French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

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Semi marathon d’Ealing 2016

Oh yes, j’ai le « Ealing feeling » ! La semaine dernière, j’ai enfin couru le semi marathon que j’ai préparé tout l’été. Je n’ai pas été très assidu avec mon programme d’entraînement : j’ai trop bu (y-compris à un Beer Mile) ce qui a entraîné un foirage total des 10 km de Bushy Park. J’ai aussi sauté quelques courses longues, ce qui a miné mon entraînement de fond. Autant te dire que je n’étais pas super confiant quand je suis arrivé sur la ligne de départ du semi marathon d’Ealing. Je me suis donc fixé un objectif de 1h35, soit 3 minutes plus vite que mon record au Roma-Ostia mais aussi 2 minutes 30 plus lent que mon temps potentiel calculé par rapport à mon record sur 10 km.

Après m’être échauffé, je me suis approché de la ligne de départ. D’après le site officiel, il ne devait y avoir des lièvres que pour des objectifs de 1h40 et 1h30, j’ai donc décidé de me placer entre les deux. Mais j’ai découvert avec joie que le club des Ealing Eagles avaient dépêché leurs propres lièvres pour un objectif d’1h35. Je ne les remercierai jamais assez car ils m’ont vraiment aidé tout au long de la course. Après un peu de bavardage avec les autres coureurs, le top départ a été donné et j’ai commencé à suivre mes lièvres. Après à peine 2 kilomètres, mon lacet gauche s’est défait et j’ai dû m’arrêter pour le refaire. Je me suis maudit de ne pas avoir bien fait un double noeud comme à mon habitude et j’ai accéléré pour rattraper mes lièvres. La plupart du temps, je suis resté juste derrière eux, même quand le parcours était en montée ou en descente. Ils m’ont vraiment aidé à garder un bon rythme et surtout il m’ont empêché de faire mon erreur habituelle d’aller trop vite au début de la course.

En plus d’avoir de quoi réguler ma vitesse, je me suis assuré de bien m’hydrater à chaque point de ravitaillement. J’ai aussi appris de mon semi marathon précédent et j’ai fait le plein de gels énergétiques : j’en ai pris un juste avant le départ de la course, un autre au huitième kilomètre et un dernier au quinzième kilomètre. À cause de la fatigue, j’ai un peu merdé lors de l’ouverture du dernier sachet et je m’en suis foutu plein sur la main gauche qui est devenue collante très rapidement. Heureusement il y avait un ravitallement assez proche et j’ai pu me rincer la main en courant. Grâce à la combinaison de touts ces éléments, je ne me suis pas heurté au « mur » comme à Rome où les 3 derniers kilomètres ont été un calvaire.

En fait, à 3 kilomètres de la fin je me suis même rendu compte que même si j’étais fatigué, j’avais encore de l’énergie et j’ai décidé de doubler mes lièvres afin de battre mon objectif. Ça a été dur mais je savais que je pouvais le faire. À la vue de la ligne d’arrivée, j’ai décidé que je pouvais encore accélérer et j’ai fini en sprintant, tout en lâchant mon habituel cri primal final. Résultat : 1h34m09s, c’est presque 1 minute plus rapide que mon objectif ! J’étais vraiment content de mon temps, même si en théorie j’aurais pu faire mieux.

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Après la course, je me suis étiré pendant un looooong moment et j’ai payé pour un petit massage des jambes. Ce truc m’a permis d’éviter les courbatures à Rome, j’ai donc réitéré. Et à nouveau je me suis senti parfaitement bien le lendemain : ni crampes ni courbatures. Parfait ! Après le massage, j’ai retrouvé quelques amis de Grand Polak. Ce type a un plan machiavélique pour faire courir tout le monde autour de lui et ça marche ! Une de ses amies venait juste de finir son premier semi marathon et était vraiment contente malgré le fait que six mois auparavant elle détestait courir !

D’un manière générale, ce fût une super journée et j’ai adoré cette course. OK, c’est surtout parce que j’étais vraiment content de moi mais aussi parce que le temps était parfait et que le parcours était vraiment agréable (bien que trop vallonné pour faire un super temps) et m’a fait découvrir Ealing. L’ambiance était super : les locaux ont vraiment aidé avec leurs encouragements et leurs bonbons, et ils y avait des groupes jouant de la musique entraînante le long du parcours. Je ne vais pas me plaindre que la plupart du marquage était en sytème impérial parce que j’ai réglé ma montre en métrique et parce que l’organisation générale était vraiment bonne : mon temps officiel était en ligne dans les dix minutes suivant mon arrivée, les photos étaient en ligne le lendemain et j’ai même une vidéo de mon cri primal final !

Championnat des 10 km du Middlesex

Nom de nom, je suis vraiment une feignasse. Je n’ai rien écrit depuis un mois ! C’est aussi nul que Grand Polak. Au moins, j’ai couru et j’ai même concouru. Cette fois j’ai bien fait gaffe à contrôler ma consommation d’alcool les jours avant la course, et j’ai même réussi à ne pas boire du tout à une soirée d’anniversaire. Si ça c’est pas du self-control, je ne sais pas ce qu’il te faut. OK, Draculito ma donné un truc de fana de muscu : boire un Virgin Mary, c’est bien meilleur que la bière sans alcool et ça dure plus longtemps qu’un soda.

Bref, je suis arrivée frais et dispo au départ de la course, sans même une petite gueule de bois pour changer. Le championnat des 10 km du Middlesex était organisé par un autre club, retiens ton souffe : le Victoria Park Harriers and Tower Hamlets Athletics Club mais c’était aussi le championnat de mon club : Serpentine RC. Autant te dire que le niveau des coureurs était bien plus élevé que celui que l’on trouve à une course lambda pour une association caritative. C’était vraiment une expérience à part : tous les coureurs portaient un maillot de club, principalement VPH&THAC et Serpentine, mais j’ai aussi repéré des coureurs de plein d’autres clubs, dont un Mornington Chaser (pas celui que j’ai battu au Beer Mile World Classic malheureusement).

