French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

Tag: Motivation (page 1 of 2)

Écrire sur la course

Cela fait maintenant six mois que j’écris deux fois par semaine au sujet de la course à pieds. Ceci est mon 57ème article et je pense que c’est le bon moment pour revenir sur le semestre passé. Je sais que t’es curieux de connaître mon processus d’écriture – naaaaan, en fait je sais que tu t’en tape comme de ta première chemise mais je vais tout de raconter quand même.

La plupart du temps, le processus d’écriture commence en courant. J’ai déjà dit que je considère la course comme une forme de méditation, mais c’est aussi une source d’inspiration. Ça me vide l’esprit et permet aux idées et aux phrases d’émerger. Ensuite j’ajoute ces nouvelles idées dans ma Wunderlist, si je ne les oublie pas en récupérant ou en prenant ma douche, ce qui arrive bien trop souvent.

Quand vient le moment d’écrire pour de bon, soit j’ai une super idée toute fraîche soit j’ai un sujet évident (comme par exemple ma dernière course) et si je n’ai ni l’un ni l’autre je vais pêcher dans ma liste d’idées. Même si parfois certaines phrases me viennent en français, je vais toujours écrire en anglais en premier. Ce n’est pas que je me la pète en écrivant dans une langue étrangère, c’est juste que la version (traduire de l’estranger vers le français) est plus facile que le thème (traduire du français vers l’estranger), d’où l’expression « fort en thème » (ce que je ne suis pas). Et puis j’adore partir d’une expression idiomatique anglaise, jouer avec et broder autour avec de l’argot typiquement britannique. Ça m’amuse beaucoup et c’est plus facile à traduire vers le français que dans l’autre sens. Et puis ça me force à me replonger dans le français et à trouver le meilleur équivalent ; je trouve un plaisir particulier à utiliser des expressions françaises désuètes ou de l’argot régional (lyonnais en général).

Je me suis bien amusé à écrire ces six derniers mois. Jusqu’à présent, les articles que j’ai préféré écrire sont:

Maintenant, je dois admettre qu’écrire 4 articles par semaine (2 en anglais et 2 en français) m’a un peu asséché et je trouve de plus en plus difficile d’avoir de l’inspiration ou d’être drôle. Cela me prend aussi beaucoup de temps et même si j’ai encore des articles potentiels dans ma Wunderlist, il devient dur de trouver de nouvelles idées. Enfin, de manière générale, je m’amuse plus à écrire sur ce que j’ai vécu plutôt que sur des chaussures ou sur quelque chose de moins personnel. J’ai donc décidé de m’autoriser à n’écrire qu’un seul article par semaine, voir aucun si je ne le sens pas. Je vais continuer à écrire sur tout et n’importe quoi dans l’univers de la course, mais je vais essayer d’être meilleur et plus intéressant, et je vais surtout me concentrer sur mon expérience personnelle de la course.

À bientôt !

Mes meilleurs souvenirs de course

Août 2015, A Guarda, Galice, Espagne. Cela faisait à peine plus d’un mois que j’avais commencé à courir. Je détestais toujours ça mais j’étais très motivé par tout le poids que j’avais à perdre et surtout par ma récente lecture de ‘Born to run‘. Ce bouquin a eu beaucoup d’influence sur moi et même si j’étais supposé être dans un long week-end entièrement consacré à boire et à jouer des percussions, je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser.

Bare foot on the beach

Barefoot on the beach photo by Alex Tian

Après un déjeuner fantastique de crustacés galiciens accompagnés de généreuses quantités de vin (le tout organisé par mon couple galicien préféré: Wonder Woman et Superman), nous sommes allés à la plage pour une petite trempette dans l’eau. Je ne sais pas ce qui est passé par mon esprit enivré, influencé par la beauté du moment et les pensées de coureurs légendaires dans des canyons mexicains, mais j’ai commencé à courir pieds nus, comme le personnage un peu fou de Barefoot Ted dans le livre. Alors j’ai hélé Grand Polak (tu peux être sûr qu’il est dans les entourages quand il y a de l’alcool) et on est partis pour un petit jogging le long de la mer. Ce fût un moment magique, mes souvenirs sont un peu troublés mais j’ai toujours ces impressions fantastiques profondément ancrées en moi : la sensation véritable du sol directement sous mes pieds, la brise iodée dans mes cheveux, la douce caresse du soleil sur ma peau et la pure joie de courir partagée avec un ami proche. On a couru moins de 4 km mais cette course a été un moment déterminant pour moi. Je pense que c’est le moment où j’ai décidé de commencer ma quête vers la course pieds nus, et accessoirement le moment où j’ai commencé à aimer courir.

