French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

Tag: Born to run

Mes meilleurs souvenirs de course

Août 2015, A Guarda, Galice, Espagne. Cela faisait à peine plus d’un mois que j’avais commencé à courir. Je détestais toujours ça mais j’étais très motivé par tout le poids que j’avais à perdre et surtout par ma récente lecture de ‘Born to run‘. Ce bouquin a eu beaucoup d’influence sur moi et même si j’étais supposé être dans un long week-end entièrement consacré à boire et à jouer des percussions, je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser.

Bare foot on the beach

Barefoot on the beach photo by Alex Tian

Après un déjeuner fantastique de crustacés galiciens accompagnés de généreuses quantités de vin (le tout organisé par mon couple galicien préféré: Wonder Woman et Superman), nous sommes allés à la plage pour une petite trempette dans l’eau. Je ne sais pas ce qui est passé par mon esprit enivré, influencé par la beauté du moment et les pensées de coureurs légendaires dans des canyons mexicains, mais j’ai commencé à courir pieds nus, comme le personnage un peu fou de Barefoot Ted dans le livre. Alors j’ai hélé Grand Polak (tu peux être sûr qu’il est dans les entourages quand il y a de l’alcool) et on est partis pour un petit jogging le long de la mer. Ce fût un moment magique, mes souvenirs sont un peu troublés mais j’ai toujours ces impressions fantastiques profondément ancrées en moi : la sensation véritable du sol directement sous mes pieds, la brise iodée dans mes cheveux, la douce caresse du soleil sur ma peau et la pure joie de courir partagée avec un ami proche. On a couru moins de 4 km mais cette course a été un moment déterminant pour moi. Je pense que c’est le moment où j’ai décidé de commencer ma quête vers la course pieds nus, et accessoirement le moment où j’ai commencé à aimer courir.

Je dois avouer qu’il y a eu un revers à cette médaille en or : comme je n’étais pas habitué à courir pieds nus, j’ai eu des ampoules tellement énormes sous les pieds que je n’ai pas pu marcher pendant deux jours. Rétrospectivement, c’était de la folie mais cela a vraiment valu la peine, quelque part, c’est ce que je cherche à revivre en transitionnant vers la course pieds nus.

À peine une semaine plus tard, le Rital Taiseux est venu à Londres et je lui ai tout raconté. Nous avons bu et inévitablement, à la fin de la soirée, on est partis courir pieds nus dans les rues de Greenwich. Ce fût un autre moment mémorable et ça a achevé de me convaincre que je voulais courir pieds nus. Bien sûr, cette fois nous avons couru moins de 2 km parce que mes ampoules étaient tout juste soignées et que je voulais pouvoir marcher le lendemain. Quoi qu’il en soit, maintenant tu connais ma motivation secrète pour courir : c’est une quête pour retrouver ces 2 instants magiques.

Livre: 80/20 Running

Ça fait longtemps que je n’ai pas parlé d’un livre ici (c’est parce que je ne sais pas lire). La dernière fois, c’était ‘Born to run‘, d’ailleurs si tu ne l’as toujours pas lu, cours l’acheter et lis-le ! Peu après que je l’ai lu, mon cher ami Grand Polak m’a recommandé ‘80/20 Running: Run Stronger and Race Faster by Training Slower‘ de Matt Fitzgerald (ouais, il n’existe qu’en anglais) et il m’a même prêté le bouquin.

Attention spoilers : le tueur est le majordome dans la cuisine avec la matraque. Oups, pas le bon bouquin. Blague à part, ce bouquin dévoile comment améliorer ses performances en courant lentement durant 80% du temps hebdomadaire d’entraînement et en effectuant les 20% restant à intensité moyenne ou forte. Le livre commence avec un peu d’histoire et explique comment des coureurs comme Zátopek savaient déjà qu’il faut s’entraîner dur pour s’améliorer, mais que certains coaches comme Arthur Lydiard ont eu l’intuition qu’il fallait rajouter beaucoup de course facile pour qu’un entraînement soit efficace. Et maintenant, la plupart des coureurs d’élite suivent plus ou moins la règle des 80/20, alors que les coureurs amateurs font plutôt du 50/50.