Après ma petite routine d’échauffements habituelle, je me suis dirigé vers la ligne de départ. Comme nous n’avions pas de puce, j’ai deviné que le temps serait calculé par rapport au coup de feu de départ plutôt que le temps réel donc j’ai essayé de me placer assez près de la ligne de départ. Cela ne m’a pris que 2 secondes après le gros BANG pour passer la ligne de départ mais je me suis vite rendu compte que le niveau des coureurs était vraiment bon : la moitié des gens derrière moi m’ont doublé dans les premières centaines de mètres. Ensuite ça n’a pas beaucoup doublé, les coureurs en club touchent leur bille et savent vraiment être réguliers ! Comme d’habitude, j’ai couru mon premier kilomètre trop vite et j’ai essayé de calmer mes ardeurs pour la première moitié. Puis j’ai essayé d’accélérer, mais sans grand succès. Heureusement que je m’étais trouvé un lièvre à ce moment là, sinon j’aurais probablement décroché. J’ai essayer de le doubler pour toute la deuxième moitié de la course mais je n’ai pas trouvé l’énergie. Jusqu’aux 200 derniers mètres où j’ai réussi à sortir un bon petit sprint des familles et je l’ai enfin doublé ! J’ai bien sûr poussé mon cri de victoire devenu ma signature et j’ai attendu quelques secondes pour serrer la main de mon lièvre qui arrivait juste derrière. Il m’a félicité, mais au fond de moi j’étais un peu déçu parce que je savais que mon temps officiel serait de 42 minutes et 1 seconde.

Juste 2 secondes plus vite et j’aurais pu me la péter en disant que je coure 10 kilomètres en moins de 42 minutes ! C’est vraiment frustrant, surtout que s’il y avait eu des puces, mon temps réel aurait probablement été dans cette zone. Depuis, j’ai un peu relativisé et au final je suis bien content puisque j’ai tout de même battu mon record précédent de 21 secondes. On va dire que c’est un bon présage pour mon semi-marathon la semaine prochaine.

Middlesex 10k Championship

Une tripotée de coureurs de Serpentine au championnat des 10 km du Middlesex

10K à Bushy Park en août

Dans mon programme d’entraînement pour mon prochain semi-marathon, je dois courir 2 courses de 10 km et j’ai décidé de courir celui de Bushy Park à nouveau. Je l’ai déjà couru en janvier et j’avais accompli l’exploit de battre mon record malgré le froid et la boue, j’espérais donc renouveler cette prouesse en été. Mais j’ai eu une préparation contre-productive pour cette course : j’ai couru mes collines, mes fractionnés et mes jogs faciles, mais j’ai passé les deux dernières semaines à boire – ça a commencé par une enterrement de vie de garçon, et puis un excellent ami est venu me rendre visite toute la semaine dernière. En plus, j’ai dû me lever à 5h du matin le jour de la course pour accompagner le susmentionné ami à la gare, donc dire que j’étais fatigué avant de commencer la course est en dessous de la réalité !

Cerfs à Bushy Park

Cerfs à Bushy Park

Quoiqu’il en soit, je suis arrivé à Bushy park tôt, ce qui m’a donné du temps pour me rabibocher avec mes potes les cerfs impassibles qui étaient juste intéressés par l’herbe qu’ils mâchonnaient. J’ai fait ma petite routine pré-course : aller aux toilettes, faire un double noeud à mes chaussures, courir dix minutes à un rythme lent, faire quelques étirements dynamiques et des échauffements de course classique (petits bonds, pas chassés, monter les genoux et les talons, etc). Et puis je me suis pointé sur la ligne de départ avec mon tout nouveau maillot de Serpentine, c’est bon de courir avec les couleurs d’un club à représenter ! Il y avait des coureurs d’autres clubs donc je me suis dit que je me devais de bien courir pour le club.

Une fois le signal de départ donné, j’ai commencé à courir un peu trop vite et j’ai dû ajuster ma vitesse. Je visait un nouveau record personnel et j’ai donc gardé un rythme entre 4:00 et 4:10 minutes par kilomètre. Par chance, un autre gars courrait exactement à la même vitesse depuis le départ ! Je l’ai donc utilisé comme lièvre (à moins que ce ne soit lui qui m’ai utilisé comme lièvre) et on a couru l’un à côté de l’autre pour la plus grande partie du premier tour de 5 km. C’était dur, mais je pensais pouvoir tenir la distance à cette vitesse. Et puis quelques centaines de mètres avant la moitié de la course, mes jambes ne voulaient plus me suivre et ma vitesse a commencé à diminuer. Mon lièvre a continué au même rythme et a commencé à prendre de l’avance petit à petit. J’ai fini le premier tour en 21:09, ce qui était parfait pour mon objectif de battre mon record : il me suffisait de rattraper mon lièvre et c’était bon ! Mais mes jambes ne voulaient vraiment pas continuer et ma vitesse a continué à diminuer. Après le kilomètre 6, un autre mec m’a rattrapé et m’a demandé si tout allait bien, ce à quoi j’ai répondu que j’avais commencé trop vite et que je ne réussirais pas à courir sous les 42:22 comme j’avais prévu. Lui et quelques autres coureurs ont aussi fini par me doubler. Au kilomètre 7, mes jambes étaient tellement réticentes que mon seul objectif est devenu de finir la course et de ne pas me laisser aller à l’envie de marcher. Ma vitesse a continuer à baisser et j’allais maintenant plus lentement que ma vitesse de semi-marathon et approchait dangereusement ma vitesse de jogging. Mais mes jambes étaient de plus en plus lourdes et je ne faisais plus que me battre pour simplement continuer à courir. Mon corps me faisait payer les 2 semaines continues de descente de bières. Mais je me devais de continuer à tout prix, ne serait-ce parce que je portais les couleurs du club. Un cerf a même couru à côté de moi sur une centaine de mètres et m’a donné un peu de courage. Et j’ai tenu, j’ai couru jusqu’à la fin malgré la fatigue. J’ai fini 14ème avec un temps décevant de 44:56 mais j’étais tout de même content de ne pas avoir abandonné. Et je n’étais pas le seul a avoir fini en dessous de mes attentes : j’ai discuté avec un autre coureur qui a terminé en 2 minutes de plus que ce qu’il voulait. Si j’avais fini 2 minutes et 30 secondes plus vite, comme prévu, j’aurais fini 9ème ou 10ème, ça m’aurait vraiment fait plaisir !

Mon impression générale après la course était un sentiment de déception mais ça m’a donné la motivation de retourner à un mode de vie plus sain et moins alcoolisé. J’espère pouvoir battre mon record sur 10 km dès septembre !

Beer Mile World Classic

Cela faisait un petit moment que j’en parlais mais ça y est, j’ai enfin couru un Beer Mile ! Et pas des moindres, puisqu’il s’agissait du Beer Mile World Classic [en] avec l’élite mondiale de la discipline ! Les règles [en] sont simples : tu bois 1 bière puis cours 1 tour de piste et tu répètes ça 4 fois. Si tu vomis ou ne finis pas une de tes bières, tu cours un tour de pénalité. Il y a quelques petits points de règlement (canettes ou bouteilles de 355ml seulement avec un minimum de 5% d’alcool) mais sinon c’est aussi simple que ça.