Je dois avouer qu’il y a eu un revers à cette médaille en or : comme je n’étais pas habitué à courir pieds nus, j’ai eu des ampoules tellement énormes sous les pieds que je n’ai pas pu marcher pendant deux jours. Rétrospectivement, c’était de la folie mais cela a vraiment valu la peine, quelque part, c’est ce que je cherche à revivre en transitionnant vers la course pieds nus.

À peine une semaine plus tard, le Rital Taiseux est venu à Londres et je lui ai tout raconté. Nous avons bu et inévitablement, à la fin de la soirée, on est partis courir pieds nus dans les rues de Greenwich. Ce fût un autre moment mémorable et ça a achevé de me convaincre que je voulais courir pieds nus. Bien sûr, cette fois nous avons couru moins de 2 km parce que mes ampoules étaient tout juste soignées et que je voulais pouvoir marcher le lendemain. Quoi qu’il en soit, maintenant tu connais ma motivation secrète pour courir : c’est une quête pour retrouver ces 2 instants magiques.

À la salle de muscu

Une de mes priorités lorsque je cours est de ne pas me blesser. Cela ne fait qu’un an que je cours mais pour le moment j’ai réussi à augmenter mon kilométrage hebdomadaire sans blesser mon humble personne. J’ai appris que si je voulais continuer comme cela, je devais me renforcer les muscles du tronc car cela aide à garder une bonne posture, cela donne du contrôle et de la force. D’ailleurs, quand je cours avec Serpentine, la coach nous demande toujours de porter attention à nos muscles du tronc, donc ceci confirme cela.

Comme je déteste encore plus aller à la salle de muscu que je détestais courir, j’ai décidé de prendre 5 sessions avec un entraîneur privé. Vu que je suis un novice complet, l’idée était de recevoir quelques conseils, de savoir quelles machines utiliser et comment les utiliser, mais aussi de trouver un peu de motivation et peut-être même de commencer à aimer la salle (tout comme j’ai commencé à aimer courir après avoir reçu de bons conseils). Attention spoilers : je n’aime toujours pas aller à la salle, mais je commence à ne plus détester car au moins, maintenant je commence à savoir ce que je fais.

The Gym

Une salle de muscu Photo de Collin Parker

La première chose que j’ai apprise avec mon entraîneur est qu’il faut aussi s’échauffer avant la muscu. J’ai commencé par courir dix minutes sur le tapis, mais maintenant je fais plutôt dix minutes de rameur. C’est tout aussi chiant que le tapis de course, mais cela implique plus de muscles, y-compris les jambes, les bras et les abdos. L’autre chose importante que j’ai apprise est qu’il faut alterner les groupes de muscles qu’on travaille. Comme ça le premier groupe peut se reposer pendant qu’on fait une série sur un autre groupe de muscles. Par exemple, j’alterne la machine à tractions avec des abdos obliques au sol. Ça fait gagner beaucoup de temps et ça limite l’ennui.

Et puis j’ai appris plein de manières différentes de faire souffrir mes adbos et ça c’est cool parce que ça évite la monotonie et ça me fait travailler les fibres longues autant que les fibres courtes des mêmes muscles. J’essaye aussi de travailler mes fessiers, non seulement parce que cela rend sexy aux yeux du sexe désiré en donnant un joli cul bien ferme, mais aussi parce que cela donne plus de puissance aux jambes et permet de courir plus vite.

