes. Mais c’est un nouveau record pour moi et j’en suis fier !
[Regarde la vidéo de la course sur Trackie]

Serpentine v Mornington Chasers

Serpentine v Mornington Chasers

On se serre les mains et on échange quelques plaisanteries sur nos clubs respectifs. D’autres serpies viennent me féliciter pour mon temps et pour mon sprint final. Il se trouve qu’il y a plein de membres du club aujourd’hui mais la plupart sont bénévoles pour l’organisation de la course. Je me fais plein d’amis, on échange quelques conseils et on échafaude des stratégies pour améliorer notre temps au Beer Mile. La meilleure suggestion est de courir avec une bière choisie pour son meilleur goût et pour son absence de bulles. Quelqu’un estime que la Guinness doit être une bonne option, pour ma part je suis plus convaincu par une ale. Malheureusement une bière comme la London Pride n’est pas assez alcoolisées pour être acceptée officiellement ce qui est vraiment dommage car c’est une des bières les plus plates que je connaisse. Je me promets de rechercher et de trouver la bière idéale. Il y a quelques brasseurs autour de la piste aujourd’hui et leurs bières sont de bonnes candidates potentielles.

À propos des brasseurs, j’apprécie l’après-course en buvant quelques pintes de leur délicieux breuvage pendant que les autres courses ont lieu. Je veux rester pour voir les courses « élite ». Les femmes sont assez impressionnantes, mais les hommes le sont encore plus ! Corey Bellemore, un canadien, explose le record du monde avec un temps de 4:34 ! C’est la première fois de ma vie que je suis témoin d’un record du monde dans quelque discipline que ce soit ! Ceci dit, je n’ai pas été impressionné par tous les coureurs :  le dernier de la course élite a fini en 8:21 ce qui fait 46 secondes plus lent que moi, et ça me donne des idées de grandeur : je pourrais rejoindre ou créer l’équipe de France du Beer Mile !

Pendant les autres courses, j’ai commencé à m’acoquiner avec les brasseurs et une bénévole (une serpie) est venue me proposer de porter un costume de Charlier (Où est Charlie) et de courir un relais avec. Bien sûr, j’ai répondu oui ! Dans mon équipe il y avait un des brasseurs, un autre serpie et Corey Gallagher, le légendaire coureur du Beer Mile qui est le premier à avoir brisé la barrière des 5  minutes ! J’étais vraiment honoré et j’ai décidé de faire une course à la hauteur, j’ai donc acheté une bouteille de saison de Solvay Society Brewery pour l’occasion. Elle était beaucoup plus facile à boire et j’ai réussi à la boire cul-sec. Je n’ai presque pas roté et j’ai couru mes 400 mètres sous les 70 secondes, j’ai donc bien participé à l’effort de l’équipe qui nous a valu un temp final de seulement 5 minutes et 40 secondes. mais à la fin l’équipe du Canada a gagné et a établi un nouveau record du monde à 4:06 !
[Regarde la vidéo de la course sur Trackie]

French Bloke is a Wally

French Bloke est Charlie

Au final ce fût une journée splendide. La récupération ne fût pas facile, mais tu peux être sûr que je vais en courir d’autres !

Les 10000 mètres de Londres

Voilà la beauté du système métrique : 10 km font aussi 10 000 mètres. Bien qu’en général une course de 10 000 m fait référence à une course sur piste et un 10K fait référence à une course sur route, il semblerait que les organisateur du « London 10000 » se soient un peu plantés. Quoi qu’il en soit, c’est encore Grand Polak qui m’a convaincu de m’inscrire à cette course et je n’ai pas été difficile à convaincre : le parcours est entièrement dans le centre de Londres et passe devant les monuments les plus emblématiques de la ville comme Buckingham Palace, Trafalgar Square, la cathédrale St Paul’s, le parlement et son gros Ben, etc…

Grand Polak m’a dit d’arriver tôt et on s’est retrouvés à la station Embankment où il était déjà avec un groupe de potes du club Serpentine [en]. Il essaye de me convaincre de rejoindre le club et je résiste mais je risque fort de céder au bout d’un moment. Tous ces mecs courent vraiment vite, ils avaient presque tous un objectif en dessous des 40 minutes (34 minutes l’un d’entre eux !) alors que moi je voulais humblement de réitérer mon record de 42:39 tout en espérant secrètement de faire un temps en dessous de 42 minutes. Pour être honnête, je n’étais pas très optimiste parce que j’avais l’impression de ne pas avoir progressé les derniers mois, en plus j’ai pris 1 ou 2 kilos pendant mon séjour en France, ce qui n’aide pas à courir vite.