L’auteur inventorie toute la recherche existante qui appuie sa thèse. Même s’il cite surtout des études qui ne se concentrent pas spécifiquement sur la règle des 80/20 mais plutôt sur l’entraînement polarisé (pas de course à intensité moyenne : l’entraînement est uniquement basé sur des intensités légères et fortes), son argumentaire semble logique et convainquant : courir à faible allure permet de mieux apprécier la course et donne la capacité d’augmenter le volume de course. En augmentant le volume de course, on conditionne notre corps à répéter et optimiser les gestes de course (un peu comme faire des gammes au piano) rendant par là même l’entraînement à haute intensité plus efficace. Une chose qu’il précise tout de même est que cela marche seulement si les 20% restant sont vraiment de forte intensité.

Je ne peux pas vraiment rentrer plus dans les détails parce que c’est vraiment technique, voire parfois même un peu chiant. Heureusement que le livre est parsemé de petites anecdotes parce qu’il y a des passages particulièrement abscons. Je l’ai lu il y a un an et même maintenant que j’ai acquis quelques connaissances sur la course à pieds, je pense qu’il est encore trop technique pour moi. Le dernier tiers du bouquin explique comment construire son propre programme d’entraînement basé sur ses règles et donne quelques modèles de programmes. La barbe.

Malgré tout, j’ai appris quelques choses importantes:

  • C’est une bonne chose que de suivre sa fréquence cardiaque (FC) à l’entraînement. Même si j’ai appris à mes dépens que pour cela il faut impérativement ajuster ses zones de FC correctement. Il est aussi plus précis de calculer ses zones de FC à partir de la réserve cardiaque plutôt qu’en pourcentage de la FC max. Le bouquin l’explique, mais d’une manière très technique et ennuyante.
  • Avec un programme d’entraînement basé sur les zones d’intensité cardiaque, il vaut mieux baser son rythme sur la FC pour les courses à faible intensité (psychologiquement, il est plus facile de se fixer une barrière haute de FC) et de baser son rythme sur la vitesse réelle pour les entraînements d’intensité forte (on va naturellement essayer d’aller légèrement plus vite que l’objectif, ce qui n’est pas une mauvaise chose pour les sessions de haute intensité).
  • Matt Fitzgerald a raison : courir lentement est vraiment plaisant. Maintenant j’attends mes dimanches avec impatience pour mes courses longues !

Pour conclure, ce livre, comme n’importe quelle autre livre traitant de la course à pieds, ne pouvait pas être meilleur que ‘Born to Run’ (parce que je l’ai vraiment adoré). Malgré tout, j’avais des attentes élevées. Mais il était tout simplement trop technique pour moi. Je suis sûr qu’il conviendra à des coureurs plus avancés.

Test: libère tes pieds avec Free Your Feet (FYF)

Sur mon chemin vers la course pieds nus, je pense que j’ai trouvé le matos le plus minimal qu’on puisse imaginer porter aux pieds. Cela a commencé par une campagne Kickstarter l’année dernière et j’ai tout de suite été attiré. Je venais de finir de lire Born to Run et j’avais eu l’occasion de courir pieds nus deux fois et j’avais adoré. Je ne pouvais donc qu’être séduit par la promesse de la sensation la plus proche possible de la vraie course pieds nus (même mieux que les FiveFingers de Vibram) tout en ayant la sécurité et la tranquillité d’esprit que l’on peut avoir avec des chaussures.

Free your feet (FYF)

Free your feet (FYF) par la Swiss Barefoot Company

Les FYF sont une espèce de super chaussettes faites d’un fil super résistant appelé Dyneema®. La Swiss Barefoot Company prétends que ce fil est 15 fois plus résistant que l’acier et j’ai bien envie des les croire. Ces super chaussettes sont résistantes aux coupures (même pas peur des tessons de verre), résistantes à l’extension et aux déformations et elles un une sorte de matériau agrippant sous le pied. Malheureusement elles ne sont pas vraiment résistantes à l’abrasion (plus à ce sujet en fin d’article) et ne sont pas résistantes aux perforations (donc un clou ou un oursin peuvent toujours te faire bobo). Comme les Vibram FiveFingers, elles ont 5 doigts permettant aux pieds et aux orteils d’être serrés confortablement.

Donc même si elles ne sont pas spécifiquement conçues pour courir, j’ai participé au financement du project. Malgré le fait que le fabricant recommande les FYF taille haute pour courir, je ne pouvais pas me résoudre à les acheter et à devenir un drapeau suisse ambulant, j’ai donc choisi les FYF taille basse. Au moins, ils promettent de nouveaux designs pour les tailles hautes dans le futur, mais je pense qu’ils doivent d’abord finir de satisfaire toutes leur commandes Kickstarter et toutes les pré-commandes reçues depuis. Cela peut prendre un certain temps vu qu’ils ont déjà 2 mois de retard sur leur planning : je devais recevoir les miennes en février et je ne les ai reçues qu’en avril.