Au final, même si je n’aime toujours pas aller à la salle, maintenant je comprends un peu mieux cet univers. Par exemple j’ai compris que les miroir ne sont pas là uniquement pour flatter l’ego narcissique des bodybuilders, mais aussi pour vérifier que l’on fait ses exercices correctement. Une autre preuve que je ne déteste plus la salle ? Après 4 mois, je trouve encore la motivation de me lever tôt le matin et d’y aller les jours où je suis supposé me reposer de la course (ce qui ne fait que deux fois par semaine). Qui plus est, je trouve toujours la motivation même si je ne vois pas encore les résultats (toujours pas de tablette de chocolat).

Jeunes coureurs

La dernière fois que j’ai couru sur piste (c’était aussi la première) il y avait un groupe d’enfants qui s’entraînaient avec leur prof. Certains d’entre eux étaient super jeunes et les autres étaient encore plus jeunes, ce qui m’a un peu remis en question parce que certains d’entre eux étaient déjà presqu’aussi rapides que moi. Ça m’a aussi remémoré deux petites histoires que j’ai lues au sujet de jeunes coureurs.

Running Child photo by Peter Mooney

Enfant qui court photo de Peter Mooney

La première histoire est celle de Budhia Singh, un enfant coureur indien. Un jour alors qu’il avait à peine 2 ou 3 ans, il a été puni et on l’a fait courir autour d’une piste. L’adulte qui l’avait en charge l’a oublié et lorsqu’il est revenu cinq heures plus tard, le petit Budhia courait toujours ! C’est une histoire assez incroyable et ça ne s’arrête pas là : à l’âge de 4 ans il avait déjà couru et terminé 48 marathons, ce qui est un peu déprimant parce qu’avec 3 décades de plus sous les bras, je n’en ai toujours pas couru un ! Malheureusement l’histoire ne se termine pas bien (pour en savoir plus, va lire l’article Wikipedia), il a été interdit de courir jusqu’à l’âge de 11 ans et maintenant, à 14 ans, il n’a plus rien d’un coureur exceptionnel.

La deuxième histoire [en] est plus heureuse.  C’est l’histoire d’une petite New-Yorkaise courageuse de 12 ans qui a terminé un semi-marathon par erreur. Elle était supposée courir un 5K familial mais a pris le mauvais départ. À mi-chemin elle s’est rendu compte que quelque chose ne tournait pas rond – elle avait déjà couru trop longtemps. Et c’est là que j’admire notre petite héroïne : quand elle a vu son erreur elle a tout simplement pensé « Et puis zut, je vais la finir quand même cette course ! » voilà qui demande courage et ténacité ! Après 2 heures, 43 minutes et 31 secondes d’angoisse, sa mère l’a retrouvée avec une médaille autour du cou. Encore une fois, je n’ai couru mon premier semi que cette année, ça me laisse songeur…

The Oatmeal court

Si tu ne connais pas Matthew Inman, permets moi de te le présenter. Il est l’auteur du blog BD humoristique mondialement connu The Oatmeal (ce qui explique pourquoi la plupart des liens de cet article sont en anglais). Je l’adore, il est un peu comme une version américaine de moi : il est fan de Tesla (autant le scientifique que la marque de voiture) et tout ce qui est eco-friendly, il aime la science et l’astronomie, il est athée,  il aime la biére, il aime les chats, il a le sens de l’humour d’un enfant de 6 ans (et oui, je trouve ça drôle) mais surtout, il court !

La comparaison ne s’arrête pas là. On a tous les deux commencé à courir pour des raisons très similaires : j’ai expliqué les miennes sur ce blog, il a expliqué les siennes dans sa BD « The Blerch » qu’il faut absolument lire.

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Je donne des conseils pour courir de longues distances, lui aussi, dans une BD hilarante:

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J’ai essayé de te donner de la motivation, lui aussi :

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Je vois la course comme une forme de méditation, lui aussi.

Vraiment, la seule chose qui nous différencie, c’est que mon blog est bien plus connu que le sien – ou peut-être l’inverse, en effet il organise ses propres courses : « Beat the Blerch » et il est sponsorisé par des marques comme Saucony.