Nous avons tous marché ensemble vers la ligne de départ, avons discuté (de course à pied bien sûr) et nous nous sommes perdus au moment de déposer nos sacs – tu dois bien t’imaginer qu’un vestiaire pour 10 000 coureurs est un endroit où il est facile de se perdre. Je suis donc allé m’échauffer seul. Comme d’habitude : 10 minute de jogging tranquille, des étirements dynamiques, un peu de sprint et d’exercices variés. Sur la ligne de départ, j’ai revu Grand Polak qui était en retard et essayait de se frayer un chemin vers les premières lignes. On a fait un petit high-five  et on s’est souhaité bonne chance. J’ai avalé un gel énergétique et la course a démarré.

Comme d’habitude j’ai essayé d’être un peu ambitieux et je visais un rythme de 4:10 minutes par km qui devait me permettre un temps sous la barre des 42 minutes et m’assurerait un nouveau record. Je savais que ça ne serait pas facile parce que le parcours n’était pas vraiment plat et surtout parce que j’avais couru le Mile de Westminster la veille. Le premier kilomètre a été un peu bordélique, comme dans toutes les courses avec beaucoup de participants. Certains coureurs n’avaient rien à faire dans la première vague et ça m’a pas mal gêné au début. Les organisateurs devraient vraiment penser à faire des vagues plus petites au départ. Bref, j’ai passé la première borne après 4 minutes et 20 secondes et je n’étais pas vraiment content. Je me suis forcé à me répéter un mantra positif (un truc du genre « je vais gagner ») pour surmonter ma négativité du jour et quand j’ai enfin réussi à dépasser les coureurs les plus lents, j’ai poussé un peu et j’ai réussi à courir à une vitesse proche de ce que je voulais.

À ce moment, j’étais plutôt content parce que je voyais Londres d’un angle de vue complètement nouveau. C’est pas tous les jours qu’on peut courir au milieu de la rue sur le Strand ou sur Holborn, à côté de là où je travaille. Aux alentours de Bank, j’ai vu un groupe marcher sur le parcours avec une banderole qui disait « 10K en 1 jour », ils étaient avec un mec qui marchait lentement en tenant son fauteuil roulant, probablement pour sensibiliser le public à sa maladie. Je n’ai pas eu le temps de lire de quoi il s’agissait mais je me suis senti admiratif pour le bonhomme, il doit falloir un sacré courage ! Toutes ces petites choses m’ont redonné le moral et j’ai réussi à maintenir ma vitesse proche de mon objectif.

Mais à la cinquième borne, mes jambes se sont décidées à me rappeler la course sur 1 mile que j’avais faite la veille et elles m’ont dit « Hé crétin, si tu penses vraiment qu’on va continuer comme ça pendant encore 5 kilomètres, tu peux aller te faire voir ! ». Après 4 minutes et 23 secondes d’échange d’insultes avec mes jambes et mon kilomètre le plus lent de la course, j’ai fini par gagner l’engueulade (je suis plein de resources quand il s’agit de concours d’insultes) et je suis reparti à un rythme acceptable bien qu’en dessous de mon objectif.

Une vieille femme – ok, pas si vieille que ça mais elle aurait pu être ma mère – m’a doublé et j’ai décidé qu’elle deviendrait mon lièvre à partir de ce moment. Et ça a marché ! Nous avons couru côte à côte pour les 4 kilomètres qui ont suivis et j’ai décider de la semer pour la fin. J’ai couru les mille derniers mètres en 4:03 et j’ai réussi un sprint final grâce à mon cri devenu ma marque de fabrique. RHAAAAAAAAA! Oui, il a duré au moins neuf A et il m’a permit d’établir mon nouveau record personnel à 42 minutes et 22 secondes. Au début j’étais un peu déçu car il me restait encore de la négativité du matin mais au bout d’un moment je me suis rendu compte que c’était un nouveau record personnel quand même et que ça c’est vraiment cool !

