French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

Tag: Marathon

Jeunes coureurs

La dernière fois que j’ai couru sur piste (c’était aussi la première) il y avait un groupe d’enfants qui s’entraînaient avec leur prof. Certains d’entre eux étaient super jeunes et les autres étaient encore plus jeunes, ce qui m’a un peu remis en question parce que certains d’entre eux étaient déjà presqu’aussi rapides que moi. Ça m’a aussi remémoré deux petites histoires que j’ai lues au sujet de jeunes coureurs.

Running Child photo by Peter Mooney

Enfant qui court photo de Peter Mooney

La première histoire est celle de Budhia Singh, un enfant coureur indien. Un jour alors qu’il avait à peine 2 ou 3 ans, il a été puni et on l’a fait courir autour d’une piste. L’adulte qui l’avait en charge l’a oublié et lorsqu’il est revenu cinq heures plus tard, le petit Budhia courait toujours ! C’est une histoire assez incroyable et ça ne s’arrête pas là : à l’âge de 4 ans il avait déjà couru et terminé 48 marathons, ce qui est un peu déprimant parce qu’avec 3 décades de plus sous les bras, je n’en ai toujours pas couru un ! Malheureusement l’histoire ne se termine pas bien (pour en savoir plus, va lire l’article Wikipedia), il a été interdit de courir jusqu’à l’âge de 11 ans et maintenant, à 14 ans, il n’a plus rien d’un coureur exceptionnel.

La deuxième histoire [en] est plus heureuse.  C’est l’histoire d’une petite New-Yorkaise courageuse de 12 ans qui a terminé un semi-marathon par erreur. Elle était supposée courir un 5K familial mais a pris le mauvais départ. À mi-chemin elle s’est rendu compte que quelque chose ne tournait pas rond – elle avait déjà couru trop longtemps. Et c’est là que j’admire notre petite héroïne : quand elle a vu son erreur elle a tout simplement pensé « Et puis zut, je vais la finir quand même cette course ! » voilà qui demande courage et ténacité ! Après 2 heures, 43 minutes et 31 secondes d’angoisse, sa mère l’a retrouvée avec une médaille autour du cou. Encore une fois, je n’ai couru mon premier semi que cette année, ça me laisse songeur…

Courses à boire

J’ai déjà parlé de la relation intime qui peut exister entre courir et boire, mais parfois cette relation est vraiment très forte. En effet quelques coureurs fous (ou géniaux ?) organisent des courses qui impliquent de courir et de boire en même temps ! J’ai rassemblé une liste de ces glorieuses courses :

Bière

Tu sais déjà qu’il y a des bières sans alcool spéciales pour coureurs, mais il y a aussi des courses pour les amateurs de bière :

