French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

Tag: 10K

Championnat des 10 km du Middlesex

Nom de nom, je suis vraiment une feignasse. Je n’ai rien écrit depuis un mois ! C’est aussi nul que Grand Polak. Au moins, j’ai couru et j’ai même concouru. Cette fois j’ai bien fait gaffe à contrôler ma consommation d’alcool les jours avant la course, et j’ai même réussi à ne pas boire du tout à une soirée d’anniversaire. Si ça c’est pas du self-control, je ne sais pas ce qu’il te faut. OK, Draculito ma donné un truc de fana de muscu : boire un Virgin Mary, c’est bien meilleur que la bière sans alcool et ça dure plus longtemps qu’un soda.

Bref, je suis arrivée frais et dispo au départ de la course, sans même une petite gueule de bois pour changer. Le championnat des 10 km du Middlesex était organisé par un autre club, retiens ton souffe : le Victoria Park Harriers and Tower Hamlets Athletics Club mais c’était aussi le championnat de mon club : Serpentine RC. Autant te dire que le niveau des coureurs était bien plus élevé que celui que l’on trouve à une course lambda pour une association caritative. C’était vraiment une expérience à part : tous les coureurs portaient un maillot de club, principalement VPH&THAC et Serpentine, mais j’ai aussi repéré des coureurs de plein d’autres clubs, dont un Mornington Chaser (pas celui que j’ai battu au Beer Mile World Classic malheureusement).

Après ma petite routine d’échauffements habituelle, je me suis dirigé vers la ligne de départ. Comme nous n’avions pas de puce, j’ai deviné que le temps serait calculé par rapport au coup de feu de départ plutôt que le temps réel donc j’ai essayé de me placer assez près de la ligne de départ. Cela ne m’a pris que 2 secondes après le gros BANG pour passer la ligne de départ mais je me suis vite rendu compte que le niveau des coureurs était vraiment bon : la moitié des gens derrière moi m’ont doublé dans les premières centaines de mètres. Ensuite ça n’a pas beaucoup doublé, les coureurs en club touchent leur bille et savent vraiment être réguliers ! Comme d’habitude, j’ai couru mon premier kilomètre trop vite et j’ai essayé de calmer mes ardeurs pour la première moitié. Puis j’ai essayé d’accélérer, mais sans grand succès. Heureusement que je m’étais trouvé un lièvre à ce moment là, sinon j’aurais probablement décroché. J’ai essayer de le doubler pour toute la deuxième moitié de la course mais je n’ai pas trouvé l’énergie. Jusqu’aux 200 derniers mètres où j’ai réussi à sortir un bon petit sprint des familles et je l’ai enfin doublé ! J’ai bien sûr poussé mon cri de victoire devenu ma signature et j’ai attendu quelques secondes pour serrer la main de mon lièvre qui arrivait juste derrière. Il m’a félicité, mais au fond de moi j’étais un peu déçu parce que je savais que mon temps officiel serait de 42 minutes et 1 seconde.

Juste 2 secondes plus vite et j’aurais pu me la péter en disant que je coure 10 kilomètres en moins de 42 minutes ! C’est vraiment frustrant, surtout que s’il y avait eu des puces, mon temps réel aurait probablement été dans cette zone. Depuis, j’ai un peu relativisé et au final je suis bien content puisque j’ai tout de même battu mon record précédent de 21 secondes. On va dire que c’est un bon présage pour mon semi-marathon la semaine prochaine.

Middlesex 10k Championship

Une tripotée de coureurs de Serpentine au championnat des 10 km du Middlesex

10K à Bushy Park en août

Dans mon programme d’entraînement pour mon prochain semi-marathon, je dois courir 2 courses de 10 km et j’ai décidé de courir celui de Bushy Park à nouveau. Je l’ai déjà couru en janvier et j’avais accompli l’exploit de battre mon record malgré le froid et la boue, j’espérais donc renouveler cette prouesse en été. Mais j’ai eu une préparation contre-productive pour cette course : j’ai couru mes collines, mes fractionnés et mes jogs faciles, mais j’ai passé les deux dernières semaines à boire – ça a commencé par une enterrement de vie de garçon, et puis un excellent ami est venu me rendre visite toute la semaine dernière. En plus, j’ai dû me lever à 5h du matin le jour de la course pour accompagner le susmentionné ami à la gare, donc dire que j’étais fatigué avant de commencer la course est en dessous de la réalité !

Cerfs à Bushy Park

Cerfs à Bushy Park

Quoiqu’il en soit, je suis arrivé à Bushy park tôt, ce qui m’a donné du temps pour me rabibocher avec mes potes les cerfs impassibles qui étaient juste intéressés par l’herbe qu’ils mâchonnaient. J’ai fait ma petite routine pré-course : aller aux toilettes, faire un double noeud à mes chaussures, courir dix minutes à un rythme lent, faire quelques étirements dynamiques et des échauffements de course classique (petits bonds, pas chassés, monter les genoux et les talons, etc). Et puis je me suis pointé sur la ligne de départ avec mon tout nouveau maillot de Serpentine, c’est bon de courir avec les couleurs d’un club à représenter ! Il y avait des coureurs d’autres clubs donc je me suis dit que je me devais de bien courir pour le club.