Lanky Pole & French Bloke at the London 10,000

Grand Polak & French Bloke au London 10,000

Après une longue queue pour récupérer mon sac à dos j’ai retrouvé mon Grand Polak, on s’est étirés ensemble et on a pris une photo de la victoire. On a retrouvé ses potes de Serpentine et on est allés au pub le plus proche pour remplir nos estomacs de bonne bouffe et de bonne bière tout en parlant de course à pieds (quelle surprise), et voilà un pas de plus dans la direction de l’adhésion au club.

Cracher ses poumons au Westminster Mile

J’avais dit que je n’utiliserais pas le système impérial sur ce blog. J’ai menti. Mais c’est la faute de Grand Polak ! Quand je me suis inscrit pour le London 10000m, il a réussi à me convaincre de m’inscrire pour le Westminster Mile aussi. À l’époque, je trouvais ça logique : c’était la veille du 10K et ça ferait une bonne préparation. Quel imbécile j’ai fait !

Westminster Mile map & bib

Westminster Mile map & bib

Dimanche matin, j’ai retrouvé Grand Polak à Green Park à 8h15 et on a commencé à  explorer le trajet de la course. 1 mile c’est vraiment court, à peine plus de 4 fois 400m et c’est d’ailleurs habituellement couru sur piste. Cela ne fait même pas le tour complet de St James Park ! Ce mile ci est vraiment pittoresque : il commence sur le Mall, continue tout autour de St James Park le long des bâtiment de la Garde Royale à cheval et du musée impérial de la guerre et il finit juste devant Buckingham Palace !

Grand Polak est en train de passer de la longue distance aux distances moyennes, il devrait donc être de bon conseil pour cette distance, mais il m’a juste dit : « c’est facile, il suffit de courir vite ». Bon d’accord, après ça il m’a donné quelques vrais conseils et il m’a dit : « Commence à travailler à 800 mètres, ne commence pas ton sprint final trop tôt : à 200 mètre de la fin pas avant ». En fait, c’est beaucoup plus complexe que ça et il y a même beaucoup de stratégie surtout sur piste mais je voulais simplement courir mon premier donc il n’est pas trop entré dans les détails.

Après notre inspection, nous avons commencé à nous échauffer : 10 minutes de jogging, des étirements dynamiques et quelques courts sprints pour la forme. Bien sûr, comme avant chaque course nous sommes allés nous vider la vessie et avons noué nos lacets comme il faut – ce sont les deux choses les plus importantes, souviens-toi ! Nous nous sommes alors dirigés vers la ligne de départ. Grand Polak dans la première vague et moi dans la deuxième. Je visais de courir sous les 6 minutes. Je me disais que c’était plutôt un bon objectif : c’est un chiffre rond et c’est exactement le temps que je devais faire d’après le race predictor [en] sur la base de mon record sur 10K.

Le départ a sonné et j’ai commencé à courir. « Courir vite » n’était pas le meilleur conseil du monde parce que je me suis vite rendu compte que je ne tiendrais pas les 800 premiers mètres si je courais trop vite. J’ai donc suivi les autres coureurs de ma vague. Bon d’accord, je suis allé un peu plus vite que la moyenne parce que ça me semblait un peu lent tout de même. Rétrospectivement je pense que j’ai démarré trop vite mais il semble que c’est une erreur assez commune pour les débutants et de toutes façons je n’ai pas été doublé par trop de monde à la fin donc je n’était pas trop loin de ce que j’aurais dû faire. J’ai essayé de regarder ma montre (comme je le fais pour les longues distances) et de rester à un rythme de 3:40 par km mais c’est dur de se regarder le poignet en faisant un tel effort et puis la montre n’avait pas l’air très précise. Au final je n’ai quasiment pas couru à ce rythme, mais tantôt beaucoup plus vite, tantôt beaucoup plus lentement.

À la borne des 800m, je me suis demandé « C’est bien à 800 mètres que Grand Polak m’a dit de commencer à travailler ? » mais je commençais à fatiguer alors je me suis dit « Naaaaaan, je crois bien qu’il m’a dit de commencer 400 mètres avant la fin, je vais m’économiser un peu ». Oui je sais, je suis une grosse feignasse. Et puis il y avait cet emmerdeur à côté de moi qui attaquait du talon et me déconcentrait avec ses foulées super bruyantes et sa cadence super lente (j’était en moyenne à 213 foulées par minute) et je commençais à avoir hâte de finir. Quand la borne des 400m est arrivée, j’ai commencé à « travailler » et je l’ai laissé derrière. Visiblement je ne travaillais pas assez dur car je me suis fait doubler par quelques coureurs. À la borne des 200m je n’ai pas réussi à convaincre mon corps de sprinter, j’ai essayé d’aller plus vite mais mes jambes ne voulaient pas suivre, elles avaient trop mal. À la borne des 100m et à la vue de la ligne d’arrivée, j’ai tout de même réussi à surmonter la fatigue et à accélérer. À 10 mètres de la fin j’ai tout donné et j’ai poussé un gros cri. J’ai l’impression que ce cri final est en train de devenir ma signature (souviens-toi mon 10K au parc olympique).