  • Beer Mile : c’est la plus célèbre des courses qui inclue la boisson dans ses règles : 4 tours de piste, 4 bières. Chaque bière doit être consommée avant le début du tour. Il y a même un Beer Mile World Classic (🇬🇧) à Londres le mois prochain, bien entendu j’y participerai ! Et si tu le rates, il y a aussi le Flotrack Beer Mile (🇺🇸) au Texas en décembre prochain, ainsi que la Beerfit Running Series (🇺🇸) un peu partout aux USA.
  • Kastenlauf : c’est le parent historique du Beer Mile. Cette tradition remonte à 1982 à Munich et possède beaucoup de variantes, la principale impliquant des équipes de 2 coureurs portant une caisse de bière entre eux qu’ils doivent avoir finie avant la ligne d’arrivée. Il y a beaucoup de courses de ce type, comme le Zurich Bierathlon (🇨🇭), le Welde Bierathlon (🇩🇪), le Schöndelter Bierathlon (🇩🇪), le Büdesheimer Biermarathon (🇩🇪) et probablement bien d’autres.
  • Beer Lovers Marathon (🇧🇪) : évidemment, celui-ci a lieu en Belgique, à Liège pour être exact. C’est un marathon standard de 42,195 km mais il y a des bières locales à chaque ravitaillement. Les déguisements sont obligatoires et l’évènement a l’air vraiment convivial et plein de bonne bière de qualité.
  • Great Breweries Marathon (🇧🇪) : encore une fois, les belges ayant les meilleures bières du monde, ils sont les seuls qui pouvaient organiser un tel évènement : courir en ralliant plusieurs brasseries légendaires, dont celles qui brassent la Duvel et la Karmeliet (miam) ! On peut y boire pendant la course et on revient avec un panier garni (de bières bien sûr).
  • Shamrock 5K Beer Run (🇺🇸) : comme le nom ne le suggère pas, cette course n’a pas lieu en Irlande mais à Indianapolis et Chicago aux US of A. De la bière est disponible à chaque ravitaillement et une pinte est servie à la fin. Je pense que ça peut valoir le détour car les sponsors ne sont pas des brasseurs d’infâme bière américaine légère (que j’appelle pisse d’âne) mais une sélection de quelques un de ces merveilleux brasseurs artisanaux qui on fait de l’Amérique le berceaux du renouveau de la bière artisanale depuis une décennie.
  • Beer Belly Running (🇬🇧) : ce n’est pas vraiment une course mais plutôt un organisateur d’évènement festifs autour de la bière et de la course dans cette bonne vieille ville de Londres. J’ai tout particulièrement la course Beat the Barrel (plus fort que le fût), qui est un vrai travail d’équipe. Mais cette année il a été remplacé par le Great British Beerathon, qui exige de manger en plus de boire. Quel dommage que je ne sois pas dispo ce jour là…
  • Il y a plein d’autres courses autour du thème de la bière, comme la Brewery Running Series (🇺🇸) et le Alamo Beer Challenge (🇺🇸), mais d’après ce que j’ai pu lire, on ne boit pas pendant la course.

Vin

Si la bière est vraiment quelque chose de particulier à la Belgique, l’Allemagne, l’Angleterre et aux États-Unis, les courses sur le thème du vin se trouveront beaucoup en France (mais pas seulement) :

  • Marathon du Médoc (🇫🇷) : comme affiché sur le site web, il s’agit du plus long marathon du monde. Pour ceux qui ne le savent pas, le Médoc est souvent considéré comme le coin des Bordeaux supérieurs. Donc le lendemain de la course, t’auras une gueule de bois snob et des courbatures snobs. Il a été créé en 1984 et depuis c’est devenu une véritable institution !
  • Marathon du Beaujolais (🇫🇷) : les vins du Beaujolais ne jouissent pas de la même réputation que les vins de Bordeaux, mais c’est ma région d’origine donc j’ai une affection particulière pour celui-ci, même s’il ne passe pas par mon village. Je connais quelques coureurs qui l’ont terminé et il paraît que c’est épique.
  • Marathon du Vignoble d’Alsace (🇫🇷) : si le vin rouge n’est pas vraiment ton truc mais que tu vendrais ta mère pour un verre de blanc, cette course est pour toi ! L’Alsace est renommée pour ces délicieux vins de Gewurtztraminer, Sylvaner et Pinot Gris. Et après la course tu peut te faire péter le bide avec une bonne choucroute garnie.
  • Wineathlon (🇬🇧) : il s’agit en fait d’un séries de 10K où du vin est servi aux ravitaillements. Même si ces courses sont proches de moi maintenant, je n’oserais pas m’inscrire, connaissant la qualité du vin généralement servi en Grande Bretagne.
  • Half Corked Marathon (🇨🇦) : ça alors Canada, je n’attendais pas ça de toi !
  • Healdsburg Wine Country Half Marathon (🇺🇸) : ouais, il fallait bien que la Californie figure dans cette liste. Non, non, je ne me plains pas.
  • Wicked Wine Run (🇺🇸), The Ultimate Wine Run (🇺🇸) : cours et bois du mauvais vin partout aux USA, yay !
  • J’ai trouvé plein d’autres course autour du vin, comme le Maratona delle città del vino (🇮🇹), le Media maratón por los caminos del vino (🇦🇷), le Idaho Wine Run (🇺🇸), le Texas Wine Series (🇺🇸), Fuelled by Wine (🇺🇸), le St Clair Vinyard Half Marathon (🇳🇿) et le Winery Run (🇦🇺) mais on ne peut y boire qu’après la course. Quel dommage.
Marathon du Médoc

