French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

Tag: Papi Ronchon

Voyager et courir

Comme je suis en vacances hors de Londres cette semaine, j’ai pensé qu’il serait bien d’écrire sur les voyages et la course. Certains voyagent spécialement pour aller courir – je ne pense pas du tout à Grand Polak, qui est allé en Éthiopie, au Kenya et aux USA juste pour courir, non, non, non, il n’est pas fou et il écrit même à ce sujet [en]. Mais ce n’est pas le seul : la Cuisinière Folle se prépare un petit voyage à Lanzarote pour participer au triathlon Ocean Lava avec sa boîte et je suis sûr qu’il y a beaucoup de monde qui fait de même. Il se peut même que je l’ai fait moi-même (oups) et bien que courir n’est généralement pas la raison de mes voyages j’essaye de courir partout où je vais.

Lyon, France

C’est ma première destination de course évidemment, bien que je ne suis pas sûr que ça compte vraiment comme un voyage car c’est ma ville d’origine. J’y suis en ce moment et cela me rappelle de vieux souvenirs à chaque fois. Cette semaine j’ai couru avec le Grand Frenchie, ainsi qu’avec ma soeur et ça m’a rendu bien content d’être en au moins aussi bonne forme physique qu’eux pour la première fois de ma vie. Je suis aussi venu à Lyon pour ma première course sur 10 km en septembre dernier (note pour plus tard : il faut que j’écrive sur celle-là) et que j’ai établi mon premier record. J’adore courir dans cette ville car les berges du Rhône et de la Saône y sont vraiment adaptées ; elles sont sans voitures, pleines d’arbres et joignent un parc à un autre.

French Bloke at Run In Lyon 2015

French Bloke à Run In Lyon 2015

Auckland, Nouvelle Zélande

Oui je sais, je me la pète, mais c’est le but de cet article non ? Ce run date de l’époque où je n’aimais pas courir, mais au moins j’avais ma soeur (qui vivait là-bas à l’époque) pour me tenir compagnie. C’était dur : j’avais de vieilles chaussures, je pesais 15 kg de plus qu’aujourd’hui et je n’avais pas couru depuis longtemps. Je n’ai même pas pu me pousser à finir car la fin était une montée bien raide. Maintenant j’aimerais bien le refaire (plus pour retourner en Nouvelle Zélande que pour comparer le nouveau moi qui court avec le vieux moi bien gras). Quoi qu’il en soit, ce furent des vacances sportives avec beaucoup de randonnée, de nage et de spéléo.

At the top of the Ngauruhoe (aka Mount Doom)

Au sommet du Ngauruhoe (aka La Montagne du Destin)

A Guarda, Espagne

Lors d’une visite dans la région natale de Wonder Woman et Superman, j’ai fait ce run impromptu pieds nus qui devint un moment déterminant pour la suite. Je veux écrire un billet spécifiquement à ce sujet donc je ne vais pas trop en dévoiler ici.

Bucarest, Roumanie

En fait, j’ai couru à plusieurs endroit en Roumanie lors d’une visite de la Transylvanie native de Draculito. Et bien que ce fût complètement imprévu, j’ai même participé à une course là bas ! Courir dans la fraîcheur des forêts autour du château de Bran où dans la pittoresque Sighisoara était plus agréable que de courir dans les rues brûlantes de Bucarest – bien que ce fût un très bon moyen de découvrir la ville.

Race in Cluj-Napoca

La course « Crosul Companiilor » à Cluj-Napoca

Llan-Maes, Pays de Galles

Courir dans la tranquille campagne galloise a définitivement été le meilleur moment de ce week-end maudit que j’ai passé à Cardiff pour voir la France se faire défoncer par l’Irlande lors de la coupe du monde de Rugby.

Annecy, France

Avant de rendre visite à Wonder Woman et Superman dans leur Chamonix d’adoption, la Choupichouette et moi sommes restés quelques jours dans cette belle ville alpine qu’est Annecy, où nous avons randonné et ou je me suis tenu à mon sacro-saint programme d’entraînement et on a même fait un joli petit run ensemble, dans le froid de la montagne.

Rome, Italie

OK, je suis un peu fou, je dois avouer que parfois il m’arrive de voyager uniquement pour courir. Mais j’avais une bonne excuse : je rendais visite au Rital Taiseux à qui j’avais promis de courir le semi-marathon de Roma-Ostia s’il venait à Lyon pour notre premier 10 km, ce qu’il a fait. Et j’ai déjà écrit un billet sur ce premier semi-marathon.