Une fois le signal de départ donné, j’ai commencé à courir un peu trop vite et j’ai dû ajuster ma vitesse. Je visait un nouveau record personnel et j’ai donc gardé un rythme entre 4:00 et 4:10 minutes par kilomètre. Par chance, un autre gars courrait exactement à la même vitesse depuis le départ ! Je l’ai donc utilisé comme lièvre (à moins que ce ne soit lui qui m’ai utilisé comme lièvre) et on a couru l’un à côté de l’autre pour la plus grande partie du premier tour de 5 km. C’était dur, mais je pensais pouvoir tenir la distance à cette vitesse. Et puis quelques centaines de mètres avant la moitié de la course, mes jambes ne voulaient plus me suivre et ma vitesse a commencé à diminuer. Mon lièvre a continué au même rythme et a commencé à prendre de l’avance petit à petit. J’ai fini le premier tour en 21:09, ce qui était parfait pour mon objectif de battre mon record : il me suffisait de rattraper mon lièvre et c’était bon ! Mais mes jambes ne voulaient vraiment pas continuer et ma vitesse a continué à diminuer. Après le kilomètre 6, un autre mec m’a rattrapé et m’a demandé si tout allait bien, ce à quoi j’ai répondu que j’avais commencé trop vite et que je ne réussirais pas à courir sous les 42:22 comme j’avais prévu. Lui et quelques autres coureurs ont aussi fini par me doubler. Au kilomètre 7, mes jambes étaient tellement réticentes que mon seul objectif est devenu de finir la course et de ne pas me laisser aller à l’envie de marcher. Ma vitesse a continuer à baisser et j’allais maintenant plus lentement que ma vitesse de semi-marathon et approchait dangereusement ma vitesse de jogging. Mais mes jambes étaient de plus en plus lourdes et je ne faisais plus que me battre pour simplement continuer à courir. Mon corps me faisait payer les 2 semaines continues de descente de bières. Mais je me devais de continuer à tout prix, ne serait-ce parce que je portais les couleurs du club. Un cerf a même couru à côté de moi sur une centaine de mètres et m’a donné un peu de courage. Et j’ai tenu, j’ai couru jusqu’à la fin malgré la fatigue. J’ai fini 14ème avec un temps décevant de 44:56 mais j’étais tout de même content de ne pas avoir abandonné. Et je n’étais pas le seul a avoir fini en dessous de mes attentes : j’ai discuté avec un autre coureur qui a terminé en 2 minutes de plus que ce qu’il voulait. Si j’avais fini 2 minutes et 30 secondes plus vite, comme prévu, j’aurais fini 9ème ou 10ème, ça m’aurait vraiment fait plaisir !

Mon impression générale après la course était un sentiment de déception mais ça m’a donné la motivation de retourner à un mode de vie plus sain et moins alcoolisé. J’espère pouvoir battre mon record sur 10 km dès septembre !

Courses à boire

J’ai déjà parlé de la relation intime qui peut exister entre courir et boire, mais parfois cette relation est vraiment très forte. En effet quelques coureurs fous (ou géniaux ?) organisent des courses qui impliquent de courir et de boire en même temps ! J’ai rassemblé une liste de ces glorieuses courses :

Bière

Tu sais déjà qu’il y a des bières sans alcool spéciales pour coureurs, mais il y a aussi des courses pour les amateurs de bière :

  • Beer Mile : c’est la plus célèbre des courses qui inclue la boisson dans ses règles : 4 tours de piste, 4 bières. Chaque bière doit être consommée avant le début du tour. Il y a même un Beer Mile World Classic (🇬🇧) à Londres le mois prochain, bien entendu j’y participerai ! Et si tu le rates, il y a aussi le Flotrack Beer Mile (🇺🇸) au Texas en décembre prochain, ainsi que la Beerfit Running Series (🇺🇸) un peu partout aux USA.
  • Kastenlauf : c’est le parent historique du Beer Mile. Cette tradition remonte à 1982 à Munich et possède beaucoup de variantes, la principale impliquant des équipes de 2 coureurs portant une caisse de bière entre eux qu’ils doivent avoir finie avant la ligne d’arrivée. Il y a beaucoup de courses de ce type, comme le Zurich Bierathlon (🇨🇭), le Welde Bierathlon (🇩🇪), le Schöndelter Bierathlon (🇩🇪), le Büdesheimer Biermarathon (🇩🇪) et probablement bien d’autres.
  • Beer Lovers Marathon (🇧🇪) : évidemment, celui-ci a lieu en Belgique, à Liège pour être exact. C’est un marathon standard de 42,195 km mais il y a des bières locales à chaque ravitaillement. Les déguisements sont obligatoires et l’évènement a l’air vraiment convivial et plein de bonne bière de qualité.
  • Great Breweries Marathon (🇧🇪) : encore une fois, les belges ayant les meilleures bières du monde, ils sont les seuls qui pouvaient organiser un tel évènement : courir en ralliant plusieurs brasseries légendaires, dont celles qui brassent la Duvel et la Karmeliet (miam) ! On peut y boire pendant la course et on revient avec un panier garni (de bières bien sûr).
  • Shamrock 5K Beer Run (🇺🇸) : comme le nom ne le suggère pas, cette course n’a pas lieu en Irlande mais à Indianapolis et Chicago aux US of A. De la bière est disponible à chaque ravitaillement et une pinte est servie à la fin. Je pense que ça peut valoir le détour car les sponsors ne sont pas des brasseurs d’infâme bière américaine légère (que j’appelle pisse d’âne) mais une sélection de quelques un de ces merveilleux brasseurs artisanaux qui on fait de l’Amérique le berceaux du renouveau de la bière artisanale depuis une décennie.
  • Beer Belly Running (🇬🇧) : ce n’est pas vraiment une course mais plutôt un organisateur d’évènement festifs autour de la bière et de la course dans cette bonne vieille ville de Londres. J’ai tout particulièrement la course Beat the Barrel (plus fort que le fût), qui est un vrai travail d’équipe. Mais cette année il a été remplacé par le Great British Beerathon, qui exige de manger en plus de boire. Quel dommage que je ne sois pas dispo ce jour là…
  • Il y a plein d’autres courses autour du thème de la bière, comme la Brewery Running Series (🇺🇸) et le Alamo Beer Challenge (🇺🇸), mais d’après ce que j’ai pu lire, on ne boit pas pendant la course.