Marathon du Médoc Photo de Kinolamp

Spiritueux

On pourrait penser qu’il existe des courses autour du whisky en Écosse ou autour du whiskey en Irlande mais je n’en ai pas trouvées. Ceci dit il semblerait que dans ces contrées, les prix pour les gagnants soient souvent payés en liquide (ambré et contenant 40% d’alcool). Pas de course de la téquila au Mexique ou de marathon du rhum aux Antilles non plus. Malgré tout il existe quelques courses où l’on peut boire des alcools forts :

  • Vodka Trot (🇺🇸) : j’imaginais que les russes ou les polonais seraient les organisateurs d’une course aussi détraquée, mais non il fallait que ce soient les ricains…
  • Bien que je n’ai pas trouvé beaucoup de courses où l’on boit des spiritueux pendant la course, il y en a quelques unes où l’on peut boire après la course, comme le Semi-Marathon de l’Armagnac (🇫🇷) et le Marathon du Cognac (🇫🇷), et vu que c’est dans le sud ouest, j’imagine qu’il y aura de la bonne bouffe aussi.

Je suis sûr que j’ai raté plein d’évènements qui rassemblent course à pieds et boissons alcoolisées. Si tu en connais d’autres n’hésite pas à les rajouter dans les commentaires !

Mises à jour

Reportage : le marathon de Londres 2016 (partie 2)

Comme promis, voici de nouvelles photos du marathon de Londres 2016 ! Si t’as manqué la première partie, vas y jeter un oeil, il y a aussi quelques images marrantes. Mais avant que je te montre plus de photos, voici quelques résultats de célébrités lors de ce marathon de Londres 2016 :

  • Le major Tim Peake : 3 heures 35 minutes et 21 secondes. L’astronaute britannique en ce moment en mission à bord de la station spatiale internationale a couru le marathon de Londres sur son tapis roulant de l’espace en suivant la course à la télévision. Il décrit sa course sur son sur son blog.
  • Natalie Dormer: 3 heures 51 minutes et 23 secondes. Oui, Margaery Tyrell (je sais que tu connais le Trône de Fer) est une coureuse et pas mauvaise en plus de ça.

Pour continuer avec ma série de photos, voici quelques couples mignons :

Marathon de Londres 2016 - Couples

Marathon de Londres 2016 – Couples
Adam & Eve – Thomas le train
Le lièvre et la tortue – Un chameau

Il y avait beaucoup d’animaux en général :

Marathon de Londres 2016- Animals

Marathon de Londres 2016 – Animaux
Un dinosaure – Un hérisson à lunettes – Un rhinocéros
Un autre dinosaure – Tony le tigre – Un lapin
Un âne ? – Un singe – Un léopard

Il y avait aussi un gros contingent de super héros:

Marathon de Londres 2016 - Superheroes

Marathon de Londres 2016 – Super héros
Iron man – Le géant vert – Batgirl
Vénom – Un Ghostbuster – Spiderman
Batman et Robin – Le Flash – Juste un super héro

Tim Peake n’était pas le seul homme de l’espace :

Marathon de Londres 2016 - Spacemen

Marathon de Londres 2016 – Hommes de l’espace
Une princesse Leia musclée et tatouée – Un astronaute – Chewbacca

Certains ne suivaient tout simplement aucun thème:

Marathon de Londres 2016 - Various costumes

Marathon de Londres 2016 – Costumes divers
Un schtroumpf – Une chaussure – Un robinet
Gandalf et Frodon – Une bonne bière – Big Ben
Bob l’éponge – Un Romain – Woody

D’autres ne suivaient pas de thème, ni même un idée et étaient tout simplement WTF:

Marathon de Londres 2016 - WTF runners

Marathon de Londres 2016 – Coureurs WTF
WTF -WTF -WTF – WTF -WTF -WTF

Et pour finir, mes deux favoris. Un mec dans un costard un peu classe et un beau chapeau, et l’homme karaoké qui a couru 42.195 km en chantant !

