French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

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Beer Mile World Classic

Cela faisait un petit moment que j’en parlais mais ça y est, j’ai enfin couru un Beer Mile ! Et pas des moindres, puisqu’il s’agissait du Beer Mile World Classic [en] avec l’élite mondiale de la discipline ! Les règles [en] sont simples : tu bois 1 bière puis cours 1 tour de piste et tu répètes ça 4 fois. Si tu vomis ou ne finis pas une de tes bières, tu cours un tour de pénalité. Il y a quelques petits points de règlement (canettes ou bouteilles de 355ml seulement avec un minimum de 5% d’alcool) mais sinon c’est aussi simple que ça.

Grand Polak avait prévu de venir avec moi mais au final il a du abandonner parce que cet imbécile s’est blessé au pied. Mais le pire c’est qu’il n’est même pas venu me soutenir et s’enfiler quelques bierasses lors de cette journée évènement. Peu importe, je suis venu avec mon maillot Serpentine [en] que je me dois de porter en compétition, et ce maillot Serpie m’a permis de me faire des amis (et des ennemis) comme tu vas voir. Je suis arrivé assez tôt et j’ai bien fait parce que j’était dans la deuxième course, ce qui m’a donné juste assez de temps pour me changer, de regarder la première course pour en tirer quelques enseignements, et de m’échauffer pour ma propre course. Lorsque j’ai reçu mon dossard, on m’a recommandé de roter autant que possible pour éviter de dégobiller. Ce fût une très bon conseil : la bière par défaut était de la Heineken, qui est vraiment gazeuse et peut facilement provoquer la gerbe si on court sans éliminer rapidement le gaz. Et je ne voulais pas me prendre un tour de pénalité.

Sur la ligne de départ, tous les coureurs on le doigt sur la capsule de leur bière, prêts à l’ouvrir. Le commentateur (très drôle) fait le décompte et Pssscht, tout le monde ouvre sa bière et commence à la descendre. Nom de nom, c’est beaucoup plus difficile que ce que j’imaginais ! Non seulement cette bière n’est pas bonne, mais en plus elle est tellement gazeuse que je n’avale que de la mousse, ce qui la rend impossible à ingurgiter rapidement. J’éructe plusieurs fois et je finis par la vider, mais au moins sept ou huit gars ont finit la leur avant moi. Quel départ pitoyable, je suis déçu par ma performance jusqu’à présent mais je décide de ne pas m’attarder et je commence à courir. Les cent premiers mètres ne sont qu’un long rot retentissant, et je ne suis pas le seul pour qui c’est le cas. Et puis très tôt dans la course, je repère qui sera mon lièvre : un rouquin avec un maillot à rayures blanches, oranges et vertes.

À la fin du premier tour, tandis que les spectateurs l’encouragent, je comprends qu’il est du club des Mornington Chasers. Mais oh, moi aussi on m’encourage ! Un groupe crie « Go Serpie ! » et ça me donne un bon boost : je lève le poing et je bois plus vite. Je commence à prendre le truc, mais cette bière est toujours aussi dure à avaler et le Mornington Chaser à encore beaucoup d’avance sur moi. Encore quelques rots en courant, mais toujours pas d’envie de vomir, c’est bon signe. À la fin du deuxième tour, une autre salve d’encouragements me réchauffe le cœur et je commence à m’enfiler ma troisième Heineken. Ce satané chaser est toujours en avance sur moi, mais j’ai réussi à grappiller quelques secondes précieuses dans la chug zone (zone de descente des bières) et maintenant il est atteignable : 4 minutes et 10 secondes après le début de la course, j’accélère et je finis par le doubler ! Mais pas pour longtemps et il me dépasse à nouveau juste avant la chug zone. Avec la fatigue, il devient difficile d’avaler quoi que ce soit mais j’arrive à descendre ma canette juste une seconde avant le chaser. Je cours un dernier tour raisonnablement rapide (1:20) et je finis sur un beau sprint que le commentateur décrit comme « superflu » mais qui me permet de finir 10 secondes avant mon adversaire en un temps relativement médiocre de 7 minutes et 35 secondes. Mais c’est un nouveau record pour moi et j’en suis fier !
[Regarde la vidéo de la course sur Trackie]