Je suis vraiment content de mes 5 minutes et 42 secondes, c’est 18 secondes de mieux que mon objectif et j’étais aux anges : un nouveau record dans l’escarcelle ! Grand Polak était déçu par ses 4 minutes et 52 secondes, c’était son premier mile sur route et il n’avait pas ses repères habituels comme il peut les avoir sur piste. Après ça nous sommes allés faire un petit jogging de récupération mais je n’ai pas pu en faire trop parce que mes poumons me brûlaient et ma gorge me faisait tellement mal que j’avais presque le goût du sang dans la bouche. Cela ne m’a pas empêché de m’étirer correctement et surtout d’aller au pub pour célébrer comme il faut avec une pinte et mon bon petit déjeuner anglais. Pas trop tout de même car nous devions courir le 10K le lendemain !

Voyager et courir

Comme je suis en vacances hors de Londres cette semaine, j’ai pensé qu’il serait bien d’écrire sur les voyages et la course. Certains voyagent spécialement pour aller courir – je ne pense pas du tout à Grand Polak, qui est allé en Éthiopie, au Kenya et aux USA juste pour courir, non, non, non, il n’est pas fou et il écrit même à ce sujet [en]. Mais ce n’est pas le seul : la Cuisinière Folle se prépare un petit voyage à Lanzarote pour participer au triathlon Ocean Lava avec sa boîte et je suis sûr qu’il y a beaucoup de monde qui fait de même. Il se peut même que je l’ai fait moi-même (oups) et bien que courir n’est généralement pas la raison de mes voyages j’essaye de courir partout où je vais.

Lyon, France

C’est ma première destination de course évidemment, bien que je ne suis pas sûr que ça compte vraiment comme un voyage car c’est ma ville d’origine. J’y suis en ce moment et cela me rappelle de vieux souvenirs à chaque fois. Cette semaine j’ai couru avec le Grand Frenchie, ainsi qu’avec ma soeur et ça m’a rendu bien content d’être en au moins aussi bonne forme physique qu’eux pour la première fois de ma vie. Je suis aussi venu à Lyon pour ma première course sur 10 km en septembre dernier (note pour plus tard : il faut que j’écrive sur celle-là) et que j’ai établi mon premier record. J’adore courir dans cette ville car les berges du Rhône et de la Saône y sont vraiment adaptées ; elles sont sans voitures, pleines d’arbres et joignent un parc à un autre.

French Bloke at Run In Lyon 2015

French Bloke à Run In Lyon 2015

Auckland, Nouvelle Zélande

Oui je sais, je me la pète, mais c’est le but de cet article non ? Ce run date de l’époque où je n’aimais pas courir, mais au moins j’avais ma soeur (qui vivait là-bas à l’époque) pour me tenir compagnie. C’était dur : j’avais de vieilles chaussures, je pesais 15 kg de plus qu’aujourd’hui et je n’avais pas couru depuis longtemps. Je n’ai même pas pu me pousser à finir car la fin était une montée bien raide. Maintenant j’aimerais bien le refaire (plus pour retourner en Nouvelle Zélande que pour comparer le nouveau moi qui court avec le vieux moi bien gras). Quoi qu’il en soit, ce furent des vacances sportives avec beaucoup de randonnée, de nage et de spéléo.

At the top of the Ngauruhoe (aka Mount Doom)

Au sommet du Ngauruhoe (aka La Montagne du Destin)

A Guarda, Espagne

Lors d’une visite dans la région natale de Wonder Woman et Superman, j’ai fait ce run impromptu pieds nus qui devint un moment déterminant pour la suite. Je veux écrire un billet spécifiquement à ce sujet donc je ne vais pas trop en dévoiler ici.