Marathon de Londres 2016 - My Favourite runners

Marathon de Londres 2016 – Mes coureurs préférés
Un costard classos – L’homme Karaoké

J’éspère que je ferai partie du lot l’année prochaine ! (mais sans le déguisement)

Reportage : le marathon de Londres 2016 (partie 1)

Non, je n’ai pas couru le marathon de Londres dimanche dernier. Peut-être l’an prochain, on verra. Mais vu que j’habite juste à côté du parcours, je me devais d’aller jeter un coup d’oeil et ça en valait la peine ! Je n’a pas regretté d’être resté dans le froid pendant 2 heures : l’ambiance était vraiment chaude et drôle. Le public (moi compris) encourageait chaque coureur, et certains le faisaient de manière assez humoristique. Et puis les coureurs prenaient encore plaisir à leur course (j’étais un peu avant le 10ème kilomètre) et étaient vraiment amusants à regarder, surtout ceux qui s’étaient déguisé pour l’occasion.

La course a commencé avec les handicapés, on a vu les fauteuils roulants filer devant nous, suivis de peu par les aveugles et leurs guides. J’admire vraiment le courage de ces coureurs et l’abnégation de leurs guides.

Marathon de Londres 2016 Blinds & Wheelchairs

Marathon de Londres 2016
Un marathonien aveugle et son guide
2 marathoniens en fauteuil roulant

Un petit moment plus tard sont arrivés les coureurs d’élite. Les femmes sont arrivées en premières et elles étaient si rapides que je n’ai pas eu le temps de préparer mon appareil photo lorsque les premières sont passées. Je n’étais pas à l’arrivée, mais la Kenyane Jemima Sumgong est arrivée première en seulement 2 heures 22 minutes et 58 secondes malgré une mauvaise chute. C’est sept minutes plus lent que le record de Paula Radcliffe sur la même course, mais c’est tout de même vraiment impressionant (surtout quand on la voit courir en vrai). J’ai réussi à me préparer à temps pour le passage des hommes et j’ai aperçu Dennis Kimetto, le détenteur actuel du record du monde de la distance. Malheureusement il n’a pas gagné et a fini neuvième, plus de sept minutes après Eliud Kipchoge qui a fini premier en 2 heures 3 minutes et 5 secondes et a gagné ce marathon pour la deuxième année consécutive.

Marathon de Londres 2016 - Elite runners

Marathon de Londres 2016 – Coureurs d’élite
Kasia Kowalska [POL] et son lièvre
Dennis Kimetto [KEN], Stanley Biwott [KEN], Ghirmay Ghebreslassie [ERI], Eliud Kipchoge [KEN], Wilson Kipsang [KEN] et quelques lièvres

Après ça, c’était rien que du fun! Très rapidement, j’ai vu quelques thèmes récurrents. Par exemple, il y avait beaucoup de fleurs qui couraient (je n’ai pas pu toutes les prendres en photo) :

Marathon de Londres 2016 - Fleurs

Marathon de Londres 2016 – Fleurs

Il y avait aussi pas mal de soldats, de scouts, de pilotes et autres costumes sur le thème militaire :

Marathon de Londres 2016 - Militaires

Marathon de Londres 2016 – Militaires

Un des costumes les plus simples et évidents était la perruque qu’on a pu voir dans tous ses états :

Marathon de Londres 2016 - Perruques

Marathon de Londres 2016 – Perruques

Mais le costume le plus populaire était sans conteste le tutu :

Marathon de Londres 2016 - Tutus

Marathon de Londres 2016 – Tutus

Le tutu était souvent combiné avec d’autres costumes. J’adore le soldat qui porte un tutu rose :

Marathon de Londres 2016 - Encore des tutus

Marathon de Londres 2016 – Encore des tutus
Un mec qui pousse le concept jusqu’au bout – Un soldat avec un tutu – Un combo perruque-tutu

Reste à l’affut de mon prochain billet : il y aura encore plus de photos de costumes de cette édition 2016 du marathon de Londres !

Coureurs célèbres : Emil Zátopek

Emil Zátopek est très certainement le premier coureur de légende dont j’ai entendu parler. Je me souviens qu’il était la réponse à une question d’un Trivial Pursuit en famille. Mon grand-père était surpris que je ne connaisse pas la célèbre « Locomotive tchèque » (hey, j’étais juste un gosse et c’était un coureur des années 50 !) et a commencé à disserter sur le fait qu’il avait tout gagné aux Jeux Olympiques d’Helsinki en 1952. Récemment, j’ai vérifié les faits, et bien qu’il n’ait gagné aucune médaille en lancer de marteau, en plongeon ou en gymnastique, il reste à ce jour le seule athlète à avoir remporté l’or sur 5 000 mètres, sur 10 000 mètres et sur le marathon dans les mêmes olympiades.

