French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

Tag: Parc

Publicité éhontée : Anaïs Photography

Il a peu, j’ai fait une séance photo avec une photographe professionnelle et je dois avouer que je suis plutôt impressionné par le résultat. Tout d’abord, les photos ont été prises au parc de Greenwich qui est un de mes endroits préférés pour courir. Mais elle a aussi réussi à faire que je ne sois pas laid sur ces photos, et ça c’est une véritable prouesse ! Bon, elle n’a pas pu modifier les imperfections de ma technique de course (ces satanés bras, il faut que je les garde à un angle de 90°) mais c’est ma propre faute…

Quoiqu’il en soit, je recommande chaudement Anaïs Photography pour tous vos besoins en photos professionnelles (entreprises, évènements, publicité, mariage, grossesse, engagement, etc). Elle est disponible dans l’hémisphère nord (France et Royaume-Uni) en été, et dans l’hémisphère sud (îles Fidjis et Nouvelle Zélande) en hiver, bien que techniquement c’est aussi l’été – oui, c’est une maligne et elle arrive à vivre en été toute l’année.

French Bloke Runs par Anaïs Photography

French Bloke Runs à Greenwich Photo : Anaïs Photography (tous droits réservés)

Instant nostalgie à Lyon

Je suis en vacances à Lyon et bien sûr je suis toujours mon programme d’entraînement et je cours exactement comme si j’étais à Londres. Mais courir dans des endroits familiers fait remonter de vieux souvenirs à la surface, de l’époque où je détestais courir. Je n’aimais pas ça, mais je faisait quand même mon jogging hebdomadaire avec Touche à tout, ce qui rendait la chose supportable parce qu’au moins j’avais un bon pote à qui parler et pour faire passer le temps. Oui, c’était une bonne excuse pour voir mon pote et pour dire de la merde.

Je suis donc récemment allé courir sur la rive gauche du Rhône, un des 2 cours d’eau qui passent à Lyon, et cela m’a remémoré les joggings dominicaux hebdomadaires que l’on faisait sur ces mêmes quais, d’un parc à l’autre. Il faut savoir que Lyon a 2 parcs principaux :  le Parc de la Tête d’Or et le Parc de Gerland. C’est un parcours assez fréquent pour les coureurs locaux que de relier les 2 parcs le long de ce fleuve majestueux qu’est le Rhône (même si les rives de Saône sont plus belles). C’est une balade d’à peine 6 km et les quais ont été réaménagés pour les piétons et les cyclistes avec de larges passages, une piste cyclable, des aires de jeu, des fontaines et des arbres. Cette balade a aussi l’avantage de passer devant quelques uns des monuments et attractions importants de la ville :

  • Le Parc de la Tête d’Or lui-même est vraiment très beau, avec sa roseraie, son zoo gratuit, son lac et son île, beaucoup de grands arbres et plein d’herbe pour jouer au foot ou lézarder au soleil
  • La colline de la Croix-Rousse avec ses façades colorées du XIXème
  • L’Hôtel-Dieu, un ancient hôpital construit entre les XIIIème et XVeme siècles
  • La Piscine du Rhône, une piscine moche mais emblématique datant des années 60
  • Les beaux bâtiments du XIXème siècle des universités et de la bibliothèque universitaire
  • Le Musée des Confluences, un bâtiment controversé pour son gigantisme, sa bizarrerie (pour ne pas dire laideur) et les sommes astronomiques déboursées par les contribuables locaux pour sa construction

Ce dernier n’était pas encore là quand on courait avec Touche à tout, il y avait juste un terrain vague là où les 2 rivières se rencontrent. Nous allions jusqu’au Parc de Gerland et revenions au centre ville pour prendre un croissant, un café et un jus d’orange ou de citron frais. Je dois admettre que ça me manque et qu’à chaque fois que je reviens en France je prends un café et un bon croissant sur la terrasse d’un café.