Grand Polak avait prévu de venir avec moi mais au final il a du abandonner parce que cet imbécile s’est blessé au pied. Mais le pire c’est qu’il n’est même pas venu me soutenir et s’enfiler quelques bierasses lors de cette journée évènement. Peu importe, je suis venu avec mon maillot Serpentine [en] que je me dois de porter en compétition, et ce maillot Serpie m’a permis de me faire des amis (et des ennemis) comme tu vas voir. Je suis arrivé assez tôt et j’ai bien fait parce que j’était dans la deuxième course, ce qui m’a donné juste assez de temps pour me changer, de regarder la première course pour en tirer quelques enseignements, et de m’échauffer pour ma propre course. Lorsque j’ai reçu mon dossard, on m’a recommandé de roter autant que possible pour éviter de dégobiller. Ce fût une très bon conseil : la bière par défaut était de la Heineken, qui est vraiment gazeuse et peut facilement provoquer la gerbe si on court sans éliminer rapidement le gaz. Et je ne voulais pas me prendre un tour de pénalité.

Sur la ligne de départ, tous les coureurs on le doigt sur la capsule de leur bière, prêts à l’ouvrir. Le commentateur (très drôle) fait le décompte et Pssscht, tout le monde ouvre sa bière et commence à la descendre. Nom de nom, c’est beaucoup plus difficile que ce que j’imaginais ! Non seulement cette bière n’est pas bonne, mais en plus elle est tellement gazeuse que je n’avale que de la mousse, ce qui la rend impossible à ingurgiter rapidement. J’éructe plusieurs fois et je finis par la vider, mais au moins sept ou huit gars ont finit la leur avant moi. Quel départ pitoyable, je suis déçu par ma performance jusqu’à présent mais je décide de ne pas m’attarder et je commence à courir. Les cent premiers mètres ne sont qu’un long rot retentissant, et je ne suis pas le seul pour qui c’est le cas. Et puis très tôt dans la course, je repère qui sera mon lièvre : un rouquin avec un maillot à rayures blanches, oranges et vertes.

À la fin du premier tour, tandis que les spectateurs l’encouragent, je comprends qu’il est du club des Mornington Chasers. Mais oh, moi aussi on m’encourage ! Un groupe crie « Go Serpie ! » et ça me donne un bon boost : je lève le poing et je bois plus vite. Je commence à prendre le truc, mais cette bière est toujours aussi dure à avaler et le Mornington Chaser à encore beaucoup d’avance sur moi. Encore quelques rots en courant, mais toujours pas d’envie de vomir, c’est bon signe. À la fin du deuxième tour, une autre salve d’encouragements me réchauffe le cœur et je commence à m’enfiler ma troisième Heineken. Ce satané chaser est toujours en avance sur moi, mais j’ai réussi à grappiller quelques secondes précieuses dans la chug zone (zone de descente des bières) et maintenant il est atteignable : 4 minutes et 10 secondes après le début de la course, j’accélère et je finis par le doubler ! Mais pas pour longtemps et il me dépasse à nouveau juste avant la chug zone. Avec la fatigue, il devient difficile d’avaler quoi que ce soit mais j’arrive à descendre ma canette juste une seconde avant le chaser. Je cours un dernier tour raisonnablement rapide (1:20) et je finis sur un beau sprint que le commentateur décrit comme « superflu » mais qui me permet de finir 10 secondes avant mon adversaire en un temps relativement médiocre de 7 minutes et 35 secondes. Mais c’est un nouveau record pour moi et j’en suis fier !
[Regarde la vidéo de la course sur Trackie]

Serpentine v Mornington Chasers

Serpentine v Mornington Chasers

On se serre les mains et on échange quelques plaisanteries sur nos clubs respectifs. D’autres serpies viennent me féliciter pour mon temps et pour mon sprint final. Il se trouve qu’il y a plein de membres du club aujourd’hui mais la plupart sont bénévoles pour l’organisation de la course. Je me fais plein d’amis, on échange quelques conseils et on échafaude des stratégies pour améliorer notre temps au Beer Mile. La meilleure suggestion est de courir avec une bière choisie pour son meilleur goût et pour son absence de bulles. Quelqu’un estime que la Guinness doit être une bonne option, pour ma part je suis plus convaincu par une ale. Malheureusement une bière comme la London Pride n’est pas assez alcoolisées pour être acceptée officiellement ce qui est vraiment dommage car c’est une des bières les plus plates que je connaisse. Je me promets de rechercher et de trouver la bière idéale. Il y a quelques brasseurs autour de la piste aujourd’hui et leurs bières sont de bonnes candidates potentielles.

À propos des brasseurs, j’apprécie l’après-course en buvant quelques pintes de leur délicieux breuvage pendant que les autres courses ont lieu. Je veux rester pour voir les courses « élite ». Les femmes sont assez impressionnantes, mais les hommes le sont encore plus ! Corey Bellemore, un canadien, explose le record du monde avec un temps de 4:34 ! C’est la première fois de ma vie que je suis témoin d’un record du monde dans quelque discipline que ce soit ! Ceci dit, je n’ai pas été impressionné par tous les coureurs :  le dernier de la course élite a fini en 8:21 ce qui fait 46 secondes plus lent que moi, et ça me donne des idées de grandeur : je pourrais rejoindre ou créer l’équipe de France du Beer Mile !

Pendant les autres courses, j’ai commencé à m’acoquiner avec les brasseurs et une bénévole (une serpie) est venue me proposer de porter un costume de Charlier (Où est Charlie) et de courir un relais avec. Bien sûr, j’ai répondu oui ! Dans mon équipe il y avait un des brasseurs, un autre serpie et Corey Gallagher, le légendaire coureur du Beer Mile qui est le premier à avoir brisé la barrière des 5  minutes ! J’étais vraiment honoré et j’ai décidé de faire une course à la hauteur, j’ai donc acheté une bouteille de saison de Solvay Society Brewery pour l’occasion. Elle était beaucoup plus facile à boire et j’ai réussi à la boire cul-sec. Je n’ai presque pas roté et j’ai couru mes 400 mètres sous les 70 secondes, j’ai donc bien participé à l’effort de l’équipe qui nous a valu un temp final de seulement 5 minutes et 40 secondes. mais à la fin l’équipe du Canada a gagné et a établi un nouveau record du monde à 4:06 !
[Regarde la vidéo de la course sur Trackie]

French Bloke is a Wally

French Bloke est Charlie

Au final ce fût une journée splendide. La récupération ne fût pas facile, mais tu peux être sûr que je vais en courir d’autres !