Le jour où j’ai reçu mes FYF, j’étais tellement content que je les ai essayées immédiatement. J’ai fait fi de la recommandation de ne pas les utiliser sur la route et je suis parti courir. Ma première impression a été géniale, la sensation est vraiment très proche de la course pieds nus, bien mieux que toutes les chaussures que j’ai pu essayer avant, y-compris mes Merrell Road Gloves les plus minimalistes.

Freeing my feet with FYF

Je libère mes petons avec FYF

Bien sûr j’ai commencé à courir de courtes distances pour m’y habituer, car courir pieds nus utilise des muscles légèrement différents que la course avec chaussures, même en courant avec la bonne technique. Mais très rapidement j’ai pu courir jusqu’à 6 kilomètres sans problème.

OK, je suis peut-être un peu trop enthousiaste sur ces chaussettes et il y a tout de même quelques aspects négatifs aux FYF :

  • Ce sont des chaussettes, donc c’est pas super de courir avec quand le sol est mouillé (je déteste la sensation de porter des chaussettes mouillées)
  • Elles ne sont pas résistantes à l’abrasion et la Swiss Barefoot Company a raison : il ne faut pas courir avec sur la route. Ma paire a commencé à avoir des petits trous après seulement 30 km. C’est beaucoup comparé à une paire de chaussettes normales (qui seraient probablement ruinées après 500 m) mais certains utilisateurs les ont fait durer plusieurs centaines de kilomètres sur des surfaces plus naturelles

D’une manière générale, j’en suis plutôt satisfait, même si je ne peux pas les utiliser sur la route (qui est mon terrain de prédilection pour la course), mais une fois qu’il y aura de nouveaux designs, c’est sûr que je m’en rachèterai une paire pour courir des trails, ou bien dans la nature et dans les parcs.

De la motivation

Je me rends compte que je dois avoir l’air fou quand je dis que je cours 5 fois par semaine ou que je me lève à 6h du matin juste pour courir, mais je ne pense pas l’être. Toi aussi tu peux le faire, il suffit de trouver la motivation. Voic une petite liste de conseils pour se motiver et pour le rester. Ils ont marché pour moi ; nous sommes tous différents donc ils ne marcheront pas forcément pour toi, mais ça vaut le coût d’essayer !

  • Aimer courir est la première et la plus évidente des motivations ! Une motivation qui nous tire (c’est le but qui nous attire) est bien plus puissante qu’une motivation qui nous pousse (on se pousse vers le but). Ça ne vient pas forcément naturellement pour la course et je détestais ça au début, mais en me poussant assez longtemps, j’ai fini pas aimer ça et maintenant je suis sincèrement impatient de pouvoir courir (surtout mes courses longues) quand je suis inactif. Ne te méprends pas, il y a toujours des jours où je n’ai pas vraiment envie, mais a posteriori je n’ai encore jamais regretté d’aller courir.
I really regret that run. Said no one. Ever.