Vin

Si la bière est vraiment quelque chose de particulier à la Belgique, l’Allemagne, l’Angleterre et aux États-Unis, les courses sur le thème du vin se trouveront beaucoup en France (mais pas seulement) :

  • Marathon du Médoc (🇫🇷) : comme affiché sur le site web, il s’agit du plus long marathon du monde. Pour ceux qui ne le savent pas, le Médoc est souvent considéré comme le coin des Bordeaux supérieurs. Donc le lendemain de la course, t’auras une gueule de bois snob et des courbatures snobs. Il a été créé en 1984 et depuis c’est devenu une véritable institution !
  • Marathon du Beaujolais (🇫🇷) : les vins du Beaujolais ne jouissent pas de la même réputation que les vins de Bordeaux, mais c’est ma région d’origine donc j’ai une affection particulière pour celui-ci, même s’il ne passe pas par mon village. Je connais quelques coureurs qui l’ont terminé et il paraît que c’est épique.
  • Marathon du Vignoble d’Alsace (🇫🇷) : si le vin rouge n’est pas vraiment ton truc mais que tu vendrais ta mère pour un verre de blanc, cette course est pour toi ! L’Alsace est renommée pour ces délicieux vins de Gewurtztraminer, Sylvaner et Pinot Gris. Et après la course tu peut te faire péter le bide avec une bonne choucroute garnie.
  • Wineathlon (🇬🇧) : il s’agit en fait d’un séries de 10K où du vin est servi aux ravitaillements. Même si ces courses sont proches de moi maintenant, je n’oserais pas m’inscrire, connaissant la qualité du vin généralement servi en Grande Bretagne.
  • Half Corked Marathon (🇨🇦) : ça alors Canada, je n’attendais pas ça de toi !
  • Healdsburg Wine Country Half Marathon (🇺🇸) : ouais, il fallait bien que la Californie figure dans cette liste. Non, non, je ne me plains pas.
  • Wicked Wine Run (🇺🇸), The Ultimate Wine Run (🇺🇸) : cours et bois du mauvais vin partout aux USA, yay !
  • J’ai trouvé plein d’autres course autour du vin, comme le Maratona delle città del vino (🇮🇹), le Media maratón por los caminos del vino (🇦🇷), le Idaho Wine Run (🇺🇸), le Texas Wine Series (🇺🇸), Fuelled by Wine (🇺🇸), le St Clair Vinyard Half Marathon (🇳🇿) et le Winery Run (🇦🇺) mais on ne peut y boire qu’après la course. Quel dommage.
Marathon du Médoc

Marathon du Médoc Photo de Kinolamp

Spiritueux

On pourrait penser qu’il existe des courses autour du whisky en Écosse ou autour du whiskey en Irlande mais je n’en ai pas trouvées. Ceci dit il semblerait que dans ces contrées, les prix pour les gagnants soient souvent payés en liquide (ambré et contenant 40% d’alcool). Pas de course de la téquila au Mexique ou de marathon du rhum aux Antilles non plus. Malgré tout il existe quelques courses où l’on peut boire des alcools forts :

  • Vodka Trot (🇺🇸) : j’imaginais que les russes ou les polonais seraient les organisateurs d’une course aussi détraquée, mais non il fallait que ce soient les ricains…
  • Bien que je n’ai pas trouvé beaucoup de courses où l’on boit des spiritueux pendant la course, il y en a quelques unes où l’on peut boire après la course, comme le Semi-Marathon de l’Armagnac (🇫🇷) et le Marathon du Cognac (🇫🇷), et vu que c’est dans le sud ouest, j’imagine qu’il y aura de la bonne bouffe aussi.

Je suis sûr que j’ai raté plein d’évènements qui rassemblent course à pieds et boissons alcoolisées. Si tu en connais d’autres n’hésite pas à les rajouter dans les commentaires !

Mises à jour

Les 10000 mètres de Londres

Voilà la beauté du système métrique : 10 km font aussi 10 000 mètres. Bien qu’en général une course de 10 000 m fait référence à une course sur piste et un 10K fait référence à une course sur route, il semblerait que les organisateur du « London 10000 » se soient un peu plantés. Quoi qu’il en soit, c’est encore Grand Polak qui m’a convaincu de m’inscrire à cette course et je n’ai pas été difficile à convaincre : le parcours est entièrement dans le centre de Londres et passe devant les monuments les plus emblématiques de la ville comme Buckingham Palace, Trafalgar Square, la cathédrale St Paul’s, le parlement et son gros Ben, etc…

Grand Polak m’a dit d’arriver tôt et on s’est retrouvés à la station Embankment où il était déjà avec un groupe de potes du club Serpentine [en]. Il essaye de me convaincre de rejoindre le club et je résiste mais je risque fort de céder au bout d’un moment. Tous ces mecs courent vraiment vite, ils avaient presque tous un objectif en dessous des 40 minutes (34 minutes l’un d’entre eux !) alors que moi je voulais humblement de réitérer mon record de 42:39 tout en espérant secrètement de faire un temps en dessous de 42 minutes. Pour être honnête, je n’étais pas très optimiste parce que j’avais l’impression de ne pas avoir progressé les derniers mois, en plus j’ai pris 1 ou 2 kilos pendant mon séjour en France, ce qui n’aide pas à courir vite.

