French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

Tag: Choupichouette

Voyager et courir

Comme je suis en vacances hors de Londres cette semaine, j’ai pensé qu’il serait bien d’écrire sur les voyages et la course. Certains voyagent spécialement pour aller courir – je ne pense pas du tout à Grand Polak, qui est allé en Éthiopie, au Kenya et aux USA juste pour courir, non, non, non, il n’est pas fou et il écrit même à ce sujet [en]. Mais ce n’est pas le seul : la Cuisinière Folle se prépare un petit voyage à Lanzarote pour participer au triathlon Ocean Lava avec sa boîte et je suis sûr qu’il y a beaucoup de monde qui fait de même. Il se peut même que je l’ai fait moi-même (oups) et bien que courir n’est généralement pas la raison de mes voyages j’essaye de courir partout où je vais.

Lyon, France

C’est ma première destination de course évidemment, bien que je ne suis pas sûr que ça compte vraiment comme un voyage car c’est ma ville d’origine. J’y suis en ce moment et cela me rappelle de vieux souvenirs à chaque fois. Cette semaine j’ai couru avec le Grand Frenchie, ainsi qu’avec ma soeur et ça m’a rendu bien content d’être en au moins aussi bonne forme physique qu’eux pour la première fois de ma vie. Je suis aussi venu à Lyon pour ma première course sur 10 km en septembre dernier (note pour plus tard : il faut que j’écrive sur celle-là) et que j’ai établi mon premier record. J’adore courir dans cette ville car les berges du Rhône et de la Saône y sont vraiment adaptées ; elles sont sans voitures, pleines d’arbres et joignent un parc à un autre.

French Bloke at Run In Lyon 2015

French Bloke à Run In Lyon 2015

Auckland, Nouvelle Zélande

Oui je sais, je me la pète, mais c’est le but de cet article non ? Ce run date de l’époque où je n’aimais pas courir, mais au moins j’avais ma soeur (qui vivait là-bas à l’époque) pour me tenir compagnie. C’était dur : j’avais de vieilles chaussures, je pesais 15 kg de plus qu’aujourd’hui et je n’avais pas couru depuis longtemps. Je n’ai même pas pu me pousser à finir car la fin était une montée bien raide. Maintenant j’aimerais bien le refaire (plus pour retourner en Nouvelle Zélande que pour comparer le nouveau moi qui court avec le vieux moi bien gras). Quoi qu’il en soit, ce furent des vacances sportives avec beaucoup de randonnée, de nage et de spéléo.

At the top of the Ngauruhoe (aka Mount Doom)

Au sommet du Ngauruhoe (aka La Montagne du Destin)

A Guarda, Espagne

Lors d’une visite dans la région natale de Wonder Woman et Superman, j’ai fait ce run impromptu pieds nus qui devint un moment déterminant pour la suite. Je veux écrire un billet spécifiquement à ce sujet donc je ne vais pas trop en dévoiler ici.

Bucarest, Roumanie

En fait, j’ai couru à plusieurs endroit en Roumanie lors d’une visite de la Transylvanie native de Draculito. Et bien que ce fût complètement imprévu, j’ai même participé à une course là bas ! Courir dans la fraîcheur des forêts autour du château de Bran où dans la pittoresque Sighisoara était plus agréable que de courir dans les rues brûlantes de Bucarest – bien que ce fût un très bon moyen de découvrir la ville.

Race in Cluj-Napoca

La course « Crosul Companiilor » à Cluj-Napoca

Llan-Maes, Pays de Galles

Courir dans la tranquille campagne galloise a définitivement été le meilleur moment de ce week-end maudit que j’ai passé à Cardiff pour voir la France se faire défoncer par l’Irlande lors de la coupe du monde de Rugby.

Annecy, France

Avant de rendre visite à Wonder Woman et Superman dans leur Chamonix d’adoption, la Choupichouette et moi sommes restés quelques jours dans cette belle ville alpine qu’est Annecy, où nous avons randonné et ou je me suis tenu à mon sacro-saint programme d’entraînement et on a même fait un joli petit run ensemble, dans le froid de la montagne.

Rome, Italie

OK, je suis un peu fou, je dois avouer que parfois il m’arrive de voyager uniquement pour courir. Mais j’avais une bonne excuse : je rendais visite au Rital Taiseux à qui j’avais promis de courir le semi-marathon de Roma-Ostia s’il venait à Lyon pour notre premier 10 km, ce qu’il a fait. Et j’ai déjà écrit un billet sur ce premier semi-marathon.