Serpentine v Mornington Chasers

Serpentine v Mornington Chasers

On se serre les mains et on échange quelques plaisanteries sur nos clubs respectifs. D’autres serpies viennent me féliciter pour mon temps et pour mon sprint final. Il se trouve qu’il y a plein de membres du club aujourd’hui mais la plupart sont bénévoles pour l’organisation de la course. Je me fais plein d’amis, on échange quelques conseils et on échafaude des stratégies pour améliorer notre temps au Beer Mile. La meilleure suggestion est de courir avec une bière choisie pour son meilleur goût et pour son absence de bulles. Quelqu’un estime que la Guinness doit être une bonne option, pour ma part je suis plus convaincu par une ale. Malheureusement une bière comme la London Pride n’est pas assez alcoolisées pour être acceptée officiellement ce qui est vraiment dommage car c’est une des bières les plus plates que je connaisse. Je me promets de rechercher et de trouver la bière idéale. Il y a quelques brasseurs autour de la piste aujourd’hui et leurs bières sont de bonnes candidates potentielles.

À propos des brasseurs, j’apprécie l’après-course en buvant quelques pintes de leur délicieux breuvage pendant que les autres courses ont lieu. Je veux rester pour voir les courses « élite ». Les femmes sont assez impressionnantes, mais les hommes le sont encore plus ! Corey Bellemore, un canadien, explose le record du monde avec un temps de 4:34 ! C’est la première fois de ma vie que je suis témoin d’un record du monde dans quelque discipline que ce soit ! Ceci dit, je n’ai pas été impressionné par tous les coureurs :  le dernier de la course élite a fini en 8:21 ce qui fait 46 secondes plus lent que moi, et ça me donne des idées de grandeur : je pourrais rejoindre ou créer l’équipe de France du Beer Mile !

Pendant les autres courses, j’ai commencé à m’acoquiner avec les brasseurs et une bénévole (une serpie) est venue me proposer de porter un costume de Charlier (Où est Charlie) et de courir un relais avec. Bien sûr, j’ai répondu oui ! Dans mon équipe il y avait un des brasseurs, un autre serpie et Corey Gallagher, le légendaire coureur du Beer Mile qui est le premier à avoir brisé la barrière des 5  minutes ! J’étais vraiment honoré et j’ai décidé de faire une course à la hauteur, j’ai donc acheté une bouteille de saison de Solvay Society Brewery pour l’occasion. Elle était beaucoup plus facile à boire et j’ai réussi à la boire cul-sec. Je n’ai presque pas roté et j’ai couru mes 400 mètres sous les 70 secondes, j’ai donc bien participé à l’effort de l’équipe qui nous a valu un temp final de seulement 5 minutes et 40 secondes. mais à la fin l’équipe du Canada a gagné et a établi un nouveau record du monde à 4:06 !
[Regarde la vidéo de la course sur Trackie]

French Bloke is a Wally

French Bloke est Charlie

Au final ce fût une journée splendide. La récupération ne fût pas facile, mais tu peux être sûr que je vais en courir d’autres !

Plus de course avec Serpentine

J’en parlais récemment, je viens tout juste de rejoindre le Serpentine Running Club. J’ai déjà fait une session de collines avec le club et bien que ce fût dur, j’y suis retourné la semaine dernière et je vais certainement y retourner samedi. Ce n’est pas que j’adore courir en montée, mais je ne suis pas aussi bon que je le pensais et je vois les bénéfices très rapidement. Cette fois, c’était encore plus dur que la fois précédente : on a couru 3 fois 12 minutes en montée et en descente sur les pentes du parc de Greenwich. Cette fois j’étais moins ridicule que la première fois : je n’ai pas tout donné pour les douze premières minutes, il me restait donc de l’énergie pour les 2 intervalles suivants et je n’ai pas fini dernier. J’ai même réussi à doubler quelques coureurs pendant l’exercice ! Donc je commence à y arriver et c’est gratifiant de voir que je progresse.

