French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

Tag: Gel énergétique

Semi marathon d’Ealing 2016

Oh yes, j’ai le « Ealing feeling » ! La semaine dernière, j’ai enfin couru le semi marathon que j’ai préparé tout l’été. Je n’ai pas été très assidu avec mon programme d’entraînement : j’ai trop bu (y-compris à un Beer Mile) ce qui a entraîné un foirage total des 10 km de Bushy Park. J’ai aussi sauté quelques courses longues, ce qui a miné mon entraînement de fond. Autant te dire que je n’étais pas super confiant quand je suis arrivé sur la ligne de départ du semi marathon d’Ealing. Je me suis donc fixé un objectif de 1h35, soit 3 minutes plus vite que mon record au Roma-Ostia mais aussi 2 minutes 30 plus lent que mon temps potentiel calculé par rapport à mon record sur 10 km.

Après m’être échauffé, je me suis approché de la ligne de départ. D’après le site officiel, il ne devait y avoir des lièvres que pour des objectifs de 1h40 et 1h30, j’ai donc décidé de me placer entre les deux. Mais j’ai découvert avec joie que le club des Ealing Eagles avaient dépêché leurs propres lièvres pour un objectif d’1h35. Je ne les remercierai jamais assez car ils m’ont vraiment aidé tout au long de la course. Après un peu de bavardage avec les autres coureurs, le top départ a été donné et j’ai commencé à suivre mes lièvres. Après à peine 2 kilomètres, mon lacet gauche s’est défait et j’ai dû m’arrêter pour le refaire. Je me suis maudit de ne pas avoir bien fait un double noeud comme à mon habitude et j’ai accéléré pour rattraper mes lièvres. La plupart du temps, je suis resté juste derrière eux, même quand le parcours était en montée ou en descente. Ils m’ont vraiment aidé à garder un bon rythme et surtout il m’ont empêché de faire mon erreur habituelle d’aller trop vite au début de la course.

En plus d’avoir de quoi réguler ma vitesse, je me suis assuré de bien m’hydrater à chaque point de ravitaillement. J’ai aussi appris de mon semi marathon précédent et j’ai fait le plein de gels énergétiques : j’en ai pris un juste avant le départ de la course, un autre au huitième kilomètre et un dernier au quinzième kilomètre. À cause de la fatigue, j’ai un peu merdé lors de l’ouverture du dernier sachet et je m’en suis foutu plein sur la main gauche qui est devenue collante très rapidement. Heureusement il y avait un ravitallement assez proche et j’ai pu me rincer la main en courant. Grâce à la combinaison de touts ces éléments, je ne me suis pas heurté au « mur » comme à Rome où les 3 derniers kilomètres ont été un calvaire.

En fait, à 3 kilomètres de la fin je me suis même rendu compte que même si j’étais fatigué, j’avais encore de l’énergie et j’ai décidé de doubler mes lièvres afin de battre mon objectif. Ça a été dur mais je savais que je pouvais le faire. À la vue de la ligne d’arrivée, j’ai décidé que je pouvais encore accélérer et j’ai fini en sprintant, tout en lâchant mon habituel cri primal final. Résultat : 1h34m09s, c’est presque 1 minute plus rapide que mon objectif ! J’étais vraiment content de mon temps, même si en théorie j’aurais pu faire mieux.

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Après la course, je me suis étiré pendant un looooong moment et j’ai payé pour un petit massage des jambes. Ce truc m’a permis d’éviter les courbatures à Rome, j’ai donc réitéré. Et à nouveau je me suis senti parfaitement bien le lendemain : ni crampes ni courbatures. Parfait ! Après le massage, j’ai retrouvé quelques amis de Grand Polak. Ce type a un plan machiavélique pour faire courir tout le monde autour de lui et ça marche ! Une de ses amies venait juste de finir son premier semi marathon et était vraiment contente malgré le fait que six mois auparavant elle détestait courir !

