Si t’as lu Born to run (si tu l’as pas lu : lis-le), tu sais que dans un passé lointain, courir nous était probablement la compétence la plus utile. En fait, c’était même essential à notre survie : presque tous les jours il fallait être capable de courir vers l’arbre le plus proche si tu étais poursuivi par un lion, et puisque tu avais pas encore inventé d’armes, ta technique de chasse consistait à courir après une antilope jusqu’à ce qu’elle crève de fatigue et de chaleur. Véridique ! Ces andouilles peuvent courir vite, mais elle ne peuvent pas courir longtemps car elles doivent s’arrêter pour haleter et pour abaisser leur température. Mais nous, bipèdes malins, on peut gambader pendant des heures sans s’arrêter, car courir sur deux jambes nous permet de dissocier respiration et foulée, mais surtout on peut transpirer, ce qui est une manière odorante mais efficace d’abaisser notre température corporelle.

Aux alentours de l’âge de bronze, on a inventé la lance et le bazooka qui ont rendu la chasse plus facile. On a inventé la dynamite pour une pêche efficace et éthique. Et comme on est des gros bâtards paresseux et fourbes, on a réussi à convaincre notre bouffe de rester tranquillement dans nos prés en attendant d’être transformée en bons burgers bien gras. Du coup, aujourd’hui courir peut paraître plutôt inutile de prime abord. Mais j’ai envie de te convaincre que c’est une compétence plutôt utile, même au 21ème siècle.

Prenons la chasse au bus par exemple. C’est une activité que les londoniens pratiquent régulièrement après une soirée à pochtronner en dehors de la zone 1. Un vendredi, il n’y a pas si longtemps que ça, je me suis retrouvé exactement dans cette situation. Ayant honoré comme il se doit la délectable production d’une micro-brasserie à Walthamstow, j’ai entrepris de rentrer dans mes pénates. Citymapper m’informait que le prochain bus devait arriver 5 minutes plus tard et que le suivant arriverait 45 minutes plus tard. Si je ne voulais pas me cailler les meules pendant 40 minutes, il fallait donc que j’attrape le premier, même si l’arrêt de bus était à 9 minutes de marche. J’ai donc décidé de jogger pèpère, en utilisant la douce foulée médio-pied (pas moyen de courir sur les talons avec mes chaussures de ville), et je suis arrivé juste à temps pour monter dans le bus, même pas essoufflé. Ça me fait penser qu’il faut qu’un jour je participe à un beer mile

Beer - Photo by Quinn Dombrowski

Bière – Photo de Quinn Dombrowski

Éviter d’avoir à glander 40 minutes dans le froid en attendant le bus me semble être un bon argument en faveur de l’utilité de savoir courir, mais t’as pas l’air convaincu(e). Et si je te promets une meilleure vie sexuelle ? Ah ah, je savais que ça t’intéresserait, ya qu’le cul qui fait vendre ! Une chose est sûre, la capacité de baiser sans être essoufflé au bout de 5 minutes est vraiment appréciable et appréciée. Et puis je ne suis pas le seul à dire que les coureurs sont meilleurs au lit [en].

Maintenant ça y est tu es convaincu(e) : savoir courir est une compétence utile ! En bonus, je suis d’avis que ceux qui finissent un marathon ont le droit de se la péter à vie. D’ailleurs j’y travaille et d’ici la fin de l’année prochaine, je m’arrogerai le droit de vous casser les oreilles à longueur de journée avec mon marathon. En attendant, est-ce qu’il y a des volontaires pour courir un beer mile en mon amicale compagnie ?