Nous avons tous marché ensemble vers la ligne de départ, avons discuté (de course à pied bien sûr) et nous nous sommes perdus au moment de déposer nos sacs – tu dois bien t’imaginer qu’un vestiaire pour 10 000 coureurs est un endroit où il est facile de se perdre. Je suis donc allé m’échauffer seul. Comme d’habitude : 10 minute de jogging tranquille, des étirements dynamiques, un peu de sprint et d’exercices variés. Sur la ligne de départ, j’ai revu Grand Polak qui était en retard et essayait de se frayer un chemin vers les premières lignes. On a fait un petit high-five  et on s’est souhaité bonne chance. J’ai avalé un gel énergétique et la course a démarré.

Comme d’habitude j’ai essayé d’être un peu ambitieux et je visais un rythme de 4:10 minutes par km qui devait me permettre un temps sous la barre des 42 minutes et m’assurerait un nouveau record. Je savais que ça ne serait pas facile parce que le parcours n’était pas vraiment plat et surtout parce que j’avais couru le Mile de Westminster la veille. Le premier kilomètre a été un peu bordélique, comme dans toutes les courses avec beaucoup de participants. Certains coureurs n’avaient rien à faire dans la première vague et ça m’a pas mal gêné au début. Les organisateurs devraient vraiment penser à faire des vagues plus petites au départ. Bref, j’ai passé la première borne après 4 minutes et 20 secondes et je n’étais pas vraiment content. Je me suis forcé à me répéter un mantra positif (un truc du genre « je vais gagner ») pour surmonter ma négativité du jour et quand j’ai enfin réussi à dépasser les coureurs les plus lents, j’ai poussé un peu et j’ai réussi à courir à une vitesse proche de ce que je voulais.

À ce moment, j’étais plutôt content parce que je voyais Londres d’un angle de vue complètement nouveau. C’est pas tous les jours qu’on peut courir au milieu de la rue sur le Strand ou sur Holborn, à côté de là où je travaille. Aux alentours de Bank, j’ai vu un groupe marcher sur le parcours avec une banderole qui disait « 10K en 1 jour », ils étaient avec un mec qui marchait lentement en tenant son fauteuil roulant, probablement pour sensibiliser le public à sa maladie. Je n’ai pas eu le temps de lire de quoi il s’agissait mais je me suis senti admiratif pour le bonhomme, il doit falloir un sacré courage ! Toutes ces petites choses m’ont redonné le moral et j’ai réussi à maintenir ma vitesse proche de mon objectif.

Mais à la cinquième borne, mes jambes se sont décidées à me rappeler la course sur 1 mile que j’avais faite la veille et elles m’ont dit « Hé crétin, si tu penses vraiment qu’on va continuer comme ça pendant encore 5 kilomètres, tu peux aller te faire voir ! ». Après 4 minutes et 23 secondes d’échange d’insultes avec mes jambes et mon kilomètre le plus lent de la course, j’ai fini par gagner l’engueulade (je suis plein de resources quand il s’agit de concours d’insultes) et je suis reparti à un rythme acceptable bien qu’en dessous de mon objectif.

Une vieille femme – ok, pas si vieille que ça mais elle aurait pu être ma mère – m’a doublé et j’ai décidé qu’elle deviendrait mon lièvre à partir de ce moment. Et ça a marché ! Nous avons couru côte à côte pour les 4 kilomètres qui ont suivis et j’ai décider de la semer pour la fin. J’ai couru les mille derniers mètres en 4:03 et j’ai réussi un sprint final grâce à mon cri devenu ma marque de fabrique. RHAAAAAAAAA! Oui, il a duré au moins neuf A et il m’a permit d’établir mon nouveau record personnel à 42 minutes et 22 secondes. Au début j’étais un peu déçu car il me restait encore de la négativité du matin mais au bout d’un moment je me suis rendu compte que c’était un nouveau record personnel quand même et que ça c’est vraiment cool !

Lanky Pole & French Bloke at the London 10,000

Grand Polak & French Bloke au London 10,000

Après une longue queue pour récupérer mon sac à dos j’ai retrouvé mon Grand Polak, on s’est étirés ensemble et on a pris une photo de la victoire. On a retrouvé ses potes de Serpentine et on est allés au pub le plus proche pour remplir nos estomacs de bonne bouffe et de bonne bière tout en parlant de course à pieds (quelle surprise), et voilà un pas de plus dans la direction de l’adhésion au club.