D’un manière générale, ce fût une super journée et j’ai adoré cette course. OK, c’est surtout parce que j’étais vraiment content de moi mais aussi parce que le temps était parfait et que le parcours était vraiment agréable (bien que trop vallonné pour faire un super temps) et m’a fait découvrir Ealing. L’ambiance était super : les locaux ont vraiment aidé avec leurs encouragements et leurs bonbons, et ils y avait des groupes jouant de la musique entraînante le long du parcours. Je ne vais pas me plaindre que la plupart du marquage était en sytème impérial parce que j’ai réglé ma montre en métrique et parce que l’organisation générale était vraiment bonne : mon temps officiel était en ligne dans les dix minutes suivant mon arrivée, les photos étaient en ligne le lendemain et j’ai même une vidéo de mon cri primal final !

Les 10000 mètres de Londres

Voilà la beauté du système métrique : 10 km font aussi 10 000 mètres. Bien qu’en général une course de 10 000 m fait référence à une course sur piste et un 10K fait référence à une course sur route, il semblerait que les organisateur du « London 10000 » se soient un peu plantés. Quoi qu’il en soit, c’est encore Grand Polak qui m’a convaincu de m’inscrire à cette course et je n’ai pas été difficile à convaincre : le parcours est entièrement dans le centre de Londres et passe devant les monuments les plus emblématiques de la ville comme Buckingham Palace, Trafalgar Square, la cathédrale St Paul’s, le parlement et son gros Ben, etc…

Grand Polak m’a dit d’arriver tôt et on s’est retrouvés à la station Embankment où il était déjà avec un groupe de potes du club Serpentine [en]. Il essaye de me convaincre de rejoindre le club et je résiste mais je risque fort de céder au bout d’un moment. Tous ces mecs courent vraiment vite, ils avaient presque tous un objectif en dessous des 40 minutes (34 minutes l’un d’entre eux !) alors que moi je voulais humblement de réitérer mon record de 42:39 tout en espérant secrètement de faire un temps en dessous de 42 minutes. Pour être honnête, je n’étais pas très optimiste parce que j’avais l’impression de ne pas avoir progressé les derniers mois, en plus j’ai pris 1 ou 2 kilos pendant mon séjour en France, ce qui n’aide pas à courir vite.

Nous avons tous marché ensemble vers la ligne de départ, avons discuté (de course à pied bien sûr) et nous nous sommes perdus au moment de déposer nos sacs – tu dois bien t’imaginer qu’un vestiaire pour 10 000 coureurs est un endroit où il est facile de se perdre. Je suis donc allé m’échauffer seul. Comme d’habitude : 10 minute de jogging tranquille, des étirements dynamiques, un peu de sprint et d’exercices variés. Sur la ligne de départ, j’ai revu Grand Polak qui était en retard et essayait de se frayer un chemin vers les premières lignes. On a fait un petit high-five  et on s’est souhaité bonne chance. J’ai avalé un gel énergétique et la course a démarré.

Comme d’habitude j’ai essayé d’être un peu ambitieux et je visais un rythme de 4:10 minutes par km qui devait me permettre un temps sous la barre des 42 minutes et m’assurerait un nouveau record. Je savais que ça ne serait pas facile parce que le parcours n’était pas vraiment plat et surtout parce que j’avais couru le Mile de Westminster la veille. Le premier kilomètre a été un peu bordélique, comme dans toutes les courses avec beaucoup de participants. Certains coureurs n’avaient rien à faire dans la première vague et ça m’a pas mal gêné au début. Les organisateurs devraient vraiment penser à faire des vagues plus petites au départ. Bref, j’ai passé la première borne après 4 minutes et 20 secondes et je n’étais pas vraiment content. Je me suis forcé à me répéter un mantra positif (un truc du genre « je vais gagner ») pour surmonter ma négativité du jour et quand j’ai enfin réussi à dépasser les coureurs les plus lents, j’ai poussé un peu et j’ai réussi à courir à une vitesse proche de ce que je voulais.

