French Bloke Runs

Tais-toi et cours !

Semi marathon d’Ealing 2016

Oh yes, j’ai le « Ealing feeling » ! La semaine dernière, j’ai enfin couru le semi marathon que j’ai préparé tout l’été. Je n’ai pas été très assidu avec mon programme d’entraînement : j’ai trop bu (y-compris à un Beer Mile) ce qui a entraîné un foirage total des 10 km de Bushy Park. J’ai aussi sauté quelques courses longues, ce qui a miné mon entraînement de fond. Autant te dire que je n’étais pas super confiant quand je suis arrivé sur la ligne de départ du semi marathon d’Ealing. Je me suis donc fixé un objectif de 1h35, soit 3 minutes plus vite que mon record au Roma-Ostia mais aussi 2 minutes 30 plus lent que mon temps potentiel calculé par rapport à mon record sur 10 km.

Après m’être échauffé, je me suis approché de la ligne de départ. D’après le site officiel, il ne devait y avoir des lièvres que pour des objectifs de 1h40 et 1h30, j’ai donc décidé de me placer entre les deux. Mais j’ai découvert avec joie que le club des Ealing Eagles avaient dépêché leurs propres lièvres pour un objectif d’1h35. Je ne les remercierai jamais assez car ils m’ont vraiment aidé tout au long de la course. Après un peu de bavardage avec les autres coureurs, le top départ a été donné et j’ai commencé à suivre mes lièvres. Après à peine 2 kilomètres, mon lacet gauche s’est défait et j’ai dû m’arrêter pour le refaire. Je me suis maudit de ne pas avoir bien fait un double noeud comme à mon habitude et j’ai accéléré pour rattraper mes lièvres. La plupart du temps, je suis resté juste derrière eux, même quand le parcours était en montée ou en descente. Ils m’ont vraiment aidé à garder un bon rythme et surtout il m’ont empêché de faire mon erreur habituelle d’aller trop vite au début de la course.

En plus d’avoir de quoi réguler ma vitesse, je me suis assuré de bien m’hydrater à chaque point de ravitaillement. J’ai aussi appris de mon semi marathon précédent et j’ai fait le plein de gels énergétiques : j’en ai pris un juste avant le départ de la course, un autre au huitième kilomètre et un dernier au quinzième kilomètre. À cause de la fatigue, j’ai un peu merdé lors de l’ouverture du dernier sachet et je m’en suis foutu plein sur la main gauche qui est devenue collante très rapidement. Heureusement il y avait un ravitallement assez proche et j’ai pu me rincer la main en courant. Grâce à la combinaison de touts ces éléments, je ne me suis pas heurté au « mur » comme à Rome où les 3 derniers kilomètres ont été un calvaire.

En fait, à 3 kilomètres de la fin je me suis même rendu compte que même si j’étais fatigué, j’avais encore de l’énergie et j’ai décidé de doubler mes lièvres afin de battre mon objectif. Ça a été dur mais je savais que je pouvais le faire. À la vue de la ligne d’arrivée, j’ai décidé que je pouvais encore accélérer et j’ai fini en sprintant, tout en lâchant mon habituel cri primal final. Résultat : 1h34m09s, c’est presque 1 minute plus rapide que mon objectif ! J’étais vraiment content de mon temps, même si en théorie j’aurais pu faire mieux.

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Après la course, je me suis étiré pendant un looooong moment et j’ai payé pour un petit massage des jambes. Ce truc m’a permis d’éviter les courbatures à Rome, j’ai donc réitéré. Et à nouveau je me suis senti parfaitement bien le lendemain : ni crampes ni courbatures. Parfait ! Après le massage, j’ai retrouvé quelques amis de Grand Polak. Ce type a un plan machiavélique pour faire courir tout le monde autour de lui et ça marche ! Une de ses amies venait juste de finir son premier semi marathon et était vraiment contente malgré le fait que six mois auparavant elle détestait courir !

D’un manière générale, ce fût une super journée et j’ai adoré cette course. OK, c’est surtout parce que j’étais vraiment content de moi mais aussi parce que le temps était parfait et que le parcours était vraiment agréable (bien que trop vallonné pour faire un super temps) et m’a fait découvrir Ealing. L’ambiance était super : les locaux ont vraiment aidé avec leurs encouragements et leurs bonbons, et ils y avait des groupes jouant de la musique entraînante le long du parcours. Je ne vais pas me plaindre que la plupart du marquage était en sytème impérial parce que j’ai réglé ma montre en métrique et parce que l’organisation générale était vraiment bonne : mon temps officiel était en ligne dans les dix minutes suivant mon arrivée, les photos étaient en ligne le lendemain et j’ai même une vidéo de mon cri primal final !