L’évènement principal de la semaine avec les Serpies n’était pas cette session d’entraînement mais le championnat du club. Mardi dernier, il s’agissait du championnat pour le Mile (1,609 km) sur la piste de Paddington. Les distances moyennes ne sont pas ce que je préfère courir, mais Grand Polak m’a convaincu de venir sur la piste ce jour là. C’était vraiment bien de voir autant de courir en même temps et de voir autant d’adhérents motivés et engagés dans la vie du club. Cela a renforcé mon sentiment d’appartenance au club, surtout que tout le monde doit porter les couleurs du club pour les courses.

Les coureurs ont été séparés en plusieurs groupes selon leur temps estimé. Il y avait 2 groupes de femmes et 5 groupes d’hommes. En se basant sur mon seul temps sur 1 Mile (5:42 au Westminster Mile) j’ai été affecté au groupe ‘C’, ce qui n’est pas mal pour une première fois.

J’ai fait mon échauffement avec les étirements dynamiques et tout le pataquès. Sur la ligne de départ, j’étais un peu intimidé et j’ai oublié tous les conseils que m’avait donnés Grand Polak un mois auparavant au Westminster Mile. La course a commencé très vite et même si j’était derrière le pack je savais que je ne pourrais pas tenir ce rythme pour 4 tours de piste, je suis donc resté derrière, en laissant progressivement les autres coureurs agrandir l’espace qui nous séparait. Je pense qu’être dernier et voir les autres coureurs augmenter leur avance m’a un peu démotivé et je n’ai pas couru aussi vite que j’aurais dû. Malgré le fait que j’ai réussi à doubler un coureur sur le dernier tour, j’ai fini en seulement 5:46, soit 4 secondes de plus que ma performance au Westminster mile. C’était mauvais pour 2 raisons : normalement on est censé courir plus vite sur piste que sur route, et c’était la première fois que je ne bats pas mon record lors d’une course.

Quoi qu’il en soit, je ne l’ai pas trop mal pris : d’un certaine manière j’ai établi un nouveau record car c’était la première fois que je courrai 1 mile sur piste. Et puis je savais que je n’avais pas tout donné : mes poumons ne brûlaient même pas à la fin de la course ! Donc je savais que je ferai mieux la prochaine fois. Et puis quelqu’un avait plus de raisons de se plaindre que moi : grand Polak n’a pas pu courir car il s’est blessé au pied et il était vraiment dégoutté. Cela ne l’a pas empêché (ni moi d’ailleurs) d’aller boire une pinte au pub avec tout le monde après la course.

Running track

Running track Photo by Colin Harris

Courses à boire

J’ai déjà parlé de la relation intime qui peut exister entre courir et boire, mais parfois cette relation est vraiment très forte. En effet quelques coureurs fous (ou géniaux ?) organisent des courses qui impliquent de courir et de boire en même temps ! J’ai rassemblé une liste de ces glorieuses courses :

Bière

Tu sais déjà qu’il y a des bières sans alcool spéciales pour coureurs, mais il y a aussi des courses pour les amateurs de bière :