Bucarest, Roumanie

En fait, j’ai couru à plusieurs endroit en Roumanie lors d’une visite de la Transylvanie native de Draculito. Et bien que ce fût complètement imprévu, j’ai même participé à une course là bas ! Courir dans la fraîcheur des forêts autour du château de Bran où dans la pittoresque Sighisoara était plus agréable que de courir dans les rues brûlantes de Bucarest – bien que ce fût un très bon moyen de découvrir la ville.

Race in Cluj-Napoca

La course « Crosul Companiilor » à Cluj-Napoca

Llan-Maes, Pays de Galles

Courir dans la tranquille campagne galloise a définitivement été le meilleur moment de ce week-end maudit que j’ai passé à Cardiff pour voir la France se faire défoncer par l’Irlande lors de la coupe du monde de Rugby.

Annecy, France

Avant de rendre visite à Wonder Woman et Superman dans leur Chamonix d’adoption, la Choupichouette et moi sommes restés quelques jours dans cette belle ville alpine qu’est Annecy, où nous avons randonné et ou je me suis tenu à mon sacro-saint programme d’entraînement et on a même fait un joli petit run ensemble, dans le froid de la montagne.

Rome, Italie

OK, je suis un peu fou, je dois avouer que parfois il m’arrive de voyager uniquement pour courir. Mais j’avais une bonne excuse : je rendais visite au Rital Taiseux à qui j’avais promis de courir le semi-marathon de Roma-Ostia s’il venait à Lyon pour notre premier 10 km, ce qu’il a fait. Et j’ai déjà écrit un billet sur ce premier semi-marathon.

French Bloke and Quiet Roman

French Bloke et Rital Taiseux à Rome

Cologne, Allemagne

Là c’était aussi un run imprévu. J’ai eu la chance d’aller en Allemagne pour le boulot et j’ai décidé de rester à Cologne pour le week-end. Je me suis fait 23 km tranquilou, juste pour m’amuser et pour voir la superbe ceinture verte de la ville, les berges du Rhin et les attractions principales, y-compris le célèbre Kölner Dom.

Bordeaux, France

Non seulement Bordeaux a des vins parmi les meilleurs du monde, mais c’est aussi la ville où Touche-à-tout habite. Cela fait 2 excellentes raisons d’y aller, mais ce ne sont pas d’assez bonnes raisons pour arrêter de suivre le sacro-saint programme d’entraînement. Nous avons donc couru ensemble le long de la Gironde et nous avons fait une bonne séance d’étirements ensuite.

Occasions manquées

Je suis aussi allé en Pologne pour fêter la nouvelle année avec Grand Polak, mais avec des températures légèrement frisquettes de -18°C, devine où est-ce que le sacro-saint programme d’entraînement a bien pu se mettre ses sessions d’intervalles… Même Grand Polak n’a pas couru pendant 4 jours (ouais je sais, c’est à peine croyable).

Et comme c’était une randonnée difficile, je n’ai pas couru au Maroc où j’ai grimpé le Djebel Toubkal, point culminant de l’Atlas. Cela n’a pas empêché Grand Polak de courir. J’ai même écrit au sujet de ce voyage sur ce blog.

Occasions futures

La Fée Crayon se marie avec Papi Ronchon, on va donc aller en Écosse pour unir ce joli couple, cela fera peut-être une occasion de courir, bien que je doute que je sois en état le lendemain de la grosse fête. Peut-être qu’ils nous inviteront pour un deuxième mariage au Brésil ! Ça ouvrirait de tout nouveaux horizons de course…

De la motivation

Je me rends compte que je dois avoir l’air fou quand je dis que je cours 5 fois par semaine ou que je me lève à 6h du matin juste pour courir, mais je ne pense pas l’être. Toi aussi tu peux le faire, il suffit de trouver la motivation. Voic une petite liste de conseils pour se motiver et pour le rester. Ils ont marché pour moi ; nous sommes tous différents donc ils ne marcheront pas forcément pour toi, mais ça vaut le coût d’essayer !

  • Aimer courir est la première et la plus évidente des motivations ! Une motivation qui nous tire (c’est le but qui nous attire) est bien plus puissante qu’une motivation qui nous pousse (on se pousse vers le but). Ça ne vient pas forcément naturellement pour la course et je détestais ça au début, mais en me poussant assez longtemps, j’ai fini pas aimer ça et maintenant je suis sincèrement impatient de pouvoir courir (surtout mes courses longues) quand je suis inactif. Ne te méprends pas, il y a toujours des jours où je n’ai pas vraiment envie, mais a posteriori je n’ai encore jamais regretté d’aller courir.
I really regret that run. Said no one. Ever.