De la motivation

Je me rends compte que je dois avoir l’air fou quand je dis que je cours 5 fois par semaine ou que je me lève à 6h du matin juste pour courir, mais je ne pense pas l’être. Toi aussi tu peux le faire, il suffit de trouver la motivation. Voic une petite liste de conseils pour se motiver et pour le rester. Ils ont marché pour moi ; nous sommes tous différents donc ils ne marcheront pas forcément pour toi, mais ça vaut le coût d’essayer !

  • Aimer courir est la première et la plus évidente des motivations ! Une motivation qui nous tire (c’est le but qui nous attire) est bien plus puissante qu’une motivation qui nous pousse (on se pousse vers le but). Ça ne vient pas forcément naturellement pour la course et je détestais ça au début, mais en me poussant assez longtemps, j’ai fini pas aimer ça et maintenant je suis sincèrement impatient de pouvoir courir (surtout mes courses longues) quand je suis inactif. Ne te méprends pas, il y a toujours des jours où je n’ai pas vraiment envie, mais a posteriori je n’ai encore jamais regretté d’aller courir.
I really regret that run. Said no one. Ever.

« Je regrette vraiment d’être allé courir » signé: jamais personne

  • Perdre du poids était ma motivation initiale. C’est une très bonne motivation pour commencer et je pense que n’importe qui peut courir [en] bien que le coureur stéréotypique soit maigre, tu peux très bien être gros et en bonne forme physique à la fois ! Cependant, il a été montré que perdre du poids ou maintenir son poids est une mauvaise source de motivation sur le long terme, parce que tu vas toujours te relâcher à un moment donné et retourner à tes vieilles habitudes. Courir doit être une fin, pas un moyen.
  • Avoir un modèle, quelqu’un à admirer et vers qui tendre ! Pour moi, c’est Grand Polak et le fait que j’ai parfois le privilège de courir avec lui me tire dans sa direction. Pour lui, c’est Kenenisa Bekele, pour Emil Zátopek c’était Paavo Nurmi, etc… Et la liste est longue :  avoir un modèle est indispensable.
  • Avoir un sparring-partner, quelqu’un à qui se mesurer. Pour moi, c’est le Rital Taiseux, et j’ai la chance d’en avoir 3 autres : Papa MusiqueTouche à tout et la Cuisinière folle. Cela peut être dans un esprit compétitif ou amical mais avoir quelqu’un d’un niveau équivalent aide à aller plus loin.
  • Avoir des mesures et des objectifs chiffrés fonctionne vraiment bien pour moi. C’est pour ça que je me suis acheté une montre Garmin. Une app come Strava est aussi vraiment efficace si les chiffres te motivent : essayer de battre mes propres temps sur le même trajet d’une semaine à l’autre ou essayer de battre d’autres personnes sur certains segments me pousse plus loin.
  • Les courses sont géniales : l’ambiance m’électrise systématiquement et l’émulation que ça génère me donne toujours l’envie d’en refaire une. Essayer de battre mon record personnel est aussi un bon challenge. Être compétitif avec les autres peut être une bonne motivation, mais pour moi ce qui m’incite vraiment à aller plus loin, c’est de me battre moi-même et d’être meilleur à chaque fois.
  • Avoir un programme d’entraînement est une motivation puissante. Des recherches ont montré qu’avoir des objectifs fixés par quelque’un d’autre est un moyen efficace de se pousser à les atteindre, parce que l’on perçoit moins de conséquences à ne pas tenir des promesses faites à soi-même alors que l’on souhaite tenir ses engagements faits aux autres.
  • Ne pas faire répéter l’alarme : simplement sauter du lit quand elle sonne. Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire, mais une fois l’habitude prise, c’est vraiment efficace et tu n’auras plus besoin d’heures entières pour te lever.
  • Lire au sujet de la course est un formidable moyen de se motiver et de le rester. J’ai trouvé la lecture de Born to run vraiment motivante (et il me motive encore un an après l’avoir lu), mais lis aussi d’autres coureurs. Ça peut être des coureurs célèbres ou simplement des gens normaux qui écrivent dans un blog comme celui-ci. En bref : continue à me lire 2 fois par semaine :-p