French Bloke and Quiet Roman

French Bloke et Rital Taiseux à Rome

Cologne, Allemagne

Là c’était aussi un run imprévu. J’ai eu la chance d’aller en Allemagne pour le boulot et j’ai décidé de rester à Cologne pour le week-end. Je me suis fait 23 km tranquilou, juste pour m’amuser et pour voir la superbe ceinture verte de la ville, les berges du Rhin et les attractions principales, y-compris le célèbre Kölner Dom.

Bordeaux, France

Non seulement Bordeaux a des vins parmi les meilleurs du monde, mais c’est aussi la ville où Touche-à-tout habite. Cela fait 2 excellentes raisons d’y aller, mais ce ne sont pas d’assez bonnes raisons pour arrêter de suivre le sacro-saint programme d’entraînement. Nous avons donc couru ensemble le long de la Gironde et nous avons fait une bonne séance d’étirements ensuite.

Occasions manquées

Je suis aussi allé en Pologne pour fêter la nouvelle année avec Grand Polak, mais avec des températures légèrement frisquettes de -18°C, devine où est-ce que le sacro-saint programme d’entraînement a bien pu se mettre ses sessions d’intervalles… Même Grand Polak n’a pas couru pendant 4 jours (ouais je sais, c’est à peine croyable).

Et comme c’était une randonnée difficile, je n’ai pas couru au Maroc où j’ai grimpé le Djebel Toubkal, point culminant de l’Atlas. Cela n’a pas empêché Grand Polak de courir. J’ai même écrit au sujet de ce voyage sur ce blog.

Occasions futures

La Fée Crayon se marie avec Papi Ronchon, on va donc aller en Écosse pour unir ce joli couple, cela fera peut-être une occasion de courir, bien que je doute que je sois en état le lendemain de la grosse fête. Peut-être qu’ils nous inviteront pour un deuxième mariage au Brésil ! Ça ouvrirait de tout nouveaux horizons de course…

Ma première course : du grand n’importe quoi à Cluj Napoca

Il faut que je te ramène au mois de septembre 2015. À l’époque je ne courais que depuis 2 ou 3 mois mais j’étais vraiment à fond, probablement parce que je m’améliorais rapidement, progrès non sans relation avec une bonne perte de poids durant l’été. Rassure toi, cela ne m’empêchait aucunement de boire comme un trou. Bien au contraire.

J’ai passé cette semaine de septembre en Roumanie avec ma Choupichouette, Grand Polak et un groupe de potes, tous invités par Draculito et Yoga Girl.  Ce pays est vraiment très accueillant, un fût de bière y est moins cher qu’une pinte d’ale à Londres, et la nourriture y est principalement à base de gras de cochon, de polenta et de crème (je vous ai dit que c’est un pays TRÈS accueillant?).  Nous sommes arrivés un samedi. Évidemment, nous avons passé la nuit à écumer les bars de Cluj Napoca.

À un moment donné, tard dans la nuit, nos sens et nos pensées déjà lourdement affectés par les quantités industrielle de bière ingérées, Draculito nous annonce un truc du genre « Au fait les gars, je sais que vous aimez courir et il y a une course ici demain. Je suis sûr que vous pourrez vous inscrire le matin même. Le site web dit que la course fait dans les 6 km ». Bien sûr, on a répondu « Ouais, allez on le fait ! » et on a repris nos activités nocturnes (principalement boire et raconter de la merde).

Le lendemain matin, Choupichouette, Grand Polak et moi étions sur la ligne de départ avec la gueule de bois des grands soirs. Autant dire que je n’étais pas vraiment motivé pour m’échauffer, mais Grand Polak ne m’a pas donné le choix et dès qu’on a commencé a courir, la gueule de bois a commencé à s’estomper. L’atmosphère commençait à chauffer aussi, surtout parce que le gars et ses bimbos sur la scène entraînaient tout le monde à faire de grands mouvements sur de la techno-dance d’Europe de l’est, très forte. Puis tout le monde s’est dirigé vers la ligne de départ et j’ai commencé à sentir monter la tension.