Plus de course avec Serpentine

J’en parlais récemment, je viens tout juste de rejoindre le Serpentine Running Club. J’ai déjà fait une session de collines avec le club et bien que ce fût dur, j’y suis retourné la semaine dernière et je vais certainement y retourner samedi. Ce n’est pas que j’adore courir en montée, mais je ne suis pas aussi bon que je le pensais et je vois les bénéfices très rapidement. Cette fois, c’était encore plus dur que la fois précédente : on a couru 3 fois 12 minutes en montée et en descente sur les pentes du parc de Greenwich. Cette fois j’étais moins ridicule que la première fois : je n’ai pas tout donné pour les douze premières minutes, il me restait donc de l’énergie pour les 2 intervalles suivants et je n’ai pas fini dernier. J’ai même réussi à doubler quelques coureurs pendant l’exercice ! Donc je commence à y arriver et c’est gratifiant de voir que je progresse.

L’évènement principal de la semaine avec les Serpies n’était pas cette session d’entraînement mais le championnat du club. Mardi dernier, il s’agissait du championnat pour le Mile (1,609 km) sur la piste de Paddington. Les distances moyennes ne sont pas ce que je préfère courir, mais Grand Polak m’a convaincu de venir sur la piste ce jour là. C’était vraiment bien de voir autant de courir en même temps et de voir autant d’adhérents motivés et engagés dans la vie du club. Cela a renforcé mon sentiment d’appartenance au club, surtout que tout le monde doit porter les couleurs du club pour les courses.

Les coureurs ont été séparés en plusieurs groupes selon leur temps estimé. Il y avait 2 groupes de femmes et 5 groupes d’hommes. En se basant sur mon seul temps sur 1 Mile (5:42 au Westminster Mile) j’ai été affecté au groupe ‘C’, ce qui n’est pas mal pour une première fois.

J’ai fait mon échauffement avec les étirements dynamiques et tout le pataquès. Sur la ligne de départ, j’étais un peu intimidé et j’ai oublié tous les conseils que m’avait donnés Grand Polak un mois auparavant au Westminster Mile. La course a commencé très vite et même si j’était derrière le pack je savais que je ne pourrais pas tenir ce rythme pour 4 tours de piste, je suis donc resté derrière, en laissant progressivement les autres coureurs agrandir l’espace qui nous séparait. Je pense qu’être dernier et voir les autres coureurs augmenter leur avance m’a un peu démotivé et je n’ai pas couru aussi vite que j’aurais dû. Malgré le fait que j’ai réussi à doubler un coureur sur le dernier tour, j’ai fini en seulement 5:46, soit 4 secondes de plus que ma performance au Westminster mile. C’était mauvais pour 2 raisons : normalement on est censé courir plus vite sur piste que sur route, et c’était la première fois que je ne bats pas mon record lors d’une course.

Quoi qu’il en soit, je ne l’ai pas trop mal pris : d’un certaine manière j’ai établi un nouveau record car c’était la première fois que je courrai 1 mile sur piste. Et puis je savais que je n’avais pas tout donné : mes poumons ne brûlaient même pas à la fin de la course ! Donc je savais que je ferai mieux la prochaine fois. Et puis quelqu’un avait plus de raisons de se plaindre que moi : grand Polak n’a pas pu courir car il s’est blessé au pied et il était vraiment dégoutté. Cela ne l’a pas empêché (ni moi d’ailleurs) d’aller boire une pinte au pub avec tout le monde après la course.

Running track

Running track Photo by Colin Harris

Les 10000 mètres de Londres

Voilà la beauté du système métrique : 10 km font aussi 10 000 mètres. Bien qu’en général une course de 10 000 m fait référence à une course sur piste et un 10K fait référence à une course sur route, il semblerait que les organisateur du « London 10000 » se soient un peu plantés. Quoi qu’il en soit, c’est encore Grand Polak qui m’a convaincu de m’inscrire à cette course et je n’ai pas été difficile à convaincre : le parcours est entièrement dans le centre de Londres et passe devant les monuments les plus emblématiques de la ville comme Buckingham Palace, Trafalgar Square, la cathédrale St Paul’s, le parlement et son gros Ben, etc…

Grand Polak m’a dit d’arriver tôt et on s’est retrouvés à la station Embankment où il était déjà avec un groupe de potes du club Serpentine [en]. Il essaye de me convaincre de rejoindre le club et je résiste mais je risque fort de céder au bout d’un moment. Tous ces mecs courent vraiment vite, ils avaient presque tous un objectif en dessous des 40 minutes (34 minutes l’un d’entre eux !) alors que moi je voulais humblement de réitérer mon record de 42:39 tout en espérant secrètement de faire un temps en dessous de 42 minutes. Pour être honnête, je n’étais pas très optimiste parce que j’avais l’impression de ne pas avoir progressé les derniers mois, en plus j’ai pris 1 ou 2 kilos pendant mon séjour en France, ce qui n’aide pas à courir vite.

Nous avons tous marché ensemble vers la ligne de départ, avons discuté (de course à pied bien sûr) et nous nous sommes perdus au moment de déposer nos sacs – tu dois bien t’imaginer qu’un vestiaire pour 10 000 coureurs est un endroit où il est facile de se perdre. Je suis donc allé m’échauffer seul. Comme d’habitude : 10 minute de jogging tranquille, des étirements dynamiques, un peu de sprint et d’exercices variés. Sur la ligne de départ, j’ai revu Grand Polak qui était en retard et essayait de se frayer un chemin vers les premières lignes. On a fait un petit high-five  et on s’est souhaité bonne chance. J’ai avalé un gel énergétique et la course a démarré.

Comme d’habitude j’ai essayé d’être un peu ambitieux et je visais un rythme de 4:10 minutes par km qui devait me permettre un temps sous la barre des 42 minutes et m’assurerait un nouveau record. Je savais que ça ne serait pas facile parce que le parcours n’était pas vraiment plat et surtout parce que j’avais couru le Mile de Westminster la veille. Le premier kilomètre a été un peu bordélique, comme dans toutes les courses avec beaucoup de participants. Certains coureurs n’avaient rien à faire dans la première vague et ça m’a pas mal gêné au début. Les organisateurs devraient vraiment penser à faire des vagues plus petites au départ. Bref, j’ai passé la première borne après 4 minutes et 20 secondes et je n’étais pas vraiment content. Je me suis forcé à me répéter un mantra positif (un truc du genre « je vais gagner ») pour surmonter ma négativité du jour et quand j’ai enfin réussi à dépasser les coureurs les plus lents, j’ai poussé un peu et j’ai réussi à courir à une vitesse proche de ce que je voulais.