Championnat des 10 km du Middlesex

Nom de nom, je suis vraiment une feignasse. Je n’ai rien écrit depuis un mois ! C’est aussi nul que Grand Polak. Au moins, j’ai couru et j’ai même concouru. Cette fois j’ai bien fait gaffe à contrôler ma consommation d’alcool les jours avant la course, et j’ai même réussi à ne pas boire du tout à une soirée d’anniversaire. Si ça c’est pas du self-control, je ne sais pas ce qu’il te faut. OK, Draculito ma donné un truc de fana de muscu : boire un Virgin Mary, c’est bien meilleur que la bière sans alcool et ça dure plus longtemps qu’un soda.

Bref, je suis arrivée frais et dispo au départ de la course, sans même une petite gueule de bois pour changer. Le championnat des 10 km du Middlesex était organisé par un autre club, retiens ton souffe : le Victoria Park Harriers and Tower Hamlets Athletics Club mais c’était aussi le championnat de mon club : Serpentine RC. Autant te dire que le niveau des coureurs était bien plus élevé que celui que l’on trouve à une course lambda pour une association caritative. C’était vraiment une expérience à part : tous les coureurs portaient un maillot de club, principalement VPH&THAC et Serpentine, mais j’ai aussi repéré des coureurs de plein d’autres clubs, dont un Mornington Chaser (pas celui que j’ai battu au Beer Mile World Classic malheureusement).

Après ma petite routine d’échauffements habituelle, je me suis dirigé vers la ligne de départ. Comme nous n’avions pas de puce, j’ai deviné que le temps serait calculé par rapport au coup de feu de départ plutôt que le temps réel donc j’ai essayé de me placer assez près de la ligne de départ. Cela ne m’a pris que 2 secondes après le gros BANG pour passer la ligne de départ mais je me suis vite rendu compte que le niveau des coureurs était vraiment bon : la moitié des gens derrière moi m’ont doublé dans les premières centaines de mètres. Ensuite ça n’a pas beaucoup doublé, les coureurs en club touchent leur bille et savent vraiment être réguliers ! Comme d’habitude, j’ai couru mon premier kilomètre trop vite et j’ai essayé de calmer mes ardeurs pour la première moitié. Puis j’ai essayé d’accélérer, mais sans grand succès. Heureusement que je m’étais trouvé un lièvre à ce moment là, sinon j’aurais probablement décroché. J’ai essayer de le doubler pour toute la deuxième moitié de la course mais je n’ai pas trouvé l’énergie. Jusqu’aux 200 derniers mètres où j’ai réussi à sortir un bon petit sprint des familles et je l’ai enfin doublé ! J’ai bien sûr poussé mon cri de victoire devenu ma signature et j’ai attendu quelques secondes pour serrer la main de mon lièvre qui arrivait juste derrière. Il m’a félicité, mais au fond de moi j’étais un peu déçu parce que je savais que mon temps officiel serait de 42 minutes et 1 seconde.

Juste 2 secondes plus vite et j’aurais pu me la péter en disant que je coure 10 kilomètres en moins de 42 minutes ! C’est vraiment frustrant, surtout que s’il y avait eu des puces, mon temps réel aurait probablement été dans cette zone. Depuis, j’ai un peu relativisé et au final je suis bien content puisque j’ai tout de même battu mon record précédent de 21 secondes. On va dire que c’est un bon présage pour mon semi-marathon la semaine prochaine.

Middlesex 10k Championship

Une tripotée de coureurs de Serpentine au championnat des 10 km du Middlesex

10K à Bushy Park en août

Dans mon programme d’entraînement pour mon prochain semi-marathon, je dois courir 2 courses de 10 km et j’ai décidé de courir celui de Bushy Park à nouveau. Je l’ai déjà couru en janvier et j’avais accompli l’exploit de battre mon record malgré le froid et la boue, j’espérais donc renouveler cette prouesse en été. Mais j’ai eu une préparation contre-productive pour cette course : j’ai couru mes collines, mes fractionnés et mes jogs faciles, mais j’ai passé les deux dernières semaines à boire – ça a commencé par une enterrement de vie de garçon, et puis un excellent ami est venu me rendre visite toute la semaine dernière. En plus, j’ai dû me lever à 5h du matin le jour de la course pour accompagner le susmentionné ami à la gare, donc dire que j’étais fatigué avant de commencer la course est en dessous de la réalité !

