French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

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Coureurs célèbres : Marie-José Pérec

Après Emil Zàtopek, Marie-José Pérec est probablement la deuxième grande coureuse qui a contribué à rendre la course un sport inspirant à mes yeux. Comme la plupart des français, je me souviens encore de Marie-Jo se drapant dans le drapeau français après avoir gagné la médaille d’or au 400 m des JO d’Atlanta en 1996. 20 ans après, son temps de 48,25 secondes en fait toujours la troisième femme la plus rapide de tous les temps!

Marie-Jo Perec - Atlanta 1996

Marie-Jo Perec – Atlanta 1996 Photo by sd_ukrm

Je sais, elle était sprinteuse et moi je suis plutôt intéressé par la longue distance, mais je la trouve tout de même vraiment inspirante et son palmarès est vraiment impressionnant ! Ce qui est marrant, c’est qu’elle n’aimait pas vraiment courir étant jeune, ce qu’elle kiffait, c’était le basket. Elle n’a découvert son talent qu’à la fin de son adolescence. À 20 ans, après seulement une année d’entraînement, elle est devenue championne de France du 400 m ! Trois ans plus tard, en 1991, elle est devenue championne du monde de la distance à Tokyo. L’année suivante elle a gagné l’or aux Jeux Olympique de Barcelone et 4 ans plus tard, notre porte-drapeau a fait le doublé et a gagné 2 médailles d’or à Atlanta (400 m et 200 m). Si ça c’est pas impressionnant, je ne sais pas ce qui l’est.

Je sais que la fin de sa carrière est décevante et beaucoup de monde se souvient de son mauvais quart d’heure aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, mais je préfère m’en souvenir comme d’une légende de l’athlétisme français, et du sprint en général.

Coureurs célèbres : Emil Zátopek

Emil Zátopek est très certainement le premier coureur de légende dont j’ai entendu parler. Je me souviens qu’il était la réponse à une question d’un Trivial Pursuit en famille. Mon grand-père était surpris que je ne connaisse pas la célèbre « Locomotive tchèque » (hey, j’étais juste un gosse et c’était un coureur des années 50 !) et a commencé à disserter sur le fait qu’il avait tout gagné aux Jeux Olympiques d’Helsinki en 1952. Récemment, j’ai vérifié les faits, et bien qu’il n’ait gagné aucune médaille en lancer de marteau, en plongeon ou en gymnastique, il reste à ce jour le seule athlète à avoir remporté l’or sur 5 000 mètres, sur 10 000 mètres et sur le marathon dans les mêmes olympiades.

Schade Mimoun Zatopek 1952

Herbert Schade, Alain Mimoun et Emil Zátopek courant the 5 000 m aux Jeux Olympiques de 1952
(et Christopher Chataway le pauvre gars dont l’histoire retiendra surtout la gamelle)

J’adore l’histoire de comment il a gagné le marathon à Helsinki. Il ne s’était inscrit que pour les épreuves du 5 000 m et du 10 000 m qu’il a toutes les deux gagnées (dans les deux courses, le français Alain Mimoun a fini deuxième à cause de ce satané tchèque). Après ça, il n’avait plus rien à faire jusqu’à la fin des jeux, et puisqu’il n’avait jamais couru de marathon, il s’est dit « Saperlipopette, je n’ai qu’à m’inscrire au marathon ». Il n’avait rien à perdre et il n’a rien perdu ! Dès le début de la course, il a utilisé Jim Peters comme lièvre (à ce moment, le gars était le tenant du record du monde sur la distance). Zátopek étant d’un naturel bavard, au bout de 15 kilomètres il a demandé à Peters ce qu’il pensait de la course. Ce dernier a saisi l’opportunité de tuer la compétition dans l’oeuf et lui a répondu « trop lente » alors qu’en réalité il allait trop vite, histoire de fatiguer le tchèque inexpérimenté. Zátopek a cru Peters, a suivi son avis et a donc accéléré. Finalement, Peters a été pris a son propre jeu et n’a même pas pu finir la course. Zátopek a continué et a gagné avec un temps à seulement 2 minutes du record de Peters à l’époque. Pas mal pour un premier marathon.

Il y a toute une ribambelle d’autres anecdotes dans Born to run, encore une fois je te recommande chaleureusement ce bouquin dans lequel tu pourras lire des trucs encore plus fous sur Zátopek. Comme par exemple l’incroyable difficulté de l’entraînement qu’il s’imposait ou encore à quel point il était sympathique, entier et généreux (il a donné une de ses médailles à un coureur australien malchanceux avec qui il s’était lié d’amitié). Ce n’est donc pas une surprise qu’il ait été nommé le plus grand coureur de tous les temps par le magazine Runner’s World.

Documentaire : Town of Runners

L’Éthopie est un grand pays dans le monde de la course à pied. Je ne le savais pas avant que Grand Polak y aille pour passer un mois de vacances (j’ai déjà évoqué le fait qu’il ne part en vacances quasiment que pour courir) mais ce pays a donné au monde des légendes comme Haile Gebreselassie et Abebe Bikila, tous deux détenteurs des records du monde du marathon et du semi-marathon en leur temps, ainsi que d’une pléthore d’hommes et de femmes super rapides.