Voyager et courir

Comme je suis en vacances hors de Londres cette semaine, j’ai pensé qu’il serait bien d’écrire sur les voyages et la course. Certains voyagent spécialement pour aller courir – je ne pense pas du tout à Grand Polak, qui est allé en Éthiopie, au Kenya et aux USA juste pour courir, non, non, non, il n’est pas fou et il écrit même à ce sujet [en]. Mais ce n’est pas le seul : la Cuisinière Folle se prépare un petit voyage à Lanzarote pour participer au triathlon Ocean Lava avec sa boîte et je suis sûr qu’il y a beaucoup de monde qui fait de même. Il se peut même que je l’ai fait moi-même (oups) et bien que courir n’est généralement pas la raison de mes voyages j’essaye de courir partout où je vais.

Lyon, France

C’est ma première destination de course évidemment, bien que je ne suis pas sûr que ça compte vraiment comme un voyage car c’est ma ville d’origine. J’y suis en ce moment et cela me rappelle de vieux souvenirs à chaque fois. Cette semaine j’ai couru avec le Grand Frenchie, ainsi qu’avec ma soeur et ça m’a rendu bien content d’être en au moins aussi bonne forme physique qu’eux pour la première fois de ma vie. Je suis aussi venu à Lyon pour ma première course sur 10 km en septembre dernier (note pour plus tard : il faut que j’écrive sur celle-là) et que j’ai établi mon premier record. J’adore courir dans cette ville car les berges du Rhône et de la Saône y sont vraiment adaptées ; elles sont sans voitures, pleines d’arbres et joignent un parc à un autre.

French Bloke at Run In Lyon 2015

French Bloke à Run In Lyon 2015

Auckland, Nouvelle Zélande

Oui je sais, je me la pète, mais c’est le but de cet article non ? Ce run date de l’époque où je n’aimais pas courir, mais au moins j’avais ma soeur (qui vivait là-bas à l’époque) pour me tenir compagnie. C’était dur : j’avais de vieilles chaussures, je pesais 15 kg de plus qu’aujourd’hui et je n’avais pas couru depuis longtemps. Je n’ai même pas pu me pousser à finir car la fin était une montée bien raide. Maintenant j’aimerais bien le refaire (plus pour retourner en Nouvelle Zélande que pour comparer le nouveau moi qui court avec le vieux moi bien gras). Quoi qu’il en soit, ce furent des vacances sportives avec beaucoup de randonnée, de nage et de spéléo.

At the top of the Ngauruhoe (aka Mount Doom)

Au sommet du Ngauruhoe (aka La Montagne du Destin)

A Guarda, Espagne

Lors d’une visite dans la région natale de Wonder Woman et Superman, j’ai fait ce run impromptu pieds nus qui devint un moment déterminant pour la suite. Je veux écrire un billet spécifiquement à ce sujet donc je ne vais pas trop en dévoiler ici.

Bucarest, Roumanie

En fait, j’ai couru à plusieurs endroit en Roumanie lors d’une visite de la Transylvanie native de Draculito. Et bien que ce fût complètement imprévu, j’ai même participé à une course là bas ! Courir dans la fraîcheur des forêts autour du château de Bran où dans la pittoresque Sighisoara était plus agréable que de courir dans les rues brûlantes de Bucarest – bien que ce fût un très bon moyen de découvrir la ville.

Race in Cluj-Napoca

La course « Crosul Companiilor » à Cluj-Napoca

Llan-Maes, Pays de Galles

Courir dans la tranquille campagne galloise a définitivement été le meilleur moment de ce week-end maudit que j’ai passé à Cardiff pour voir la France se faire défoncer par l’Irlande lors de la coupe du monde de Rugby.

Annecy, France

Avant de rendre visite à Wonder Woman et Superman dans leur Chamonix d’adoption, la Choupichouette et moi sommes restés quelques jours dans cette belle ville alpine qu’est Annecy, où nous avons randonné et ou je me suis tenu à mon sacro-saint programme d’entraînement et on a même fait un joli petit run ensemble, dans le froid de la montagne.

Rome, Italie

OK, je suis un peu fou, je dois avouer que parfois il m’arrive de voyager uniquement pour courir. Mais j’avais une bonne excuse : je rendais visite au Rital Taiseux à qui j’avais promis de courir le semi-marathon de Roma-Ostia s’il venait à Lyon pour notre premier 10 km, ce qu’il a fait. Et j’ai déjà écrit un billet sur ce premier semi-marathon.

French Bloke and Quiet Roman

French Bloke et Rital Taiseux à Rome

Cologne, Allemagne

Là c’était aussi un run imprévu. J’ai eu la chance d’aller en Allemagne pour le boulot et j’ai décidé de rester à Cologne pour le week-end. Je me suis fait 23 km tranquilou, juste pour m’amuser et pour voir la superbe ceinture verte de la ville, les berges du Rhin et les attractions principales, y-compris le célèbre Kölner Dom.

Bordeaux, France

Non seulement Bordeaux a des vins parmi les meilleurs du monde, mais c’est aussi la ville où Touche-à-tout habite. Cela fait 2 excellentes raisons d’y aller, mais ce ne sont pas d’assez bonnes raisons pour arrêter de suivre le sacro-saint programme d’entraînement. Nous avons donc couru ensemble le long de la Gironde et nous avons fait une bonne séance d’étirements ensuite.

Occasions manquées

Je suis aussi allé en Pologne pour fêter la nouvelle année avec Grand Polak, mais avec des températures légèrement frisquettes de -18°C, devine où est-ce que le sacro-saint programme d’entraînement a bien pu se mettre ses sessions d’intervalles… Même Grand Polak n’a pas couru pendant 4 jours (ouais je sais, c’est à peine croyable).