À ce moment, j’étais plutôt content parce que je voyais Londres d’un angle de vue complètement nouveau. C’est pas tous les jours qu’on peut courir au milieu de la rue sur le Strand ou sur Holborn, à côté de là où je travaille. Aux alentours de Bank, j’ai vu un groupe marcher sur le parcours avec une banderole qui disait « 10K en 1 jour », ils étaient avec un mec qui marchait lentement en tenant son fauteuil roulant, probablement pour sensibiliser le public à sa maladie. Je n’ai pas eu le temps de lire de quoi il s’agissait mais je me suis senti admiratif pour le bonhomme, il doit falloir un sacré courage ! Toutes ces petites choses m’ont redonné le moral et j’ai réussi à maintenir ma vitesse proche de mon objectif.

Mais à la cinquième borne, mes jambes se sont décidées à me rappeler la course sur 1 mile que j’avais faite la veille et elles m’ont dit « Hé crétin, si tu penses vraiment qu’on va continuer comme ça pendant encore 5 kilomètres, tu peux aller te faire voir ! ». Après 4 minutes et 23 secondes d’échange d’insultes avec mes jambes et mon kilomètre le plus lent de la course, j’ai fini par gagner l’engueulade (je suis plein de resources quand il s’agit de concours d’insultes) et je suis reparti à un rythme acceptable bien qu’en dessous de mon objectif.

Une vieille femme – ok, pas si vieille que ça mais elle aurait pu être ma mère – m’a doublé et j’ai décidé qu’elle deviendrait mon lièvre à partir de ce moment. Et ça a marché ! Nous avons couru côte à côte pour les 4 kilomètres qui ont suivis et j’ai décider de la semer pour la fin. J’ai couru les mille derniers mètres en 4:03 et j’ai réussi un sprint final grâce à mon cri devenu ma marque de fabrique. RHAAAAAAAAA! Oui, il a duré au moins neuf A et il m’a permit d’établir mon nouveau record personnel à 42 minutes et 22 secondes. Au début j’étais un peu déçu car il me restait encore de la négativité du matin mais au bout d’un moment je me suis rendu compte que c’était un nouveau record personnel quand même et que ça c’est vraiment cool !

Lanky Pole & French Bloke at the London 10,000

Grand Polak & French Bloke au London 10,000

Après une longue queue pour récupérer mon sac à dos j’ai retrouvé mon Grand Polak, on s’est étirés ensemble et on a pris une photo de la victoire. On a retrouvé ses potes de Serpentine et on est allés au pub le plus proche pour remplir nos estomacs de bonne bouffe et de bonne bière tout en parlant de course à pieds (quelle surprise), et voilà un pas de plus dans la direction de l’adhésion au club.

Cracher ses poumons au Westminster Mile

J’avais dit que je n’utiliserais pas le système impérial sur ce blog. J’ai menti. Mais c’est la faute de Grand Polak ! Quand je me suis inscrit pour le London 10000m, il a réussi à me convaincre de m’inscrire pour le Westminster Mile aussi. À l’époque, je trouvais ça logique : c’était la veille du 10K et ça ferait une bonne préparation. Quel imbécile j’ai fait !

Westminster Mile map & bib

Westminster Mile map & bib

Dimanche matin, j’ai retrouvé Grand Polak à Green Park à 8h15 et on a commencé à  explorer le trajet de la course. 1 mile c’est vraiment court, à peine plus de 4 fois 400m et c’est d’ailleurs habituellement couru sur piste. Cela ne fait même pas le tour complet de St James Park ! Ce mile ci est vraiment pittoresque : il commence sur le Mall, continue tout autour de St James Park le long des bâtiment de la Garde Royale à cheval et du musée impérial de la guerre et il finit juste devant Buckingham Palace !

Grand Polak est en train de passer de la longue distance aux distances moyennes, il devrait donc être de bon conseil pour cette distance, mais il m’a juste dit : « c’est facile, il suffit de courir vite ». Bon d’accord, après ça il m’a donné quelques vrais conseils et il m’a dit : « Commence à travailler à 800 mètres, ne commence pas ton sprint final trop tôt : à 200 mètre de la fin pas avant ». En fait, c’est beaucoup plus complexe que ça et il y a même beaucoup de stratégie surtout sur piste mais je voulais simplement courir mon premier donc il n’est pas trop entré dans les détails.

Après notre inspection, nous avons commencé à nous échauffer : 10 minutes de jogging, des étirements dynamiques et quelques courts sprints pour la forme. Bien sûr, comme avant chaque course nous sommes allés nous vider la vessie et avons noué nos lacets comme il faut – ce sont les deux choses les plus importantes, souviens-toi ! Nous nous sommes alors dirigés vers la ligne de départ. Grand Polak dans la première vague et moi dans la deuxième. Je visais de courir sous les 6 minutes. Je me disais que c’était plutôt un bon objectif : c’est un chiffre rond et c’est exactement le temps que je devais faire d’après le race predictor [en] sur la base de mon record sur 10K.

Le départ a sonné et j’ai commencé à courir. « Courir vite » n’était pas le meilleur conseil du monde parce que je me suis vite rendu compte que je ne tiendrais pas les 800 premiers mètres si je courais trop vite. J’ai donc suivi les autres coureurs de ma vague. Bon d’accord, je suis allé un peu plus vite que la moyenne parce que ça me semblait un peu lent tout de même. Rétrospectivement je pense que j’ai démarré trop vite mais il semble que c’est une erreur assez commune pour les débutants et de toutes façons je n’ai pas été doublé par trop de monde à la fin donc je n’était pas trop loin de ce que j’aurais dû faire. J’ai essayé de regarder ma montre (comme je le fais pour les longues distances) et de rester à un rythme de 3:40 par km mais c’est dur de se regarder le poignet en faisant un tel effort et puis la montre n’avait pas l’air très précise. Au final je n’ai quasiment pas couru à ce rythme, mais tantôt beaucoup plus vite, tantôt beaucoup plus lentement.

À la borne des 800m, je me suis demandé « C’est bien à 800 mètres que Grand Polak m’a dit de commencer à travailler ? » mais je commençais à fatiguer alors je me suis dit « Naaaaaan, je crois bien qu’il m’a dit de commencer 400 mètres avant la fin, je vais m’économiser un peu ». Oui je sais, je suis une grosse feignasse. Et puis il y avait cet emmerdeur à côté de moi qui attaquait du talon et me déconcentrait avec ses foulées super bruyantes et sa cadence super lente (j’était en moyenne à 213 foulées par minute) et je commençais à avoir hâte de finir. Quand la borne des 400m est arrivée, j’ai commencé à « travailler » et je l’ai laissé derrière. Visiblement je ne travaillais pas assez dur car je me suis fait doubler par quelques coureurs. À la borne des 200m je n’ai pas réussi à convaincre mon corps de sprinter, j’ai essayé d’aller plus vite mais mes jambes ne voulaient pas suivre, elles avaient trop mal. À la borne des 100m et à la vue de la ligne d’arrivée, j’ai tout de même réussi à surmonter la fatigue et à accélérer. À 10 mètres de la fin j’ai tout donné et j’ai poussé un gros cri. J’ai l’impression que ce cri final est en train de devenir ma signature (souviens-toi mon 10K au parc olympique).