« Je regrette vraiment d’être allé courir » signé: jamais personne

  • Perdre du poids était ma motivation initiale. C’est une très bonne motivation pour commencer et je pense que n’importe qui peut courir [en] bien que le coureur stéréotypique soit maigre, tu peux très bien être gros et en bonne forme physique à la fois ! Cependant, il a été montré que perdre du poids ou maintenir son poids est une mauvaise source de motivation sur le long terme, parce que tu vas toujours te relâcher à un moment donné et retourner à tes vieilles habitudes. Courir doit être une fin, pas un moyen.
  • Avoir un modèle, quelqu’un à admirer et vers qui tendre ! Pour moi, c’est Grand Polak et le fait que j’ai parfois le privilège de courir avec lui me tire dans sa direction. Pour lui, c’est Kenenisa Bekele, pour Emil Zátopek c’était Paavo Nurmi, etc… Et la liste est longue :  avoir un modèle est indispensable.
  • Avoir un sparring-partner, quelqu’un à qui se mesurer. Pour moi, c’est le Rital Taiseux, et j’ai la chance d’en avoir 3 autres : Papa MusiqueTouche à tout et la Cuisinière folle. Cela peut être dans un esprit compétitif ou amical mais avoir quelqu’un d’un niveau équivalent aide à aller plus loin.
  • Avoir des mesures et des objectifs chiffrés fonctionne vraiment bien pour moi. C’est pour ça que je me suis acheté une montre Garmin. Une app come Strava est aussi vraiment efficace si les chiffres te motivent : essayer de battre mes propres temps sur le même trajet d’une semaine à l’autre ou essayer de battre d’autres personnes sur certains segments me pousse plus loin.
  • Les courses sont géniales : l’ambiance m’électrise systématiquement et l’émulation que ça génère me donne toujours l’envie d’en refaire une. Essayer de battre mon record personnel est aussi un bon challenge. Être compétitif avec les autres peut être une bonne motivation, mais pour moi ce qui m’incite vraiment à aller plus loin, c’est de me battre moi-même et d’être meilleur à chaque fois.
  • Avoir un programme d’entraînement est une motivation puissante. Des recherches ont montré qu’avoir des objectifs fixés par quelque’un d’autre est un moyen efficace de se pousser à les atteindre, parce que l’on perçoit moins de conséquences à ne pas tenir des promesses faites à soi-même alors que l’on souhaite tenir ses engagements faits aux autres.
  • Ne pas faire répéter l’alarme : simplement sauter du lit quand elle sonne. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire, mais une fois l’habitude prise, c’est vraiment efficace et tu n’auras plus besoin d’heures entières pour te lever.
  • Lire au sujet de la course est un formidable moyen de se motiver et de le rester. J’ai trouvé la lecture de Born to run vraiment motivante (et il me motive encore un an après l’avoir lu), mais lis aussi d’autres coureurs. Ça peut être des coureurs célèbres ou simplement des gens normaux qui écrivent dans un blog comme celui-ci. En bref : continue à me lire 2 fois par semaine :-p

Coureurs célèbres : Emil Zátopek

Emil Zátopek est très certainement le premier coureur de légende dont j’ai entendu parler. Je me souviens qu’il était la réponse à une question d’un Trivial Pursuit en famille. Mon grand-père était surpris que je ne connaisse pas la célèbre « Locomotive tchèque » (hey, j’étais juste un gosse et c’était un coureur des années 50 !) et a commencé à disserter sur le fait qu’il avait tout gagné aux Jeux Olympiques d’Helsinki en 1952. Récemment, j’ai vérifié les faits, et bien qu’il n’ait gagné aucune médaille en lancer de marteau, en plongeon ou en gymnastique, il reste à ce jour le seule athlète à avoir remporté l’or sur 5 000 mètres, sur 10 000 mètres et sur le marathon dans les mêmes olympiades.

Schade Mimoun Zatopek 1952

Herbert Schade, Alain Mimoun et Emil Zátopek courant the 5 000 m aux Jeux Olympiques de 1952
(et Christopher Chataway le pauvre gars dont l’histoire retiendra surtout la gamelle)

J’adore l’histoire de comment il a gagné le marathon à Helsinki. Il ne s’était inscrit que pour les épreuves du 5 000 m et du 10 000 m qu’il a toutes les deux gagnées (dans les deux courses, le français Alain Mimoun a fini deuxième à cause de ce satané tchèque). Après ça, il n’avait plus rien à faire jusqu’à la fin des jeux, et puisqu’il n’avait jamais couru de marathon, il s’est dit « Saperlipopette, je n’ai qu’à m’inscrire au marathon ». Il n’avait rien à perdre et il n’a rien perdu ! Dès le début de la course, il a utilisé Jim Peters comme lièvre (à ce moment, le gars était le tenant du record du monde sur la distance). Zátopek étant d’un naturel bavard, au bout de 15 kilomètres il a demandé à Peters ce qu’il pensait de la course. Ce dernier a saisi l’opportunité de tuer la compétition dans l’oeuf et lui a répondu « trop lente » alors qu’en réalité il allait trop vite, histoire de fatiguer le tchèque inexpérimenté. Zátopek a cru Peters, a suivi son avis et a donc accéléré. Finalement, Peters a été pris a son propre jeu et n’a même pas pu finir la course. Zátopek a continué et a gagné avec un temps à seulement 2 minutes du record de Peters à l’époque. Pas mal pour un premier marathon.

