Il y a quelques temps, j’ai parlé des habitués que je croise lorsque je cours tôt le matin et des similarités qu’il y a avec les habitués d’un bar. Mais comme pour les bars, je n’en fréquente pas qu’un seul et je croise d’autres habitués lors de mon autre trajet quotidien : celui que je fais en rollers (eh oui, je fais des infidélités à la course à pied).

Rollerblade in London photo by IanVisits

Rollerblade in London (it’s not me) photo by IanVisits

Malheureusement, il n’y a pas beaucoup d’autres rollers sur ce trajet – je pense que je n’en ai rencontré que 3 ou 4 depuis un an et demi que je vais de Greenwich à Farringdon sur huit roues – et je suis le seul qui le fasse plusieurs fois par semaine.

Comment j’me la pète ! Non, en vrai je n’ai pas commencé à le faire pour pouvoir me vanter,  seulement parce que ça fait plus de vingt and que j’adore ça. Mais je me suis rendu compte que c’est un peu la classe et qu’assez souvent, les gens se retournent et les enfants crient leur surprise et leur admiration, ce qui me regonfle à bloc quand ça arrive. Bon courage à tous les enfants que je peux inspirer !

Ne te méprends pas, je reçois aussi pas mal d’insultes, en particulier de conducteurs qui sont énervés par le fait que je puisse utiliser les pistes cyclables (pourquoi ça les dérange me passe au dessus de la tête) ou sur la route. Une fois, j’ai même reçu toute une ribambelle d’insultes d’un cycliste espagnol sur un Boris Bike (l’équivalent d’un Vélib ou d’un Vélov) qui m’accusait d’être trop dangereux car trop lent ; quelle ironie quand on sait que les Boris Bikes sont notoirement dangereux à Londres et que bien souvent je vais plus vite qu’eux. Mais les cyclistes sont généralement de mon côté, surtout que je porte un équipement bien visible et réfléchissant comme eux.

Au delà des lovers (gonna love) et des haters (gonna hate), il y a d’autres habitués que je croise régulièrement. Presque tous les matins, je vois le coureur musulman venir d’en face. J’ai beaucoup de respect pour lui (surtout depuis que je cours) car il est plutôt âgé, il court toujours avec une sorte de grande tunique et il est toujours là, sur le Thames Path.

Il y a aussi le gros cycliste barbu et tatoué (je devrais dire biker plutôt que cycliste) que je croise presque systématiquement dans le tunnel piéton de Greenwich. C’est marrant parce qu’il a l’air d’un gros dur rebelle, mais il porte quand même un gilet jaune et il est en fait très gentil – il tient la porte de l’ascenseur et a toujours un mot amical. J’aime bien ce contraste.

Il faut que tu saches que je rencontre le Père Noël assez régulièrement aussi. Celui-ci a un gilet jaune réfléchissant bien visible plutôt qu’un gros manteau rouge, il est sur un vélo pliable Brompton plutôt que sur un traineau et il est beaucoup moins gros, mais la longue barbe blanche ne trompe pas, c’est bien lui. Dommage que je n’ai pas de photo à te montrer, je devrais penser à en prendre une quand je passe par l’université de Greenwich.

Le long de la Tamise, dans les jardins Sir McDougall, il y a madame Taï Chi. C’est une grand-mère asiatique qui était aussi là tous les matins à répéter ses gestes lents d’arts martiaux. Mais je ne l’ai pas revue depuis l’automne. J’espère que c’est simplement à cause du froid hivernal et que je la reverrai bientôt.

Enfin, de temps en temps je croise un renard si j’ai de la chance. J’adore les voir, ce sont de beaux animaux et aussi surprenant que cela puisse paraître, ils sont assez nombreux à Londres. J’ai même entendu dire qu’il y avait une renarde avec ses renardeaux sur mon chemin, mais je n’ai jamais eu la chance de les apercevoir…