  • Beer Mile : c’est la plus célèbre des courses qui inclue la boisson dans ses règles : 4 tours de piste, 4 bières. Chaque bière doit être consommée avant le début du tour. Il y a même un Beer Mile World Classic (🇬🇧) à Londres le mois prochain, bien entendu j’y participerai ! Et si tu le rates, il y a aussi le Flotrack Beer Mile (🇺🇸) au Texas en décembre prochain, ainsi que la Beerfit Running Series (🇺🇸) un peu partout aux USA.
  • Kastenlauf : c’est le parent historique du Beer Mile. Cette tradition remonte à 1982 à Munich et possède beaucoup de variantes, la principale impliquant des équipes de 2 coureurs portant une caisse de bière entre eux qu’ils doivent avoir finie avant la ligne d’arrivée. Il y a beaucoup de courses de ce type, comme le Zurich Bierathlon (🇨🇭), le Welde Bierathlon (🇩🇪), le Schöndelter Bierathlon (🇩🇪), le Büdesheimer Biermarathon (🇩🇪) et probablement bien d’autres.
  • Beer Lovers Marathon (🇧🇪) : évidemment, celui-ci a lieu en Belgique, à Liège pour être exact. C’est un marathon standard de 42,195 km mais il y a des bières locales à chaque ravitaillement. Les déguisements sont obligatoires et l’évènement a l’air vraiment convivial et plein de bonne bière de qualité.
  • Great Breweries Marathon (🇧🇪) : encore une fois, les belges ayant les meilleures bières du monde, ils sont les seuls qui pouvaient organiser un tel évènement : courir en ralliant plusieurs brasseries légendaires, dont celles qui brassent la Duvel et la Karmeliet (miam) ! On peut y boire pendant la course et on revient avec un panier garni (de bières bien sûr).
  • Shamrock 5K Beer Run (🇺🇸) : comme le nom ne le suggère pas, cette course n’a pas lieu en Irlande mais à Indianapolis et Chicago aux US of A. De la bière est disponible à chaque ravitaillement et une pinte est servie à la fin. Je pense que ça peut valoir le détour car les sponsors ne sont pas des brasseurs d’infâme bière américaine légère (que j’appelle pisse d’âne) mais une sélection de quelques un de ces merveilleux brasseurs artisanaux qui on fait de l’Amérique le berceaux du renouveau de la bière artisanale depuis une décennie.
  • Beer Belly Running (🇬🇧) : ce n’est pas vraiment une course mais plutôt un organisateur d’évènement festifs autour de la bière et de la course dans cette bonne vieille ville de Londres. J’ai tout particulièrement la course Beat the Barrel (plus fort que le fût), qui est un vrai travail d’équipe. Mais cette année il a été remplacé par le Great British Beerathon, qui exige de manger en plus de boire. Quel dommage que je ne sois pas dispo ce jour là…
  • Il y a plein d’autres courses autour du thème de la bière, comme la Brewery Running Series (🇺🇸) et le Alamo Beer Challenge (🇺🇸), mais d’après ce que j’ai pu lire, on ne boit pas pendant la course.

Vin

Si la bière est vraiment quelque chose de particulier à la Belgique, l’Allemagne, l’Angleterre et aux États-Unis, les courses sur le thème du vin se trouveront beaucoup en France (mais pas seulement) :

  • Marathon du Médoc (🇫🇷) : comme affiché sur le site web, il s’agit du plus long marathon du monde. Pour ceux qui ne le savent pas, le Médoc est souvent considéré comme le coin des Bordeaux supérieurs. Donc le lendemain de la course, t’auras une gueule de bois snob et des courbatures snobs. Il a été créé en 1984 et depuis c’est devenu une véritable institution !
  • Marathon du Beaujolais (🇫🇷) : les vins du Beaujolais ne jouissent pas de la même réputation que les vins de Bordeaux, mais c’est ma région d’origine donc j’ai une affection particulière pour celui-ci, même s’il ne passe pas par mon village. Je connais quelques coureurs qui l’ont terminé et il paraît que c’est épique.
  • Marathon du Vignoble d’Alsace (🇫🇷) : si le vin rouge n’est pas vraiment ton truc mais que tu vendrais ta mère pour un verre de blanc, cette course est pour toi ! L’Alsace est renommée pour ces délicieux vins de Gewurtztraminer, Sylvaner et Pinot Gris. Et après la course tu peut te faire péter le bide avec une bonne choucroute garnie.
  • Wineathlon (🇬🇧) : il s’agit en fait d’un séries de 10K où du vin est servi aux ravitaillements. Même si ces courses sont proches de moi maintenant, je n’oserais pas m’inscrire, connaissant la qualité du vin généralement servi en Grande Bretagne.
  • Half Corked Marathon (🇨🇦) : ça alors Canada, je n’attendais pas ça de toi !
  • Healdsburg Wine Country Half Marathon (🇺🇸) : ouais, il fallait bien que la Californie figure dans cette liste. Non, non, je ne me plains pas.
  • Wicked Wine Run (🇺🇸), The Ultimate Wine Run (🇺🇸) : cours et bois du mauvais vin partout aux USA, yay !
  • J’ai trouvé plein d’autres course autour du vin, comme le Maratona delle città del vino (🇮🇹), le Media maratón por los caminos del vino (🇦🇷), le Idaho Wine Run (🇺🇸), le Texas Wine Series (🇺🇸), Fuelled by Wine (🇺🇸), le St Clair Vinyard Half Marathon (🇳🇿) et le Winery Run (🇦🇺) mais on ne peut y boire qu’après la course. Quel dommage.
Marathon du Médoc

