Tout est dans le titre. Achète donc ce satané bouquin et lis le ! Sérieusement, quand le Rital Taiseux m’a recommandé de le lire, je me suis exécuté uniquement parce que c’est un de mes amis et que j’ai tendance à avoir confiance en ces gens. Mais en fait je n’avais pas vraiment envie de le lire parce que je n’aime pas trop la littérature non-romanesque, ma pile à lire était déjà haute comme la tour Eiffel et surtout je détestais courir à l’époque.

La narration alterne entre anecdotes sur la course à pied et la quête de Christopher McDougall pour trouver les Tarahumaras, la légendaire tribu de coureur. Ces gars sont hallucinants, quand ils font la fête ils boivent comme des trous puis finissent par une petite course entre pote. Oh, rien de bien méchant, pas plus de 200 ou 300 kilomètres dans les canyons brûlants du nord-ouest mexicain, jusqu’à trois jours d’affilé, avec des tongs faites-main.

Quand il finit par les trouver, il se met en tête de convaincre une bande de cinglés, ultra-runners américains, de les défier sur leur terrain des Copper Canyons (Barrancas del Cobre), dans la Sierra Madre. Ils sont tous plus tarés les uns que les autres. Je n’arrive pas à me décider duquel est le plus fou entre l’ermite qui passe des décennies dans une hutte dans les Canyons juste pour redécouvrir la tribu perdue, la meuf dont la technique de drague consiste à boire plus que l’objet de sa convoitise puis à courir plus vite et plus loin que lui le lendemain matin malgré la gueule de bois, le mec qui décide de participer à un Ironman moderne avec du matos de l’ère victorienne du XIXe siècle et cours pieds nus sur les pierres coupantes du canyon, le type qui s’est fait enlever les ongles des pieds par un chirurgien parce que « de toutes façon ils tombaient sans arrêt », ou un autre des timbrés de l’histoire.

Les anecdotes et les recherches sont au moins aussi captivantes que l’histoire principale et certaines m’ont laissé comme deux ronds de flan. Depuis que j’ai lu le bouquin, je suis pense qu’il y a de bonnes chances pour qu’on soit effectivement nés pour courir et aussi fou que ça puisse paraître, il semble qu’une des raisons pour laquelle homo sapiens a survécu 200 000 ans en tant que bipède omnivore dans un environnement hostile est qu’il chassait probablement les animaux pendant des heures jusqu’à ce qu’ils meurent de fatigue.

En version originale, l’écriture est assez captivante et le livre nous tient vraiment en haleine. J’ai vraiment accroché au bouquin, il m’a fait me marrer à voie haute et m’a laissé stupéfait. Mais la raison pour laquelle il est si bon, c’est qu’il donne vraiment envie de courir et d’aimer ça. Bon, comment ça se fait que tu ne l’aies pas encore acheté? Allez, file !

Ref: Born to run (né pour courir) de Christopher McDougall

PS: Il paraît que la traduction française n’est pas terrible, donc si tu peux, je te conseille de lire la version en anglais : Born to Run: The Hidden Tribe, the Ultra-Runners, and the Greatest Race the World Has Never Seen. Et si tu peux pas, ben essaye, il est moins cher en version originale et ça te fera un bon exercice, bordel!