Et c’est parti ! J’ai commencé à courir, en visant un rythme pour 6 km et ça allait plutôt bien. Il était assez évident que la plupart des participants n’avaient jamais couru une minute avant ce jour et ça faisait du bien de doubler tout le monde, même si certains étaient bien entraînés et impossible à doubler ou même garder en vue pour moi. Fin du premier tour, ma montre me dit que j’ai fait un peu plus de 2 km. OK, il doit rester 2 tours, je vais éviter de me tuer pour le moment, je courrai plus vite au troisième tour. Alors je garde mon énergie pour plus tard (ce qui ne m’empêche pas de transpirer à grosses gouttes). La ligne d’arrivée apparaît pour la seconde fois et il semble clair qu’il n’y aura pas de troisième tour, donc je sprinte aussi vite que je peux, je double quelques grosses larves et je passe la ligne d’arrivée.

Une jeune fille habillée très court me passe une médaille autour du cou, je suis sûr que je vais me faire engueuler par Choupichouette, mais je suis content. Rien à cirer de la pouf : je me sens tout euphorique à cause de la course. J’ai fini ! Bon, j’aurais pu faire mieux si j’avais su qu’il n’y avait que deux tours, mais je me sens super bien ! L’atmosphère est électrique, j’ai couru, je l’ai fait !

Cluj-Napoca Crosul Companiilor 2015

Quelques minutes plus tard, Grand Polak passe la ligne d’arrivée à son tour. Il a couru tellement vite que les bimbos n’étaient pas encore en place lorsqu’il a fini son deuxième tour, alors il a fait un troisième tour ! Quoi qu’il en soit, il a presque volé la course et a fini dans le top 5 (sur un bon millier de participants). Choupichouette était visiblement très contente aussi, elle a couru un semi-marathon la semaine suivante. Ouais, c’est une fille comme ça.

Le jour suivant, Yoga Girl nous a organisé une petite session de yoga pour nous détendre. Vindiou, que c’était bon de s’étirer ! Je le recommande vraiment après une course, surtout après une aussi portnawak que celle-ci.

Test : Garmin Forerunner 225

Pour ce test, j’avais envie de réitérer ma connerie de comparer l’Altra One 2 avec l’iPhone et de confronter les performances de la Garmin Forerunner 225 à celles d’un artichaut ou celles d’une chaise. to those of an artichoke or those of chair. Mais les gadgets sont une chose avec laquelle on ne rigole pas alors je vais essayer d’être sérieux.

Le choix

Je n’aimais pas courir avec mon téléphone, qu’il soit dans ma poche, à mon bras ou à ma ceinture, c’est juste encombrant. En plus je n’utilise pas mon téléphone pour écouter de la musique en courant parce que courir est une activité suffisamment divertissante par elle même, sauf sur un putain de tapis roulant où ça de vient chiant à mourir (si je devais écouter de la musique en courant, j’utiliserais probablement le Sony NWZ-W273S que Choupichouette recommande fortement). Ma meilleure option était donc d’acheter une montre de course.

Je voulais un gadget:

  • Léger et pratique
  • Conçu et construit pour courir
  • Potentiellement avec un GPS
  • Potentiellement avec un cardio-fréquencemètre intégré, mais pas un truc à m’attacher autour de la poitrine

J’ai du exclure deux très bonnes montres : la Garmin Forerunner 620 (meilleures fonctionnalités du marché) et la Polar M400 (bonne et bon marché), qui peuvent fonctionner avec une ceinture pectorale mais n’ont pas de cardio-fréquencemètre intégré. J’ai aussi exclu les trackers d’activité comme la Fitbit Surge et la Withings Activité, même si cette dernière est vraiment un beau produit ; toutes les deux manquent d’une puce GPS et de fonctionnalités spécifiques à la course à pied.

Ma liste s’est réduite à la TomTom Multi-Sport et à la Garmin Forerunner 225. J’ai fini par choisir la Garmin, grâce au test complet de DC Rainmaker (en anglais). Même si la TomTom fait course, vélo et nage alors que la Garmin ne fait que la course, car la Garmin fait aussi un peu de tracking d’activité et me semblait plus fiable (meilleur capteur cardiaque, GPS plus rapide).