À ce moment, j’étais plutôt content parce que je voyais Londres d’un angle de vue complètement nouveau. C’est pas tous les jours qu’on peut courir au milieu de la rue sur le Strand ou sur Holborn, à côté de là où je travaille. Aux alentours de Bank, j’ai vu un groupe marcher sur le parcours avec une banderole qui disait « 10K en 1 jour », ils étaient avec un mec qui marchait lentement en tenant son fauteuil roulant, probablement pour sensibiliser le public à sa maladie. Je n’ai pas eu le temps de lire de quoi il s’agissait mais je me suis senti admiratif pour le bonhomme, il doit falloir un sacré courage ! Toutes ces petites choses m’ont redonné le moral et j’ai réussi à maintenir ma vitesse proche de mon objectif.

Mais à la cinquième borne, mes jambes se sont décidées à me rappeler la course sur 1 mile que j’avais faite la veille et elles m’ont dit « Hé crétin, si tu penses vraiment qu’on va continuer comme ça pendant encore 5 kilomètres, tu peux aller te faire voir ! ». Après 4 minutes et 23 secondes d’échange d’insultes avec mes jambes et mon kilomètre le plus lent de la course, j’ai fini par gagner l’engueulade (je suis plein de resources quand il s’agit de concours d’insultes) et je suis reparti à un rythme acceptable bien qu’en dessous de mon objectif.

Une vieille femme – ok, pas si vieille que ça mais elle aurait pu être ma mère – m’a doublé et j’ai décidé qu’elle deviendrait mon lièvre à partir de ce moment. Et ça a marché ! Nous avons couru côte à côte pour les 4 kilomètres qui ont suivis et j’ai décider de la semer pour la fin. J’ai couru les mille derniers mètres en 4:03 et j’ai réussi un sprint final grâce à mon cri devenu ma marque de fabrique. RHAAAAAAAAA! Oui, il a duré au moins neuf A et il m’a permit d’établir mon nouveau record personnel à 42 minutes et 22 secondes. Au début j’étais un peu déçu car il me restait encore de la négativité du matin mais au bout d’un moment je me suis rendu compte que c’était un nouveau record personnel quand même et que ça c’est vraiment cool !

Lanky Pole & French Bloke at the London 10,000

Grand Polak & French Bloke au London 10,000

Après une longue queue pour récupérer mon sac à dos j’ai retrouvé mon Grand Polak, on s’est étirés ensemble et on a pris une photo de la victoire. On a retrouvé ses potes de Serpentine et on est allés au pub le plus proche pour remplir nos estomacs de bonne bouffe et de bonne bière tout en parlant de course à pieds (quelle surprise), et voilà un pas de plus dans la direction de l’adhésion au club.

Roma Ostia – Le semi-marathon à l’italienne

Ah ! Rome en mars ! C’est vraiment la saison parfaite. Ensoleillé mais pas trop chaud, de la bonne bouffe à s’en faire péter le ventre, un nombre acceptable de touristes, et le semi-marathon italien avec le plus grand nombre de participants.

J’avais promis au Rital Taiseux que je viendrais courir le  semi de Roma-Ostia avec lui s’il venait à Run in Lyon, ce qu’il a fait. J’ai donc dû tenir ma promesse. Je dois admettre que je ne suis pas allé à Rome à reculons. À vrai dire, j’étais tellement motivé que j’ai commencé un programme d’entraînement dès novembre exprès pour cette course. Cela ne m’a pas empêché de ne pas obtenir mon certificat médical à temps pour la course, gros procrastinateur que je suis (les procrastinateurs sont les leaders de demain, estime toi prévenu). Par chance, mon Rital Taiseux est un excellent ami et à réussi à m’obtenir des rendez-vous avec les bonnes personnes à la dernière minute.

L’Italie est un drôle de pays. Rital Taiseux à appelé le labo pour savoir quand on pourrait avoir les résultats d’un test urinaire si on venait samedi matin. On lui a répondu « Dans ce cas, les résultats ne seront pas prêts avant lundi mon brave monsieur », ce à quoi il a répondu que non, vraiment ça ne le ferait pas, ce qui a suffit à leur rappeler que finalement les résultats pourraient être prêts en deux heures, pour le même prix. Nous sommes donc allés au labo déposer mon petit bocal et nous sommes repartis pour un petite course facile dans le plus beau paysage urbain imaginable : on jogge devant les ruines du Forum Romain antique, on trottine devant le Cirque Maxime, et on finit tranquilou devant le Colisée.

