Je n’ai jamais vraiment été une grosse larve, mais je n’ai jamais été un grand sportif non plus. Depuis tout gamin, le football me déteste cordialement et c’est bien réciproque. L’escrime et le judo ne m’ont pas beaucoup aimé non plus. J’ai apprécié le rugby durant quelques années mais les sports qui me bottaient vraiment c’était le ski, le snowboard, les rollers et l’escalade. Sports que je pratique toujours aujourd’hui. Mais courir ? Pas moyen ! Je l’ai l’ai fait par intermittence pendant des années pour essayer de garder la forme mais je détestais ça presqu’autant que le foot, bien que j’ai toujours eu une certaine fascination pour les marathoniens et les coureurs d’ultra (mais ceci est une autre histoire).

Je n’ai jamais vraiment été une grosse larve, mais depuis que je suis arrivé à Londres il y a 4 ans j’ai succombé aux bières anglaises et aux burgers qui ont finit par me rendre un tantinet grassouillet. Les salauds.
Donc j’ai commencé à me plaindre et à dire de choses comme « oh, je suis gros », histoire de partir à la pêche aux compliment, en espérant entre « Mais non, tu es très bien » comme réponse. Mais Grand Polak m’a répondu de son honnêteté brutale : « Ouais, t’es un gros sac ». Le salaud.
Je suis suis qu’il avait tout prévu depuis le début : passer trois ans à nous torcher la gueule à la bière ensemble deux fois par semaine et finir systématiquement la soirée à se caler une dent avec du poulet frit suintant l’huile afin de m’engraisser, puis me convaincre que le remède à mon corps « confortable » était de courir. Le salaud.
Alors on a passé une heure au parc de Greenwich pour qu’il me montre une bonne technique de course, me déroule une routine d’étirements et me suggère de demander conseil au Rital Taiseux pour une bonne paire de chaussures. Ce dernier m’a recommandé une paire d’Altra et m’a innocemment demandé de lire Born To Run (Né pour courir) de Christophe McDougall. Les salauds.
J’ai vraiment accroché à ce satané bouquin. J’ai commencé à apprécier les sensations et la légèreté de la foulée médio-pied. J’ai compris que ce que je détestais dans la course à pied, c’était faire le bruit d’un éléphant et avoir l’impression d’être un éléphant à chaque pas. J’aimais l’élégance de cette foulée et j’ai arrêté de détester courir. Les salauds.
Ça m’a pris plusieurs semaines avant de transformer cette absence de haine en véritable amour. Maintenant j’espère ne jamais m’arrêter.

Je n’ai jamais vraiment été une grosse larve, et je n’ai pas envie d’en devenir une. C’est pour ça que j’ai commencé à courir, mais ce n’est pas ce qui me pousse à continuer. Je cours parce que j’aime l’impression de liberté, j’ai ressentir mon corps, mes muscles et mes pieds, j’aime le peps que ça me donne pour le reste de la journée. J’avoue aussi que j’aime secrètement pousser mes limites et l’atmosphère électrique qui règne lors d’une course. Merci mes salauds !