French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

Tag: Impérial

Semi marathon d’Ealing 2016

Oh yes, j’ai le « Ealing feeling » ! La semaine dernière, j’ai enfin couru le semi marathon que j’ai préparé tout l’été. Je n’ai pas été très assidu avec mon programme d’entraînement : j’ai trop bu (y-compris à un Beer Mile) ce qui a entraîné un foirage total des 10 km de Bushy Park. J’ai aussi sauté quelques courses longues, ce qui a miné mon entraînement de fond. Autant te dire que je n’étais pas super confiant quand je suis arrivé sur la ligne de départ du semi marathon d’Ealing. Je me suis donc fixé un objectif de 1h35, soit 3 minutes plus vite que mon record au Roma-Ostia mais aussi 2 minutes 30 plus lent que mon temps potentiel calculé par rapport à mon record sur 10 km.

Après m’être échauffé, je me suis approché de la ligne de départ. D’après le site officiel, il ne devait y avoir des lièvres que pour des objectifs de 1h40 et 1h30, j’ai donc décidé de me placer entre les deux. Mais j’ai découvert avec joie que le club des Ealing Eagles avaient dépêché leurs propres lièvres pour un objectif d’1h35. Je ne les remercierai jamais assez car ils m’ont vraiment aidé tout au long de la course. Après un peu de bavardage avec les autres coureurs, le top départ a été donné et j’ai commencé à suivre mes lièvres. Après à peine 2 kilomètres, mon lacet gauche s’est défait et j’ai dû m’arrêter pour le refaire. Je me suis maudit de ne pas avoir bien fait un double noeud comme à mon habitude et j’ai accéléré pour rattraper mes lièvres. La plupart du temps, je suis resté juste derrière eux, même quand le parcours était en montée ou en descente. Ils m’ont vraiment aidé à garder un bon rythme et surtout il m’ont empêché de faire mon erreur habituelle d’aller trop vite au début de la course.

En plus d’avoir de quoi réguler ma vitesse, je me suis assuré de bien m’hydrater à chaque point de ravitaillement. J’ai aussi appris de mon semi marathon précédent et j’ai fait le plein de gels énergétiques : j’en ai pris un juste avant le départ de la course, un autre au huitième kilomètre et un dernier au quinzième kilomètre. À cause de la fatigue, j’ai un peu merdé lors de l’ouverture du dernier sachet et je m’en suis foutu plein sur la main gauche qui est devenue collante très rapidement. Heureusement il y avait un ravitallement assez proche et j’ai pu me rincer la main en courant. Grâce à la combinaison de touts ces éléments, je ne me suis pas heurté au « mur » comme à Rome où les 3 derniers kilomètres ont été un calvaire.

En fait, à 3 kilomètres de la fin je me suis même rendu compte que même si j’étais fatigué, j’avais encore de l’énergie et j’ai décidé de doubler mes lièvres afin de battre mon objectif. Ça a été dur mais je savais que je pouvais le faire. À la vue de la ligne d’arrivée, j’ai décidé que je pouvais encore accélérer et j’ai fini en sprintant, tout en lâchant mon habituel cri primal final. Résultat : 1h34m09s, c’est presque 1 minute plus rapide que mon objectif ! J’étais vraiment content de mon temps, même si en théorie j’aurais pu faire mieux.

rt20x30-ehmg1050

Après la course, je me suis étiré pendant un looooong moment et j’ai payé pour un petit massage des jambes. Ce truc m’a permis d’éviter les courbatures à Rome, j’ai donc réitéré. Et à nouveau je me suis senti parfaitement bien le lendemain : ni crampes ni courbatures. Parfait ! Après le massage, j’ai retrouvé quelques amis de Grand Polak. Ce type a un plan machiavélique pour faire courir tout le monde autour de lui et ça marche ! Une de ses amies venait juste de finir son premier semi marathon et était vraiment contente malgré le fait que six mois auparavant elle détestait courir !

D’un manière générale, ce fût une super journée et j’ai adoré cette course. OK, c’est surtout parce que j’étais vraiment content de moi mais aussi parce que le temps était parfait et que le parcours était vraiment agréable (bien que trop vallonné pour faire un super temps) et m’a fait découvrir Ealing. L’ambiance était super : les locaux ont vraiment aidé avec leurs encouragements et leurs bonbons, et ils y avait des groupes jouant de la musique entraînante le long du parcours. Je ne vais pas me plaindre que la plupart du marquage était en sytème impérial parce que j’ai réglé ma montre en métrique et parce que l’organisation générale était vraiment bonne : mon temps officiel était en ligne dans les dix minutes suivant mon arrivée, les photos étaient en ligne le lendemain et j’ai même une vidéo de mon cri primal final !