L’étrange connection entre courir et boire

J’ai commencé à courir pour perdre du poids. Et ça a marché. OK, j’ai fait un petit régime pendant deux mois mais après ça j’ai repris mes vieilles habitudes de me baffrer de hamburgers et de gâteaux mais j’ai continué à perdre du poids (c’est une bonne motivation pour continuer à courir). Donc grosso modo, j’ai commencé à courir pour pouvoir manger. Mais j’ai remarqué que courir a une connexion encore plus forte avec la boisson qu’avec la bouffe. Bien sûr, il faut boire de l’eau avant et après courir (pas trop non plus, l’hyperhydratation est potentiellement mortelle) mais il semble que le lien est bien plus fort que ça, surtout avec les boissons alcoolisées et avec la bière en particulier.

Tout d’abord, il y a l’idée reçue que boire de la bière est bon pour récupérer après un effort intense et pour éviter les courbatures. J’ai fait des petites recherches et il se trouve que c’est des conneries. La légende viendrait du fait qu’Emil Zátopek buvait prétendument de la bière non seulement après ses courses, mais aussi pendant les compétitions. Cette affirmation aussi est douteuse, mais le bonhomme n’était certainement contre une petite binouze de temps en temps et il paraît qu’il buvait un verre de Pilsner Urquell chaque jour. Selon certaines sources, il aurait aussi bu une bouteille entière de Becherovka (la version tchèque du Jägermeister) et aurait battu l’athlète hongrois József Kovács en duel de course juste après. J’aime de plus en plus ce type.

Running beer

Une bière qui court – Photo de Pedro Plassen Lopes

Et puis dans mon expérience, les coureurs sont des buveurs appliqués. Grand Polak et Rital Taiseux sont des exemples évidents de coureurs portant un véritable amour à la bière. Mais Grand Polak prétend qu’il y a d’encore plus grand buveurs dans son club. Moi-même je suis tenté de rejoindre le Mikkeller Running Club, créé par une de mes brasseries préférées : le danois Mikkeller (tu te dois d’essayer leurs gueuzes et leurs barley wines).

Une autre connection évidente entre boire et courir est le Beer Mile, une course pour laquelle tu dois courir quatre tours de 400 mètres et boire une bière au début de chaque tour. Un challenge que j’ai bien l’intention de relever un jour, même si je serai probablement très loin du record du monde actuel qui est de 4 minutes et 47 secondes. D’ailleurs, est-ce que quelqu’un passera un jour la barrière des 4 minutes, et y aura-t’il une course épique comme lorsque Roger Bannister s’est fait aider de Chris Chataway (souviens toi, le type qui s’est gamelé royalement)? Je doute qu’on ne voie jamais ça.

En conclusion, il semblerait que « Je cours pour boire » soit une devise plus fréquente que « Je cours pour manger ». J’en profite pour te conseiller de suivre la page Facebook I Run To Drink et la page Instagram I Run To Drink. Si tu parles anglais, tu vas bien te marrer (parce que c’est vrai).

New year… New goals!! #iruntodrink

A photo posted by IRUNTODRINK (@iruntodrink) on

Test : Fitbit Aria

Depuis le temps, tu dois savoir que j’ai commencé à courir pour perdre du poids. Mais même si je n’étais pas une grosse larve, j’avais besoin de quelque chose pour rester motivé et je me suis rendu compte que pour moi, les chiffres sont un bon moyen de motivation. Avoir des objectifs chiffrés et des moyens de mesurer les progrès sont une aide efficace pour atteindre ses ambitions (plus à ce sujet dans un futur article). Et puis j’avoue que j’aime bien les gadgets, donc j’ai décidé de m’acheter une balance qui me permettrait de faire tout ça.