Marathon du Médoc Photo de Kinolamp

Spiritueux

On pourrait penser qu’il existe des courses autour du whisky en Écosse ou autour du whiskey en Irlande mais je n’en ai pas trouvées. Ceci dit il semblerait que dans ces contrées, les prix pour les gagnants soient souvent payés en liquide (ambré et contenant 40% d’alcool). Pas de course de la téquila au Mexique ou de marathon du rhum aux Antilles non plus. Malgré tout il existe quelques courses où l’on peut boire des alcools forts :

  • Vodka Trot (🇺🇸) : j’imaginais que les russes ou les polonais seraient les organisateurs d’une course aussi détraquée, mais non il fallait que ce soient les ricains…
  • Bien que je n’ai pas trouvé beaucoup de courses où l’on boit des spiritueux pendant la course, il y en a quelques unes où l’on peut boire après la course, comme le Semi-Marathon de l’Armagnac (🇫🇷) et le Marathon du Cognac (🇫🇷), et vu que c’est dans le sud ouest, j’imagine qu’il y aura de la bonne bouffe aussi.

Je suis sûr que j’ai raté plein d’évènements qui rassemblent course à pieds et boissons alcoolisées. Si tu en connais d’autres n’hésite pas à les rajouter dans les commentaires !

Mises à jour

Cracher ses poumons au Westminster Mile

J’avais dit que je n’utiliserais pas le système impérial sur ce blog. J’ai menti. Mais c’est la faute de Grand Polak ! Quand je me suis inscrit pour le London 10000m, il a réussi à me convaincre de m’inscrire pour le Westminster Mile aussi. À l’époque, je trouvais ça logique : c’était la veille du 10K et ça ferait une bonne préparation. Quel imbécile j’ai fait !

Westminster Mile map & bib

Westminster Mile map & bib

Dimanche matin, j’ai retrouvé Grand Polak à Green Park à 8h15 et on a commencé à  explorer le trajet de la course. 1 mile c’est vraiment court, à peine plus de 4 fois 400m et c’est d’ailleurs habituellement couru sur piste. Cela ne fait même pas le tour complet de St James Park ! Ce mile ci est vraiment pittoresque : il commence sur le Mall, continue tout autour de St James Park le long des bâtiment de la Garde Royale à cheval et du musée impérial de la guerre et il finit juste devant Buckingham Palace !

Grand Polak est en train de passer de la longue distance aux distances moyennes, il devrait donc être de bon conseil pour cette distance, mais il m’a juste dit : « c’est facile, il suffit de courir vite ». Bon d’accord, après ça il m’a donné quelques vrais conseils et il m’a dit : « Commence à travailler à 800 mètres, ne commence pas ton sprint final trop tôt : à 200 mètre de la fin pas avant ». En fait, c’est beaucoup plus complexe que ça et il y a même beaucoup de stratégie surtout sur piste mais je voulais simplement courir mon premier donc il n’est pas trop entré dans les détails.