Je suis vraiment content de mes 5 minutes et 42 secondes, c’est 18 secondes de mieux que mon objectif et j’étais aux anges : un nouveau record dans l’escarcelle ! Grand Polak était déçu par ses 4 minutes et 52 secondes, c’était son premier mile sur route et il n’avait pas ses repères habituels comme il peut les avoir sur piste. Après ça nous sommes allés faire un petit jogging de récupération mais je n’ai pas pu en faire trop parce que mes poumons me brûlaient et ma gorge me faisait tellement mal que j’avais presque le goût du sang dans la bouche. Cela ne m’a pas empêché de m’étirer correctement et surtout d’aller au pub pour célébrer comme il faut avec une pinte et mon bon petit déjeuner anglais. Pas trop tout de même car nous devions courir le 10K le lendemain !

Ma première course : du grand n’importe quoi à Cluj Napoca

Il faut que je te ramène au mois de septembre 2015. À l’époque je ne courais que depuis 2 ou 3 mois mais j’étais vraiment à fond, probablement parce que je m’améliorais rapidement, progrès non sans relation avec une bonne perte de poids durant l’été. Rassure toi, cela ne m’empêchait aucunement de boire comme un trou. Bien au contraire.

J’ai passé cette semaine de septembre en Roumanie avec ma Choupichouette, Grand Polak et un groupe de potes, tous invités par Draculito et Yoga Girl.  Ce pays est vraiment très accueillant, un fût de bière y est moins cher qu’une pinte d’ale à Londres, et la nourriture y est principalement à base de gras de cochon, de polenta et de crème (je vous ai dit que c’est un pays TRÈS accueillant?).  Nous sommes arrivés un samedi. Évidemment, nous avons passé la nuit à écumer les bars de Cluj Napoca.

À un moment donné, tard dans la nuit, nos sens et nos pensées déjà lourdement affectés par les quantités industrielle de bière ingérées, Draculito nous annonce un truc du genre « Au fait les gars, je sais que vous aimez courir et il y a une course ici demain. Je suis sûr que vous pourrez vous inscrire le matin même. Le site web dit que la course fait dans les 6 km ». Bien sûr, on a répondu « Ouais, allez on le fait ! » et on a repris nos activités nocturnes (principalement boire et raconter de la merde).

Le lendemain matin, Choupichouette, Grand Polak et moi étions sur la ligne de départ avec la gueule de bois des grands soirs. Autant dire que je n’étais pas vraiment motivé pour m’échauffer, mais Grand Polak ne m’a pas donné le choix et dès qu’on a commencé a courir, la gueule de bois a commencé à s’estomper. L’atmosphère commençait à chauffer aussi, surtout parce que le gars et ses bimbos sur la scène entraînaient tout le monde à faire de grands mouvements sur de la techno-dance d’Europe de l’est, très forte. Puis tout le monde s’est dirigé vers la ligne de départ et j’ai commencé à sentir monter la tension.

Et c’est parti ! J’ai commencé à courir, en visant un rythme pour 6 km et ça allait plutôt bien. Il était assez évident que la plupart des participants n’avaient jamais couru une minute avant ce jour et ça faisait du bien de doubler tout le monde, même si certains étaient bien entraînés et impossible à doubler ou même garder en vue pour moi. Fin du premier tour, ma montre me dit que j’ai fait un peu plus de 2 km. OK, il doit rester 2 tours, je vais éviter de me tuer pour le moment, je courrai plus vite au troisième tour. Alors je garde mon énergie pour plus tard (ce qui ne m’empêche pas de transpirer à grosses gouttes). La ligne d’arrivée apparaît pour la seconde fois et il semble clair qu’il n’y aura pas de troisième tour, donc je sprinte aussi vite que je peux, je double quelques grosses larves et je passe la ligne d’arrivée.

Une jeune fille habillée très court me passe une médaille autour du cou, je suis sûr que je vais me faire engueuler par Choupichouette, mais je suis content. Rien à cirer de la pouf : je me sens tout euphorique à cause de la course. J’ai fini ! Bon, j’aurais pu faire mieux si j’avais su qu’il n’y avait que deux tours, mais je me sens super bien ! L’atmosphère est électrique, j’ai couru, je l’ai fait !

Cluj-Napoca Crosul Companiilor 2015

Quelques minutes plus tard, Grand Polak passe la ligne d’arrivée à son tour. Il a couru tellement vite que les bimbos n’étaient pas encore en place lorsqu’il a fini son deuxième tour, alors il a fait un troisième tour ! Quoi qu’il en soit, il a presque volé la course et a fini dans le top 5 (sur un bon millier de participants). Choupichouette était visiblement très contente aussi, elle a couru un semi-marathon la semaine suivante. Ouais, c’est une fille comme ça.

Le jour suivant, Yoga Girl nous a organisé une petite session de yoga pour nous détendre. Vindiou, que c’était bon de s’étirer ! Je le recommande vraiment après une course, surtout après une aussi portnawak que celle-ci.

Roma Ostia – Le semi-marathon à l’italienne

Ah ! Rome en mars ! C’est vraiment la saison parfaite. Ensoleillé mais pas trop chaud, de la bonne bouffe à s’en faire péter le ventre, un nombre acceptable de touristes, et le semi-marathon italien avec le plus grand nombre de participants.

J’avais promis au Rital Taiseux que je viendrais courir le  semi de Roma-Ostia avec lui s’il venait à Run in Lyon, ce qu’il a fait. J’ai donc dû tenir ma promesse. Je dois admettre que je ne suis pas allé à Rome à reculons. À vrai dire, j’étais tellement motivé que j’ai commencé un programme d’entraînement dès novembre exprès pour cette course. Cela ne m’a pas empêché de ne pas obtenir mon certificat médical à temps pour la course, gros procrastinateur que je suis (les procrastinateurs sont les leaders de demain, estime toi prévenu). Par chance, mon Rital Taiseux est un excellent ami et à réussi à m’obtenir des rendez-vous avec les bonnes personnes à la dernière minute.