Et comme c’était une randonnée difficile, je n’ai pas couru au Maroc où j’ai grimpé le Djebel Toubkal, point culminant de l’Atlas. Cela n’a pas empêché Grand Polak de courir. J’ai même écrit au sujet de ce voyage sur ce blog.

Occasions futures

La Fée Crayon se marie avec Papi Ronchon, on va donc aller en Écosse pour unir ce joli couple, cela fera peut-être une occasion de courir, bien que je doute que je sois en état le lendemain de la grosse fête. Peut-être qu’ils nous inviteront pour un deuxième mariage au Brésil ! Ça ouvrirait de tout nouveaux horizons de course…

Coureurs célèbres : Emil Zátopek

Emil Zátopek est très certainement le premier coureur de légende dont j’ai entendu parler. Je me souviens qu’il était la réponse à une question d’un Trivial Pursuit en famille. Mon grand-père était surpris que je ne connaisse pas la célèbre « Locomotive tchèque » (hey, j’étais juste un gosse et c’était un coureur des années 50 !) et a commencé à disserter sur le fait qu’il avait tout gagné aux Jeux Olympiques d’Helsinki en 1952. Récemment, j’ai vérifié les faits, et bien qu’il n’ait gagné aucune médaille en lancer de marteau, en plongeon ou en gymnastique, il reste à ce jour le seule athlète à avoir remporté l’or sur 5 000 mètres, sur 10 000 mètres et sur le marathon dans les mêmes olympiades.

Schade Mimoun Zatopek 1952

Herbert Schade, Alain Mimoun et Emil Zátopek courant the 5 000 m aux Jeux Olympiques de 1952
(et Christopher Chataway le pauvre gars dont l’histoire retiendra surtout la gamelle)

J’adore l’histoire de comment il a gagné le marathon à Helsinki. Il ne s’était inscrit que pour les épreuves du 5 000 m et du 10 000 m qu’il a toutes les deux gagnées (dans les deux courses, le français Alain Mimoun a fini deuxième à cause de ce satané tchèque). Après ça, il n’avait plus rien à faire jusqu’à la fin des jeux, et puisqu’il n’avait jamais couru de marathon, il s’est dit « Saperlipopette, je n’ai qu’à m’inscrire au marathon ». Il n’avait rien à perdre et il n’a rien perdu ! Dès le début de la course, il a utilisé Jim Peters comme lièvre (à ce moment, le gars était le tenant du record du monde sur la distance). Zátopek étant d’un naturel bavard, au bout de 15 kilomètres il a demandé à Peters ce qu’il pensait de la course. Ce dernier a saisi l’opportunité de tuer la compétition dans l’oeuf et lui a répondu « trop lente » alors qu’en réalité il allait trop vite, histoire de fatiguer le tchèque inexpérimenté. Zátopek a cru Peters, a suivi son avis et a donc accéléré. Finalement, Peters a été pris a son propre jeu et n’a même pas pu finir la course. Zátopek a continué et a gagné avec un temps à seulement 2 minutes du record de Peters à l’époque. Pas mal pour un premier marathon.

Il y a toute une ribambelle d’autres anecdotes dans Born to run, encore une fois je te recommande chaleureusement ce bouquin dans lequel tu pourras lire des trucs encore plus fous sur Zátopek. Comme par exemple l’incroyable difficulté de l’entraînement qu’il s’imposait ou encore à quel point il était sympathique, entier et généreux (il a donné une de ses médailles à un coureur australien malchanceux avec qui il s’était lié d’amitié). Ce n’est donc pas une surprise qu’il ait été nommé le plus grand coureur de tous les temps par le magazine Runner’s World.

Coureurs célèbres : Paula Radcliffe

Pour moi, Paula Radcliffe est à la course britannique ce que Jeannie Longo est au cyclisme français (les rosbifs le verront dans l’autre sens) : une légende vivante qui est là depuis toujours, qui a tout gagné et qui ne vieillit pas, au grand dam de la jeune génération d’athlètes qui ne lui arrivent pas à la cheville. Elle ne fait pas partie des meubles : elle est les meubles.

Imagine un peu pour voir. Son record du monde du marathon établi en 2003 à Londres est plus de 3 minutes plus rapide que le deuxième meilleur temps pour la distance et tient toujours depuis cette époque ! Pour comparaison, chez les hommes, les dix meilleurs temps pour un marathon sont tous compris dans une fourchette de 90 secondes. Oh, et juste pour s’amuser, la même année que ce record historique, elle a aussi établi le record du monde du 10K sur route à Puerto Rico. Record qui tient toujours 13 ans après. Ouaip, lui aussi. Cerise sur le gâteau, en 2003 (toujours !) elle a aussi établi le record du monde du semi-marathon à Newcastle. Il n’a pas été ratifié par l’IAAF (la fédération internationale d’athlétisme) parce que le Great North Run est légèrement en pente. Le record a tout de même tenu 11 ans.