Cerfs à Bushy Park

Cerfs à Bushy Park

Quoiqu’il en soit, je suis arrivé à Bushy park tôt, ce qui m’a donné du temps pour me rabibocher avec mes potes les cerfs impassibles qui étaient juste intéressés par l’herbe qu’ils mâchonnaient. J’ai fait ma petite routine pré-course : aller aux toilettes, faire un double noeud à mes chaussures, courir dix minutes à un rythme lent, faire quelques étirements dynamiques et des échauffements de course classique (petits bonds, pas chassés, monter les genoux et les talons, etc). Et puis je me suis pointé sur la ligne de départ avec mon tout nouveau maillot de Serpentine, c’est bon de courir avec les couleurs d’un club à représenter ! Il y avait des coureurs d’autres clubs donc je me suis dit que je me devais de bien courir pour le club.

Une fois le signal de départ donné, j’ai commencé à courir un peu trop vite et j’ai dû ajuster ma vitesse. Je visait un nouveau record personnel et j’ai donc gardé un rythme entre 4:00 et 4:10 minutes par kilomètre. Par chance, un autre gars courrait exactement à la même vitesse depuis le départ ! Je l’ai donc utilisé comme lièvre (à moins que ce ne soit lui qui m’ai utilisé comme lièvre) et on a couru l’un à côté de l’autre pour la plus grande partie du premier tour de 5 km. C’était dur, mais je pensais pouvoir tenir la distance à cette vitesse. Et puis quelques centaines de mètres avant la moitié de la course, mes jambes ne voulaient plus me suivre et ma vitesse a commencé à diminuer. Mon lièvre a continué au même rythme et a commencé à prendre de l’avance petit à petit. J’ai fini le premier tour en 21:09, ce qui était parfait pour mon objectif de battre mon record : il me suffisait de rattraper mon lièvre et c’était bon ! Mais mes jambes ne voulaient vraiment pas continuer et ma vitesse a continué à diminuer. Après le kilomètre 6, un autre mec m’a rattrapé et m’a demandé si tout allait bien, ce à quoi j’ai répondu que j’avais commencé trop vite et que je ne réussirais pas à courir sous les 42:22 comme j’avais prévu. Lui et quelques autres coureurs ont aussi fini par me doubler. Au kilomètre 7, mes jambes étaient tellement réticentes que mon seul objectif est devenu de finir la course et de ne pas me laisser aller à l’envie de marcher. Ma vitesse a continuer à baisser et j’allais maintenant plus lentement que ma vitesse de semi-marathon et approchait dangereusement ma vitesse de jogging. Mais mes jambes étaient de plus en plus lourdes et je ne faisais plus que me battre pour simplement continuer à courir. Mon corps me faisait payer les 2 semaines continues de descente de bières. Mais je me devais de continuer à tout prix, ne serait-ce parce que je portais les couleurs du club. Un cerf a même couru à côté de moi sur une centaine de mètres et m’a donné un peu de courage. Et j’ai tenu, j’ai couru jusqu’à la fin malgré la fatigue. J’ai fini 14ème avec un temps décevant de 44:56 mais j’étais tout de même content de ne pas avoir abandonné. Et je n’étais pas le seul a avoir fini en dessous de mes attentes : j’ai discuté avec un autre coureur qui a terminé en 2 minutes de plus que ce qu’il voulait. Si j’avais fini 2 minutes et 30 secondes plus vite, comme prévu, j’aurais fini 9ème ou 10ème, ça m’aurait vraiment fait plaisir !

Mon impression générale après la course était un sentiment de déception mais ça m’a donné la motivation de retourner à un mode de vie plus sain et moins alcoolisé. J’espère pouvoir battre mon record sur 10 km dès septembre !

Écrire sur la course

Cela fait maintenant six mois que j’écris deux fois par semaine au sujet de la course à pieds. Ceci est mon 57ème article et je pense que c’est le bon moment pour revenir sur le semestre passé. Je sais que t’es curieux de connaître mon processus d’écriture – naaaaan, en fait je sais que tu t’en tape comme de ta première chemise mais je vais tout de raconter quand même.

La plupart du temps, le processus d’écriture commence en courant. J’ai déjà dit que je considère la course comme une forme de méditation, mais c’est aussi une source d’inspiration. Ça me vide l’esprit et permet aux idées et aux phrases d’émerger. Ensuite j’ajoute ces nouvelles idées dans ma Wunderlist, si je ne les oublie pas en récupérant ou en prenant ma douche, ce qui arrive bien trop souvent.