Quais du Rhône - Photo by Connie Ma

Quais du Rhône Photo de Connie Ma

Quelques années plus tard, nous nous sommes remis à courir et nous avons choisi un endroit plus proches de nos boulots respectifs, le  Parc de Lacroix-Laval à Charbonnières-les-Bains, la banlieue chic de Lyon. C’était un environnement complètement différent, plus vallonné et aussi très plaisant car à certains endroits du parc, la forêt est presque sauvage. J’y garde d’excellents souvenirs et j’espère y courir à nouveau un jour…

L’histoire de mon 10k au parc olympique

Il était une fois, dans un pays fort, fort lointain, au légendaire terminus de la Jubilee Line dans un endroit reculé appelé Stratford, une tour étrange appelée « Orbit tower ». En bas de cette tour se déroulait une course. Mais pas n’importe quelle course les enfants ! C’était une course entre créatures mythiques, une course où j’ai croisée Pinocchia, Barbe-bleue, ainsi que les jumeaux Tweedledum et Tweedledee. Je suis sûr que Boucle d’or et Shrek étaient là aussi, mais je ne les ai pas repérés dans la foule. Cette course était le 10k du parc olympique, organisé par la fée RunThrough.

L'Orbit Tower et le stade olympique - Photo de Martin Pettitt

L’Orbit Tower et le stade olympique – Photo de Martin Pettitt

Ce dimanche était censé être une journée de retrouvailles avec mes amis coureurs au parc olympique mais ils m’ont tous déserté un à un. Choupichouette a eu un accident de vélo (il se trouve que le pare-choc d’une voiture est plus résistant qu’un genou humain), Grand Polak voulait venir mais son entraîneur a décidé que ce n’était pas une bonne idée de courir un 10k cette semaine là, Papi Ronchon s’était inscrit mais a « oublié » de s’entraîner et a estimé plus prudent de jeter l’éponge, même la Cuisinière Folle qui avait fait le voyage depuis la France n’a pas pu courir, à son grand désespoir, à cause d’un vilain soucis de santé.

Alors sortez les mouchoirs. En ce jour froid et venteux, j’ai du y aller tout seul : j’ai pris le métro tout seul, je suis arrivé à la course tout seul, j’ai récupéré mon dossard tout seul, j’ai bu un café tout seul, je me suis échauffé tout seul (je suis le conseil de Grand Polak et je me construis doucement une routine d’échauffements) et je suis allé sur la ligne de départ tout seul. Sniff, sniff.

Quelques minutes avant le départ, j’ai ingurgité un gel énergétique, pas parce que j’en avais besoin mais pour en tester les effets sur ma course. Le but final étant d’en prendre durant mon premier semi-marathon dans 3 semaines. Honnêtement, ça ne m’a pas donné le coup de pied au cul que j’attendais, mais qui sait, ça a peut-être influencé ma course, comme tu vas voir.

Compte à rebours, et je commence à détaler. Trop vite, mais je m’en fiche. Ma stratégie du jour consiste à « m’économiser » durant le premier tour, au rythme de mon record, et d’accélérer encore plus durant le deuxième tour. Soyons clairs, ça n’a pas marché : j’ai couru vraiment vite durant le premier tour et je n’ai pas réussi à accélérer pour le deuxième tour, j’ai tout juste réussi à maintenir ma vitesse.

Mon premier lièvre fut Pinocchia, une dame courant comme si elle avait des membres en bois. Je me suis dis : « avec un style de course aussi raide, je vais la doubler rapidement ». FAUX ! Elle allait beaucoup plus vite que moi et ma foulée médio-pied mal exécutée et condescendante ; je l’ai perdue de vue après le premier kilomètre. J’ai vite trouvé un nouveau lièvre, un barbu avec un T-shirt bleu. J’entend de loin le martèlement de sa foulée lourde et lente, Barbe-bleue attaque avec le talon. Mais sa vitesse est vraiment très proche de la mienne. Quand le parcours descend il va légèrement plus vite que moi, mais à chaque fois que la route remonte je le dépasse. Durant les neuf kilomètres suivants, c’est une véritable course qui se joue entre nous. Est-ce que Barbe-bleue est mon lièvre, ou suis-je le sien ? Je ne suis pas sûr mais la compétition m’a vraiment motivé.