French Bloke and Quiet Roman

French Bloke et Rital Taiseux à Rome

Cologne, Allemagne

Là c’était aussi un run imprévu. J’ai eu la chance d’aller en Allemagne pour le boulot et j’ai décidé de rester à Cologne pour le week-end. Je me suis fait 23 km tranquilou, juste pour m’amuser et pour voir la superbe ceinture verte de la ville, les berges du Rhin et les attractions principales, y-compris le célèbre Kölner Dom.

Bordeaux, France

Non seulement Bordeaux a des vins parmi les meilleurs du monde, mais c’est aussi la ville où Touche-à-tout habite. Cela fait 2 excellentes raisons d’y aller, mais ce ne sont pas d’assez bonnes raisons pour arrêter de suivre le sacro-saint programme d’entraînement. Nous avons donc couru ensemble le long de la Gironde et nous avons fait une bonne séance d’étirements ensuite.

Occasions manquées

Je suis aussi allé en Pologne pour fêter la nouvelle année avec Grand Polak, mais avec des températures légèrement frisquettes de -18°C, devine où est-ce que le sacro-saint programme d’entraînement a bien pu se mettre ses sessions d’intervalles… Même Grand Polak n’a pas couru pendant 4 jours (ouais je sais, c’est à peine croyable).

Et comme c’était une randonnée difficile, je n’ai pas couru au Maroc où j’ai grimpé le Djebel Toubkal, point culminant de l’Atlas. Cela n’a pas empêché Grand Polak de courir. J’ai même écrit au sujet de ce voyage sur ce blog.

Occasions futures

La Fée Crayon se marie avec Papi Ronchon, on va donc aller en Écosse pour unir ce joli couple, cela fera peut-être une occasion de courir, bien que je doute que je sois en état le lendemain de la grosse fête. Peut-être qu’ils nous inviteront pour un deuxième mariage au Brésil ! Ça ouvrirait de tout nouveaux horizons de course…

L’histoire de mon 10k au parc olympique

Il était une fois, dans un pays fort, fort lointain, au légendaire terminus de la Jubilee Line dans un endroit reculé appelé Stratford, une tour étrange appelée « Orbit tower ». En bas de cette tour se déroulait une course. Mais pas n’importe quelle course les enfants ! C’était une course entre créatures mythiques, une course où j’ai croisée Pinocchia, Barbe-bleue, ainsi que les jumeaux Tweedledum et Tweedledee. Je suis sûr que Boucle d’or et Shrek étaient là aussi, mais je ne les ai pas repérés dans la foule. Cette course était le 10k du parc olympique, organisé par la fée RunThrough.

L'Orbit Tower et le stade olympique - Photo de Martin Pettitt

L’Orbit Tower et le stade olympique – Photo de Martin Pettitt

Ce dimanche était censé être une journée de retrouvailles avec mes amis coureurs au parc olympique mais ils m’ont tous déserté un à un. Choupichouette a eu un accident de vélo (il se trouve que le pare-choc d’une voiture est plus résistant qu’un genou humain), Grand Polak voulait venir mais son entraîneur a décidé que ce n’était pas une bonne idée de courir un 10k cette semaine là, Papi Ronchon s’était inscrit mais a « oublié » de s’entraîner et a estimé plus prudent de jeter l’éponge, même la Cuisinière Folle qui avait fait le voyage depuis la France n’a pas pu courir, à son grand désespoir, à cause d’un vilain soucis de santé.

Alors sortez les mouchoirs. En ce jour froid et venteux, j’ai du y aller tout seul : j’ai pris le métro tout seul, je suis arrivé à la course tout seul, j’ai récupéré mon dossard tout seul, j’ai bu un café tout seul, je me suis échauffé tout seul (je suis le conseil de Grand Polak et je me construis doucement une routine d’échauffements) et je suis allé sur la ligne de départ tout seul. Sniff, sniff.

Quelques minutes avant le départ, j’ai ingurgité un gel énergétique, pas parce que j’en avais besoin mais pour en tester les effets sur ma course. Le but final étant d’en prendre durant mon premier semi-marathon dans 3 semaines. Honnêtement, ça ne m’a pas donné le coup de pied au cul que j’attendais, mais qui sait, ça a peut-être influencé ma course, comme tu vas voir.

Compte à rebours, et je commence à détaler. Trop vite, mais je m’en fiche. Ma stratégie du jour consiste à « m’économiser » durant le premier tour, au rythme de mon record, et d’accélérer encore plus durant le deuxième tour. Soyons clairs, ça n’a pas marché : j’ai couru vraiment vite durant le premier tour et je n’ai pas réussi à accélérer pour le deuxième tour, j’ai tout juste réussi à maintenir ma vitesse.