Il y a toute une ribambelle d’autres anecdotes dans Born to run, encore une fois je te recommande chaleureusement ce bouquin dans lequel tu pourras lire des trucs encore plus fous sur Zátopek. Comme par exemple l’incroyable difficulté de l’entraînement qu’il s’imposait ou encore à quel point il était sympathique, entier et généreux (il a donné une de ses médailles à un coureur australien malchanceux avec qui il s’était lié d’amitié). Ce n’est donc pas une surprise qu’il ait été nommé le plus grand coureur de tous les temps par le magazine Runner’s World.

Le top 5 des trucs les moins glamours de la course à pied et comment les combattre

Dans ce blog, je parle toujours de la course à pied comme de ce sport parfait, plein de rencontres avec des licornes et des arcs-en-ciel. C’est vrai que courir apporte des sensations géniales et est bénéfique pour ton petit corps, mais j’ai eu une conversation avec la Cuisinière folle l’autre jour, et je me suis rendu compte que j’ai tendance occulter les aspects rebutants de la course. On a donc fait une liste, et accroche toi parce que c’est de plus en plus dégueu !
Disclémeur: si t’es une âme sensible, abstiens toi de cliquer sur certains liens qui peuvent choquer voire être carrément NSFW, ou alors clique à tes risques et périls.  En revanche, la vidéo est parfaitement inoffensive, d’ailleurs je t’interdis de quitter cette page sans la regarder !

Unglamorous runners

Des coureurs pas très glamours – Photo de Shiny Things

1. Les jambes douloureuses

Problème: Bon, on commence par enfoncer les portes ouvertes, mais courir de longues distance rend parfois les lendemains plus difficiles qu’une gueule de bois et peut faire que même marcher devient une épreuve.

Solution: Échauffe toi avant la course et étire-toi (beaucoup) après avoir couru. Après la course, masse toi les jambes avec une crème ou un gel contre les douleurs musculaires. Ah, et puis entraîne toi plus, et sois patient ! Si tu cours un marathon alors que tu ne t’es entraîné que 4 semaines à raison de 10 km par semaine, prépare toi à quelques journées infernales après ton marathon, si tu arrives à le finir. Il faut penser sur le long terme, commencer avec des courses moins ambitieuses (5 km et 10 km sont des distances parfaites pour commencer) et se trouver un bon programme d’entraînement pour ces distances, le web en pullule. Plus tard tu pourras augmenter doucement ton kilométrage hebdomadaire et suivre un programme d’entraînement pour des courses plus longues.

↓ ↓ ↓ ↓ Mate cette vidéo, elle m’a bien fait marrer ↓ ↓ ↓ ↓

↑ ↑ ↑ ↑Mate cette vidéo, elle m’a bien fait marrer ↑ ↑ ↑ ↑

 2. Les tétons irrités

Problème: En courant longtemps, on s’expose a des frottements réguliers et des irritations en découlent souvent.  Ça peut même devenir assez vilain et sanglant là où la peau est fragile, comme à l’intérieur des cuisses ou sur les mamelons. En anglais on appelle ça nipple chafing. Si si, ça existe pour de vrai et ne cherche pas sur Google Images : ça fait mal.

Solution: Pour éviter les irritations à l’intérieur des  cuisses et les ampoules aux pieds, je te recommande une bonne crème anti-frottements. La meilleure est probablement la Akileïne Sports NOK.
Pour éviter les irritations (voire les saignements) aux tétons : ne cours pas avec des T-shirts en coton ! Cours avec de bons T-shirts de course : le matos de Tribesports est parmi ce qui se trouve de mieux. Mais si tu sais que tu vas courir une longue distance, passe carrément au niveau supérieur et achète toi des protège mamelons. Non, c’est pas une blague, ça existe vraiment ! Et si tu ne crois pas que c’est nécessaire, fais une petite recherche sur Google Images (aïe, aïe, aïe), mais ne me dis pas que je ne t’avais pas prévenu !

Nipple Convalescent Home

Si, c’est drôle en anglais, je t’assure – Photo de Gerry Dincher

3. Les ongles des pieds qui tombent

Problème: Oui, ça aussi ça existe vraiment ! Ça a même un nom scientifique : l’onychoptose, et ça m’est arrivé. Ça peut être causé par le cognement répété des orteils dans la chaussure. Ne t’inquiète pas, l’ongle finit par repousser. Clique ici pour l’image dégueu (c’est pas mon pied).