À  un kilomètre de la fin, on double Tweedledum and Tweedledee (deux filles rigolotes avec des perruques oranges) qui galérent à finir leur 5k. Je voudrais bien les encourager mais j’ai d’autres chats à fouetter, alors j’économise mon souffle pour doubler Barbe-bleue. Sur le final, j’arrive à sprinter et à le doubler juste avant la ligne d’arrivée ! Je pousse un gros râle bien viril, faisant marrer le public au passage, et je passe la ligne après 42 minutes et 39 secondes ! OK, il se trouve que c’est finalement 3 secondes plus lent que le chrono de Barbe-bleue, mais j’ai battu mon précédent record de plus de 2 minutes ! À mon avis, ça mérite bien un cri primal suivi d’une une accolade virile au bonhomme.

Au final, je ne sais pas si je dois plus remercier mon gel énergétique ou Barbe-bleue pour cette performance, mais je suis prêt à parier que l’esprit de compétition a été mon principal moteur. Donc Merci Barbe-bleue d’avoir brisé ma solitude ce jour là et merci de m’avoir aidé à établir mon nouveau record personnel !

Pourquoi je cours

Je n’ai jamais vraiment été une grosse larve, mais je n’ai jamais été un grand sportif non plus. Depuis tout gamin, le football me déteste cordialement et c’est bien réciproque. L’escrime et le judo ne m’ont pas beaucoup aimé non plus. J’ai apprécié le rugby durant quelques années mais les sports qui me bottaient vraiment c’était le ski, le snowboard, les rollers et l’escalade. Sports que je pratique toujours aujourd’hui. Mais courir ? Pas moyen ! Je l’ai l’ai fait par intermittence pendant des années pour essayer de garder la forme mais je détestais ça presqu’autant que le foot, bien que j’ai toujours eu une certaine fascination pour les marathoniens et les coureurs d’ultra (mais ceci est une autre histoire).

Je n’ai jamais vraiment été une grosse larve, mais depuis que je suis arrivé à Londres il y a 4 ans j’ai succombé aux bières anglaises et aux burgers qui ont finit par me rendre un tantinet grassouillet. Les salauds.
Donc j’ai commencé à me plaindre et à dire de choses comme « oh, je suis gros », histoire de partir à la pêche aux compliment, en espérant entre « Mais non, tu es très bien » comme réponse. Mais Grand Polak m’a répondu de son honnêteté brutale : « Ouais, t’es un gros sac ». Le salaud.
Je suis suis qu’il avait tout prévu depuis le début : passer trois ans à nous torcher la gueule à la bière ensemble deux fois par semaine et finir systématiquement la soirée à se caler une dent avec du poulet frit suintant l’huile afin de m’engraisser, puis me convaincre que le remède à mon corps « confortable » était de courir. Le salaud.
Alors on a passé une heure au parc de Greenwich pour qu’il me montre une bonne technique de course, me déroule une routine d’étirements et me suggère de demander conseil au Rital Taiseux pour une bonne paire de chaussures. Ce dernier m’a recommandé une paire d’Altra et m’a innocemment demandé de lire Born To Run (Né pour courir) de Christophe McDougall. Les salauds.
J’ai vraiment accroché à ce satané bouquin. J’ai commencé à apprécier les sensations et la légèreté de la foulée médio-pied. J’ai compris que ce que je détestais dans la course à pied, c’était faire le bruit d’un éléphant et avoir l’impression d’être un éléphant à chaque pas. J’aimais l’élégance de cette foulée et j’ai arrêté de détester courir. Les salauds.
Ça m’a pris plusieurs semaines avant de transformer cette absence de haine en véritable amour. Maintenant j’espère ne jamais m’arrêter.

Je n’ai jamais vraiment été une grosse larve, et je n’ai pas envie d’en devenir une. C’est pour ça que j’ai commencé à courir, mais ce n’est pas ce qui me pousse à continuer. Je cours parce que j’aime l’impression de liberté, j’ai ressentir mon corps, mes muscles et mes pieds, j’aime le peps que ça me donne pour le reste de la journée. J’avoue aussi que j’aime secrètement pousser mes limites et l’atmosphère électrique qui règne lors d’une course. Merci mes salauds !