Cracher ses poumons au Westminster Mile

J’avais dit que je n’utiliserais pas le système impérial sur ce blog. J’ai menti. Mais c’est la faute de Grand Polak ! Quand je me suis inscrit pour le London 10000m, il a réussi à me convaincre de m’inscrire pour le Westminster Mile aussi. À l’époque, je trouvais ça logique : c’était la veille du 10K et ça ferait une bonne préparation. Quel imbécile j’ai fait !

Westminster Mile map & bib

Westminster Mile map & bib

Dimanche matin, j’ai retrouvé Grand Polak à Green Park à 8h15 et on a commencé à  explorer le trajet de la course. 1 mile c’est vraiment court, à peine plus de 4 fois 400m et c’est d’ailleurs habituellement couru sur piste. Cela ne fait même pas le tour complet de St James Park ! Ce mile ci est vraiment pittoresque : il commence sur le Mall, continue tout autour de St James Park le long des bâtiment de la Garde Royale à cheval et du musée impérial de la guerre et il finit juste devant Buckingham Palace !

Grand Polak est en train de passer de la longue distance aux distances moyennes, il devrait donc être de bon conseil pour cette distance, mais il m’a juste dit : « c’est facile, il suffit de courir vite ». Bon d’accord, après ça il m’a donné quelques vrais conseils et il m’a dit : « Commence à travailler à 800 mètres, ne commence pas ton sprint final trop tôt : à 200 mètre de la fin pas avant ». En fait, c’est beaucoup plus complexe que ça et il y a même beaucoup de stratégie surtout sur piste mais je voulais simplement courir mon premier donc il n’est pas trop entré dans les détails.

Après notre inspection, nous avons commencé à nous échauffer : 10 minutes de jogging, des étirements dynamiques et quelques courts sprints pour la forme. Bien sûr, comme avant chaque course nous sommes allés nous vider la vessie et avons noué nos lacets comme il faut – ce sont les deux choses les plus importantes, souviens-toi ! Nous nous sommes alors dirigés vers la ligne de départ. Grand Polak dans la première vague et moi dans la deuxième. Je visais de courir sous les 6 minutes. Je me disais que c’était plutôt un bon objectif : c’est un chiffre rond et c’est exactement le temps que je devais faire d’après le race predictor [en] sur la base de mon record sur 10K.

Le départ a sonné et j’ai commencé à courir. « Courir vite » n’était pas le meilleur conseil du monde parce que je me suis vite rendu compte que je ne tiendrais pas les 800 premiers mètres si je courais trop vite. J’ai donc suivi les autres coureurs de ma vague. Bon d’accord, je suis allé un peu plus vite que la moyenne parce que ça me semblait un peu lent tout de même. Rétrospectivement je pense que j’ai démarré trop vite mais il semble que c’est une erreur assez commune pour les débutants et de toutes façons je n’ai pas été doublé par trop de monde à la fin donc je n’était pas trop loin de ce que j’aurais dû faire. J’ai essayé de regarder ma montre (comme je le fais pour les longues distances) et de rester à un rythme de 3:40 par km mais c’est dur de se regarder le poignet en faisant un tel effort et puis la montre n’avait pas l’air très précise. Au final je n’ai quasiment pas couru à ce rythme, mais tantôt beaucoup plus vite, tantôt beaucoup plus lentement.

À la borne des 800m, je me suis demandé « C’est bien à 800 mètres que Grand Polak m’a dit de commencer à travailler ? » mais je commençais à fatiguer alors je me suis dit « Naaaaaan, je crois bien qu’il m’a dit de commencer 400 mètres avant la fin, je vais m’économiser un peu ». Oui je sais, je suis une grosse feignasse. Et puis il y avait cet emmerdeur à côté de moi qui attaquait du talon et me déconcentrait avec ses foulées super bruyantes et sa cadence super lente (j’était en moyenne à 213 foulées par minute) et je commençais à avoir hâte de finir. Quand la borne des 400m est arrivée, j’ai commencé à « travailler » et je l’ai laissé derrière. Visiblement je ne travaillais pas assez dur car je me suis fait doubler par quelques coureurs. À la borne des 200m je n’ai pas réussi à convaincre mon corps de sprinter, j’ai essayé d’aller plus vite mais mes jambes ne voulaient pas suivre, elles avaient trop mal. À la borne des 100m et à la vue de la ligne d’arrivée, j’ai tout de même réussi à surmonter la fatigue et à accélérer. À 10 mètres de la fin j’ai tout donné et j’ai poussé un gros cri. J’ai l’impression que ce cri final est en train de devenir ma signature (souviens-toi mon 10K au parc olympique).