Paula Radcliffe, Berlin 2011 - Photo by Ramon Smits

Paula Radcliffe, Berlin 2011 – Photo de Ramon Smits

Pourtant c’était plutôt assez mal barré pour elle au début. Quand elle a commencé à courir à l’âge de 7 ans, elle était anémique et asthmatique (et elle l’est toujours parce que ça ne part pas comme ça). Joli combo ! Ça ne l’a pas empêchée de rejoindre l’élite avant ses vingt ans, malgré les multiples crises d’asthme et autres blessures, sur des distances entre 1500m et le semi-marathon. Elle a commencé à gagner des médailles à la pelle, au niveau national et international, tellement que j’ai arrêté de les compter en lisant l’article Wikipédia. Mais ça lui lui suffisait pas et elle a décidé de se mettre au marathon en 2002. Dès sa première course elle annonce la couleur en établissant un nouveau record pour un marathon 100% féminin. Plus tard la même année, elle établi un nouveau record du monde de la distance. Les doigts dans le nez. Et bien sûr il y a l’année 2003, année où elle établi pas moins de 3 records du monde sur 3 distances différentes, dont 2 tiennent toujours. Bien sûr, en parallèle, elle a participé à 4 jeux olympiques (de 1994 à 2008) et quand elle a mis fin à sa carrière en 2015, ses temps était encore assez bons pour la qualifier pour les jeux de Rio en 2016 !

Alors à quoi tu t’attendais ? Évidemment qu’elle est devenue une légende ! Au point que quand elle court, son dossard ne porte pas de numéro mais son prénom. Quand elle a couru son dernier marathon à Londres l’an dernier, la foule a scandé « Paula ! Paula ! » durant 42,195 km. Et comme je suis un peu un connard, je vais terminer par mon moment préféré de sa carrière, quand Denise Lewis a essayé de l’interviewer ce jour là mais la vitesse de marathon de Paula était plus rapide que le sprint de la journaliste (malgré le fait que cette dernière a été une heptathlète de niveau mondial par le passé), ce qui a laissé cette dernière à bout de souffle après l’interview la plus courte de sa vie. Un moment à voir et à revoir à voir et à revoir sur la BBC.

L’histoire de mon 10k au parc olympique

Il était une fois, dans un pays fort, fort lointain, au légendaire terminus de la Jubilee Line dans un endroit reculé appelé Stratford, une tour étrange appelée « Orbit tower ». En bas de cette tour se déroulait une course. Mais pas n’importe quelle course les enfants ! C’était une course entre créatures mythiques, une course où j’ai croisée Pinocchia, Barbe-bleue, ainsi que les jumeaux Tweedledum et Tweedledee. Je suis sûr que Boucle d’or et Shrek étaient là aussi, mais je ne les ai pas repérés dans la foule. Cette course était le 10k du parc olympique, organisé par la fée RunThrough.

L'Orbit Tower et le stade olympique - Photo de Martin Pettitt

L’Orbit Tower et le stade olympique – Photo de Martin Pettitt

Ce dimanche était censé être une journée de retrouvailles avec mes amis coureurs au parc olympique mais ils m’ont tous déserté un à un. Choupichouette a eu un accident de vélo (il se trouve que le pare-choc d’une voiture est plus résistant qu’un genou humain), Grand Polak voulait venir mais son entraîneur a décidé que ce n’était pas une bonne idée de courir un 10k cette semaine là, Papi Ronchon s’était inscrit mais a « oublié » de s’entraîner et a estimé plus prudent de jeter l’éponge, même la Cuisinière Folle qui avait fait le voyage depuis la France n’a pas pu courir, à son grand désespoir, à cause d’un vilain soucis de santé.

Alors sortez les mouchoirs. En ce jour froid et venteux, j’ai du y aller tout seul : j’ai pris le métro tout seul, je suis arrivé à la course tout seul, j’ai récupéré mon dossard tout seul, j’ai bu un café tout seul, je me suis échauffé tout seul (je suis le conseil de Grand Polak et je me construis doucement une routine d’échauffements) et je suis allé sur la ligne de départ tout seul. Sniff, sniff.

Quelques minutes avant le départ, j’ai ingurgité un gel énergétique, pas parce que j’en avais besoin mais pour en tester les effets sur ma course. Le but final étant d’en prendre durant mon premier semi-marathon dans 3 semaines. Honnêtement, ça ne m’a pas donné le coup de pied au cul que j’attendais, mais qui sait, ça a peut-être influencé ma course, comme tu vas voir.

Compte à rebours, et je commence à détaler. Trop vite, mais je m’en fiche. Ma stratégie du jour consiste à « m’économiser » durant le premier tour, au rythme de mon record, et d’accélérer encore plus durant le deuxième tour. Soyons clairs, ça n’a pas marché : j’ai couru vraiment vite durant le premier tour et je n’ai pas réussi à accélérer pour le deuxième tour, j’ai tout juste réussi à maintenir ma vitesse.

Mon premier lièvre fut Pinocchia, une dame courant comme si elle avait des membres en bois. Je me suis dis : « avec un style de course aussi raide, je vais la doubler rapidement ». FAUX ! Elle allait beaucoup plus vite que moi et ma foulée médio-pied mal exécutée et condescendante ; je l’ai perdue de vue après le premier kilomètre. J’ai vite trouvé un nouveau lièvre, un barbu avec un T-shirt bleu. J’entend de loin le martèlement de sa foulée lourde et lente, Barbe-bleue attaque avec le talon. Mais sa vitesse est vraiment très proche de la mienne. Quand le parcours descend il va légèrement plus vite que moi, mais à chaque fois que la route remonte je le dépasse. Durant les neuf kilomètres suivants, c’est une véritable course qui se joue entre nous. Est-ce que Barbe-bleue est mon lièvre, ou suis-je le sien ? Je ne suis pas sûr mais la compétition m’a vraiment motivé.