10K à Bushy Park

Dimanche 7H du matin, l’alarme sonne. ARGH !!! Qu’est-ce qui a bien pu me passer par la tête quand je me suis inscrit à cette course à l’autre bout de Londres, à 10H du matin un dimanche de janvier ?

Nan, j’déconne. En fait, ça ne me dérange pas de me lever tôt. Sans l’alarme, je me serais probablement levé vers 8H de toute façon. Oui,  je suis un lève-tôt et j’en suis fier : ça me laisse plein de temps pour faire plein de truc pendant la journée. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Dans vos dents les lève-tard !

De retour à mon histoire. Dimanche 7H du mat’, alarme sonne, yeux s’ouvrent, corps quitte doucement la couette pour ne pas réveiller l’autre occupante du lit (qui est une lève-tard) et s’habille silencieusement, bouche donne à estomac un petit-déjeuner léger, mains préparent un thermos de thé bien chaud car peau signale que dehors on se caille les meules, cerveau gère les transports en commun avec l’aide de smartphone, lecteur en a marre de style lapidaire donc auteur se remet à écrire normalement.

Je suis arrivé très tôt à Hampton Court parce que j’avais peur de ne pas trouver le départ de la course. Finalement c’était vraiment facile à trouver, mais je n’ai pas regretté d’être arrivé en avance, car ça m’a donné suffisamment de temps pour aller 4 fois au goguenot vider ma vessie de tout ce thé. Ça m’a aussi donné le temps de m’échauffer, même si je n’ai pas encore de routine bien définie. À par un petit jogging et cette dance stupide qu’on a inventée avec un pote polonais un soir qu’on était justement bourrés comme des polonais. Elle consiste simplement à lever les genoux aussi haut que possible au rythme de la musique.

La course commence. On nous a prévenu que le circuit est boueux et glissant par endroits, mais le premier kilomètre est bon. Un peu trop bon même, et je dois un peu calmer ma joie car j’ai décidé de m’économiser un peu durant le premier tour de 5K afin de garder de l’énergie pour le deuxième tour. J’arrive au panneau du kilomètre 3 et peu après, la partie boueuse commence. J’ai du mal à garder mon rythme mais il le faut si je veux atteindre mon but. Mes pieds s’embourbent à chaque pas et ça devient vraiment dur. J’arrive à maintenir ma vitesse mais mon coeur le paye cher : il monte à 206 bpm, soit 16 battements de plus par minute que mon précédent maximum ! Les cerfs au bord du chemin ruminent leur herbe et clairement, ils s’en foutent.

Le deuxième tour commence et on revient à un chemin un peu plus carrossable. Je suis mon plan et j’accélère. Si j’ai couru presque seul durant le premier tour, maintenant je colle les basques d’un gars en survet’ noir à liseré rouge. Je me rends compte qu’il faut que j’accélère un peu plus. Alors je double survet’-noir et ma nouvelle mule est une fille avec un haut orange fluo. Elle est clairement meilleure que moi et me distance petit à petit. Alors arrive le redoutable panneau du kilomètre 8. Si tu suis bien et que tu te souviens de tes cours de maths de primaire, tu sais que c’est le même panneau que le kilomètre 3 du premier tour. Là où la partie boueuse commence.

Mes chaussures collent à la boue, mon coeur fait à nouveau le foufou, les cerfs n’en ont toujours rien à carrer (ils s’intéressent à quelque chose dans la vie ou quoi ?) et survet’-noir me double. Ça a de quoi mettre un coup au moral, non ? Bientôt, la ligne d’arrivée est en vue. J’entends un gars en train de me rattraper, le bénévole dans le dernier virage me crie un truc du genre « Sprinte maintenant, ne le laisse pas te dépasser ! ». Alors je le fais. Je ne sais pas où je trouve l’énergie mais je le fais.

Je passe la ligne d’arrivée, regarde ma montre qui indique 44:47. Je l’ai fait ! J’ai couru 10K sous la barre des 45 minutes et presque 2 minutes plus vite que mon précédent record ! Je t’aime bénévole ! Je pourrais t’embrasser ! Mais t’es un mec et de toute façon la personne que je veux vraiment embrasser est probablement en train de se frotter les yeux dans notre lit en ce moment.

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