Schade Mimoun Zatopek 1952

Herbert Schade, Alain Mimoun et Emil Zátopek courant the 5 000 m aux Jeux Olympiques de 1952
(et Christopher Chataway le pauvre gars dont l’histoire retiendra surtout la gamelle)

J’adore l’histoire de comment il a gagné le marathon à Helsinki. Il ne s’était inscrit que pour les épreuves du 5 000 m et du 10 000 m qu’il a toutes les deux gagnées (dans les deux courses, le français Alain Mimoun a fini deuxième à cause de ce satané tchèque). Après ça, il n’avait plus rien à faire jusqu’à la fin des jeux, et puisqu’il n’avait jamais couru de marathon, il s’est dit « Saperlipopette, je n’ai qu’à m’inscrire au marathon ». Il n’avait rien à perdre et il n’a rien perdu ! Dès le début de la course, il a utilisé Jim Peters comme lièvre (à ce moment, le gars était le tenant du record du monde sur la distance). Zátopek étant d’un naturel bavard, au bout de 15 kilomètres il a demandé à Peters ce qu’il pensait de la course. Ce dernier a saisi l’opportunité de tuer la compétition dans l’oeuf et lui a répondu « trop lente » alors qu’en réalité il allait trop vite, histoire de fatiguer le tchèque inexpérimenté. Zátopek a cru Peters, a suivi son avis et a donc accéléré. Finalement, Peters a été pris a son propre jeu et n’a même pas pu finir la course. Zátopek a continué et a gagné avec un temps à seulement 2 minutes du record de Peters à l’époque. Pas mal pour un premier marathon.

Il y a toute une ribambelle d’autres anecdotes dans Born to run, encore une fois je te recommande chaleureusement ce bouquin dans lequel tu pourras lire des trucs encore plus fous sur Zátopek. Comme par exemple l’incroyable difficulté de l’entraînement qu’il s’imposait ou encore à quel point il était sympathique, entier et généreux (il a donné une de ses médailles à un coureur australien malchanceux avec qui il s’était lié d’amitié). Ce n’est donc pas une surprise qu’il ait été nommé le plus grand coureur de tous les temps par le magazine Runner’s World.

Le top 5 des trucs les moins glamours de la course à pied et comment les combattre

Dans ce blog, je parle toujours de la course à pied comme de ce sport parfait, plein de rencontres avec des licornes et des arcs-en-ciel. C’est vrai que courir apporte des sensations géniales et est bénéfique pour ton petit corps, mais j’ai eu une conversation avec la Cuisinière folle l’autre jour, et je me suis rendu compte que j’ai tendance occulter les aspects rebutants de la course. On a donc fait une liste, et accroche toi parce que c’est de plus en plus dégueu !
Disclémeur: si t’es une âme sensible, abstiens toi de cliquer sur certains liens qui peuvent choquer voire être carrément NSFW, ou alors clique à tes risques et périls.  En revanche, la vidéo est parfaitement inoffensive, d’ailleurs je t’interdis de quitter cette page sans la regarder !

Unglamorous runners

Des coureurs pas très glamours – Photo de Shiny Things

1. Les jambes douloureuses

Problème: Bon, on commence par enfoncer les portes ouvertes, mais courir de longues distance rend parfois les lendemains plus difficiles qu’une gueule de bois et peut faire que même marcher devient une épreuve.

Solution: Échauffe toi avant la course et étire-toi (beaucoup) après avoir couru. Après la course, masse toi les jambes avec une crème ou un gel contre les douleurs musculaires. Ah, et puis entraîne toi plus, et sois patient ! Si tu cours un marathon alors que tu ne t’es entraîné que 4 semaines à raison de 10 km par semaine, prépare toi à quelques journées infernales après ton marathon, si tu arrives à le finir. Il faut penser sur le long terme, commencer avec des courses moins ambitieuses (5 km et 10 km sont des distances parfaites pour commencer) et se trouver un bon programme d’entraînement pour ces distances, le web en pullule. Plus tard tu pourras augmenter doucement ton kilométrage hebdomadaire et suivre un programme d’entraînement pour des courses plus longues.