French Bloke and Quiet Roman

French Bloke et Rital Taiseux devant le Colisée

L’Italie est un drôle de pays. Pendant notre petit déjeuner, un gars criait un refrain répétitif dans la rue en bas. Apparemment, ce type suit une vieille tradition de crieur de rue offrant ses services d’affutage de couteaux ou de réparation de four. Mais ce n’est que la version officielle. Mon Rital Taiseux me dit que puisque plus personne n’a besoin de ce genre de services, le type vend certainement de la drogue et rabat ses clients à la criée. Après le petit dèj,  on est allés chercher mes résultats et on a filé à Ostia pour mon certificat médical.

L’Italie est un drôle de pays. Le médecin que j’ai rencontré était un type débonnaire dans la cinquantaine, vraiment relax, et lâchant visiblement des blagues à la moindre occasion dans un accent romain bien marqué, ce qui m’a fait regretter de comprendre l’italien aussi mal. Tout ce que j’ai compris, c’est que mon rythme cardiaque de 49 au repos l’a convaincu que j’étais molto atletico, ce qui a suffit à lui faire signer le satané papier.

Au paradis, la police est britannique, les cuistots sont italiens, les mécanos sont allemands, les amants sont français, et tout est organisé par les suisses.
En enfer, la police est allemande, les cuistots sont britanniques, les mécanos sont français, les amants sont suisses et tout est organisé par les italiens.

L’Italie est un drôle de pays. Quelques fruits de mer et pâtes plus tard (oui, ce sont des unités officielles de temps là bas), on est allés chercher nos dossards et on a eu eu la preuve que le stéréotype est vrai. Nous étions au paradis à midi, mais maintenant nous étions en enfer. Sur le papier, tout était organisé parfaitement : il y avait plusieurs tables où on pouvait montrer une preuve d’identité et donner son certificat d’identité en échange de son dossard et d’un sac à code couleur. Le sac servirait à ranger des affaires propres que l’on retrouverait à la ligne d’arrivée, le tout transporté par l’organisation de la course. En réalité, il n’y avait aucune indication, et pas de queue organisée, il fallait se battre pour atteindre une table où le bénévole t’annonce que tu n’es pas au bon endroit et que tu dois faire tamponner ton formulaire avant de retirer ton dossard, mais que si tu étais étranger il fallait aller encore à une autre table. J’avais l’impression d’être dans « la maison qui rend fou » dans les Douze Travaux d’Astérix. On a finalement réussi à retirer nos dossards, nos sacs de couleur et un beau t-shirt Adidas. Comme c’était la fin de la journée, on est allés carb-loader dans une trattoria locale qui servait un Cacio e Pepe à se damner (Pecorino et poivre, miam). Puis on a filé au lit.

Cacio e Pepe

Cacio e Pepe

L’Italie est un drôle de pays. On est arrivés sur la ligne de départ tôt le matin pour pouvoir poser nos sacs dans les camions qui allaient les transporter jusqu’à l’arrivée. Tout avait l’air tellement bien organisé que ça en devenait douteux. Les camions étaient faciles à trouver et bien alignés dans l’ordre, avec deux bénévoles dans chacun pour ranger les sacs. Le numéro du camion était inscrit sur le dossard et sur une étiquette sur le sac. Le mien était le camion № 6 et celui du Rital Taiseux était le № 22, ce qui était bizarre car on ne pouvait voir que des camions numérotés de 1 à 21. C’est quoi ce bordel ? Les bénévoles du camion № 21 nous on informé qu’il y avait tout simplement pas de camion № 22 et qu’il fallait poser son sac dans n’importe quel camion et se souvenir du numéro. Tout est normal…

Le Rital Taiseux et moi avons vidé nos vessies et sommes parti pour un court échauffement : petit jogging de 10 minutes, des pas chassés, on monte les genoux, et hop, direction la ligne de départ. Il y avait plusieurs sas, mais comme aucun de nous n’avait couru de semi-marathon avant, on a dû partir avec la dernière vague. Le Rital Taiseux est retourné pisser juste avant que notre sas commence à se diriger vers la ligne de départ et nous nous sommes perdus de vue. Juste avant le coup de feu de départ, on a finit par se retrouver du regard et on a levé les poings au ciel pour s’encourager mutuellement.

