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Tais-toi et cours !

Tag: Critique

Livre: 80/20 Running

Ça fait longtemps que je n’ai pas parlé d’un livre ici (c’est parce que je ne sais pas lire). La dernière fois, c’était ‘Born to run‘, d’ailleurs si tu ne l’as toujours pas lu, cours l’acheter et lis-le ! Peu après que je l’ai lu, mon cher ami Grand Polak m’a recommandé ‘80/20 Running: Run Stronger and Race Faster by Training Slower‘ de Matt Fitzgerald (ouais, il n’existe qu’en anglais) et il m’a même prêté le bouquin.

Attention spoilers : le tueur est le majordome dans la cuisine avec la matraque. Oups, pas le bon bouquin. Blague à part, ce bouquin dévoile comment améliorer ses performances en courant lentement durant 80% du temps hebdomadaire d’entraînement et en effectuant les 20% restant à intensité moyenne ou forte. Le livre commence avec un peu d’histoire et explique comment des coureurs comme Zátopek savaient déjà qu’il faut s’entraîner dur pour s’améliorer, mais que certains coaches comme Arthur Lydiard ont eu l’intuition qu’il fallait rajouter beaucoup de course facile pour qu’un entraînement soit efficace. Et maintenant, la plupart des coureurs d’élite suivent plus ou moins la règle des 80/20, alors que les coureurs amateurs font plutôt du 50/50.

L’auteur inventorie toute la recherche existante qui appuie sa thèse. Même s’il cite surtout des études qui ne se concentrent pas spécifiquement sur la règle des 80/20 mais plutôt sur l’entraînement polarisé (pas de course à intensité moyenne : l’entraînement est uniquement basé sur des intensités légères et fortes), son argumentaire semble logique et convainquant : courir à faible allure permet de mieux apprécier la course et donne la capacité d’augmenter le volume de course. En augmentant le volume de course, on conditionne notre corps à répéter et optimiser les gestes de course (un peu comme faire des gammes au piano) rendant par là même l’entraînement à haute intensité plus efficace. Une chose qu’il précise tout de même est que cela marche seulement si les 20% restant sont vraiment de forte intensité.

Je ne peux pas vraiment rentrer plus dans les détails parce que c’est vraiment technique, voire parfois même un peu chiant. Heureusement que le livre est parsemé de petites anecdotes parce qu’il y a des passages particulièrement abscons. Je l’ai lu il y a un an et même maintenant que j’ai acquis quelques connaissances sur la course à pieds, je pense qu’il est encore trop technique pour moi. Le dernier tiers du bouquin explique comment construire son propre programme d’entraînement basé sur ses règles et donne quelques modèles de programmes. La barbe.

Malgré tout, j’ai appris quelques choses importantes:

  • C’est une bonne chose que de suivre sa fréquence cardiaque (FC) à l’entraînement. Même si j’ai appris à mes dépens que pour cela il faut impérativement ajuster ses zones de FC correctement. Il est aussi plus précis de calculer ses zones de FC à partir de la réserve cardiaque plutôt qu’en pourcentage de la FC max. Le bouquin l’explique, mais d’une manière très technique et ennuyante.
  • Avec un programme d’entraînement basé sur les zones d’intensité cardiaque, il vaut mieux baser son rythme sur la FC pour les courses à faible intensité (psychologiquement, il est plus facile de se fixer une barrière haute de FC) et de baser son rythme sur la vitesse réelle pour les entraînements d’intensité forte (on va naturellement essayer d’aller légèrement plus vite que l’objectif, ce qui n’est pas une mauvaise chose pour les sessions de haute intensité).
  • Matt Fitzgerald a raison : courir lentement est vraiment plaisant. Maintenant j’attends mes dimanches avec impatience pour mes courses longues !

Pour conclure, ce livre, comme n’importe quelle autre livre traitant de la course à pieds, ne pouvait pas être meilleur que ‘Born to Run’ (parce que je l’ai vraiment adoré). Malgré tout, j’avais des attentes élevées. Mais il était tout simplement trop technique pour moi. Je suis sûr qu’il conviendra à des coureurs plus avancés.

Documentaire : Town of Runners

L’Éthopie est un grand pays dans le monde de la course à pied. Je ne le savais pas avant que Grand Polak y aille pour passer un mois de vacances (j’ai déjà évoqué le fait qu’il ne part en vacances quasiment que pour courir) mais ce pays a donné au monde des légendes comme Haile Gebreselassie et Abebe Bikila, tous deux détenteurs des records du monde du marathon et du semi-marathon en leur temps, ainsi que d’une pléthore d’hommes et de femmes super rapides.