Le choix

J’aurai pu acheter une bête balance chez Poundland (l’équivalent britannique de « C2€ ») mais je voulais un peu mieux que ça. Je voulais un joli gadget avec une app pleine d’indicateurs, de fonctions inutiles que je n’utiliserais jamais et tout le tremblement. Je me disais aussi que ça serait cool si elle pouvait faire partie d’un écosystème et utiliser la même app et interface web que la montre que je finirais par m’acheter. Naturellement,  mes pensées se sont dirigées vers Withings. Je lorgnais déjà sur la Withings Activité, un tracker d’activités classieux qui ressemble à une montre classique avec tout le tralala : un bracelet en cuir, un cadran stylé avec de jolies aiguilles, et plein de fonctions sympatoches. Withings proposait 2 modèles de balances intelligentes : la balance connectée WS-30 et le Smart Body Analyzer. Ils avaient aussi ‘avantage d’être français. Mais aussi beaux qu’ils soient, leurs produits coûtent la peau des fesses. Et de toutes façons, je me suis rendu compte que je voudrais probablement acheter une vraie montre de course plutôt qu’un simple tracker d’activités et que je devais abandonner l’idée de ne dépendre que d’un seul écosystème.

J’ai donc acheté la Fitbit Aria. Fitbit propose une tripotée de trackers d’activités tous plus laids les uns que les autres (malgré ce qu’ils en disent) mais de manière surprenante, leur balance est aussi élégante que celles de Withings et était beaucoup moins chère à l’époque.


Fitbit Aria – balance intelligente

Utilisation de la balance au quotidien

Oui, j’utilise la balance tous les jours. Oui, mon poids varie parfois de manière impressionante d’un jour à l’autres, bien que je me pèse tous les jours au même moment (en me levant, avant de manger ou de courir). La différence monte parfois jusqu’à 1 kg d’un jour à l’autre et ce n’est pas dû à la balance mais à la nature du métabolisme humain. C’est la raison pour laquelle je me pèse chaque jour plutôt que chaque semaine comme il est généralement recommandé : ça me permet d’avoir une moyenne sur la semaine.

La configuration de la balance n’était vraiment compliquée, même si ça n’a pas marché du premier coup (la connexion au réseau via l’ordinateur est un peu capricieuse). Désormais la balance envoie les données sans problème malgré le fait que la réception du WiFi est toute pourrite dans la salle de bain. Je n’ai pas eu besoin de changer ou de recharger les piles, depuis que je l’ai achetée il y a neuf mois, ce qui est aussi un bon point. En termes de fonctionnalités, elle permet d’avoir plusieurs utilisateurs en toute confidentialité (et les reconnait automatiquement), mesure le poids, le pourcentage de masse musculaire / masse graisseuse et offre une interface web agréable et pratique. On peut générer des graphiques sur le poids, le pourcentage de gras du bide et l’IMC sur une période de temps choisie. Si t’as déjà un tracker d’activités Fitbit ou si tu synchronises ton compte Fitbit avec une app de course (j’utilise le connecteur de Runkeeper), ça te donne encore plus de jolies données sur le nombre de pas, les calories dépensée et sur la qualité du sommeil.

L’interface web et l’app mobile sont plutôt plaisantes, mais même si on a l’impression que ça fait beaucoup de données, c’est en réalité assez limité, surtout si t’as seulement la balance comme moi. Et puis la synchronisation avec Runkeeper est censée marcher dans les deux sens, mais ça marche bien quand ça veut : parfois ça ne transfère que les activités depuis Runkeeper vers Fitbit, parfois c’est juste le poids qui est transféré vers Runkeeper. Le principal inconvénient de cette balance est qu’elle te rajoute automatiquement 2 ou 3 kg après les fêtes de noël, comme tu peux voir sur ce graphique, et il faut les reperdre.

Fitbit Aria interface

L’interface web de la Fitbit Aria interface (ouais, j’me la pète un peu)

Conclusion

Je ne regrette pas du tout cet achat, je l’utilise toujours tous les jours après neuf mois, ce qui prouve qu’elle est utile et plutôt bien foutue ! Donc je te recommande chaudement d’acheter la Fitbit Aria, surtout si tu as déjà un autre produit Fitbit ou que tu as l’intention d’acheter un de leurs trackers d’activités. Cependant, si tu est soucieux de ta vie privée, alors ça peut être un problème parce que la balance se synchronise directement avec le cloud de Fitbit (l’ordi ne sert qu’à la configuration initiale) donc tu ne sais ni où ni comment tes données sont stockées.