↓ ↓ ↓ ↓ Mate cette vidéo, elle m’a bien fait marrer ↓ ↓ ↓ ↓

↑ ↑ ↑ ↑Mate cette vidéo, elle m’a bien fait marrer ↑ ↑ ↑ ↑

 2. Les tétons irrités

Problème: En courant longtemps, on s’expose a des frottements réguliers et des irritations en découlent souvent.  Ça peut même devenir assez vilain et sanglant là où la peau est fragile, comme à l’intérieur des cuisses ou sur les mamelons. En anglais on appelle ça nipple chafing. Si si, ça existe pour de vrai et ne cherche pas sur Google Images : ça fait mal.

Solution: Pour éviter les irritations à l’intérieur des  cuisses et les ampoules aux pieds, je te recommande une bonne crème anti-frottements. La meilleure est probablement la Akileïne Sports NOK.
Pour éviter les irritations (voire les saignements) aux tétons : ne cours pas avec des T-shirts en coton ! Cours avec de bons T-shirts de course : le matos de Tribesports est parmi ce qui se trouve de mieux. Mais si tu sais que tu vas courir une longue distance, passe carrément au niveau supérieur et achète toi des protège mamelons. Non, c’est pas une blague, ça existe vraiment ! Et si tu ne crois pas que c’est nécessaire, fais une petite recherche sur Google Images (aïe, aïe, aïe), mais ne me dis pas que je ne t’avais pas prévenu !

Nipple Convalescent Home

Si, c’est drôle en anglais, je t’assure – Photo de Gerry Dincher

3. Les ongles des pieds qui tombent

Problème: Oui, ça aussi ça existe vraiment ! Ça a même un nom scientifique : l’onychoptose, et ça m’est arrivé. Ça peut être causé par le cognement répété des orteils dans la chaussure. Ne t’inquiète pas, l’ongle finit par repousser. Clique ici pour l’image dégueu (c’est pas mon pied).

Solution: Tu peux la jouer gros bourrin comme Marshall Ulrich dans Born to run qui s’est fait enlever tous les ongles des pieds par un chirurgien (il paraît que c’est assez fréquent chez les coureurs d’ultra-marathons). Tu peux aussi courir pieds nus. Sinon, achète toi des chaussures qui soient bien à ta taille et qui laissent de la place à tes orteils. Essaye les avant de les acheter et assure toi que tes orteils ne cognent pas contre la chaussure à chaque foulée. Le mieux c’est de choisir des chaussures avec une toebox large (comme les Altra One 2). Oh, et coupe toi les ongles des pieds !

Barefoot runner

Un coureur pieds nus heureux d’avoir tous ses ongles de pieds – Photo de Chris Hunkeler

4. La digestion difficile

Problème: Les vomitos, ça arrive. Oui, oui. Tout simplement parce que ton corps a du mal à produire l’effort requis par une course intense et digérer en même temps. Il est fréquent de voir les estomacs de coureurs rendre généreusement ce qu’on leur a donné pour le petit déjeuner ou lors des ravitaillements. Pas de photo là. Non, n’insiste pas, j’ai dit non. Bon d’accord voilà.

Solution: Prends un petit déjeuner léger avant une course : ne bois surtout pas de lait parce que c’est difficile à digérer, remplace le par du lait d’avoine ou par ton lait végétal préféré (sauf le lait de soja parce que c’est vraiment dégueu le lait de soja). Oui, le carb-loading (bouffer des glucides) est une bonne chose à faire avant une course, mais il faut le faire plusieurs heures avant le départ, pour permettre la digestion. Certains coureurs se lèvent au milieu de la nuit pour manger un gros plat de pâtes et retournent au lit. Pendant la course, tu peux aussi prendre des gels énergétiques. Ils sont moins difficiles à avaler et plus faciles à digérer que tout ce qu’on trouve habituellement aux stands de ravitaillement comme les bananes ou les barres de céréales. Ça ne veut pas dire qu’ils sont super faciles à ingérer non plus : si ton estomac n’arrive pas mieux à les garder, essaye d’avaler de petites gorgées sur plusieurs minutes plutôt que tout d’un coup.