Quand vient le moment d’écrire pour de bon, soit j’ai une super idée toute fraîche soit j’ai un sujet évident (comme par exemple ma dernière course) et si je n’ai ni l’un ni l’autre je vais pêcher dans ma liste d’idées. Même si parfois certaines phrases me viennent en français, je vais toujours écrire en anglais en premier. Ce n’est pas que je me la pète en écrivant dans une langue étrangère, c’est juste que la version (traduire de l’estranger vers le français) est plus facile que le thème (traduire du français vers l’estranger), d’où l’expression « fort en thème » (ce que je ne suis pas). Et puis j’adore partir d’une expression idiomatique anglaise, jouer avec et broder autour avec de l’argot typiquement britannique. Ça m’amuse beaucoup et c’est plus facile à traduire vers le français que dans l’autre sens. Et puis ça me force à me replonger dans le français et à trouver le meilleur équivalent ; je trouve un plaisir particulier à utiliser des expressions françaises désuètes ou de l’argot régional (lyonnais en général).

Je me suis bien amusé à écrire ces six derniers mois. Jusqu’à présent, les articles que j’ai préféré écrire sont:

Maintenant, je dois admettre qu’écrire 4 articles par semaine (2 en anglais et 2 en français) m’a un peu asséché et je trouve de plus en plus difficile d’avoir de l’inspiration ou d’être drôle. Cela me prend aussi beaucoup de temps et même si j’ai encore des articles potentiels dans ma Wunderlist, il devient dur de trouver de nouvelles idées. Enfin, de manière générale, je m’amuse plus à écrire sur ce que j’ai vécu plutôt que sur des chaussures ou sur quelque chose de moins personnel. J’ai donc décidé de m’autoriser à n’écrire qu’un seul article par semaine, voir aucun si je ne le sens pas. Je vais continuer à écrire sur tout et n’importe quoi dans l’univers de la course, mais je vais essayer d’être meilleur et plus intéressant, et je vais surtout me concentrer sur mon expérience personnelle de la course.

À bientôt !

Beer Mile World Classic

Cela faisait un petit moment que j’en parlais mais ça y est, j’ai enfin couru un Beer Mile ! Et pas des moindres, puisqu’il s’agissait du Beer Mile World Classic [en] avec l’élite mondiale de la discipline ! Les règles [en] sont simples : tu bois 1 bière puis cours 1 tour de piste et tu répètes ça 4 fois. Si tu vomis ou ne finis pas une de tes bières, tu cours un tour de pénalité. Il y a quelques petits points de règlement (canettes ou bouteilles de 355ml seulement avec un minimum de 5% d’alcool) mais sinon c’est aussi simple que ça.

Grand Polak avait prévu de venir avec moi mais au final il a du abandonner parce que cet imbécile s’est blessé au pied. Mais le pire c’est qu’il n’est même pas venu me soutenir et s’enfiler quelques bierasses lors de cette journée évènement. Peu importe, je suis venu avec mon maillot Serpentine [en] que je me dois de porter en compétition, et ce maillot Serpie m’a permis de me faire des amis (et des ennemis) comme tu vas voir. Je suis arrivé assez tôt et j’ai bien fait parce que j’était dans la deuxième course, ce qui m’a donné juste assez de temps pour me changer, de regarder la première course pour en tirer quelques enseignements, et de m’échauffer pour ma propre course. Lorsque j’ai reçu mon dossard, on m’a recommandé de roter autant que possible pour éviter de dégobiller. Ce fût une très bon conseil : la bière par défaut était de la Heineken, qui est vraiment gazeuse et peut facilement provoquer la gerbe si on court sans éliminer rapidement le gaz. Et je ne voulais pas me prendre un tour de pénalité.

Sur la ligne de départ, tous les coureurs on le doigt sur la capsule de leur bière, prêts à l’ouvrir. Le commentateur (très drôle) fait le décompte et Pssscht, tout le monde ouvre sa bière et commence à la descendre. Nom de nom, c’est beaucoup plus difficile que ce que j’imaginais ! Non seulement cette bière n’est pas bonne, mais en plus elle est tellement gazeuse que je n’avale que de la mousse, ce qui la rend impossible à ingurgiter rapidement. J’éructe plusieurs fois et je finis par la vider, mais au moins sept ou huit gars ont finit la leur avant moi. Quel départ pitoyable, je suis déçu par ma performance jusqu’à présent mais je décide de ne pas m’attarder et je commence à courir. Les cent premiers mètres ne sont qu’un long rot retentissant, et je ne suis pas le seul pour qui c’est le cas. Et puis très tôt dans la course, je repère qui sera mon lièvre : un rouquin avec un maillot à rayures blanches, oranges et vertes.