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La ligne de départ du Roma-Ostia

Pan ! J’ai l’impression que c’est un vrai coup de feu car il y a de la fumée. Le départ est facile et descend un peu. Le seul truc chiant c’est qu’il y a tellement de gens que je me retrouve souvent bloqué par un mur de coureurs difficile à dépasser. Je passe mon temps à crier « scusi, scusi ! » aux autres coureurs et je n’arrive pas à trouver un lièvre de toute la course. Après 5 ou 6 kilomètres, j’avale un gel énergétique. Après 10 kilomètres sans évènement notable, j’ai l’impression que je me suis juste échauffé, malgré le fait qu’il y ait un peu de côte. La côte s’accentue entre les kilomètres 10 et 12, mais je continue à crier « scusi, scusi ! » à qui veut bien entendre mon mauvais italien. Je me sens toujours bien et je suis plutôt optimiste parce que je sais que la course continue en descente et finit par du plat. Je prends une gorgée d’eau à chacun des trois ravitaillements et je me sens vraiment bien jusqu’au 17ème kilomètre. Et là, ça me frappe de plein fouet. Pourquoi est-ce que ça devient aussi dur tout d’un coup ? Je n’arrive pas à garder mon rythme et j’arrête de dire « scusi, scusi ! » à mes frères et sœurs de souffrance. Rétrospectivement, j’aurais dû prévoir un deuxième gel énergétique qui m’aurait peut-être permis d’éviter ce mur. Je continue malgré mes jambes douloureuses. Mais pourquoi mes orteils tapent à l’intérieur de mes chaussures ? J’étais pourtant bien confortable au début de la course ! Quand j’aperçois enfin la 21ème borne, mon courage prend le dessus sur mes jambes et elles accélèrent malgré leur désaccord. Je passe la ligne après 1 heure, 37 minutes et 57 secondes de joie et de souffrance.

L’arrivée de la course est plutôt bien organisée : on nous donne tout de suite un coup-vent et un sac avec une sorte de biscuit mou italien, de la compote, une pomme, de l’eau, une boisson énergétique, et bizarrement  : un demi litre de lait… Quelques mètres plus loin, on nous distribue les médailles, ainsi que du thé chaud ou une glace (j’ai pris les deux). Il y a aussi une tente avec des massages gratuits où je décide d’attendre mon Rital Taiseux en faisant la queue. Il est allé un peu plus lentement que moi car il n’a pas pu s’entraîner autant à cause d’une sale blessure au genou. Mais il m’a rapidement trouvé dans la queue, en train de m’étirer pendant 10 bonnes minutes. Je suis bien content de m’être étiré autant parce que le lendemain, je n’avais presque pas mal aux jambes. D’un autre côté, je pense que je vais perdre deux ongles de pieds dans les semaines à venir… Je ne suis même pas capable de suivre mes propres conseils. Pathétique. Quoi qu’il en soit, ça valait vraiment la peine. J’ai adoré cette course, les conifères sur le bord de la route, le soleil, et le fait que la course avait une réelle destination plutôt qu’être une bête boucle.

French Bloke and Quiet Roman after 21.1 km

French Bloke et Rital Taiseux après 21,1 km

Il va sans dire qu’après une bonne douche, on est allé manger la meilleure pizza du monde en se vantant sur nos performances. C’est parce que nous ne savions pas qu’une heure avant nous, Solomon Kirwa Yego avait passé la ligne d’arrivée après seulement 58 minutes et 44 secondes, à peine 30 secondes de plus que le record du monde, réalisant ainsi le 4ème meilleur temps de l’histoire du semi-marathon !