Solution: Tu peux la jouer gros bourrin comme Marshall Ulrich dans Born to run qui s’est fait enlever tous les ongles des pieds par un chirurgien (il paraît que c’est assez fréquent chez les coureurs d’ultra-marathons). Tu peux aussi courir pieds nus. Sinon, achète toi des chaussures qui soient bien à ta taille et qui laissent de la place à tes orteils. Essaye les avant de les acheter et assure toi que tes orteils ne cognent pas contre la chaussure à chaque foulée. Le mieux c’est de choisir des chaussures avec une toebox large (comme les Altra One 2). Oh, et coupe toi les ongles des pieds !

Barefoot runner

Un coureur pieds nus heureux d’avoir tous ses ongles de pieds – Photo de Chris Hunkeler

4. La digestion difficile

Problème: Les vomitos, ça arrive. Oui, oui. Tout simplement parce que ton corps a du mal à produire l’effort requis par une course intense et digérer en même temps. Il est fréquent de voir les estomacs de coureurs rendre généreusement ce qu’on leur a donné pour le petit déjeuner ou lors des ravitaillements. Pas de photo là. Non, n’insiste pas, j’ai dit non. Bon d’accord voilà.

Solution: Prends un petit déjeuner léger avant une course : ne bois surtout pas de lait parce que c’est difficile à digérer, remplace le par du lait d’avoine ou par ton lait végétal préféré (sauf le lait de soja parce que c’est vraiment dégueu le lait de soja). Oui, le carb-loading (bouffer des glucides) est une bonne chose à faire avant une course, mais il faut le faire plusieurs heures avant le départ, pour permettre la digestion. Certains coureurs se lèvent au milieu de la nuit pour manger un gros plat de pâtes et retournent au lit. Pendant la course, tu peux aussi prendre des gels énergétiques. Ils sont moins difficiles à avaler et plus faciles à digérer que tout ce qu’on trouve habituellement aux stands de ravitaillement comme les bananes ou les barres de céréales. Ça ne veut pas dire qu’ils sont super faciles à ingérer non plus : si ton estomac n’arrive pas mieux à les garder, essaye d’avaler de petites gorgées sur plusieurs minutes plutôt que tout d’un coup.

Spaghetti

Un bon plat de spaghetti avant la course ! – photo de Luca Nebuloni

5. Fluides corporels hors de contrôle

Problème: Les coureurs qui se pissent ou se chient dessus ne sont pas si rares que ça sur les courses longue distance, en particulier sur les marathons et les ultra-marathons. Pour voir quelques exemples bien répugnants, clique sur ce lien. De rien, c’est gratuit !
Sans aller dans ces extrêmes, il est fréquent pour le coureur moyen comme toi et moi de devoir s’arrêter pendant une course (parfois même sur des courses courtes comme un 10 km) pour pisser devant tout le monde, ce qui peut être un peu gênant, surtout pour les femmes.

Solution: Dans ta routine pré-course, il faut systématiquement inclure le détour par les chiottes pour vider estomac et vessie, même si t’as pas besoin. Et puis même s’il est important de s’hydrater avant une course, il ne faut pas trop boire non plus, c’est bien de boire quelques gorgées pendant la course. Si malgré tout tu as quand même envie de pisser pendant ta course et que tu es une femme, je te recommande de t’acheter un Shewee, ça t’évitera la honte de devoir montrer ton joli cul nu aux badauds.

Loo in the meadow

J’espère qu’après cette liste tu es bien écœuré, mais de rien, tout le plaisir est pour moi. Si ce n’est pas le cas, va voir sur 4chan espèce de malade !

De l’utilité de savoir courir

Si t’as lu Born to run (si tu l’as pas lu : lis-le), tu sais que dans un passé lointain, courir nous était probablement la compétence la plus utile. En fait, c’était même essential à notre survie : presque tous les jours il fallait être capable de courir vers l’arbre le plus proche si tu étais poursuivi par un lion, et puisque tu avais pas encore inventé d’armes, ta technique de chasse consistait à courir après une antilope jusqu’à ce qu’elle crève de fatigue et de chaleur. Véridique ! Ces andouilles peuvent courir vite, mais elle ne peuvent pas courir longtemps car elles doivent s’arrêter pour haleter et pour abaisser leur température. Mais nous, bipèdes malins, on peut gambader pendant des heures sans s’arrêter, car courir sur deux jambes nous permet de dissocier respiration et foulée, mais surtout on peut transpirer, ce qui est une manière odorante mais efficace d’abaisser notre température corporelle.