« Je regrette vraiment d’être allé courir » signé: jamais personne

  • Perdre du poids était ma motivation initiale. C’est une très bonne motivation pour commencer et je pense que n’importe qui peut courir [en] bien que le coureur stéréotypique soit maigre, tu peux très bien être gros et en bonne forme physique à la fois ! Cependant, il a été montré que perdre du poids ou maintenir son poids est une mauvaise source de motivation sur le long terme, parce que tu vas toujours te relâcher à un moment donné et retourner à tes vieilles habitudes. Courir doit être une fin, pas un moyen.
  • Avoir un modèle, quelqu’un à admirer et vers qui tendre ! Pour moi, c’est Grand Polak et le fait que j’ai parfois le privilège de courir avec lui me tire dans sa direction. Pour lui, c’est Kenenisa Bekele, pour Emil Zátopek c’était Paavo Nurmi, etc… Et la liste est longue :  avoir un modèle est indispensable.
  • Avoir un sparring-partner, quelqu’un à qui se mesurer. Pour moi, c’est le Rital Taiseux, et j’ai la chance d’en avoir 3 autres : Papa MusiqueTouche à tout et la Cuisinière folle. Cela peut être dans un esprit compétitif ou amical mais avoir quelqu’un d’un niveau équivalent aide à aller plus loin.
  • Avoir des mesures et des objectifs chiffrés fonctionne vraiment bien pour moi. C’est pour ça que je me suis acheté une montre Garmin. Une app come Strava est aussi vraiment efficace si les chiffres te motivent : essayer de battre mes propres temps sur le même trajet d’une semaine à l’autre ou essayer de battre d’autres personnes sur certains segments me pousse plus loin.
  • Les courses sont géniales : l’ambiance m’électrise systématiquement et l’émulation que ça génère me donne toujours l’envie d’en refaire une. Essayer de battre mon record personnel est aussi un bon challenge. Être compétitif avec les autres peut être une bonne motivation, mais pour moi ce qui m’incite vraiment à aller plus loin, c’est de me battre moi-même et d’être meilleur à chaque fois.
  • Avoir un programme d’entraînement est une motivation puissante. Des recherches ont montré qu’avoir des objectifs fixés par quelque’un d’autre est un moyen efficace de se pousser à les atteindre, parce que l’on perçoit moins de conséquences à ne pas tenir des promesses faites à soi-même alors que l’on souhaite tenir ses engagements faits aux autres.
  • Ne pas faire répéter l’alarme : simplement sauter du lit quand elle sonne. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire, mais une fois l’habitude prise, c’est vraiment efficace et tu n’auras plus besoin d’heures entières pour te lever.
  • Lire au sujet de la course est un formidable moyen de se motiver et de le rester. J’ai trouvé la lecture de Born to run vraiment motivante (et il me motive encore un an après l’avoir lu), mais lis aussi d’autres coureurs. Ça peut être des coureurs célèbres ou simplement des gens normaux qui écrivent dans un blog comme celui-ci. En bref : continue à me lire 2 fois par semaine :-p

Test : Merrell Road Glove 3

Pour la première fois, j’écris un test pour une paire de chaussures que j’utilise encore pour courir, mais aussi, pour la première fois, j’écris un test pour une paire de chaussures qui ne sont plus disponibles (Merrell a arrêté de produire toute la gamme de « Road Glove »). Ce test va être bien utile du coup, hein ? En plus, pour changer, elles m’ont été recommandées par mon dieu de la chaussure favori : le Rital Taiseux, donc on connais déjà le résultat du test.

Bon, après cette promesse d’un test chiant à mourir, passons aux choses sérieuses.

ZZZZZzzzzzzzzzzz

Quoi ? Tu veux un vrai article ? Tu te moques de moi !