Garmin Forerunner 225

Utilisation au quotidien

Je ne regrette pas du tout mon choix. J’utilise cette montre à chaque fois que je vais courir, mais je n’utilise pas les fonctions de tracker d’activité (j’ai plaisir à porter ma bonne vieille montre mécanique). On peut la connecter à son téléphone, mais elle fonctionne aussi indépendamment, me permettant de me débarrasser de mon téléphone quand je cours.

Une des choses qui me sert le plus est que la montre m’aide à me caler à la bonne vitesse pendant les courses. Jusqu’à présent, j’ai battu mon record personnel à chaque nouvelle course de 10K !

Mais elle m’aide aussi vraiment lorsque je cours au jour le jour. Ce que j’ai trouvé vraiment utile, c’est la possibilité de télécharger des programmes d’entraînement gratuits directement sur la montre. Ce n’est pas vraiment instinctif, mais ce n’est pas trop compliqué après avoir compris que tout se fait via le site web (il faut simplement penser à faire un « push » à chaque modification du calendrier, et au minimum après 45 activités) et que l’app n’est là que pour la synchronisation.

J’ai choisi un programme d’entraînement basé sur les zones cardiaques, ce qui est l’idéal. Mais les débuts ont été catastrophiques car je n’avais pas configuré les zones correctement. Mon conseil est de paramétrer les zones en fonction de %RFC (pourcentage de réserve de fréquence cardiaque) plutôt que %FC max (fréquence cardiaque maximale). Mais il faut passer un peu de temps à trouver sa fréquence cardiaque maximale (généralement 220 – âge) et sa fréquence cardiaque au repos (à mesurer après 20 minutes allongé sans bouger). C’est vraiment important et j’ai perdu 4 semaines d’entraînement parce que j’étais trop feignant pour essayer de comprendre ça.

Note: la fréquence maximale ne change pas beaucoup (elle ralentit légèrement avec les années) mais la fréquence au repos diminue si on s’entraîne beaucoup, il faut donc mettre ces chiffres régulièrement à jour.

Une fois que le programme est sur la montre, il suffit de suivre ce qu’elle dit : « cours 10 minute à tel rythme » ou « repos 2 minutes ». C’est vraiment pratique pour les intervalles par exemple. Elle va biper et vibrer en cas de rythme trop rapide ou trop lent et elle signale le début et la fin de chaque intervalle.

Une autre fonctionnalité que j’affectionne est la mesure de la cadence, ça peut vraiment aider à améliorer sa technique de course (il faut viser entre 180 et 200 foulées par minute). J’aimerais aussi pouvoir mesurer l’oscillation et le temps d’impact, mais il faut la Garmin Forerunner 630 qui est plutôt chère et nécessite la ceinture cardiaque en plus.

L’inconvénient principal est que le capteur cardiaque tombe parfois en rade à cause de la lumière et il faut réajuster le bracelet (pas facile à faire en courant), parfois le GPS fait aussi des siennes, donc la vitesse instantanée n’est pas toujours fiable, mais c’est le cas pour toutes les montres de course.

Garmin app

App Garmin

Conclusion

En bref, je recommande chaudement l’achat de cette montre. Maintenant sa remplaçante est disponible, la Garmin Forerunner 235 est virtuellement la même montre avec de nouvelles fonctionnalités bien cool (plus grand écran, estimation VO2 max, prédiction du temps de course, fonctions vélo, etc.) mais elle coûte un peu plus cher.

Je recommande aussi de courir sans sa Garmin ! Bon, pas littéralement, parce que si comme moi t’es un accroc aux chiffres, tu voudras garder ces bonnes données dans Strava ou Runkeeper, mais de temps en temps, essaye de courir sans regarder ta montre et même sans y penser. Désormais, à chaque fois que je pars pour un jogging facile ou pour un longue distance tranquille, je n’utilise pas le programme d’entraînement, juste le tracking de base, et je cours selon mes sensations : je veux simplement courir à un rythme agréable sans avoir à me soucier de savoir si je vais trop vite ou trop lentement. Être libre quoi !

L’histoire de mon 10k au parc olympique

Il était une fois, dans un pays fort, fort lointain, au légendaire terminus de la Jubilee Line dans un endroit reculé appelé Stratford, une tour étrange appelée « Orbit tower ». En bas de cette tour se déroulait une course. Mais pas n’importe quelle course les enfants ! C’était une course entre créatures mythiques, une course où j’ai croisée Pinocchia, Barbe-bleue, ainsi que les jumeaux Tweedledum et Tweedledee. Je suis sûr que Boucle d’or et Shrek étaient là aussi, mais je ne les ai pas repérés dans la foule. Cette course était le 10k du parc olympique, organisé par la fée RunThrough.