Après notre inspection, nous avons commencé à nous échauffer : 10 minutes de jogging, des étirements dynamiques et quelques courts sprints pour la forme. Bien sûr, comme avant chaque course nous sommes allés nous vider la vessie et avons noué nos lacets comme il faut – ce sont les deux choses les plus importantes, souviens-toi ! Nous nous sommes alors dirigés vers la ligne de départ. Grand Polak dans la première vague et moi dans la deuxième. Je visais de courir sous les 6 minutes. Je me disais que c’était plutôt un bon objectif : c’est un chiffre rond et c’est exactement le temps que je devais faire d’après le race predictor [en] sur la base de mon record sur 10K.

Le départ a sonné et j’ai commencé à courir. « Courir vite » n’était pas le meilleur conseil du monde parce que je me suis vite rendu compte que je ne tiendrais pas les 800 premiers mètres si je courais trop vite. J’ai donc suivi les autres coureurs de ma vague. Bon d’accord, je suis allé un peu plus vite que la moyenne parce que ça me semblait un peu lent tout de même. Rétrospectivement je pense que j’ai démarré trop vite mais il semble que c’est une erreur assez commune pour les débutants et de toutes façons je n’ai pas été doublé par trop de monde à la fin donc je n’était pas trop loin de ce que j’aurais dû faire. J’ai essayé de regarder ma montre (comme je le fais pour les longues distances) et de rester à un rythme de 3:40 par km mais c’est dur de se regarder le poignet en faisant un tel effort et puis la montre n’avait pas l’air très précise. Au final je n’ai quasiment pas couru à ce rythme, mais tantôt beaucoup plus vite, tantôt beaucoup plus lentement.

À la borne des 800m, je me suis demandé « C’est bien à 800 mètres que Grand Polak m’a dit de commencer à travailler ? » mais je commençais à fatiguer alors je me suis dit « Naaaaaan, je crois bien qu’il m’a dit de commencer 400 mètres avant la fin, je vais m’économiser un peu ». Oui je sais, je suis une grosse feignasse. Et puis il y avait cet emmerdeur à côté de moi qui attaquait du talon et me déconcentrait avec ses foulées super bruyantes et sa cadence super lente (j’était en moyenne à 213 foulées par minute) et je commençais à avoir hâte de finir. Quand la borne des 400m est arrivée, j’ai commencé à « travailler » et je l’ai laissé derrière. Visiblement je ne travaillais pas assez dur car je me suis fait doubler par quelques coureurs. À la borne des 200m je n’ai pas réussi à convaincre mon corps de sprinter, j’ai essayé d’aller plus vite mais mes jambes ne voulaient pas suivre, elles avaient trop mal. À la borne des 100m et à la vue de la ligne d’arrivée, j’ai tout de même réussi à surmonter la fatigue et à accélérer. À 10 mètres de la fin j’ai tout donné et j’ai poussé un gros cri. J’ai l’impression que ce cri final est en train de devenir ma signature (souviens-toi mon 10K au parc olympique).

Je suis vraiment content de mes 5 minutes et 42 secondes, c’est 18 secondes de mieux que mon objectif et j’étais aux anges : un nouveau record dans l’escarcelle ! Grand Polak était déçu par ses 4 minutes et 52 secondes, c’était son premier mile sur route et il n’avait pas ses repères habituels comme il peut les avoir sur piste. Après ça nous sommes allés faire un petit jogging de récupération mais je n’ai pas pu en faire trop parce que mes poumons me brûlaient et ma gorge me faisait tellement mal que j’avais presque le goût du sang dans la bouche. Cela ne m’a pas empêché de m’étirer correctement et surtout d’aller au pub pour célébrer comme il faut avec une pinte et mon bon petit déjeuner anglais. Pas trop tout de même car nous devions courir le 10K le lendemain !

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