Je suis vraiment content de mes 5 minutes et 42 secondes, c’est 18 secondes de mieux que mon objectif et j’étais aux anges : un nouveau record dans l’escarcelle ! Grand Polak était déçu par ses 4 minutes et 52 secondes, c’était son premier mile sur route et il n’avait pas ses repères habituels comme il peut les avoir sur piste. Après ça nous sommes allés faire un petit jogging de récupération mais je n’ai pas pu en faire trop parce que mes poumons me brûlaient et ma gorge me faisait tellement mal que j’avais presque le goût du sang dans la bouche. Cela ne m’a pas empêché de m’étirer correctement et surtout d’aller au pub pour célébrer comme il faut avec une pinte et mon bon petit déjeuner anglais. Pas trop tout de même car nous devions courir le 10K le lendemain !

Le métrique c’est bien, l’impérial ça pue

Je t’avais promis que je râlerais, tu vas pas être déçu. Cet article aurait pu être écrit par Papi Ronchon lui même (s’il parlait français).

Je ne suis pas un expert de la course donc je vais souvent me documenter en ligne et le plus souvent, les sources sont en anglais. J’utilise aussi des apps sur mon smartphone et mes gadgets et la langue par défaut est l’anglais. En bref : le monde de la course est majoritairement anglophone, ou plus précisément Britannique et Américain. Ah, les États-Unis et le Royaume-Uni, les deux seuls pays du monde qui continuent à utiliser leur vieux système impérial de mesures (même si le Royaume-Uni fait doucement la transition vers le système métrique). Allons droit au but : le système impérial n’a aucun sens, même pour ceux qui l’utilisent tous les jours !

Ici, la plupart des gens connaissent leur poids en stones et livres. Il y a 14 livres dans une stone, les raisons de cette absurdité dépassent mon entendement. Bon, admettons que je pesais 14st 1lbs et que maintenant je pèse 12st 6lbs, il va me falloir un putain de doctorat pour calculer combien de poids j’ai perdu ! Entre parenthèses, c’est vraiment débile d’avoir choisi « lb » comme abréviation pour « livre » (« pound » en anglais). Ces unités sont stupides, c’est officiel. En effet la définition légale de la livre est maintenant basée sur le système métrique : 1 livre pèse 0,45359237 kilogrammes !

C’est le même bordel pour mesurer sa taille : il y a douces pouces dans un pied, ce qui ne marche réellement que pour une fillette qui chausse du 47. En plus, c’est pas du tout précis : si je dis que je mesure 5 pieds 1pouce, je peux mesurer entre 179cm et 182cm. Malgré tout, ici au XXIe siècle, les gens utilisent encore ce système barbare.

C’est quand on cherche à comprendre les unités de distance qu’on se rend compte de l’étendue de cette folie. Parmi tous les britanniques auxquels j’ai demandé, aucun n’a été capable de me dire combien il y a de pieds et de yards dans un mile. Pour info, il y a 5,280 pieds ou encore 1,760 yards dans un mile. Par exemple, un marathon fait 26,219 miles soit 26 miles et 385 yards. Wow, tout simplement sidérant. Et ne parlons pas des unités intermédiaires comme les chains et les furlongs, parce que personne n’a ne serait-ce qu’une vague idée de leur mesure.

Malgré tous, les coureurs utilisent ce système absurde, règlent leur balance sur stones/livres, saisissent leur taille en pieds/pouces dans leurs apps de course, et comble du comble, comptent leurs distances en miles et planifient leur vitesse en minutes par mile. Même pour préparer des courses comme un 800m, un 1500m, un 5km ou un 10km. C’est vraiment la norme ici : les plans d’entrainement et les générateurs de plans d’entrainement [en] vont te cracher tes vitesses d’entrainements en unités impériales et n’offrent même pas la possibilité de convertir en métrique, les coureur et les coachs emploient les mêmes unités inutilisables en club. Bordel. De. Merde.

Ce système est grotesque, il faut l’abandonner ! Sache que même si j’ai l’intention de devenir citoyen britannique, je ne l’utiliserai jamais pour courir et certainement pas sur ce blog.

Mètre étalon

Mètre étalon – Par Alain Bachelier

© 2018 French Bloke Runs

Theme by Anders NorenUp ↑