L'Orbit Tower et le stade olympique - Photo de Martin Pettitt

L’Orbit Tower et le stade olympique – Photo de Martin Pettitt

Ce dimanche était censé être une journée de retrouvailles avec mes amis coureurs au parc olympique mais ils m’ont tous déserté un à un. Choupichouette a eu un accident de vélo (il se trouve que le pare-choc d’une voiture est plus résistant qu’un genou humain), Grand Polak voulait venir mais son entraîneur a décidé que ce n’était pas une bonne idée de courir un 10k cette semaine là, Papi Ronchon s’était inscrit mais a « oublié » de s’entraîner et a estimé plus prudent de jeter l’éponge, même la Cuisinière Folle qui avait fait le voyage depuis la France n’a pas pu courir, à son grand désespoir, à cause d’un vilain soucis de santé.

Alors sortez les mouchoirs. En ce jour froid et venteux, j’ai du y aller tout seul : j’ai pris le métro tout seul, je suis arrivé à la course tout seul, j’ai récupéré mon dossard tout seul, j’ai bu un café tout seul, je me suis échauffé tout seul (je suis le conseil de Grand Polak et je me construis doucement une routine d’échauffements) et je suis allé sur la ligne de départ tout seul. Sniff, sniff.

Quelques minutes avant le départ, j’ai ingurgité un gel énergétique, pas parce que j’en avais besoin mais pour en tester les effets sur ma course. Le but final étant d’en prendre durant mon premier semi-marathon dans 3 semaines. Honnêtement, ça ne m’a pas donné le coup de pied au cul que j’attendais, mais qui sait, ça a peut-être influencé ma course, comme tu vas voir.

Compte à rebours, et je commence à détaler. Trop vite, mais je m’en fiche. Ma stratégie du jour consiste à « m’économiser » durant le premier tour, au rythme de mon record, et d’accélérer encore plus durant le deuxième tour. Soyons clairs, ça n’a pas marché : j’ai couru vraiment vite durant le premier tour et je n’ai pas réussi à accélérer pour le deuxième tour, j’ai tout juste réussi à maintenir ma vitesse.

Mon premier lièvre fut Pinocchia, une dame courant comme si elle avait des membres en bois. Je me suis dis : « avec un style de course aussi raide, je vais la doubler rapidement ». FAUX ! Elle allait beaucoup plus vite que moi et ma foulée médio-pied mal exécutée et condescendante ; je l’ai perdue de vue après le premier kilomètre. J’ai vite trouvé un nouveau lièvre, un barbu avec un T-shirt bleu. J’entend de loin le martèlement de sa foulée lourde et lente, Barbe-bleue attaque avec le talon. Mais sa vitesse est vraiment très proche de la mienne. Quand le parcours descend il va légèrement plus vite que moi, mais à chaque fois que la route remonte je le dépasse. Durant les neuf kilomètres suivants, c’est une véritable course qui se joue entre nous. Est-ce que Barbe-bleue est mon lièvre, ou suis-je le sien ? Je ne suis pas sûr mais la compétition m’a vraiment motivé.

À  un kilomètre de la fin, on double Tweedledum and Tweedledee (deux filles rigolotes avec des perruques oranges) qui galérent à finir leur 5k. Je voudrais bien les encourager mais j’ai d’autres chats à fouetter, alors j’économise mon souffle pour doubler Barbe-bleue. Sur le final, j’arrive à sprinter et à le doubler juste avant la ligne d’arrivée ! Je pousse un gros râle bien viril, faisant marrer le public au passage, et je passe la ligne après 42 minutes et 39 secondes ! OK, il se trouve que c’est finalement 3 secondes plus lent que le chrono de Barbe-bleue, mais j’ai battu mon précédent record de plus de 2 minutes ! À mon avis, ça mérite bien un cri primal suivi d’une une accolade virile au bonhomme.

Au final, je ne sais pas si je dois plus remercier mon gel énergétique ou Barbe-bleue pour cette performance, mais je suis prêt à parier que l’esprit de compétition a été mon principal moteur. Donc Merci Barbe-bleue d’avoir brisé ma solitude ce jour là et merci de m’avoir aidé à établir mon nouveau record personnel !