À la fin du premier tour, tandis que les spectateurs l’encouragent, je comprends qu’il est du club des Mornington Chasers. Mais oh, moi aussi on m’encourage ! Un groupe crie « Go Serpie ! » et ça me donne un bon boost : je lève le poing et je bois plus vite. Je commence à prendre le truc, mais cette bière est toujours aussi dure à avaler et le Mornington Chaser à encore beaucoup d’avance sur moi. Encore quelques rots en courant, mais toujours pas d’envie de vomir, c’est bon signe. À la fin du deuxième tour, une autre salve d’encouragements me réchauffe le cœur et je commence à m’enfiler ma troisième Heineken. Ce satané chaser est toujours en avance sur moi, mais j’ai réussi à grappiller quelques secondes précieuses dans la chug zone (zone de descente des bières) et maintenant il est atteignable : 4 minutes et 10 secondes après le début de la course, j’accélère et je finis par le doubler ! Mais pas pour longtemps et il me dépasse à nouveau juste avant la chug zone. Avec la fatigue, il devient difficile d’avaler quoi que ce soit mais j’arrive à descendre ma canette juste une seconde avant le chaser. Je cours un dernier tour raisonnablement rapide (1:20) et je finis sur un beau sprint que le commentateur décrit comme « superflu » mais qui me permet de finir 10 secondes avant mon adversaire en un temps relativement médiocre de 7 minutes et 35 secondes. Mais c’est un nouveau record pour moi et j’en suis fier !
[Regarde la vidéo de la course sur Trackie]

Serpentine v Mornington Chasers

Serpentine v Mornington Chasers

On se serre les mains et on échange quelques plaisanteries sur nos clubs respectifs. D’autres serpies viennent me féliciter pour mon temps et pour mon sprint final. Il se trouve qu’il y a plein de membres du club aujourd’hui mais la plupart sont bénévoles pour l’organisation de la course. Je me fais plein d’amis, on échange quelques conseils et on échafaude des stratégies pour améliorer notre temps au Beer Mile. La meilleure suggestion est de courir avec une bière choisie pour son meilleur goût et pour son absence de bulles. Quelqu’un estime que la Guinness doit être une bonne option, pour ma part je suis plus convaincu par une ale. Malheureusement une bière comme la London Pride n’est pas assez alcoolisées pour être acceptée officiellement ce qui est vraiment dommage car c’est une des bières les plus plates que je connaisse. Je me promets de rechercher et de trouver la bière idéale. Il y a quelques brasseurs autour de la piste aujourd’hui et leurs bières sont de bonnes candidates potentielles.

À propos des brasseurs, j’apprécie l’après-course en buvant quelques pintes de leur délicieux breuvage pendant que les autres courses ont lieu. Je veux rester pour voir les courses « élite ». Les femmes sont assez impressionnantes, mais les hommes le sont encore plus ! Corey Bellemore, un canadien, explose le record du monde avec un temps de 4:34 ! C’est la première fois de ma vie que je suis témoin d’un record du monde dans quelque discipline que ce soit ! Ceci dit, je n’ai pas été impressionné par tous les coureurs :  le dernier de la course élite a fini en 8:21 ce qui fait 46 secondes plus lent que moi, et ça me donne des idées de grandeur : je pourrais rejoindre ou créer l’équipe de France du Beer Mile !

Pendant les autres courses, j’ai commencé à m’acoquiner avec les brasseurs et une bénévole (une serpie) est venue me proposer de porter un costume de Charlier (Où est Charlie) et de courir un relais avec. Bien sûr, j’ai répondu oui ! Dans mon équipe il y avait un des brasseurs, un autre serpie et Corey Gallagher, le légendaire coureur du Beer Mile qui est le premier à avoir brisé la barrière des 5  minutes ! J’étais vraiment honoré et j’ai décidé de faire une course à la hauteur, j’ai donc acheté une bouteille de saison de Solvay Society Brewery pour l’occasion. Elle était beaucoup plus facile à boire et j’ai réussi à la boire cul-sec. Je n’ai presque pas roté et j’ai couru mes 400 mètres sous les 70 secondes, j’ai donc bien participé à l’effort de l’équipe qui nous a valu un temp final de seulement 5 minutes et 40 secondes. mais à la fin l’équipe du Canada a gagné et a établi un nouveau record du monde à 4:06 !
[Regarde la vidéo de la course sur Trackie]

French Bloke is a Wally

French Bloke est Charlie

Au final ce fût une journée splendide. La récupération ne fût pas facile, mais tu peux être sûr que je vais en courir d’autres !