Mon premier lièvre fut Pinocchia, une dame courant comme si elle avait des membres en bois. Je me suis dis : « avec un style de course aussi raide, je vais la doubler rapidement ». FAUX ! Elle allait beaucoup plus vite que moi et ma foulée médio-pied mal exécutée et condescendante ; je l’ai perdue de vue après le premier kilomètre. J’ai vite trouvé un nouveau lièvre, un barbu avec un T-shirt bleu. J’entend de loin le martèlement de sa foulée lourde et lente, Barbe-bleue attaque avec le talon. Mais sa vitesse est vraiment très proche de la mienne. Quand le parcours descend il va légèrement plus vite que moi, mais à chaque fois que la route remonte je le dépasse. Durant les neuf kilomètres suivants, c’est une véritable course qui se joue entre nous. Est-ce que Barbe-bleue est mon lièvre, ou suis-je le sien ? Je ne suis pas sûr mais la compétition m’a vraiment motivé.

À  un kilomètre de la fin, on double Tweedledum and Tweedledee (deux filles rigolotes avec des perruques oranges) qui galérent à finir leur 5k. Je voudrais bien les encourager mais j’ai d’autres chats à fouetter, alors j’économise mon souffle pour doubler Barbe-bleue. Sur le final, j’arrive à sprinter et à le doubler juste avant la ligne d’arrivée ! Je pousse un gros râle bien viril, faisant marrer le public au passage, et je passe la ligne après 42 minutes et 39 secondes ! OK, il se trouve que c’est finalement 3 secondes plus lent que le chrono de Barbe-bleue, mais j’ai battu mon précédent record de plus de 2 minutes ! À mon avis, ça mérite bien un cri primal suivi d’une une accolade virile au bonhomme.

Au final, je ne sais pas si je dois plus remercier mon gel énergétique ou Barbe-bleue pour cette performance, mais je suis prêt à parier que l’esprit de compétition a été mon principal moteur. Donc Merci Barbe-bleue d’avoir brisé ma solitude ce jour là et merci de m’avoir aidé à établir mon nouveau record personnel !

Le métrique c’est bien, l’impérial ça pue

Je t’avais promis que je râlerais, tu vas pas être déçu. Cet article aurait pu être écrit par Papi Ronchon lui même (s’il parlait français).

Je ne suis pas un expert de la course donc je vais souvent me documenter en ligne et le plus souvent, les sources sont en anglais. J’utilise aussi des apps sur mon smartphone et mes gadgets et la langue par défaut est l’anglais. En bref : le monde de la course est majoritairement anglophone, ou plus précisément Britannique et Américain. Ah, les États-Unis et le Royaume-Uni, les deux seuls pays du monde qui continuent à utiliser leur vieux système impérial de mesures (même si le Royaume-Uni fait doucement la transition vers le système métrique). Allons droit au but : le système impérial n’a aucun sens, même pour ceux qui l’utilisent tous les jours !

Ici, la plupart des gens connaissent leur poids en stones et livres. Il y a 14 livres dans une stone, les raisons de cette absurdité dépassent mon entendement. Bon, admettons que je pesais 14st 1lbs et que maintenant je pèse 12st 6lbs, il va me falloir un putain de doctorat pour calculer combien de poids j’ai perdu ! Entre parenthèses, c’est vraiment débile d’avoir choisi « lb » comme abréviation pour « livre » (« pound » en anglais). Ces unités sont stupides, c’est officiel. En effet la définition légale de la livre est maintenant basée sur le système métrique : 1 livre pèse 0,45359237 kilogrammes !

C’est le même bordel pour mesurer sa taille : il y a douces pouces dans un pied, ce qui ne marche réellement que pour une fillette qui chausse du 47. En plus, c’est pas du tout précis : si je dis que je mesure 5 pieds 1pouce, je peux mesurer entre 179cm et 182cm. Malgré tout, ici au XXIe siècle, les gens utilisent encore ce système barbare.

C’est quand on cherche à comprendre les unités de distance qu’on se rend compte de l’étendue de cette folie. Parmi tous les britanniques auxquels j’ai demandé, aucun n’a été capable de me dire combien il y a de pieds et de yards dans un mile. Pour info, il y a 5,280 pieds ou encore 1,760 yards dans un mile. Par exemple, un marathon fait 26,219 miles soit 26 miles et 385 yards. Wow, tout simplement sidérant. Et ne parlons pas des unités intermédiaires comme les chains et les furlongs, parce que personne n’a ne serait-ce qu’une vague idée de leur mesure.