À  un kilomètre de la fin, on double Tweedledum and Tweedledee (deux filles rigolotes avec des perruques oranges) qui galérent à finir leur 5k. Je voudrais bien les encourager mais j’ai d’autres chats à fouetter, alors j’économise mon souffle pour doubler Barbe-bleue. Sur le final, j’arrive à sprinter et à le doubler juste avant la ligne d’arrivée ! Je pousse un gros râle bien viril, faisant marrer le public au passage, et je passe la ligne après 42 minutes et 39 secondes ! OK, il se trouve que c’est finalement 3 secondes plus lent que le chrono de Barbe-bleue, mais j’ai battu mon précédent record de plus de 2 minutes ! À mon avis, ça mérite bien un cri primal suivi d’une une accolade virile au bonhomme.

Au final, je ne sais pas si je dois plus remercier mon gel énergétique ou Barbe-bleue pour cette performance, mais je suis prêt à parier que l’esprit de compétition a été mon principal moteur. Donc Merci Barbe-bleue d’avoir brisé ma solitude ce jour là et merci de m’avoir aidé à établir mon nouveau record personnel !

10K à Bushy Park

Dimanche 7H du matin, l’alarme sonne. ARGH !!! Qu’est-ce qui a bien pu me passer par la tête quand je me suis inscrit à cette course à l’autre bout de Londres, à 10H du matin un dimanche de janvier ?

Nan, j’déconne. En fait, ça ne me dérange pas de me lever tôt. Sans l’alarme, je me serais probablement levé vers 8H de toute façon. Oui,  je suis un lève-tôt et j’en suis fier : ça me laisse plein de temps pour faire plein de truc pendant la journée. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Dans vos dents les lève-tard !

De retour à mon histoire. Dimanche 7H du mat’, alarme sonne, yeux s’ouvrent, corps quitte doucement la couette pour ne pas réveiller l’autre occupante du lit (qui est une lève-tard) et s’habille silencieusement, bouche donne à estomac un petit-déjeuner léger, mains préparent un thermos de thé bien chaud car peau signale que dehors on se caille les meules, cerveau gère les transports en commun avec l’aide de smartphone, lecteur en a marre de style lapidaire donc auteur se remet à écrire normalement.

Je suis arrivé très tôt à Hampton Court parce que j’avais peur de ne pas trouver le départ de la course. Finalement c’était vraiment facile à trouver, mais je n’ai pas regretté d’être arrivé en avance, car ça m’a donné suffisamment de temps pour aller 4 fois au goguenot vider ma vessie de tout ce thé. Ça m’a aussi donné le temps de m’échauffer, même si je n’ai pas encore de routine bien définie. À par un petit jogging et cette dance stupide qu’on a inventée avec un pote polonais un soir qu’on était justement bourrés comme des polonais. Elle consiste simplement à lever les genoux aussi haut que possible au rythme de la musique.

La course commence. On nous a prévenu que le circuit est boueux et glissant par endroits, mais le premier kilomètre est bon. Un peu trop bon même, et je dois un peu calmer ma joie car j’ai décidé de m’économiser un peu durant le premier tour de 5K afin de garder de l’énergie pour le deuxième tour. J’arrive au panneau du kilomètre 3 et peu après, la partie boueuse commence. J’ai du mal à garder mon rythme mais il le faut si je veux atteindre mon but. Mes pieds s’embourbent à chaque pas et ça devient vraiment dur. J’arrive à maintenir ma vitesse mais mon coeur le paye cher : il monte à 206 bpm, soit 16 battements de plus par minute que mon précédent maximum ! Les cerfs au bord du chemin ruminent leur herbe et clairement, ils s’en foutent.

Le deuxième tour commence et on revient à un chemin un peu plus carrossable. Je suis mon plan et j’accélère. Si j’ai couru presque seul durant le premier tour, maintenant je colle les basques d’un gars en survet’ noir à liseré rouge. Je me rends compte qu’il faut que j’accélère un peu plus. Alors je double survet’-noir et ma nouvelle mule est une fille avec un haut orange fluo. Elle est clairement meilleure que moi et me distance petit à petit. Alors arrive le redoutable panneau du kilomètre 8. Si tu suis bien et que tu te souviens de tes cours de maths de primaire, tu sais que c’est le même panneau que le kilomètre 3 du premier tour. Là où la partie boueuse commence.

Mes chaussures collent à la boue, mon coeur fait à nouveau le foufou, les cerfs n’en ont toujours rien à carrer (ils s’intéressent à quelque chose dans la vie ou quoi ?) et survet’-noir me double. Ça a de quoi mettre un coup au moral, non ? Bientôt, la ligne d’arrivée est en vue. J’entends un gars en train de me rattraper, le bénévole dans le dernier virage me crie un truc du genre « Sprinte maintenant, ne le laisse pas te dépasser ! ». Alors je le fais. Je ne sais pas où je trouve l’énergie mais je le fais.

Je passe la ligne d’arrivée, regarde ma montre qui indique 44:47. Je l’ai fait ! J’ai couru 10K sous la barre des 45 minutes et presque 2 minutes plus vite que mon précédent record ! Je t’aime bénévole ! Je pourrais t’embrasser ! Mais t’es un mec et de toute façon la personne que je veux vraiment embrasser est probablement en train de se frotter les yeux dans notre lit en ce moment.

© 2018 French Bloke Runs

Theme by Anders NorenUp ↑