Test : Vivobarefoot Primus

En chemin vers la course pieds nus, je suis prêt à essayer plein de chaussures minimalistes différentes. Ma dernière trouvaille est la Primus de la marque britannique Vivobarefoot. J’ai tout de suite été séduit par le look de cette chaussure mais aussi parce que la marque dit « Nos chaussures laissent vos pieds bouger librement » et puis parce que j’avais 30% de réduction grâce à Running Heroes, ce qui baissait le prix vers à peine plus de 60 boulettes contre les bons gros 110 € de la boutique en ligne.

Vivobarefoot Primus

Vivobarefoot Primus (tous droits réservés)

Quand j’ai déballé les chaussures j’était tout emballé : elle ont vraiment une super dégaine et sont très TRÈS légères et flexibles. Je les ai essayées immédiatement et je les ai tout de suite trouvées confortables. Elles ont une toebox vraiment large et ça c’est bien pour les péniches qui me servent de pieds. Avec les chaussures est livrée une grosse étiquette qui dit « Ne courrez pas avec nos chaussures » et qui explique que si tu veux courir avec ces chaussures t’as intérêt à savoir ce que tu fais et à courir avec une technique de foulée médio-pied. Je pense que c’est une bonne chose que de donner cette avertissement parce que si tu décides d’attaquer du talon avec ces chaussures, t’es parti pour un niquage de genoux en bonne et due forme.

Après 100 km de course avec cette paire, ce sont toujours les chaussures les plus confortables que j’ai eues, mais comme la plupart de celles que j’ai portées, elles commencent à montrer des traces de fatigue sur les côtés (voire les photos de mes Altra et de mes Merrell après quelques centaines de kilomètres). J’ai un cou-de-pied très fort et ça tue toutes mes chaussures. Celles-ci ne font pas exception et je suis sûr qu’elles vont craquer dans pas longtemps. Je recherche toujours les chaussures qui seront assez solides pour résister à mes pieds monstrueux.

Un autre truc qui me titille avec ces chaussures, c’est les lacets. Ils sont vraiment nuls : ils glissent et se défont tout seuls, mais ils sont trop courts pour faire un double noeud.

Au final, si tu les achètes pour avoir l’impression de vraiment courir pieds nus, tu seras déçu. Bien sûr les sensations du sol sont bien meilleures qu’avec des chaussures qui amortissent (celles-ci ont zéro amorti) et tu sentiras le moindre gravier sur lequel tu cours, mais la semelle est encore trop rigide pour moi et ça ne ressemble pas vraiment à l’authentique course pieds nus, ou même à la course avec des FYF. Mais pas de problème, j’ai encore plein de chaussures minimalistes à essayer, commes les Vibram FiveFingers ou les Soft Star RunAmoc, donc ma quête à la chaussure parfaite n’est pas terminée. À suivre…

Mes meilleurs souvenirs de course

Août 2015, A Guarda, Galice, Espagne. Cela faisait à peine plus d’un mois que j’avais commencé à courir. Je détestais toujours ça mais j’étais très motivé par tout le poids que j’avais à perdre et surtout par ma récente lecture de ‘Born to run‘. Ce bouquin a eu beaucoup d’influence sur moi et même si j’étais supposé être dans un long week-end entièrement consacré à boire et à jouer des percussions, je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser.

Bare foot on the beach

Barefoot on the beach photo by Alex Tian

Après un déjeuner fantastique de crustacés galiciens accompagnés de généreuses quantités de vin (le tout organisé par mon couple galicien préféré: Wonder Woman et Superman), nous sommes allés à la plage pour une petite trempette dans l’eau. Je ne sais pas ce qui est passé par mon esprit enivré, influencé par la beauté du moment et les pensées de coureurs légendaires dans des canyons mexicains, mais j’ai commencé à courir pieds nus, comme le personnage un peu fou de Barefoot Ted dans le livre. Alors j’ai hélé Grand Polak (tu peux être sûr qu’il est dans les entourages quand il y a de l’alcool) et on est partis pour un petit jogging le long de la mer. Ce fût un moment magique, mes souvenirs sont un peu troublés mais j’ai toujours ces impressions fantastiques profondément ancrées en moi : la sensation véritable du sol directement sous mes pieds, la brise iodée dans mes cheveux, la douce caresse du soleil sur ma peau et la pure joie de courir partagée avec un ami proche. On a couru moins de 4 km mais cette course a été un moment déterminant pour moi. Je pense que c’est le moment où j’ai décidé de commencer ma quête vers la course pieds nus, et accessoirement le moment où j’ai commencé à aimer courir.