Le top 5 des trucs les moins glamours de la course à pied et comment les combattre

Dans ce blog, je parle toujours de la course à pied comme de ce sport parfait, plein de rencontres avec des licornes et des arcs-en-ciel. C’est vrai que courir apporte des sensations géniales et est bénéfique pour ton petit corps, mais j’ai eu une conversation avec la Cuisinière folle l’autre jour, et je me suis rendu compte que j’ai tendance occulter les aspects rebutants de la course. On a donc fait une liste, et accroche toi parce que c’est de plus en plus dégueu !
Disclémeur: si t’es une âme sensible, abstiens toi de cliquer sur certains liens qui peuvent choquer voire être carrément NSFW, ou alors clique à tes risques et périls.  En revanche, la vidéo est parfaitement inoffensive, d’ailleurs je t’interdis de quitter cette page sans la regarder !

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Des coureurs pas très glamours – Photo de Shiny Things

1. Les jambes douloureuses

Problème: Bon, on commence par enfoncer les portes ouvertes, mais courir de longues distance rend parfois les lendemains plus difficiles qu’une gueule de bois et peut faire que même marcher devient une épreuve.

Solution: Échauffe toi avant la course et étire-toi (beaucoup) après avoir couru. Après la course, masse toi les jambes avec une crème ou un gel contre les douleurs musculaires. Ah, et puis entraîne toi plus, et sois patient ! Si tu cours un marathon alors que tu ne t’es entraîné que 4 semaines à raison de 10 km par semaine, prépare toi à quelques journées infernales après ton marathon, si tu arrives à le finir. Il faut penser sur le long terme, commencer avec des courses moins ambitieuses (5 km et 10 km sont des distances parfaites pour commencer) et se trouver un bon programme d’entraînement pour ces distances, le web en pullule. Plus tard tu pourras augmenter doucement ton kilométrage hebdomadaire et suivre un programme d’entraînement pour des courses plus longues.

↓ ↓ ↓ ↓ Mate cette vidéo, elle m’a bien fait marrer ↓ ↓ ↓ ↓

↑ ↑ ↑ ↑Mate cette vidéo, elle m’a bien fait marrer ↑ ↑ ↑ ↑

 2. Les tétons irrités

Problème: En courant longtemps, on s’expose a des frottements réguliers et des irritations en découlent souvent.  Ça peut même devenir assez vilain et sanglant là où la peau est fragile, comme à l’intérieur des cuisses ou sur les mamelons. En anglais on appelle ça nipple chafing. Si si, ça existe pour de vrai et ne cherche pas sur Google Images : ça fait mal.

Solution: Pour éviter les irritations à l’intérieur des  cuisses et les ampoules aux pieds, je te recommande une bonne crème anti-frottements. La meilleure est probablement la Akileïne Sports NOK.
Pour éviter les irritations (voire les saignements) aux tétons : ne cours pas avec des T-shirts en coton ! Cours avec de bons T-shirts de course : le matos de Tribesports est parmi ce qui se trouve de mieux. Mais si tu sais que tu vas courir une longue distance, passe carrément au niveau supérieur et achète toi des protège mamelons. Non, c’est pas une blague, ça existe vraiment ! Et si tu ne crois pas que c’est nécessaire, fais une petite recherche sur Google Images (aïe, aïe, aïe), mais ne me dis pas que je ne t’avais pas prévenu !

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Si, c’est drôle en anglais, je t’assure – Photo de Gerry Dincher

3. Les ongles des pieds qui tombent

Problème: Oui, ça aussi ça existe vraiment ! Ça a même un nom scientifique : l’onychoptose, et ça m’est arrivé. Ça peut être causé par le cognement répété des orteils dans la chaussure. Ne t’inquiète pas, l’ongle finit par repousser. Clique ici pour l’image dégueu (c’est pas mon pied).

Solution: Tu peux la jouer gros bourrin comme Marshall Ulrich dans Born to run qui s’est fait enlever tous les ongles des pieds par un chirurgien (il paraît que c’est assez fréquent chez les coureurs d’ultra-marathons). Tu peux aussi courir pieds nus. Sinon, achète toi des chaussures qui soient bien à ta taille et qui laissent de la place à tes orteils. Essaye les avant de les acheter et assure toi que tes orteils ne cognent pas contre la chaussure à chaque foulée. Le mieux c’est de choisir des chaussures avec une toebox large (comme les Altra One 2). Oh, et coupe toi les ongles des pieds !