10K à Bushy Park

Dimanche 7H du matin, l’alarme sonne. ARGH !!! Qu’est-ce qui a bien pu me passer par la tête quand je me suis inscrit à cette course à l’autre bout de Londres, à 10H du matin un dimanche de janvier ?

Nan, j’déconne. En fait, ça ne me dérange pas de me lever tôt. Sans l’alarme, je me serais probablement levé vers 8H de toute façon. Oui,  je suis un lève-tôt et j’en suis fier : ça me laisse plein de temps pour faire plein de truc pendant la journée. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Dans vos dents les lève-tard !

De retour à mon histoire. Dimanche 7H du mat’, alarme sonne, yeux s’ouvrent, corps quitte doucement la couette pour ne pas réveiller l’autre occupante du lit (qui est une lève-tard) et s’habille silencieusement, bouche donne à estomac un petit-déjeuner léger, mains préparent un thermos de thé bien chaud car peau signale que dehors on se caille les meules, cerveau gère les transports en commun avec l’aide de smartphone, lecteur en a marre de style lapidaire donc auteur se remet à écrire normalement.

Je suis arrivé très tôt à Hampton Court parce que j’avais peur de ne pas trouver le départ de la course. Finalement c’était vraiment facile à trouver, mais je n’ai pas regretté d’être arrivé en avance, car ça m’a donné suffisamment de temps pour aller 4 fois au goguenot vider ma vessie de tout ce thé. Ça m’a aussi donné le temps de m’échauffer, même si je n’ai pas encore de routine bien définie. À par un petit jogging et cette dance stupide qu’on a inventée avec un pote polonais un soir qu’on était justement bourrés comme des polonais. Elle consiste simplement à lever les genoux aussi haut que possible au rythme de la musique.

La course commence. On nous a prévenu que le circuit est boueux et glissant par endroits, mais le premier kilomètre est bon. Un peu trop bon même, et je dois un peu calmer ma joie car j’ai décidé de m’économiser un peu durant le premier tour de 5K afin de garder de l’énergie pour le deuxième tour. J’arrive au panneau du kilomètre 3 et peu après, la partie boueuse commence. J’ai du mal à garder mon rythme mais il le faut si je veux atteindre mon but. Mes pieds s’embourbent à chaque pas et ça devient vraiment dur. J’arrive à maintenir ma vitesse mais mon coeur le paye cher : il monte à 206 bpm, soit 16 battements de plus par minute que mon précédent maximum ! Les cerfs au bord du chemin ruminent leur herbe et clairement, ils s’en foutent.

Le deuxième tour commence et on revient à un chemin un peu plus carrossable. Je suis mon plan et j’accélère. Si j’ai couru presque seul durant le premier tour, maintenant je colle les basques d’un gars en survet’ noir à liseré rouge. Je me rends compte qu’il faut que j’accélère un peu plus. Alors je double survet’-noir et ma nouvelle mule est une fille avec un haut orange fluo. Elle est clairement meilleure que moi et me distance petit à petit. Alors arrive le redoutable panneau du kilomètre 8. Si tu suis bien et que tu te souviens de tes cours de maths de primaire, tu sais que c’est le même panneau que le kilomètre 3 du premier tour. Là où la partie boueuse commence.

Mes chaussures collent à la boue, mon coeur fait à nouveau le foufou, les cerfs n’en ont toujours rien à carrer (ils s’intéressent à quelque chose dans la vie ou quoi ?) et survet’-noir me double. Ça a de quoi mettre un coup au moral, non ? Bientôt, la ligne d’arrivée est en vue. J’entends un gars en train de me rattraper, le bénévole dans le dernier virage me crie un truc du genre « Sprinte maintenant, ne le laisse pas te dépasser ! ». Alors je le fais. Je ne sais pas où je trouve l’énergie mais je le fais.

Je passe la ligne d’arrivée, regarde ma montre qui indique 44:47. Je l’ai fait ! J’ai couru 10K sous la barre des 45 minutes et presque 2 minutes plus vite que mon précédent record ! Je t’aime bénévole ! Je pourrais t’embrasser ! Mais t’es un mec et de toute façon la personne que je veux vraiment embrasser est probablement en train de se frotter les yeux dans notre lit en ce moment.

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