Je dois avouer qu’il y a eu un revers à cette médaille en or : comme je n’étais pas habitué à courir pieds nus, j’ai eu des ampoules tellement énormes sous les pieds que je n’ai pas pu marcher pendant deux jours. Rétrospectivement, c’était de la folie mais cela a vraiment valu la peine, quelque part, c’est ce que je cherche à revivre en transitionnant vers la course pieds nus.

À peine une semaine plus tard, le Rital Taiseux est venu à Londres et je lui ai tout raconté. Nous avons bu et inévitablement, à la fin de la soirée, on est partis courir pieds nus dans les rues de Greenwich. Ce fût un autre moment mémorable et ça a achevé de me convaincre que je voulais courir pieds nus. Bien sûr, cette fois nous avons couru moins de 2 km parce que mes ampoules étaient tout juste soignées et que je voulais pouvoir marcher le lendemain. Quoi qu’il en soit, maintenant tu connais ma motivation secrète pour courir : c’est une quête pour retrouver ces 2 instants magiques.

À la salle de muscu

Une de mes priorités lorsque je cours est de ne pas me blesser. Cela ne fait qu’un an que je cours mais pour le moment j’ai réussi à augmenter mon kilométrage hebdomadaire sans blesser mon humble personne. J’ai appris que si je voulais continuer comme cela, je devais me renforcer les muscles du tronc car cela aide à garder une bonne posture, cela donne du contrôle et de la force. D’ailleurs, quand je cours avec Serpentine, la coach nous demande toujours de porter attention à nos muscles du tronc, donc ceci confirme cela.

Comme je déteste encore plus aller à la salle de muscu que je détestais courir, j’ai décidé de prendre 5 sessions avec un entraîneur privé. Vu que je suis un novice complet, l’idée était de recevoir quelques conseils, de savoir quelles machines utiliser et comment les utiliser, mais aussi de trouver un peu de motivation et peut-être même de commencer à aimer la salle (tout comme j’ai commencé à aimer courir après avoir reçu de bons conseils). Attention spoilers : je n’aime toujours pas aller à la salle, mais je commence à ne plus détester car au moins, maintenant je commence à savoir ce que je fais.

The Gym

Une salle de muscu Photo de Collin Parker

La première chose que j’ai apprise avec mon entraîneur est qu’il faut aussi s’échauffer avant la muscu. J’ai commencé par courir dix minutes sur le tapis, mais maintenant je fais plutôt dix minutes de rameur. C’est tout aussi chiant que le tapis de course, mais cela implique plus de muscles, y-compris les jambes, les bras et les abdos. L’autre chose importante que j’ai apprise est qu’il faut alterner les groupes de muscles qu’on travaille. Comme ça le premier groupe peut se reposer pendant qu’on fait une série sur un autre groupe de muscles. Par exemple, j’alterne la machine à tractions avec des abdos obliques au sol. Ça fait gagner beaucoup de temps et ça limite l’ennui.

Et puis j’ai appris plein de manières différentes de faire souffrir mes adbos et ça c’est cool parce que ça évite la monotonie et ça me fait travailler les fibres longues autant que les fibres courtes des mêmes muscles. J’essaye aussi de travailler mes fessiers, non seulement parce que cela rend sexy aux yeux du sexe désiré en donnant un joli cul bien ferme, mais aussi parce que cela donne plus de puissance aux jambes et permet de courir plus vite.

Au final, même si je n’aime toujours pas aller à la salle, maintenant je comprends un peu mieux cet univers. Par exemple j’ai compris que les miroir ne sont pas là uniquement pour flatter l’ego narcissique des bodybuilders, mais aussi pour vérifier que l’on fait ses exercices correctement. Une autre preuve que je ne déteste plus la salle ? Après 4 mois, je trouve encore la motivation de me lever tôt le matin et d’y aller les jours où je suis supposé me reposer de la course (ce qui ne fait que deux fois par semaine). Qui plus est, je trouve toujours la motivation même si je ne vois pas encore les résultats (toujours pas de tablette de chocolat).