Barefoot runner

Un coureur pieds nus heureux d’avoir tous ses ongles de pieds – Photo de Chris Hunkeler

4. La digestion difficile

Problème: Les vomitos, ça arrive. Oui, oui. Tout simplement parce que ton corps a du mal à produire l’effort requis par une course intense et digérer en même temps. Il est fréquent de voir les estomacs de coureurs rendre généreusement ce qu’on leur a donné pour le petit déjeuner ou lors des ravitaillements. Pas de photo là. Non, n’insiste pas, j’ai dit non. Bon d’accord voilà.

Solution: Prends un petit déjeuner léger avant une course : ne bois surtout pas de lait parce que c’est difficile à digérer, remplace le par du lait d’avoine ou par ton lait végétal préféré (sauf le lait de soja parce que c’est vraiment dégueu le lait de soja). Oui, le carb-loading (bouffer des glucides) est une bonne chose à faire avant une course, mais il faut le faire plusieurs heures avant le départ, pour permettre la digestion. Certains coureurs se lèvent au milieu de la nuit pour manger un gros plat de pâtes et retournent au lit. Pendant la course, tu peux aussi prendre des gels énergétiques. Ils sont moins difficiles à avaler et plus faciles à digérer que tout ce qu’on trouve habituellement aux stands de ravitaillement comme les bananes ou les barres de céréales. Ça ne veut pas dire qu’ils sont super faciles à ingérer non plus : si ton estomac n’arrive pas mieux à les garder, essaye d’avaler de petites gorgées sur plusieurs minutes plutôt que tout d’un coup.

Spaghetti

Un bon plat de spaghetti avant la course ! – photo de Luca Nebuloni

5. Fluides corporels hors de contrôle

Problème: Les coureurs qui se pissent ou se chient dessus ne sont pas si rares que ça sur les courses longue distance, en particulier sur les marathons et les ultra-marathons. Pour voir quelques exemples bien répugnants, clique sur ce lien. De rien, c’est gratuit !
Sans aller dans ces extrêmes, il est fréquent pour le coureur moyen comme toi et moi de devoir s’arrêter pendant une course (parfois même sur des courses courtes comme un 10 km) pour pisser devant tout le monde, ce qui peut être un peu gênant, surtout pour les femmes.

Solution: Dans ta routine pré-course, il faut systématiquement inclure le détour par les chiottes pour vider estomac et vessie, même si t’as pas besoin. Et puis même s’il est important de s’hydrater avant une course, il ne faut pas trop boire non plus, c’est bien de boire quelques gorgées pendant la course. Si malgré tout tu as quand même envie de pisser pendant ta course et que tu es une femme, je te recommande de t’acheter un Shewee, ça t’évitera la honte de devoir montrer ton joli cul nu aux badauds.

Loo in the meadow

J’espère qu’après cette liste tu es bien écœuré, mais de rien, tout le plaisir est pour moi. Si ce n’est pas le cas, va voir sur 4chan espèce de malade !

L’histoire de mon 10k au parc olympique

Il était une fois, dans un pays fort, fort lointain, au légendaire terminus de la Jubilee Line dans un endroit reculé appelé Stratford, une tour étrange appelée « Orbit tower ». En bas de cette tour se déroulait une course. Mais pas n’importe quelle course les enfants ! C’était une course entre créatures mythiques, une course où j’ai croisée Pinocchia, Barbe-bleue, ainsi que les jumeaux Tweedledum et Tweedledee. Je suis sûr que Boucle d’or et Shrek étaient là aussi, mais je ne les ai pas repérés dans la foule. Cette course était le 10k du parc olympique, organisé par la fée RunThrough.