Aux alentours de l’âge de bronze, on a inventé la lance et le bazooka qui ont rendu la chasse plus facile. On a inventé la dynamite pour une pêche efficace et éthique. Et comme on est des gros bâtards paresseux et fourbes, on a réussi à convaincre notre bouffe de rester tranquillement dans nos prés en attendant d’être transformée en bons burgers bien gras. Du coup, aujourd’hui courir peut paraître plutôt inutile de prime abord. Mais j’ai envie de te convaincre que c’est une compétence plutôt utile, même au 21ème siècle.

Prenons la chasse au bus par exemple. C’est une activité que les londoniens pratiquent régulièrement après une soirée à pochtronner en dehors de la zone 1. Un vendredi, il n’y a pas si longtemps que ça, je me suis retrouvé exactement dans cette situation. Ayant honoré comme il se doit la délectable production d’une micro-brasserie à Walthamstow, j’ai entrepris de rentrer dans mes pénates. Citymapper m’informait que le prochain bus devait arriver 5 minutes plus tard et que le suivant arriverait 45 minutes plus tard. Si je ne voulais pas me cailler les meules pendant 40 minutes, il fallait donc que j’attrape le premier, même si l’arrêt de bus était à 9 minutes de marche. J’ai donc décidé de jogger pèpère, en utilisant la douce foulée médio-pied (pas moyen de courir sur les talons avec mes chaussures de ville), et je suis arrivé juste à temps pour monter dans le bus, même pas essoufflé. Ça me fait penser qu’il faut qu’un jour je participe à un beer mile

Beer - Photo by Quinn Dombrowski

Bière – Photo de Quinn Dombrowski

Éviter d’avoir à glander 40 minutes dans le froid en attendant le bus me semble être un bon argument en faveur de l’utilité de savoir courir, mais t’as pas l’air convaincu(e). Et si je te promets une meilleure vie sexuelle ? Ah ah, je savais que ça t’intéresserait, ya qu’le cul qui fait vendre ! Une chose est sûre, la capacité de baiser sans être essoufflé au bout de 5 minutes est vraiment appréciable et appréciée. Et puis je ne suis pas le seul à dire que les coureurs sont meilleurs au lit [en].

Maintenant ça y est tu es convaincu(e) : savoir courir est une compétence utile ! En bonus, je suis d’avis que ceux qui finissent un marathon ont le droit de se la péter à vie. D’ailleurs j’y travaille et d’ici la fin de l’année prochaine, je m’arrogerai le droit de vous casser les oreilles à longueur de journée avec mon marathon. En attendant, est-ce qu’il y a des volontaires pour courir un beer mile en mon amicale compagnie ?

Il faut lire « Born to run »

Tout est dans le titre. Achète donc ce satané bouquin et lis le ! Sérieusement, quand le Rital Taiseux m’a recommandé de le lire, je me suis exécuté uniquement parce que c’est un de mes amis et que j’ai tendance à avoir confiance en ces gens. Mais en fait je n’avais pas vraiment envie de le lire parce que je n’aime pas trop la littérature non-romanesque, ma pile à lire était déjà haute comme la tour Eiffel et surtout je détestais courir à l’époque.

La narration alterne entre anecdotes sur la course à pied et la quête de Christopher McDougall pour trouver les Tarahumaras, la légendaire tribu de coureur. Ces gars sont hallucinants, quand ils font la fête ils boivent comme des trous puis finissent par une petite course entre pote. Oh, rien de bien méchant, pas plus de 200 ou 300 kilomètres dans les canyons brûlants du nord-ouest mexicain, jusqu’à trois jours d’affilé, avec des tongs faites-main.

Quand il finit par les trouver, il se met en tête de convaincre une bande de cinglés, ultra-runners américains, de les défier sur leur terrain des Copper Canyons (Barrancas del Cobre), dans la Sierra Madre. Ils sont tous plus tarés les uns que les autres. Je n’arrive pas à me décider duquel est le plus fou entre l’ermite qui passe des décennies dans une hutte dans les Canyons juste pour redécouvrir la tribu perdue, la meuf dont la technique de drague consiste à boire plus que l’objet de sa convoitise puis à courir plus vite et plus loin que lui le lendemain matin malgré la gueule de bois, le mec qui décide de participer à un Ironman moderne avec du matos de l’ère victorienne du XIXe siècle et cours pieds nus sur les pierres coupantes du canyon, le type qui s’est fait enlever les ongles des pieds par un chirurgien parce que « de toutes façon ils tombaient sans arrêt », ou un autre des timbrés de l’histoire.