Spaghetti

Un bon plat de spaghetti avant la course ! – photo de Luca Nebuloni

5. Fluides corporels hors de contrôle

Problème: Les coureurs qui se pissent ou se chient dessus ne sont pas si rares que ça sur les courses longue distance, en particulier sur les marathons et les ultra-marathons. Pour voir quelques exemples bien répugnants, clique sur ce lien. De rien, c’est gratuit !
Sans aller dans ces extrêmes, il est fréquent pour le coureur moyen comme toi et moi de devoir s’arrêter pendant une course (parfois même sur des courses courtes comme un 10 km) pour pisser devant tout le monde, ce qui peut être un peu gênant, surtout pour les femmes.

Solution: Dans ta routine pré-course, il faut systématiquement inclure le détour par les chiottes pour vider estomac et vessie, même si t’as pas besoin. Et puis même s’il est important de s’hydrater avant une course, il ne faut pas trop boire non plus, c’est bien de boire quelques gorgées pendant la course. Si malgré tout tu as quand même envie de pisser pendant ta course et que tu es une femme, je te recommande de t’acheter un Shewee, ça t’évitera la honte de devoir montrer ton joli cul nu aux badauds.

Loo in the meadow

J’espère qu’après cette liste tu es bien écœuré, mais de rien, tout le plaisir est pour moi. Si ce n’est pas le cas, va voir sur 4chan espèce de malade !

De l’utilité de savoir courir

Si t’as lu Born to run (si tu l’as pas lu : lis-le), tu sais que dans un passé lointain, courir nous était probablement la compétence la plus utile. En fait, c’était même essential à notre survie : presque tous les jours il fallait être capable de courir vers l’arbre le plus proche si tu étais poursuivi par un lion, et puisque tu avais pas encore inventé d’armes, ta technique de chasse consistait à courir après une antilope jusqu’à ce qu’elle crève de fatigue et de chaleur. Véridique ! Ces andouilles peuvent courir vite, mais elle ne peuvent pas courir longtemps car elles doivent s’arrêter pour haleter et pour abaisser leur température. Mais nous, bipèdes malins, on peut gambader pendant des heures sans s’arrêter, car courir sur deux jambes nous permet de dissocier respiration et foulée, mais surtout on peut transpirer, ce qui est une manière odorante mais efficace d’abaisser notre température corporelle.

Aux alentours de l’âge de bronze, on a inventé la lance et le bazooka qui ont rendu la chasse plus facile. On a inventé la dynamite pour une pêche efficace et éthique. Et comme on est des gros bâtards paresseux et fourbes, on a réussi à convaincre notre bouffe de rester tranquillement dans nos prés en attendant d’être transformée en bons burgers bien gras. Du coup, aujourd’hui courir peut paraître plutôt inutile de prime abord. Mais j’ai envie de te convaincre que c’est une compétence plutôt utile, même au 21ème siècle.

Prenons la chasse au bus par exemple. C’est une activité que les londoniens pratiquent régulièrement après une soirée à pochtronner en dehors de la zone 1. Un vendredi, il n’y a pas si longtemps que ça, je me suis retrouvé exactement dans cette situation. Ayant honoré comme il se doit la délectable production d’une micro-brasserie à Walthamstow, j’ai entrepris de rentrer dans mes pénates. Citymapper m’informait que le prochain bus devait arriver 5 minutes plus tard et que le suivant arriverait 45 minutes plus tard. Si je ne voulais pas me cailler les meules pendant 40 minutes, il fallait donc que j’attrape le premier, même si l’arrêt de bus était à 9 minutes de marche. J’ai donc décidé de jogger pèpère, en utilisant la douce foulée médio-pied (pas moyen de courir sur les talons avec mes chaussures de ville), et je suis arrivé juste à temps pour monter dans le bus, même pas essoufflé. Ça me fait penser qu’il faut qu’un jour je participe à un beer mile

Beer - Photo by Quinn Dombrowski

Bière – Photo de Quinn Dombrowski

Éviter d’avoir à glander 40 minutes dans le froid en attendant le bus me semble être un bon argument en faveur de l’utilité de savoir courir, mais t’as pas l’air convaincu(e). Et si je te promets une meilleure vie sexuelle ? Ah ah, je savais que ça t’intéresserait, ya qu’le cul qui fait vendre ! Une chose est sûre, la capacité de baiser sans être essoufflé au bout de 5 minutes est vraiment appréciable et appréciée. Et puis je ne suis pas le seul à dire que les coureurs sont meilleurs au lit [en].