L’Italie est un drôle de pays. Rital Taiseux à appelé le labo pour savoir quand on pourrait avoir les résultats d’un test urinaire si on venait samedi matin. On lui a répondu « Dans ce cas, les résultats ne seront pas prêts avant lundi mon brave monsieur », ce à quoi il a répondu que non, vraiment ça ne le ferait pas, ce qui a suffit à leur rappeler que finalement les résultats pourraient être prêts en deux heures, pour le même prix. Nous sommes donc allés au labo déposer mon petit bocal et nous sommes repartis pour un petite course facile dans le plus beau paysage urbain imaginable : on jogge devant les ruines du Forum Romain antique, on trottine devant le Cirque Maxime, et on finit tranquilou devant le Colisée.

French Bloke and Quiet Roman

French Bloke et Rital Taiseux devant le Colisée

L’Italie est un drôle de pays. Pendant notre petit déjeuner, un gars criait un refrain répétitif dans la rue en bas. Apparemment, ce type suit une vieille tradition de crieur de rue offrant ses services d’affutage de couteaux ou de réparation de four. Mais ce n’est que la version officielle. Mon Rital Taiseux me dit que puisque plus personne n’a besoin de ce genre de services, le type vend certainement de la drogue et rabat ses clients à la criée. Après le petit dèj,  on est allés chercher mes résultats et on a filé à Ostia pour mon certificat médical.

L’Italie est un drôle de pays. Le médecin que j’ai rencontré était un type débonnaire dans la cinquantaine, vraiment relax, et lâchant visiblement des blagues à la moindre occasion dans un accent romain bien marqué, ce qui m’a fait regretter de comprendre l’italien aussi mal. Tout ce que j’ai compris, c’est que mon rythme cardiaque de 49 au repos l’a convaincu que j’étais molto atletico, ce qui a suffit à lui faire signer le satané papier.

Au paradis, la police est britannique, les cuistots sont italiens, les mécanos sont allemands, les amants sont français, et tout est organisé par les suisses.
En enfer, la police est allemande, les cuistots sont britanniques, les mécanos sont français, les amants sont suisses et tout est organisé par les italiens.

L’Italie est un drôle de pays. Quelques fruits de mer et pâtes plus tard (oui, ce sont des unités officielles de temps là bas), on est allés chercher nos dossards et on a eu eu la preuve que le stéréotype est vrai. Nous étions au paradis à midi, mais maintenant nous étions en enfer. Sur le papier, tout était organisé parfaitement : il y avait plusieurs tables où on pouvait montrer une preuve d’identité et donner son certificat d’identité en échange de son dossard et d’un sac à code couleur. Le sac servirait à ranger des affaires propres que l’on retrouverait à la ligne d’arrivée, le tout transporté par l’organisation de la course. En réalité, il n’y avait aucune indication, et pas de queue organisée, il fallait se battre pour atteindre une table où le bénévole t’annonce que tu n’es pas au bon endroit et que tu dois faire tamponner ton formulaire avant de retirer ton dossard, mais que si tu étais étranger il fallait aller encore à une autre table. J’avais l’impression d’être dans « la maison qui rend fou » dans les Douze Travaux d’Astérix. On a finalement réussi à retirer nos dossards, nos sacs de couleur et un beau t-shirt Adidas. Comme c’était la fin de la journée, on est allés carb-loader dans une trattoria locale qui servait un Cacio e Pepe à se damner (Pecorino et poivre, miam). Puis on a filé au lit.

Cacio e Pepe

Cacio e Pepe

L’Italie est un drôle de pays. On est arrivés sur la ligne de départ tôt le matin pour pouvoir poser nos sacs dans les camions qui allaient les transporter jusqu’à l’arrivée. Tout avait l’air tellement bien organisé que ça en devenait douteux. Les camions étaient faciles à trouver et bien alignés dans l’ordre, avec deux bénévoles dans chacun pour ranger les sacs. Le numéro du camion était inscrit sur le dossard et sur une étiquette sur le sac. Le mien était le camion № 6 et celui du Rital Taiseux était le № 22, ce qui était bizarre car on ne pouvait voir que des camions numérotés de 1 à 21. C’est quoi ce bordel ? Les bénévoles du camion № 21 nous on informé qu’il y avait tout simplement pas de camion № 22 et qu’il fallait poser son sac dans n’importe quel camion et se souvenir du numéro. Tout est normal…

Le Rital Taiseux et moi avons vidé nos vessies et sommes parti pour un court échauffement : petit jogging de 10 minutes, des pas chassés, on monte les genoux, et hop, direction la ligne de départ. Il y avait plusieurs sas, mais comme aucun de nous n’avait couru de semi-marathon avant, on a dû partir avec la dernière vague. Le Rital Taiseux est retourné pisser juste avant que notre sas commence à se diriger vers la ligne de départ et nous nous sommes perdus de vue. Juste avant le coup de feu de départ, on a finit par se retrouver du regard et on a levé les poings au ciel pour s’encourager mutuellement.

On the Roma-Ostia starting line

La ligne de départ du Roma-Ostia

Pan ! J’ai l’impression que c’est un vrai coup de feu car il y a de la fumée. Le départ est facile et descend un peu. Le seul truc chiant c’est qu’il y a tellement de gens que je me retrouve souvent bloqué par un mur de coureurs difficile à dépasser. Je passe mon temps à crier « scusi, scusi ! » aux autres coureurs et je n’arrive pas à trouver un lièvre de toute la course. Après 5 ou 6 kilomètres, j’avale un gel énergétique. Après 10 kilomètres sans évènement notable, j’ai l’impression que je me suis juste échauffé, malgré le fait qu’il y ait un peu de côte. La côte s’accentue entre les kilomètres 10 et 12, mais je continue à crier « scusi, scusi ! » à qui veut bien entendre mon mauvais italien. Je me sens toujours bien et je suis plutôt optimiste parce que je sais que la course continue en descente et finit par du plat. Je prends une gorgée d’eau à chacun des trois ravitaillements et je me sens vraiment bien jusqu’au 17ème kilomètre. Et là, ça me frappe de plein fouet. Pourquoi est-ce que ça devient aussi dur tout d’un coup ? Je n’arrive pas à garder mon rythme et j’arrête de dire « scusi, scusi ! » à mes frères et sœurs de souffrance. Rétrospectivement, j’aurais dû prévoir un deuxième gel énergétique qui m’aurait peut-être permis d’éviter ce mur. Je continue malgré mes jambes douloureuses. Mais pourquoi mes orteils tapent à l’intérieur de mes chaussures ? J’étais pourtant bien confortable au début de la course ! Quand j’aperçois enfin la 21ème borne, mon courage prend le dessus sur mes jambes et elles accélèrent malgré leur désaccord. Je passe la ligne après 1 heure, 37 minutes et 57 secondes de joie et de souffrance.