Une session sur piste

Vendredi dernier, Grand Polak m’a envoyé un SMS  du genre « Ramène tes fesses au stade de Mile End demain matin à 11h ». Bon, OK c’était peut-être pas aussi autoritaire, mais je me suis senti un peu obligé d’y aller. Voilà donc comment un samedi matin, je me suis retrouvé sur une piste d’athlétisme pour la première fois de ma vie, en tous cas en payant et pour y courir.

Running track

Piste d’athlétisme – Photo de Dean Hochman

On a commencé à s’échauffer et je dois admettre que j’ai vraiment aimé le ressort que donne la surface, c’est vraiment confortable pour courir. Et puis ça a rendu plus facile la session d’échauffement concoctée par Grand Polak : après 10 minutes de jogging, on a fait quelques longueurs en montant les genoux, en montant les talons, en faisant des pas chassés, en piétinant sur place, en faisant des bonds et en expérimentant d’autres façons ridicules de courir. Et puis on a fait un peu de travail de vitesse, chaque longueur en se concentrant sur un aspect différent de la technique de foulée : les genoux en avant, les mouvements des bras, etc…

Donc juste après cet échauffement pas franchement facile, j’étais déjà cassé. On est chacun allés à son propre programme du jour, on avait tous les deux des intervalles différents. Je devais courir 4 intervalles de 5 minutes à un rythme de 10k, ce qui m’a un peu déprimé parce que mon rythme de 10k est approximativement le rythme de récupération de mon pote. Et puis malgré le confort de la piste, j’ai trouvé que courir en ronds est un peu chiant, ce qui a probablement été exacerbé par le fait que mon capteur cardiaque déconnait, ne détectait pas mon coeur et n’arrêtais pas de vibrer pour me dire de courir plus vite.

J’ai gardé mon esprit occupé en observant les gens qui vont sur une piste d’athlé un samedi matin : il y avait deux personnes qui s’entraînaient au saut en longueur, un meuf qui faisait des haies, un mec en fauteuil roulant avec des biceps plus gros que mes cuisses, un petit groupe d’enfants avec leur prof, et puis 2 ou 3 bonshommes qui allaient vraaaaaiment vite.

On a fait quelques tours de piste pour récupérer un peu et on est allés dans l’herbe pour s’étirer. Et ben mon gars, je te dis que ça fait du bien après une session comme ça ! Et puis Grand Polak trouve toujours de nouvelles manières d’étirer des muscles que tu ne savais même pas que tu possédais. Quoi qu’il en soit, c’est vraiment bien de s’entraîner avec quelqu’un lorsqu’on a l’habitude de courir seul, ça motive.

Après ça, on a entamé une conversation avec un des gars qui couraient vraaaaaiment très vite. Il se trouve que le type s’entraînait pour se qualifier pour le 800m aux Jeux Olympiques. Au début on a cru qu’il était canadien mais il s’est trouvé être namibien. Je me suis rendu compte plus tard que malgré son humilité s’il arrive à se qualifier pour les jeux, cela voudra dire qu’il aura battu le record de son pays ! Le temps qualificatif est de 1 minute et 46 secondes alors que le record actuel de Namibie est de 1:46:62. Je dois admettre que j’étais impressionné. OK, la Namibie n’est pas un grand pays de course à pieds (sauf en ce qui concerne Frankie Frederiks, mais c’était il y a 20 ans) mais quand même ! Le type venait du 400m, avec un record personnel dans les 46 secondes, soit vraiment pas loin du record namibien actuel (46:14). Encore une fois impressionné.

Le plus impressionnant était son programme d’entraînement : ce matin là il devait courir 10 fois 400m sous les 58 secondes puis 10 fois 150m sous les 20 secondes. C’est tout simplement fou, mais il nous a dit qu’il s’était préparé mentalement toute la semaine. Il nous a aussi dit qu’il ne mangeait pas de viande, qui est apparemment mauvaise pour la récupération (Christopher McDougall tire la même conclusion dans son dernier bouquin Natural Born Heroes, suivant sur ma pile à lire). Bref, ce type a le bon état d’esprit pour aller à Rio et j’espère qu’il y arrivera. Ne serait-ce que se qualifier pour les jeux est un rêve immense et c’est tout le mal que je lui souhaite. Évidemment, après cette rencontre, Grand Polak et moi n’avons parlé que de ce type admirable.