Plus de course avec Serpentine

J’en parlais récemment, je viens tout juste de rejoindre le Serpentine Running Club. J’ai déjà fait une session de collines avec le club et bien que ce fût dur, j’y suis retourné la semaine dernière et je vais certainement y retourner samedi. Ce n’est pas que j’adore courir en montée, mais je ne suis pas aussi bon que je le pensais et je vois les bénéfices très rapidement. Cette fois, c’était encore plus dur que la fois précédente : on a couru 3 fois 12 minutes en montée et en descente sur les pentes du parc de Greenwich. Cette fois j’étais moins ridicule que la première fois : je n’ai pas tout donné pour les douze premières minutes, il me restait donc de l’énergie pour les 2 intervalles suivants et je n’ai pas fini dernier. J’ai même réussi à doubler quelques coureurs pendant l’exercice ! Donc je commence à y arriver et c’est gratifiant de voir que je progresse.

L’évènement principal de la semaine avec les Serpies n’était pas cette session d’entraînement mais le championnat du club. Mardi dernier, il s’agissait du championnat pour le Mile (1,609 km) sur la piste de Paddington. Les distances moyennes ne sont pas ce que je préfère courir, mais Grand Polak m’a convaincu de venir sur la piste ce jour là. C’était vraiment bien de voir autant de courir en même temps et de voir autant d’adhérents motivés et engagés dans la vie du club. Cela a renforcé mon sentiment d’appartenance au club, surtout que tout le monde doit porter les couleurs du club pour les courses.

Les coureurs ont été séparés en plusieurs groupes selon leur temps estimé. Il y avait 2 groupes de femmes et 5 groupes d’hommes. En se basant sur mon seul temps sur 1 Mile (5:42 au Westminster Mile) j’ai été affecté au groupe ‘C’, ce qui n’est pas mal pour une première fois.

J’ai fait mon échauffement avec les étirements dynamiques et tout le pataquès. Sur la ligne de départ, j’étais un peu intimidé et j’ai oublié tous les conseils que m’avait donnés Grand Polak un mois auparavant au Westminster Mile. La course a commencé très vite et même si j’était derrière le pack je savais que je ne pourrais pas tenir ce rythme pour 4 tours de piste, je suis donc resté derrière, en laissant progressivement les autres coureurs agrandir l’espace qui nous séparait. Je pense qu’être dernier et voir les autres coureurs augmenter leur avance m’a un peu démotivé et je n’ai pas couru aussi vite que j’aurais dû. Malgré le fait que j’ai réussi à doubler un coureur sur le dernier tour, j’ai fini en seulement 5:46, soit 4 secondes de plus que ma performance au Westminster mile. C’était mauvais pour 2 raisons : normalement on est censé courir plus vite sur piste que sur route, et c’était la première fois que je ne bats pas mon record lors d’une course.

Quoi qu’il en soit, je ne l’ai pas trop mal pris : d’un certaine manière j’ai établi un nouveau record car c’était la première fois que je courrai 1 mile sur piste. Et puis je savais que je n’avais pas tout donné : mes poumons ne brûlaient même pas à la fin de la course ! Donc je savais que je ferai mieux la prochaine fois. Et puis quelqu’un avait plus de raisons de se plaindre que moi : grand Polak n’a pas pu courir car il s’est blessé au pied et il était vraiment dégoutté. Cela ne l’a pas empêché (ni moi d’ailleurs) d’aller boire une pinte au pub avec tout le monde après la course.

Running track

Running track Photo by Colin Harris

Publicité éhontée : Anaïs Photography

Il a peu, j’ai fait une séance photo avec une photographe professionnelle et je dois avouer que je suis plutôt impressionné par le résultat. Tout d’abord, les photos ont été prises au parc de Greenwich qui est un de mes endroits préférés pour courir. Mais elle a aussi réussi à faire que je ne sois pas laid sur ces photos, et ça c’est une véritable prouesse ! Bon, elle n’a pas pu modifier les imperfections de ma technique de course (ces satanés bras, il faut que je les garde à un angle de 90°) mais c’est ma propre faute…

Quoiqu’il en soit, je recommande chaudement Anaïs Photography pour tous vos besoins en photos professionnelles (entreprises, évènements, publicité, mariage, grossesse, engagement, etc). Elle est disponible dans l’hémisphère nord (France et Royaume-Uni) en été, et dans l’hémisphère sud (îles Fidjis et Nouvelle Zélande) en hiver, bien que techniquement c’est aussi l’été – oui, c’est une maligne et elle arrive à vivre en été toute l’année.

French Bloke Runs par Anaïs Photography

French Bloke Runs à Greenwich Photo : Anaïs Photography (tous droits réservés)

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