Bon, OK, voici une jolie photo :

Merrell Road Glove 3

Merrell Road Glove 3 – Avec l’aimable autorisation de Merrell

Et voilà ce que j’en pense en quelques points :

  • C’est une très bonne chaussure, incroyablement légère et confortable
  • Elle est encore plus minimaliste que la Merrell Bare Access 4 (sans blague ? C’est comme le Port-Salut, c’est écrit dessus) et donne des sensations encore meilleures, malheureusement elle n’est pas rouge
  • Elle n’est pas aussi solide que la Bare Access sus-mentionnée et montre déjà des traces sérieuses d’usure après 500 km (je pense que voir ses chaussettes à travers compte comme une sérieuse trace d’usure) mais elle n’a pas craqué après 200 km comme mes Altra
  • Elle m’a permis d’établir mon record sur le semi marathon

En conclusion, je te recommande chaudement d’acheter ces chaussures. Ha, ha, quelle blague pourrie. Mais tu t’attendais à quoi ? À un véritable test complet ? Depuis le temps, tu as bien dû te rendre compte que c’est pas mon truc mec !

Test : Merrell Bare Access 4

Tout juste une semaine avant ma première course sur 10k, mes Altra One 2, ma seule paire de chaussures à l’époque, ont craqué après à peine 200 kilomètres parcourus. Je les aimais vraiment bien mais je ne voulais pas acheter la même paire et risquer à nouveau de les péter après un mois d’utilisation. Et puis je voulais continuer mon chemin vers les chaussures minimalistes, mais pas trop vite. Je me suis donc tourné vers mon encyclopédie des chaussures : le Rital Taiseux.

Il est super fan de Merrell et pour mon prochain pas vers la course minimaliste (désolé pour le jeu de mots pourri) il m’a conseillé les Merrell Bare Access 4 pour une bonne transition. Elle sont zero-drop (pas de différence de hauteur entre le talon et les orteils), ne pèsent que 181 g par chaussure, ont une semelle de 13,2 mm (la moitié des Altra One 2) et un amortissement raisonnable (8 mm) pour un coureur qui démarre dans le minimalisme. Mais le plus important est qu’elles sont magnifiques et qu’elles sont rouges ! Encore plus cool : la couleur s’appelle « Molten Lava » (lave en fusion) bonjour Anakin Skywalker. Et elles en jettent au moins autant en noir (here come the Men in Black).

Je n’ai eu qu’une semaine pour m’habituer à ces chaussures avant ma course, ce qui n’est pas vraiment conseillé. Mais dès le premier essai elles étaient vraiment confortables, et même si mes panards larges comme des bateaux se sentaient un peu à l’étroit au début, je les ai tout de suite aimées. À ma grande surprise, j’ai aussi aimé le fait qu’il y ait peu d’amorti et que je sente mieux le sol qu’avec ma paire précédente. Et puis elles sont rouges quoi.

Bon, j’avais toujours un peu peur pour ma course, parce qu’après mon premier essai sur 5 km, je sentais plus mes mollets qu’avec mes Altra. C’était parce que ces nouvelles chaussures me forçaient à adopter une technique correcte. Ça m’a un peu inquiété parce que je n’étais pas sûr de pouvoir courir 10 km sans ressentir une souffrance intolérable aux mollets. Mes inquiétudes se sont dissipées après ma deuxième sortie (5 km) et ont complètement disparues après ma troisième sortie : j’ai couru 11 km sans la moindre douleur. Ah oui, est-ce que j’ai pensé à te dire que ces pompes sont vraiment belles en rouge ?

Le jour de la course, j’étais excité comme une puce (avoir du matos neuf met toujours la patate) et je n’ai pas ressenti de douleur non plus. J’ai établi mon premier record sur 10k, avec 47 mn 01 s, ce que je considère comme plutôt bien pour une première course. Je suis convaincu que j’ai fait ce temps grâce à ces magnifiques chaussures rouges (oui, elles sont rouges).

Récemment, j’ai changé pour des chaussures encore plus minimalistes, mais je garde toujours un souvenir affectueux pour ces Bare Access. Elles sont vraiment confortables, je ne me souviens pas avoir eu des problèmes d’ongles noirs avec, et elles sont bien plus solides que les Altra. Et juste au cas où tu n’aurais pas bien compris ce qui est vraiment important pour une bonne paire de chaussures : il faut qu’elles soient rouges.

L’histoire de mon 10k au parc olympique

Il était une fois, dans un pays fort, fort lointain, au légendaire terminus de la Jubilee Line dans un endroit reculé appelé Stratford, une tour étrange appelée « Orbit tower ». En bas de cette tour se déroulait une course. Mais pas n’importe quelle course les enfants ! C’était une course entre créatures mythiques, une course où j’ai croisée Pinocchia, Barbe-bleue, ainsi que les jumeaux Tweedledum et Tweedledee. Je suis sûr que Boucle d’or et Shrek étaient là aussi, mais je ne les ai pas repérés dans la foule. Cette course était le 10k du parc olympique, organisé par la fée RunThrough.