Maintenant ça y est tu es convaincu(e) : savoir courir est une compétence utile ! En bonus, je suis d’avis que ceux qui finissent un marathon ont le droit de se la péter à vie. D’ailleurs j’y travaille et d’ici la fin de l’année prochaine, je m’arrogerai le droit de vous casser les oreilles à longueur de journée avec mon marathon. En attendant, est-ce qu’il y a des volontaires pour courir un beer mile en mon amicale compagnie ?

Coureurs célèbres : Paula Radcliffe

Pour moi, Paula Radcliffe est à la course britannique ce que Jeannie Longo est au cyclisme français (les rosbifs le verront dans l’autre sens) : une légende vivante qui est là depuis toujours, qui a tout gagné et qui ne vieillit pas, au grand dam de la jeune génération d’athlètes qui ne lui arrivent pas à la cheville. Elle ne fait pas partie des meubles : elle est les meubles.

Imagine un peu pour voir. Son record du monde du marathon établi en 2003 à Londres est plus de 3 minutes plus rapide que le deuxième meilleur temps pour la distance et tient toujours depuis cette époque ! Pour comparaison, chez les hommes, les dix meilleurs temps pour un marathon sont tous compris dans une fourchette de 90 secondes. Oh, et juste pour s’amuser, la même année que ce record historique, elle a aussi établi le record du monde du 10K sur route à Puerto Rico. Record qui tient toujours 13 ans après. Ouaip, lui aussi. Cerise sur le gâteau, en 2003 (toujours !) elle a aussi établi le record du monde du semi-marathon à Newcastle. Il n’a pas été ratifié par l’IAAF (la fédération internationale d’athlétisme) parce que le Great North Run est légèrement en pente. Le record a tout de même tenu 11 ans.

Paula Radcliffe, Berlin 2011 - Photo by Ramon Smits

Paula Radcliffe, Berlin 2011 – Photo de Ramon Smits

Pourtant c’était plutôt assez mal barré pour elle au début. Quand elle a commencé à courir à l’âge de 7 ans, elle était anémique et asthmatique (et elle l’est toujours parce que ça ne part pas comme ça). Joli combo ! Ça ne l’a pas empêchée de rejoindre l’élite avant ses vingt ans, malgré les multiples crises d’asthme et autres blessures, sur des distances entre 1500m et le semi-marathon. Elle a commencé à gagner des médailles à la pelle, au niveau national et international, tellement que j’ai arrêté de les compter en lisant l’article Wikipédia. Mais ça lui lui suffisait pas et elle a décidé de se mettre au marathon en 2002. Dès sa première course elle annonce la couleur en établissant un nouveau record pour un marathon 100% féminin. Plus tard la même année, elle établi un nouveau record du monde de la distance. Les doigts dans le nez. Et bien sûr il y a l’année 2003, année où elle établi pas moins de 3 records du monde sur 3 distances différentes, dont 2 tiennent toujours. Bien sûr, en parallèle, elle a participé à 4 jeux olympiques (de 1994 à 2008) et quand elle a mis fin à sa carrière en 2015, ses temps était encore assez bons pour la qualifier pour les jeux de Rio en 2016 !

Alors à quoi tu t’attendais ? Évidemment qu’elle est devenue une légende ! Au point que quand elle court, son dossard ne porte pas de numéro mais son prénom. Quand elle a couru son dernier marathon à Londres l’an dernier, la foule a scandé « Paula ! Paula ! » durant 42,195 km. Et comme je suis un peu un connard, je vais terminer par mon moment préféré de sa carrière, quand Denise Lewis a essayé de l’interviewer ce jour là mais la vitesse de marathon de Paula était plus rapide que le sprint de la journaliste (malgré le fait que cette dernière a été une heptathlète de niveau mondial par le passé), ce qui a laissé cette dernière à bout de souffle après l’interview la plus courte de sa vie. Un moment à voir et à revoir à voir et à revoir sur la BBC.

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