J’ai récemment regardé Town of Runners, un documentaire de Jerry Rothwell sur de jeunes coureuses à Bekoji, une ville du centre de l’Éthiopie, connue pour produire des coureurs de premier ordre comme la championne olympique Tirunesh Dibaba et ses deux incroyables sœurs Ejegayehu et Genzebe. Sans surprises, beaucoup de jeunes du coin s’entraînent dur (très dur) pour suivre les pas de ces géants. Pour beaucoup, c’est leur seul espoir d’une vie meilleure et ils rêvent d’aller à la capitale Addis Ababa puis en Europe ou en Amérique du nord pour vivre de la course ou mieux, devenir une légende à leur tour.

Town of Runners

Town of Runners

Le documentaire suit deux jeunes filles talentueuses et pleines d’espoir qui dédient leur vie à la course (en plus d’aller à l’école et d’aider leurs parents à la maison et dans les champs). Le début est plutôt optimiste, avec l’entraîneur, son sourire éternel et sa confiance en sa capacité à entraîner des athlètes de classe mondiale, comme il l’a déjà fait. Mais la désillusion arrive rapidement, et nos jeunes héroïnes doivent faire face à la tricherie et au favoritisme lors des compétitions auxquelles elles sont inscrites.

Quand elles arrivent finalement à entrer dans des académies de course, les choses s’empirent : elles sont loin de leurs familles, mal nourries et mal traitées. En bref, le documentaire n’est pas si optimiste que ça et nous donne un aperçu de la misère des masses de coureurs qui échouent pour quelques heureux élus.

Tu peux te mater le documentaire complet sur Vimeo ou sur Netflix UK (en anglais et malheureusement sans sous-titres français). Après l’avoir regardé, tu peux lire des nouvelles des personnages un an plus tard, et comme ils sont vraiment attachants, j’aimerais bien en avoir maintenant, 5 ans plus tard.

Coureurs célèbres : Paula Radcliffe

Pour moi, Paula Radcliffe est à la course britannique ce que Jeannie Longo est au cyclisme français (les rosbifs le verront dans l’autre sens) : une légende vivante qui est là depuis toujours, qui a tout gagné et qui ne vieillit pas, au grand dam de la jeune génération d’athlètes qui ne lui arrivent pas à la cheville. Elle ne fait pas partie des meubles : elle est les meubles.

Imagine un peu pour voir. Son record du monde du marathon établi en 2003 à Londres est plus de 3 minutes plus rapide que le deuxième meilleur temps pour la distance et tient toujours depuis cette époque ! Pour comparaison, chez les hommes, les dix meilleurs temps pour un marathon sont tous compris dans une fourchette de 90 secondes. Oh, et juste pour s’amuser, la même année que ce record historique, elle a aussi établi le record du monde du 10K sur route à Puerto Rico. Record qui tient toujours 13 ans après. Ouaip, lui aussi. Cerise sur le gâteau, en 2003 (toujours !) elle a aussi établi le record du monde du semi-marathon à Newcastle. Il n’a pas été ratifié par l’IAAF (la fédération internationale d’athlétisme) parce que le Great North Run est légèrement en pente. Le record a tout de même tenu 11 ans.

Paula Radcliffe, Berlin 2011 - Photo by Ramon Smits

Paula Radcliffe, Berlin 2011 – Photo de Ramon Smits

Pourtant c’était plutôt assez mal barré pour elle au début. Quand elle a commencé à courir à l’âge de 7 ans, elle était anémique et asthmatique (et elle l’est toujours parce que ça ne part pas comme ça). Joli combo ! Ça ne l’a pas empêchée de rejoindre l’élite avant ses vingt ans, malgré les multiples crises d’asthme et autres blessures, sur des distances entre 1500m et le semi-marathon. Elle a commencé à gagner des médailles à la pelle, au niveau national et international, tellement que j’ai arrêté de les compter en lisant l’article Wikipédia. Mais ça lui lui suffisait pas et elle a décidé de se mettre au marathon en 2002. Dès sa première course elle annonce la couleur en établissant un nouveau record pour un marathon 100% féminin. Plus tard la même année, elle établi un nouveau record du monde de la distance. Les doigts dans le nez. Et bien sûr il y a l’année 2003, année où elle établi pas moins de 3 records du monde sur 3 distances différentes, dont 2 tiennent toujours. Bien sûr, en parallèle, elle a participé à 4 jeux olympiques (de 1994 à 2008) et quand elle a mis fin à sa carrière en 2015, ses temps était encore assez bons pour la qualifier pour les jeux de Rio en 2016 !

Alors à quoi tu t’attendais ? Évidemment qu’elle est devenue une légende ! Au point que quand elle court, son dossard ne porte pas de numéro mais son prénom. Quand elle a couru son dernier marathon à Londres l’an dernier, la foule a scandé « Paula ! Paula ! » durant 42,195 km. Et comme je suis un peu un connard, je vais terminer par mon moment préféré de sa carrière, quand Denise Lewis a essayé de l’interviewer ce jour là mais la vitesse de marathon de Paula était plus rapide que le sprint de la journaliste (malgré le fait que cette dernière a été une heptathlète de niveau mondial par le passé), ce qui a laissé cette dernière à bout de souffle après l’interview la plus courte de sa vie. Un moment à voir et à revoir à voir et à revoir sur la BBC.

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