Test : Synchronisation des apps avec Tapiriik

Le problème

J’imagine que t’es comme moi. J’ai plusieurs potes qui courent, et chacun de ces saligauds utilise une app différente pour courir, ce qui est vraiment casse-pieds parce que je ne peux pas courir avec cinq apps différentes à la fois. Par exemple, j’ai un compte Endomondo juste pour pouvoir suivre quelques vielles connaissances et pour participer aux challenges mensuels de UKRunChat. En plus, j’ai longtemps enregistré mes activités avec Runkeeper où j’ai d’autres vieux potes, puis je suis passé à Strava où j’ai mes nouveaux potes. Enfin, j’ai à nouveau changé pour Garmin depuis que je me suis acheté ma Forerunner 225 mais j’utilise toujours Runkeeper quand je fais des rollers pour aller au boulot. Bref, j’ai grand besoin de synchroniser mes activités entre toutes ces apps.

Cette fragmentation des données et des gens est vraiment dommage car l’aspect social de ces apps est une grande source de motivation (plus à ce sujet dans un futur article). Et puis chaque app montre les données d’une manière différente et c’est plutôt cool de pouvoir voir la même activité sous des angles différents. Une raison de plus d’avoir besoin de synchroniser mes données.

Le choix

J’ai trouvé plusieurs solutions à ce problème :

  • Des connecteurs spécifiques entre 2 plateformes (par exemple TomTom propose un connecteur pour Runkeeper). Cette solution fonctionne si tu n’as que 2 apps à synchroniser. Mais si t’en as 4 ou 5, ça devient le vrai bordel : tu te retrouves avec plein de doublons. En plus, certains connecteurs n’existent tout simplement pas.
  • CopyMySport : Bon, j’ai jamais réussi à la faire fonctionner celle là, donc j’en conclue que c’est de la merde. Au suivant !
  • SyncMyTracks : Une app Android qui a l’air vraiment cool. Elle a même un connecteur pour Runtastic, ce qui est rare. Mais il est impossible de la tester sans l’acheter, donc je ne l’ai pas testée. Et puis je ne crois pas qu’elle ait d’équivalent pour iPhone. Ceci dit, je l’essayerai peut-être dans le future.
  • Tapiriik : Mon app de choix pour la synchronisation !
Tapiriik running sync

Synchronisation avec Tapiriik – Photo originale de Maurizio Pesce

Tapiriik

Comme j’ai bien les listes, voici les avantages :

  • Vraiment facile à utiliser et à connecter à tes apps.
  • Propose des connecteurs pour toutes les apps que j’utilise et même plus (le type qui l’a développée est probablement plus fan de vélo que de course à pieds).
  • Entièrement gratuite pour la synchronisation manuelle, sans aucune limite de nombre d’activités et d’apps à synchroniser.
  • La synchronisation est faite sur un serveur plutôt que dans le navigateur ou sur le mobile, et elle est automatique dans la version payante. Donc pas besoin d’avoir à se souvenir de synchroniser après chaque activité.

Quant aux inconvénients, ils viennent quasiment tous du fait que cette app est développée par un mec tout seul dans son coin :

  • Pas de connexion avec Runtastic, TomTom, FitBit, Polar, Nike+, et probablement plusieurs autres apps.
  • Cette app est très peu maintenue, donc pas la peine d’attendre un connecteur si jamais une nouvelle app sort. D’ailleurs, pas la peine d’attendre les connecteurs pour les apps citées ci-dessus : ils ne seront probablement jamais implémentés.
  • Si le serveur est en panne, ça peut mettre du temps à revenir. Dans ce cas, la synchronisation peut mettre jusqu’à deux jours pour s’effectuer, parce que le type est tout seul pour faire le support.
  • Un petit truc un peu chiant :  les activités à rollers que j’enregistre sur Runkeeper sont synchronisées en tant que « patin à glace » sur Strava.

Au bout du compte, Tapiriik est tout de même une très bonne solution. Mais si t’as essayé SyncMyTracks, n’hésite pas à partager ton retour d’expérience !

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