L’arrivée de la course est plutôt bien organisée : on nous donne tout de suite un coup-vent et un sac avec une sorte de biscuit mou italien, de la compote, une pomme, de l’eau, une boisson énergétique, et bizarrement  : un demi litre de lait… Quelques mètres plus loin, on nous distribue les médailles, ainsi que du thé chaud ou une glace (j’ai pris les deux). Il y a aussi une tente avec des massages gratuits où je décide d’attendre mon Rital Taiseux en faisant la queue. Il est allé un peu plus lentement que moi car il n’a pas pu s’entraîner autant à cause d’une sale blessure au genou. Mais il m’a rapidement trouvé dans la queue, en train de m’étirer pendant 10 bonnes minutes. Je suis bien content de m’être étiré autant parce que le lendemain, je n’avais presque pas mal aux jambes. D’un autre côté, je pense que je vais perdre deux ongles de pieds dans les semaines à venir… Je ne suis même pas capable de suivre mes propres conseils. Pathétique. Quoi qu’il en soit, ça valait vraiment la peine. J’ai adoré cette course, les conifères sur le bord de la route, le soleil, et le fait que la course avait une réelle destination plutôt qu’être une bête boucle.

French Bloke and Quiet Roman after 21.1 km

French Bloke et Rital Taiseux après 21,1 km

Il va sans dire qu’après une bonne douche, on est allé manger la meilleure pizza du monde en se vantant sur nos performances. C’est parce que nous ne savions pas qu’une heure avant nous, Solomon Kirwa Yego avait passé la ligne d’arrivée après seulement 58 minutes et 44 secondes, à peine 30 secondes de plus que le record du monde, réalisant ainsi le 4ème meilleur temps de l’histoire du semi-marathon !

L’histoire de mon 10k au parc olympique

Il était une fois, dans un pays fort, fort lointain, au légendaire terminus de la Jubilee Line dans un endroit reculé appelé Stratford, une tour étrange appelée « Orbit tower ». En bas de cette tour se déroulait une course. Mais pas n’importe quelle course les enfants ! C’était une course entre créatures mythiques, une course où j’ai croisée Pinocchia, Barbe-bleue, ainsi que les jumeaux Tweedledum et Tweedledee. Je suis sûr que Boucle d’or et Shrek étaient là aussi, mais je ne les ai pas repérés dans la foule. Cette course était le 10k du parc olympique, organisé par la fée RunThrough.

L'Orbit Tower et le stade olympique - Photo de Martin Pettitt

L’Orbit Tower et le stade olympique – Photo de Martin Pettitt

Ce dimanche était censé être une journée de retrouvailles avec mes amis coureurs au parc olympique mais ils m’ont tous déserté un à un. Choupichouette a eu un accident de vélo (il se trouve que le pare-choc d’une voiture est plus résistant qu’un genou humain), Grand Polak voulait venir mais son entraîneur a décidé que ce n’était pas une bonne idée de courir un 10k cette semaine là, Papi Ronchon s’était inscrit mais a « oublié » de s’entraîner et a estimé plus prudent de jeter l’éponge, même la Cuisinière Folle qui avait fait le voyage depuis la France n’a pas pu courir, à son grand désespoir, à cause d’un vilain soucis de santé.

Alors sortez les mouchoirs. En ce jour froid et venteux, j’ai du y aller tout seul : j’ai pris le métro tout seul, je suis arrivé à la course tout seul, j’ai récupéré mon dossard tout seul, j’ai bu un café tout seul, je me suis échauffé tout seul (je suis le conseil de Grand Polak et je me construis doucement une routine d’échauffements) et je suis allé sur la ligne de départ tout seul. Sniff, sniff.

Quelques minutes avant le départ, j’ai ingurgité un gel énergétique, pas parce que j’en avais besoin mais pour en tester les effets sur ma course. Le but final étant d’en prendre durant mon premier semi-marathon dans 3 semaines. Honnêtement, ça ne m’a pas donné le coup de pied au cul que j’attendais, mais qui sait, ça a peut-être influencé ma course, comme tu vas voir.

Compte à rebours, et je commence à détaler. Trop vite, mais je m’en fiche. Ma stratégie du jour consiste à « m’économiser » durant le premier tour, au rythme de mon record, et d’accélérer encore plus durant le deuxième tour. Soyons clairs, ça n’a pas marché : j’ai couru vraiment vite durant le premier tour et je n’ai pas réussi à accélérer pour le deuxième tour, j’ai tout juste réussi à maintenir ma vitesse.

Mon premier lièvre fut Pinocchia, une dame courant comme si elle avait des membres en bois. Je me suis dis : « avec un style de course aussi raide, je vais la doubler rapidement ». FAUX ! Elle allait beaucoup plus vite que moi et ma foulée médio-pied mal exécutée et condescendante ; je l’ai perdue de vue après le premier kilomètre. J’ai vite trouvé un nouveau lièvre, un barbu avec un T-shirt bleu. J’entend de loin le martèlement de sa foulée lourde et lente, Barbe-bleue attaque avec le talon. Mais sa vitesse est vraiment très proche de la mienne. Quand le parcours descend il va légèrement plus vite que moi, mais à chaque fois que la route remonte je le dépasse. Durant les neuf kilomètres suivants, c’est une véritable course qui se joue entre nous. Est-ce que Barbe-bleue est mon lièvre, ou suis-je le sien ? Je ne suis pas sûr mais la compétition m’a vraiment motivé.

À  un kilomètre de la fin, on double Tweedledum and Tweedledee (deux filles rigolotes avec des perruques oranges) qui galérent à finir leur 5k. Je voudrais bien les encourager mais j’ai d’autres chats à fouetter, alors j’économise mon souffle pour doubler Barbe-bleue. Sur le final, j’arrive à sprinter et à le doubler juste avant la ligne d’arrivée ! Je pousse un gros râle bien viril, faisant marrer le public au passage, et je passe la ligne après 42 minutes et 39 secondes ! OK, il se trouve que c’est finalement 3 secondes plus lent que le chrono de Barbe-bleue, mais j’ai battu mon précédent record de plus de 2 minutes ! À mon avis, ça mérite bien un cri primal suivi d’une une accolade virile au bonhomme.

Au final, je ne sais pas si je dois plus remercier mon gel énergétique ou Barbe-bleue pour cette performance, mais je suis prêt à parier que l’esprit de compétition a été mon principal moteur. Donc Merci Barbe-bleue d’avoir brisé ma solitude ce jour là et merci de m’avoir aidé à établir mon nouveau record personnel !

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