L'Orbit Tower et le stade olympique - Photo de Martin Pettitt

L’Orbit Tower et le stade olympique – Photo de Martin Pettitt

Ce dimanche était censé être une journée de retrouvailles avec mes amis coureurs au parc olympique mais ils m’ont tous déserté un à un. Choupichouette a eu un accident de vélo (il se trouve que le pare-choc d’une voiture est plus résistant qu’un genou humain), Grand Polak voulait venir mais son entraîneur a décidé que ce n’était pas une bonne idée de courir un 10k cette semaine là, Papi Ronchon s’était inscrit mais a « oublié » de s’entraîner et a estimé plus prudent de jeter l’éponge, même la Cuisinière Folle qui avait fait le voyage depuis la France n’a pas pu courir, à son grand désespoir, à cause d’un vilain soucis de santé.

Alors sortez les mouchoirs. En ce jour froid et venteux, j’ai du y aller tout seul : j’ai pris le métro tout seul, je suis arrivé à la course tout seul, j’ai récupéré mon dossard tout seul, j’ai bu un café tout seul, je me suis échauffé tout seul (je suis le conseil de Grand Polak et je me construis doucement une routine d’échauffements) et je suis allé sur la ligne de départ tout seul. Sniff, sniff.

Quelques minutes avant le départ, j’ai ingurgité un gel énergétique, pas parce que j’en avais besoin mais pour en tester les effets sur ma course. Le but final étant d’en prendre durant mon premier semi-marathon dans 3 semaines. Honnêtement, ça ne m’a pas donné le coup de pied au cul que j’attendais, mais qui sait, ça a peut-être influencé ma course, comme tu vas voir.

Compte à rebours, et je commence à détaler. Trop vite, mais je m’en fiche. Ma stratégie du jour consiste à « m’économiser » durant le premier tour, au rythme de mon record, et d’accélérer encore plus durant le deuxième tour. Soyons clairs, ça n’a pas marché : j’ai couru vraiment vite durant le premier tour et je n’ai pas réussi à accélérer pour le deuxième tour, j’ai tout juste réussi à maintenir ma vitesse.

Mon premier lièvre fut Pinocchia, une dame courant comme si elle avait des membres en bois. Je me suis dis : « avec un style de course aussi raide, je vais la doubler rapidement ». FAUX ! Elle allait beaucoup plus vite que moi et ma foulée médio-pied mal exécutée et condescendante ; je l’ai perdue de vue après le premier kilomètre. J’ai vite trouvé un nouveau lièvre, un barbu avec un T-shirt bleu. J’entend de loin le martèlement de sa foulée lourde et lente, Barbe-bleue attaque avec le talon. Mais sa vitesse est vraiment très proche de la mienne. Quand le parcours descend il va légèrement plus vite que moi, mais à chaque fois que la route remonte je le dépasse. Durant les neuf kilomètres suivants, c’est une véritable course qui se joue entre nous. Est-ce que Barbe-bleue est mon lièvre, ou suis-je le sien ? Je ne suis pas sûr mais la compétition m’a vraiment motivé.

À  un kilomètre de la fin, on double Tweedledum and Tweedledee (deux filles rigolotes avec des perruques oranges) qui galérent à finir leur 5k. Je voudrais bien les encourager mais j’ai d’autres chats à fouetter, alors j’économise mon souffle pour doubler Barbe-bleue. Sur le final, j’arrive à sprinter et à le doubler juste avant la ligne d’arrivée ! Je pousse un gros râle bien viril, faisant marrer le public au passage, et je passe la ligne après 42 minutes et 39 secondes ! OK, il se trouve que c’est finalement 3 secondes plus lent que le chrono de Barbe-bleue, mais j’ai battu mon précédent record de plus de 2 minutes ! À mon avis, ça mérite bien un cri primal suivi d’une une accolade virile au bonhomme.

Au final, je ne sais pas si je dois plus remercier mon gel énergétique ou Barbe-bleue pour cette performance, mais je suis prêt à parier que l’esprit de compétition a été mon principal moteur. Donc Merci Barbe-bleue d’avoir brisé ma solitude ce jour là et merci de m’avoir aidé à établir mon nouveau record personnel !

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