Les anecdotes et les recherches sont au moins aussi captivantes que l’histoire principale et certaines m’ont laissé comme deux ronds de flan. Depuis que j’ai lu le bouquin, je suis pense qu’il y a de bonnes chances pour qu’on soit effectivement nés pour courir et aussi fou que ça puisse paraître, il semble qu’une des raisons pour laquelle homo sapiens a survécu 200 000 ans en tant que bipède omnivore dans un environnement hostile est qu’il chassait probablement les animaux pendant des heures jusqu’à ce qu’ils meurent de fatigue.

En version originale, l’écriture est assez captivante et le livre nous tient vraiment en haleine. J’ai vraiment accroché au bouquin, il m’a fait me marrer à voie haute et m’a laissé stupéfait. Mais la raison pour laquelle il est si bon, c’est qu’il donne vraiment envie de courir et d’aimer ça. Bon, comment ça se fait que tu ne l’aies pas encore acheté? Allez, file !

Ref: Born to run (né pour courir) de Christopher McDougall

PS: Il paraît que la traduction française n’est pas terrible, donc si tu peux, je te conseille de lire la version en anglais : Born to Run: The Hidden Tribe, the Ultra-Runners, and the Greatest Race the World Has Never Seen. Et si tu peux pas, ben essaye, il est moins cher en version originale et ça te fera un bon exercice, bordel!

Pourquoi je cours

Je n’ai jamais vraiment été une grosse larve, mais je n’ai jamais été un grand sportif non plus. Depuis tout gamin, le football me déteste cordialement et c’est bien réciproque. L’escrime et le judo ne m’ont pas beaucoup aimé non plus. J’ai apprécié le rugby durant quelques années mais les sports qui me bottaient vraiment c’était le ski, le snowboard, les rollers et l’escalade. Sports que je pratique toujours aujourd’hui. Mais courir ? Pas moyen ! Je l’ai l’ai fait par intermittence pendant des années pour essayer de garder la forme mais je détestais ça presqu’autant que le foot, bien que j’ai toujours eu une certaine fascination pour les marathoniens et les coureurs d’ultra (mais ceci est une autre histoire).

Je n’ai jamais vraiment été une grosse larve, mais depuis que je suis arrivé à Londres il y a 4 ans j’ai succombé aux bières anglaises et aux burgers qui ont finit par me rendre un tantinet grassouillet. Les salauds.
Donc j’ai commencé à me plaindre et à dire de choses comme « oh, je suis gros », histoire de partir à la pêche aux compliment, en espérant entre « Mais non, tu es très bien » comme réponse. Mais Grand Polak m’a répondu de son honnêteté brutale : « Ouais, t’es un gros sac ». Le salaud.
Je suis suis qu’il avait tout prévu depuis le début : passer trois ans à nous torcher la gueule à la bière ensemble deux fois par semaine et finir systématiquement la soirée à se caler une dent avec du poulet frit suintant l’huile afin de m’engraisser, puis me convaincre que le remède à mon corps « confortable » était de courir. Le salaud.
Alors on a passé une heure au parc de Greenwich pour qu’il me montre une bonne technique de course, me déroule une routine d’étirements et me suggère de demander conseil au Rital Taiseux pour une bonne paire de chaussures. Ce dernier m’a recommandé une paire d’Altra et m’a innocemment demandé de lire Born To Run (Né pour courir) de Christophe McDougall. Les salauds.
J’ai vraiment accroché à ce satané bouquin. J’ai commencé à apprécier les sensations et la légèreté de la foulée médio-pied. J’ai compris que ce que je détestais dans la course à pied, c’était faire le bruit d’un éléphant et avoir l’impression d’être un éléphant à chaque pas. J’aimais l’élégance de cette foulée et j’ai arrêté de détester courir. Les salauds.
Ça m’a pris plusieurs semaines avant de transformer cette absence de haine en véritable amour. Maintenant j’espère ne jamais m’arrêter.

Je n’ai jamais vraiment été une grosse larve, et je n’ai pas envie d’en devenir une. C’est pour ça que j’ai commencé à courir, mais ce n’est pas ce qui me pousse à continuer. Je cours parce que j’aime l’impression de liberté, j’ai ressentir mon corps, mes muscles et mes pieds, j’aime le peps que ça me donne pour le reste de la journée. J’avoue aussi que j’aime secrètement pousser mes limites et l’atmosphère électrique qui règne lors d’une course. Merci mes salauds !

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