J’ai récemment regardé Town of Runners, un documentaire de Jerry Rothwell sur de jeunes coureuses à Bekoji, une ville du centre de l’Éthiopie, connue pour produire des coureurs de premier ordre comme la championne olympique Tirunesh Dibaba et ses deux incroyables sœurs Ejegayehu et Genzebe. Sans surprises, beaucoup de jeunes du coin s’entraînent dur (très dur) pour suivre les pas de ces géants. Pour beaucoup, c’est leur seul espoir d’une vie meilleure et ils rêvent d’aller à la capitale Addis Ababa puis en Europe ou en Amérique du nord pour vivre de la course ou mieux, devenir une légende à leur tour.

Town of Runners

Town of Runners

Le documentaire suit deux jeunes filles talentueuses et pleines d’espoir qui dédient leur vie à la course (en plus d’aller à l’école et d’aider leurs parents à la maison et dans les champs). Le début est plutôt optimiste, avec l’entraîneur, son sourire éternel et sa confiance en sa capacité à entraîner des athlètes de classe mondiale, comme il l’a déjà fait. Mais la désillusion arrive rapidement, et nos jeunes héroïnes doivent faire face à la tricherie et au favoritisme lors des compétitions auxquelles elles sont inscrites.

Quand elles arrivent finalement à entrer dans des académies de course, les choses s’empirent : elles sont loin de leurs familles, mal nourries et mal traitées. En bref, le documentaire n’est pas si optimiste que ça et nous donne un aperçu de la misère des masses de coureurs qui échouent pour quelques heureux élus.

Tu peux te mater le documentaire complet sur Vimeo ou sur Netflix UK (en anglais et malheureusement sans sous-titres français). Après l’avoir regardé, tu peux lire des nouvelles des personnages un an plus tard, et comme ils sont vraiment attachants, j’aimerais bien en avoir maintenant, 5 ans plus tard.

Il faut lire « Born to run »

Tout est dans le titre. Achète donc ce satané bouquin et lis le ! Sérieusement, quand le Rital Taiseux m’a recommandé de le lire, je me suis exécuté uniquement parce que c’est un de mes amis et que j’ai tendance à avoir confiance en ces gens. Mais en fait je n’avais pas vraiment envie de le lire parce que je n’aime pas trop la littérature non-romanesque, ma pile à lire était déjà haute comme la tour Eiffel et surtout je détestais courir à l’époque.

La narration alterne entre anecdotes sur la course à pied et la quête de Christopher McDougall pour trouver les Tarahumaras, la légendaire tribu de coureur. Ces gars sont hallucinants, quand ils font la fête ils boivent comme des trous puis finissent par une petite course entre pote. Oh, rien de bien méchant, pas plus de 200 ou 300 kilomètres dans les canyons brûlants du nord-ouest mexicain, jusqu’à trois jours d’affilé, avec des tongs faites-main.

Quand il finit par les trouver, il se met en tête de convaincre une bande de cinglés, ultra-runners américains, de les défier sur leur terrain des Copper Canyons (Barrancas del Cobre), dans la Sierra Madre. Ils sont tous plus tarés les uns que les autres. Je n’arrive pas à me décider duquel est le plus fou entre l’ermite qui passe des décennies dans une hutte dans les Canyons juste pour redécouvrir la tribu perdue, la meuf dont la technique de drague consiste à boire plus que l’objet de sa convoitise puis à courir plus vite et plus loin que lui le lendemain matin malgré la gueule de bois, le mec qui décide de participer à un Ironman moderne avec du matos de l’ère victorienne du XIXe siècle et cours pieds nus sur les pierres coupantes du canyon, le type qui s’est fait enlever les ongles des pieds par un chirurgien parce que « de toutes façon ils tombaient sans arrêt », ou un autre des timbrés de l’histoire.

Les anecdotes et les recherches sont au moins aussi captivantes que l’histoire principale et certaines m’ont laissé comme deux ronds de flan. Depuis que j’ai lu le bouquin, je suis pense qu’il y a de bonnes chances pour qu’on soit effectivement nés pour courir et aussi fou que ça puisse paraître, il semble qu’une des raisons pour laquelle homo sapiens a survécu 200 000 ans en tant que bipède omnivore dans un environnement hostile est qu’il chassait probablement les animaux pendant des heures jusqu’à ce qu’ils meurent de fatigue.

En version originale, l’écriture est assez captivante et le livre nous tient vraiment en haleine. J’ai vraiment accroché au bouquin, il m’a fait me marrer à voie haute et m’a laissé stupéfait. Mais la raison pour laquelle il est si bon, c’est qu’il donne vraiment envie de courir et d’aimer ça. Bon, comment ça se fait que tu ne l’aies pas encore acheté? Allez, file !

Ref: Born to run (né pour courir) de Christopher McDougall

PS: Il paraît que la traduction française n’est pas terrible, donc si tu peux, je te conseille de lire la version en anglais : Born to Run: The Hidden Tribe, the Ultra-Runners, and the Greatest Race the World Has Never Seen. Et si tu peux pas, ben essaye, il est moins cher en version originale et ça te fera un bon exercice, bordel!

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