Malgré tous, les coureurs utilisent ce système absurde, règlent leur balance sur stones/livres, saisissent leur taille en pieds/pouces dans leurs apps de course, et comble du comble, comptent leurs distances en miles et planifient leur vitesse en minutes par mile. Même pour préparer des courses comme un 800m, un 1500m, un 5km ou un 10km. C’est vraiment la norme ici : les plans d’entrainement et les générateurs de plans d’entrainement [en] vont te cracher tes vitesses d’entrainements en unités impériales et n’offrent même pas la possibilité de convertir en métrique, les coureur et les coachs emploient les mêmes unités inutilisables en club. Bordel. De. Merde.

Ce système est grotesque, il faut l’abandonner ! Sache que même si j’ai l’intention de devenir citoyen britannique, je ne l’utiliserai jamais pour courir et certainement pas sur ce blog.

Mètre étalon

Mètre étalon – Par Alain Bachelier

Un week-end à courir

Mon plan d’entraînement du moment comprend des intervalles le samedi et une course longue le dimanche. Je dois bien avouer que je n’aime pas trop les intervalles, les collines ou les fartleks, donc en général je fais le strict minimum : 10 minutes d’échauffement puis je cours mes intervalles en prenant le soin de me démerder pour finir pas trop loin de la maison. En revanche, j’adore mes courses longues. Pas besoin de courir vite ou de souffrir, pas vraiment besoin de penser à la technique ou au rythme, je peux simplement me vider la tête et profiter de la course.

Mais samedi dernier, Grand Polak et moi avions prévu de nous entraîner ensemble. J’ai fait mon petit échauffement habituel de 10 minutes en courant jusqu’au point de rendez-vous au parc de Greenwich. Là, il m’a dit « Alors comme ça tu n’as pas de routine d’échauffement avant une course ou un entraînement intense ? Tu sais, 10 minutes d’échauffement, c’est à peine la base. Je vais te montrer quelques étirements et autres joyeusetés. ». Punaise, c’était pas facile : des pas chassés, marcher en levant les genoux, sautiller comme un putain de cabri, dancer la Macarena ou un truc approchant, des étirements dynamiques (c.à.d. s’étirer tout en courant, oui oui monsieur, tout est normal). Puis une série de petits sprints et c’est parti ! Maintenant vas faire tes intervalles manant, pendant que je fais d’autres trucs encore plus durs. On se voit dans 30 minutes, à tout’.

Bon, c’était dur, mais j’ai à peu près géré. Putain, maintenant faut que je coure mes intervalles. Bon, je vais faire ça sur la prairie de Blackheath, c’est juste à côté et c’est à peu près plat, contrairement au parc de Greenwich. Ah oui, en effet, c’est « à peu près » plat, mais pas tant que ça ! Et avec la boue et le vent, c’est parfait, ça rend les choses encore plus faciles. Courage, plus que 30 minutes et après c’est fini.

Ah bah non. Grand Polak en avait encore pour moi. Maintenant on va se faire des vrais étirements ! Et vas-y que je te fais tirer sur les bras, le cou, les jambes Aïe ! Ça fait mal. Je sens bien que ça fait du bien à mes jambes, mais ça fait mal. Et c’est reparti, les adducteurs, les mollets, et tire sur tes jambes dans tous les sens… Et c’est pas fini : encore des grand gestes avec les bras et le compte devrait y être. Je te garantie qu’après ça, tu le sens bien ton corps. La dernière bonne idée de la journée ? Bah finir en courant 10 minutes pour récupérer, quelle question.

Bref, c’était un tout nouveau niveau d’entraînement pour moi, mais ce n’était pas fini ! Le soir, Grand Polak, Draculito et moi avons rejoint la Fée Crayon et Papi Ronchon pour un ceilidh. Une soirée de danse traditionnelle écossaise pour préparer le mariage (Fée Crayon est écossaise et va se marier avec Papi Ronchon), ça veut dire encore quelques heures à courir et sauter en rythme au son du violon.

Dimanche, ma course longue adorée n’était pas si facile que ça et je sentais mon corps et mes jambes un peu plus que d’habitude. J’ai comme l’impression que l’entraînement intensif de la veille n’y était pas pour rien et a un peu affecté mon rythme. Au final, j’étais quand même bien content et j’ai réussi à courir 19km en un peu plus d’1h45. Ma plus grande distance jusqu’à présent ! (Pas pour longtemps)

© 2018 French Bloke Runs

Theme by Anders NorenUp ↑