L'Orbit Tower et le stade olympique - Photo de Martin Pettitt

L’Orbit Tower et le stade olympique – Photo de Martin Pettitt

Ce dimanche était censé être une journée de retrouvailles avec mes amis coureurs au parc olympique mais ils m’ont tous déserté un à un. Choupichouette a eu un accident de vélo (il se trouve que le pare-choc d’une voiture est plus résistant qu’un genou humain), Grand Polak voulait venir mais son entraîneur a décidé que ce n’était pas une bonne idée de courir un 10k cette semaine là, Papi Ronchon s’était inscrit mais a « oublié » de s’entraîner et a estimé plus prudent de jeter l’éponge, même la Cuisinière Folle qui avait fait le voyage depuis la France n’a pas pu courir, à son grand désespoir, à cause d’un vilain soucis de santé.

Alors sortez les mouchoirs. En ce jour froid et venteux, j’ai du y aller tout seul : j’ai pris le métro tout seul, je suis arrivé à la course tout seul, j’ai récupéré mon dossard tout seul, j’ai bu un café tout seul, je me suis échauffé tout seul (je suis le conseil de Grand Polak et je me construis doucement une routine d’échauffements) et je suis allé sur la ligne de départ tout seul. Sniff, sniff.

Quelques minutes avant le départ, j’ai ingurgité un gel énergétique, pas parce que j’en avais besoin mais pour en tester les effets sur ma course. Le but final étant d’en prendre durant mon premier semi-marathon dans 3 semaines. Honnêtement, ça ne m’a pas donné le coup de pied au cul que j’attendais, mais qui sait, ça a peut-être influencé ma course, comme tu vas voir.

Compte à rebours, et je commence à détaler. Trop vite, mais je m’en fiche. Ma stratégie du jour consiste à « m’économiser » durant le premier tour, au rythme de mon record, et d’accélérer encore plus durant le deuxième tour. Soyons clairs, ça n’a pas marché : j’ai couru vraiment vite durant le premier tour et je n’ai pas réussi à accélérer pour le deuxième tour, j’ai tout juste réussi à maintenir ma vitesse.

Mon premier lièvre fut Pinocchia, une dame courant comme si elle avait des membres en bois. Je me suis dis : « avec un style de course aussi raide, je vais la doubler rapidement ». FAUX ! Elle allait beaucoup plus vite que moi et ma foulée médio-pied mal exécutée et condescendante ; je l’ai perdue de vue après le premier kilomètre. J’ai vite trouvé un nouveau lièvre, un barbu avec un T-shirt bleu. J’entend de loin le martèlement de sa foulée lourde et lente, Barbe-bleue attaque avec le talon. Mais sa vitesse est vraiment très proche de la mienne. Quand le parcours descend il va légèrement plus vite que moi, mais à chaque fois que la route remonte je le dépasse. Durant les neuf kilomètres suivants, c’est une véritable course qui se joue entre nous. Est-ce que Barbe-bleue est mon lièvre, ou suis-je le sien ? Je ne suis pas sûr mais la compétition m’a vraiment motivé.

À  un kilomètre de la fin, on double Tweedledum and Tweedledee (deux filles rigolotes avec des perruques oranges) qui galérent à finir leur 5k. Je voudrais bien les encourager mais j’ai d’autres chats à fouetter, alors j’économise mon souffle pour doubler Barbe-bleue. Sur le final, j’arrive à sprinter et à le doubler juste avant la ligne d’arrivée ! Je pousse un gros râle bien viril, faisant marrer le public au passage, et je passe la ligne après 42 minutes et 39 secondes ! OK, il se trouve que c’est finalement 3 secondes plus lent que le chrono de Barbe-bleue, mais j’ai battu mon précédent record de plus de 2 minutes ! À mon avis, ça mérite bien un cri primal suivi d’une une accolade virile au bonhomme.

Au final, je ne sais pas si je dois plus remercier mon gel énergétique ou Barbe-bleue pour cette performance, mais je suis prêt à parier que l’esprit de compétition a été mon principal moteur. Donc Merci Barbe-bleue d’avoir brisé ma solitude ce jour là et merci de m’avoir aidé à établir mon nouveau record personnel !

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